SO
CIOLOGIE DE LA DELCIQUE.
Condros , opinion qui parnît appuyée par la quantité de débris qui reposent sur ce sol, et surtout pur l’abondance de ces débris qui sont accumulés dans les vallées et sur les plaines qui bordent cette contrée. La seconde cause, c’est qu’il paraît que les roches quartzeuses ont, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, une aptitude à se fendiller et à former des cailloux, qui ne se retrouve pas dans nos calcaires dévoniens et houillers.
■'roulement des ennx. — Dans tous les cas, on peut admettre que c’est à ces dernières révolutions que l’on doit attribuer la direction des cours d’eau qui traversent les terrains anciens de la Belgique. Nous ferons aussi remarquer que ces cours d’eau viennent fortement à l'appui de l’opinion d'après laquelle ce n’est pas toujours la pente générale du sol, mais plus souvent l’existence de fractures dans ce sol, qui détermine le cours îles rivières. En effet, la Meuse, qui prend sa source à l’altitude de 347 mètres et qui, duns un cours de plus de 20 myriamètres , n’est séparée du bassin de la Seine que par des plateaux qui ont ordinairement moins de 400 mètres, ne traverserait pas entre Mézières et Givet des plateaux de plus de 500 mètres d’altitude, si elle n’avait pas trouvé dans ces plateaux des fentes toutes préparées pour son écoulement. La Sambre présente aussi un phénomène analogue, car, au lieu de suivre la pente générale du sol vers le nord-ouest, elle dévie vers l’est, lorsqu’elle rencontre la graude fracture dont nous avons parlé, et traverse, entre Charleroi et Namur, des plateaux plus élevés que l’arête qui la sépare du bassin de l'Escaut. Or, il est à remarquer que ces plateaux sont formés de roches très cohérentes qui résistent à l’nclion érosive des eaux, mais qui sont susceptibles de conserver les fentes qui s’y produisent, tandis que l’arête du nord est principalement formée de sables et d’autres dépôts meubles, très susceptibles d'être ravinés par les eaux, mais où les fentes sont dans le cas d’être bientôt obstruées par les éboulements.
Nous n’avons rien à ajouter à ce que nous avons déjà dit dans le livre précédent sur la formnlion du limon, sur l'origine des cavernes et sur les relations des ossements qu’elles recèlent, questions qui sont loin d’être hors du domaine (1e la discussion.
L’âge et le mode de formation de l'argile d'Ostende ne sont pas non plus une question très claire. On ne peut y voir une alluvion ordinaire des fleuves, parce qu’elle n'est pas placée dans la direction d’un grand cours d’eau , et parce que l’on y trouve des coquilles marines. Belpaire (1), qui écrivait à une époque où la théorie des soulèvements
(1) Mémoire déjà cité page 543.
CONSIDÉRATIONS GÉOÜÉMQliES.
était encore (Inns l'enfonce, nvait cependant imaginé, pour expliquer ces faits , une hypothèse analogue à ces alternatives d'émersions et de submersions qui jouent un rôle si important chez les géologues actuels; il supposait que des marais tourbeux, qui existaient le long de cette côte du temps de César et étaient séparés de la mer par une chaîne de dunes, avaient, depuis lors, été couverts par la mer, laquelle y n déposé une puissante couche d'argile dont l’emplacement a élc de nouveau séparé de la mer par le rétablissement des dunes. Nous sommes loin de vouloir attaquer une hypothèse aussi ingénieuse; mais, telle que Belpnire l’a présentée, elle semble susceptible d'une grande difficulté, c’est que l’on ne conçoit pas pourquoi la mer qui baigne la côte qui nous occupe, et qui avait élevé anciennement des dunes sableuses, comme elle en élève encore actuellement, parce que son fond est sableux, a formé momentanément un dépôt nrgileux, non pas sur un point détaché, mais sur toute la côte, depuis les bouches de l’Escaut jusqu’à Calais. On lèverait cette difficulté si l’on supposait qu’il y a eu au voisinage de ces côtes, pendant la période moderne, une éjaculation de matière argileuse analogue à celle que nous avons déjà supposé pendant les périodes précédentes, phénomène qui, s’il a effectivement eu lieu, a dû être accompagné de mouvements dans les eaux qui baignaient les côtes, et par conséquent concorder avec des inondations qui auraient pu refouler les matières produites sur le continent. L’existence des filons d’argile dans ln tourbe, tout en appuyant l’hypothcse des éjaculations, semble annoncer que le phénomène aurait eu lieu sur l’emplacement même des tourbières. Du reste, les motifs invoqués par Belpnire pour établir que la formation de ