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CHAPITRE II

GÉOGRAPHIE OROGRAPHIQUE

La terre est enveloppée d’une écorce solide dont la surface est inégale, et, comme il y a sur cette écorce une masse considérable d’eau liquide qui est sollicitée, par la pesanteur, à se rapprocher du centre du globe, la majeure partie de ces eaux forme au dessus des parties les plus basses de l’écorce solide une vaste nappe dont le niveau moyen sert de point de repère pour la mesure des Inégalités «le la surface «le l’écorce solide.

La différence d’élévation entre ce niveau et un point quelconque de l’écorce solide se nomme l’altitude de ce point. Les terres, c’est à dire les lieux qui ne sont pas recouverts par les eaux, ont généralement une altitude plus élevée que le niveau de la grande nappe d’eau. Il y a cependant quelques contrées, notamment dans le voisinage de la mer Caspienne et dans celui de la mer Morte, dont l’altitude est plus basse ; on distingue alors ces altitudes, dans les tableaux, par le signe — . Il résulte, de ce qui précède et de ce qui a été dit auparavant, que la position géographique d’un lieu est déterminée par trois coordonnées : la latitude, la longitude et l’altitude.

Le maximum «les Inégalités de l’écorce du globe ne nous est pas connu ; car non seulement on n’a pas de moyens certains pour mesurer les grandes profondeurs sous les eaux, mais on n’a point encore exploré suffisamment la surface des terres pour pouvoir décider positivement

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quel en est le point le plus élevé. On attribue maintenant cette prérogative au mont Everest ou Gaurisankar dans l’Himalaya, entre l’Hindoustan et le Tibet, dont l’altitude est de 8 840 mètres. Quant aux enfoncements qui sont cachés par les eaux, le sondage le plus profond, n’a encore annoncé que 8 412 mètres, de sorte qu’en admettant un maximum de 18 000 mètres pour les inégalités de l’écorce terrestre on irait au delà des observations et cependant ce chiffre ne serait pas la 850e partie du diamètre terrestre; de manière que ces inégalités sont beaucoup moins prononcées par rapport aux dimensions de la terre, que les aspérités que nous voyons sur la peau d’une orange ne le sont par rapport au volume de ce fruit.

Les dénominations que l’on donne aux diverses parties de la terre par suite de leur altitude et de leur relief varient souvent d’après la position où se trouvent ceux qui les emploient. Car, de même que nous disons que certaine île n’est qu’une plaine basse, tandis qu’elle est peut-être le sommet d’une montagne cachée par la mer, les hubitants d’un pays très élevé considéreront comme région basse ce que les habitants des bords de la mer nommeront une contrée élevée; de même, aussi, les habitants d’une contrée où le sol présente de grandes inégalités, nommeront pays plat ou plaine ce que les habitants d’une contrée tout à fait unie appelleront pays numineux ou montagne. De sorte qu’il est difficile d’adopter, à cet égard, des règles fixes de nomenclature sans s’écarter des usages reçus et sans 3’ exposer à se trouver souvent dans l’impossibilité d’appliquer ces règles. Aussi, quoique les géographes ne considèrent pas habituellement comme contrée basse un pays qui a plus de 300 à 400 mètres d’altitude, ni comme plaine un sol qui présente des inégalités de 100 mètres, on fait souvent exception à ces règles lorsqu’il s’agit de contrées qui se trouvent dans des positions particulières. C’est ainsi que l’on considère quelquefois le milieu de la SuisBC comme un pays de plaine, et le Teutoburgenvald, en Westphalie, comme une chaîne de montagnes, quoique le premier soit généralement plus haut que le second; mais celui-ci s’élève au dessus des plaines de la basse Allemagne, tandis que l’autre est enfoncé entre deux chaînes de liantes montagnes. Il est à remarquer aussi que, quand un sol uni est élevé et surtout quand il n’est pas dominé par des points plus hauts, on ne lui donne pas le nom de plaine, mais celui de plateau, dénomination qui s’emploie dans un sens encore plus large que celle de plaine; car on en fait souvent usage pour désigner une portion de la surface de la terre qui domine les contrées environnantes, quoique cette portion présente un sol très inégal.

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Lorsqu’une partie de l’écorce du globe s’élève sensiblement au dessus du sol environnant, on lui donne les noms de montagne, de colline ou d’éminence, selon que la différence de niveau est plus ou moins prononcée; mais il n’y a pas non plus de règles fixes pour l’application de ces mots, que l’on emploie souvent dans un sens relatif plutôt qu’absolu; car telle élévation que l’on appellera montagne dans un pays de plaines, passerait à peine pour une éminence dans an pays de hautes montagnes. Cependant les géographes ne donnent ordinairement le nom de montagnes qu’à des pentes qui ont au moins 300 à 400 mètres de hauteur. Il est à remarquer que nous employons ici le mot pentes plutôt que celui d’élévations, parce que, quoique le nom de montagne donne assez généralement l’idée d'une masse qui s’élève de tous côtés au dessus du sol environnant, on l’applique aussi à des pentes qui ne sont que la différence de niveau entre une région basse et un pays élevé, de sorte qu’arrivé au sommet d’une semblable montagne, on trouve un plateau au lieu d’une pente en sens inverse.

Les pentes qui, comme on le voit, sont la partie essentielle d’une montagne, s’appellent aussi les flanc» de la montagne ; leurs parties supérieures en forment le sommet ou la cime ; leurs parties inférieures, c’est à dire celles où les pentes commencent à s’élever au dessus du sol environnant, en sont le pied; l’espace occupé par une montagne en est la base. Du reste, la forme des montagnes est extrêmement variable ; les flancs des unes ne sont que des pentes douces, tandis que ceux des autres sont des pentes rapides ou des escarpements qui approchent plus ou moins de la ligne verticale. De même le sommet des unes se compose de croupes arrondies ou de plateaux, tandis que d’autres sont terminées par des pointe s de rochers plus ou moins aiguës ; d’où proviennent les diverses dénominations que l’on donne à certaines parties de ces sommets, et qui souvent indiquent leur forme : telles sont celles de ballon, de dôme, de tour, de pie, de corne, de dent, A' aiguille, etc.

Les montagnes sont quelquefois isolées; plus souvent elles forment des ehaines et des groupes.

Les premières sont ordinairement appelées monts, mais l’usage no s’est pas non plus soumis à donner à ce nom une application exclusive ; et non seulement on l’applique aux montagnes isolées et à des sommités particulières qui s’élèvent au milieu d'une chaîne ou d’un groupe, mais aussi à des chaînes et à des groupes entiers.

Les chaînes de montagnes ont quelquefois une direction constante sur toute leur étendue : telle est celle des Pyrénées; mais souvent elles changent brusquement de direction ; telle est la chaîne des Alpes, dont

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la partie occidentale a une direction très différentedela partie orientale. Cependant, au milieu de ces irrégularités, on remarque que les principales chaînes de montagnes ont souvent une direction analogue à celle des terres dans lesquelles elles se trouvent ; ce qui est d’autant moins étonnant que les terres ne sont, en général, que des chaînes de montagnes par rapport au fond des mers. C’est ainsi, par exemple, que les principales chaînes du milieu de l’Europe et de l’Asie sont dirigées dans le sens de l’ouest à l’est , tandis que celle de l’Amérique sont dirigées du nord au sud.

La largeur des chaînes de montagnes est aussi très variable, et l’on voit quelquefois une même chaîne, très large dans un lieu, se rétrécir dans un autre, pour s’élargir de nouveau un peu plus loin.

La hauteur des chaînes de montagnes est encore plus irrégulière que leur direction et leur largeur; car, outre qu’elles se composent ordinairement d’élévations inégales, on voit souvent une chaîne interrompue par une région basse ou par une portion de mer au delà de laquelle elle reparaît avec les mêmes caractères. Mais, quoique la géologie nous montre que de semblables parties de montagnes doivent être considérées comme appartenant à une même chaîne, on est assez généralement dans l’usage de donner des noms particuliers à chacune de ces parties séparées.

Les chaînes de montagnes ne présentent quelquefois qu’une seule ligne d’élévations, mais le plus souvent elles se composent de plusieurs chaînon* ou séries d’élévations particulières placées les unes à cflté des autres (1). Il est rare aussi que les chaînes ne se ramifient pas, c’est à dire qu’il n’en sorte des rameaux qui se détachent de la chaîne principale en prenant diverses directions.

Dans une chaîne ou dans un rameau de montagnes dont le sommet, au lieu du correspondre à un plateau, forme une crête, celle-ci est ordinairement dentelée, et les parties les plus élevées se nomment cimes , tandis que les plus basses sont appelées colt, et servent, dans les pays de hautes montagnes, pour communiquer d’un côté de la crête avec l’autre.

On appelle fade, une ligne que l’on suppose traverser chaque chaîne ou chaque rameau de montagnes dans le sens de la longueur, en passant par les points les plus élevés, et on désigne par le nom de versants les parties de la chaîne qui s’étendent de chaque côté du faîte; mais on ne

(i) On voit que le mot chaînon est pris ici dans on sens différent de celui qu’il a dans l’usage ordinaire, où U est employé comme synonyme d’anneau. Aussi quelques géologues emploient-ils le mot chaîne dans le sens doanc ci-dessus au chaînon, mais alors on n’a plus de mot pour désigner l’ensemble de la chaîne.

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doit pas prendre ces dénominations dans un sens rigoureux, car il arrive bien rarement, peut-être jamais, que les points les plus élevés d’une chaîne de montagnes puissent être réunis par une ligne non interrompue ; souvent même les points culminants se trouvent plus ou moins éloignés de la ligne que la disposition générale du sol doit faire considérer comme le faîte. De sorte que l’on ne doit voir dans la division en versants qu’un moyen de distinguer l’ensemble des pentes et des rameaux qui se trouvent aux deux côtés d’une ligne idéale qui fait la séparation des parties de la chaîne qui tendent à s’abaisser d’un côté de celles qui tendent à s’abaisser du côté opposé. Il est à remarquer aussi que dans une chaîne qui n’est que la chute d’un large plateau vers une région basse, il n’y a qu’un versant, le second étant remplacé par le plateau qui peut donner naissance à une seconde chaîne de montagnes du côté opposé , mais qui peut aussi perdre son élévation par des pentes trop douces pour pouvoir être réputées montagnes. Dans ce dernier cas, à la vérité, on considère l’ensemble de ces pentes comme formant le second versant; mais, attendu qu’il n’y existe plus de montagnes, on ne peut lui donner le nom de versant dans le sens indiqué ci-dessus.

Il résulte, de cette tendance de certains versants à se confondre avec les plateaux, que les deux versants d’une chaîne de montagnes sont rarement uniformes. Ou remarque même que, si une chaîne de montagnes présente un versant étroit avec des escarpements ou des pentes très rapides, le versant opposé est très large et composé de pentes beaucoup plus douces, ou plutôt de chaînons et de rameaux dont l’élévation devient successivement moindre, et qui finissent par des collines et des éminences qui se perdent tout à fait dans la plaine ou qui se lient avec les dépendances d’une autre chaîne. On donne ordinairement le nom de contre-forts à des rangées de collines ou de petites montagnes qui se trouvent en avant d’une cluiîne de hautes montagnes.

Les chaînes ou chaînons de montagnes sont quelquefois disposés <?» gradins, c’est à dire qu’au dessus du plateau qui correspond au sommet d’une chaîne ou chaînon s’élève une nouvelle série d’élévations qui peut elle-même être suivie par une autre. Cet ordre de choses a principalement lieu dans les parties larges des continents.

Les groupes de montagnes ne diffèrent des chaînes que parce qu’au lieu de former des lignes, allongées ils se composent d’un massif dont les dimensions en largeur sont moins différentes de celles en longueur. Souvent le milieu d’un groupe présente la cime la plus élevée, d’où partent des espèces de rameaux qui divergent dans diverses directions. Les

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groupes de montagues sont quelquefois, ainsi qu'on l’a vu ci-dessus, désignés par le nom de plateau.

Les collines et les éminence» n’étant, comme nous l’avons déjà fait entendre, que de petites montagnes; elles présentent en général les mêmes caractères que ces dernières; nous ferons seulement remarquer que les chaînes à un versant y sont plus communes que dans les montagnes, et que leurs flancs sont souvent uommés rôles et coteaux.

Du reste nous répéterons encore que non seulement l’usage ne s’astreint pas à une application régulière de ces diverses dénominations, mais que, d’un autre côté, cette application n’est pas toujours possible, car on sent par exemple qu’il y a des massifs de montagnes qui peuvent aussi bien être appelés chaînes que groupes, et des parties de ces massifs que l’on peut également prendre pour chaîne particulière, pour chaînon, ou pour rameau, la distinction entre ces diverses manières d’être des montagnes n’étant tranchée que dans les cas extrêmes.

On appelé dunes des petites collines qui forment quelquefois de petites chaînes isolées le long de la mer.

La surface de la terre est plus ou moins sillonnée par des dépressions longues et étroites, que l’on nomme vallée* et vallon*, selon qu’elles sont plus ou moins profondes. Lorsque ces dépressions se rétrécissent de manière à rendre le passage difficile, on leur donne le nom de défilés et de gorges; si, au contraire, elles sont à peu près aussi larges que longues, on leur donne le nom de bassins ; et quand les bassins sont disposés circulairemcnt, de manière à rappeler la forme des théâtres des anciens, on les nomme cirques.

Du reste, ces dénominations doivent être prises dans un sens encore moins absolu que celles que l’on emploie dans les autres parties de la géographie, et ne sont que des termes pris dans une série où il n’y a pas de limites déterminées. C’est ainsi, par exemple, que des contrées que l’on considère ordinairement comme de grandes plaines ne sont, dans le fait, que de vastes vallées; telle est la plaine du Pô, bordée, d’un côté, par les Alpes, et, de l’autre, par les Apennins.

En général, lorsqu’une contrée présente brusquement une grande différence de niveau, le sol de la partie élevée est sillonné par des vallées très profondes, tandis que, dans les lieux qui s’éloignent d’une semblable chute, les dépressions du sol sont peu prononcées, quand même elles se trouveraient sur des plateaux très élevés au dessus de la mer.

On remarque de même que toute vallée principale est comme une espèce de tige à laquelle aboutissent de petites branches ou vallées latérales, dont la direction se croise avec la vallée principale, et qui, souvent,

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se ramifient de leur côté. En général, la plus grande partie des vallées qui sillonnent une chaîne ou un rameau de montagnes se dirigent ordinairement dans un sens transversal à la chaîne ou au rameau, d'où on les appelle r allée» transversales, Boit qu’elles prennent naissance à la crête, en se dirigeant sur l’un ou l’autre versant, ce qui est le cas le plus fréquent; soit qu’elles traversent tout à fait la chaîne ou le rameau, ce qui est plus rare. Plusieurs chaînes présentent aussi des vallées dirigées dans le sens même de la chaîne, et que, par cette raison, on nomme longitudinale s. On trouve notamment ces deux espèces de vallées très bien prononcées dans les Alpes.

Les vallées transversales sont plus communément bordées par des flancs escarpés que les vallées longitudinales ; cependant cette circonstance tient aussi à la nature du terrain ; car on sent qu’il ne peut y avoir d’escarpements dans un terrain meuble ou facilement altérable.

Dans les vallées longitudinales , les flancs opposés sont souvent de nature différente, ou du moins composés de matières disposées d’une autre façon. Dans les vallées transversales, au contraire, il y a presque toujours identité parfaite entre les deux flancs opposés, tant sous le rapport de la nature que sous celui de la structure; et, lorsque l’on voit d’un côté un angle saillant, il est à peu près certain que le côté opposé présente un angle rentrant.

Les vallées, surtout celles transversales, qui ne sont pas très profondes, tendent en général à s’élargir à mesure qu’elles avancent d’une contrée élevée vers une région basse ; mais cette règle est sujette à beaucoup d’exceptions ; et les vallées des hautes montagnes ne présentent souvent qu’une série de renflements et d’étranglements ; mais, dans ce cas, c’est plutôt un système de vallées qu’une vallée proprement dite. Ces systèmes se composent souvent de petites vallées longitudinales ou de bassins unis par des défilés transversaux .

On verra, dans le chapitre suivant, que les mots vallée et bassin sont aussi employés dans un sens hydrographique.

Lorsque les dépressions du sol ou, pour parler le langage des mineurs, les cavités à ciel ouvert ne sont plus assez larges pour être appelées vallées, vallons, défilés, bassins ou cirques, on les désigne par d’autres noms, tirés ordinairement de leur forme : c’est ainsi que l’on appelle fentes et crevasses celles qui ressemblent aux cavités de même nom que nous voyons se former dans les corps qui se dessèchent ou qui se refroidissent; d’autre prennent le nom de puits naturels ou d’entonnoirs , parce qu’elles rappellent nos puits ou nos entonnoirs artificiels. Du reste, de même que l’application du nom de pays élevé et de région

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basse est souvent prise dans un sens relatif plutôt qu’absolu, il n’y a pas de ligne de démarcation entre les dépressions que l’on doit désigner par les premières ou par les dernières des dénominations que nous venons d’indiquer; car il y a, dans Ira pays de montagnes, de véritables vallées, c’est à dire des cavités assez vastes pour être habitées, qui ressemblent tellement à une fente ou à une crevasse, qu’on les désigne par l’un de ces noms lorsque l’on veut exprimer leur forme en peu de mots.

Nous ajouterons, à cette énumération des noms que prennent les diverses parties de la terre d’après leur relief, quelques mots sur d’autres dénominations qui sont plutôt agricoles et statistiques que réellement géographiques, mais dont on fait cependant un fréquent usage dans les descriptions des diverses parties de la terre.

Par les noms de désert», steppis et pampa» on désigne des contrées arides, sans culture, peu ou point habitées. Les déserts sont les plus arides, les steppes et surtout les pampas produisent plus de végétation. Cependant il est à remarquer que l’application de ces trois noms tient plutôt au langage qu’à l’état réel des choses, et que ce que l’on appelle désert, dans l’Afrique et dans le sud-ouest de l’Asie, se nommerait steppe en Russie ou dans le nord de l’Asie, et pampa dans l’Amérique méridionale.

Il existe quelquefois, dans les déserts, des espaces nommés oasis, où la présence de sources, la nature du sol, ou d’autres circonstances permettent l’établissement d’une végétation régulière et une habitation fixe de l’homme.

Les mots lande», bruyères et garigues, appartenant à l’Europe occidentale, s’appliquent à des espaces moins étendus quec eux de désert, steppe et pampa. Les deux premiers indiquent, en général, des sols recouverts de dépôts meubles et d’une faible végétation où dominent les bruyères. Le troisième, employé dans le Languedoc, indique des espaces où les rochers sont en grande partie à nu ou couverts de broussailles. Bans les contrées polaires de l’Europe et de l’Asie on donne le nom de toundra à des plaines qui ne sont couvertes que de lichens, de mousses et d’autres plantes cryptogames.

Par la dénomination de solitudes, on désigne les contrées sans habitations fixes, mais où cet état de choses est aussi bien l’effet de circonstances sociales que de la nature du sol ou du climat. Dans l’Amérique du Nord, il y a de vastes solitudes que l’on appelle foret» et prairie* selon qu’elles sont couvertes d’arbres ou de végétaux herbacés.

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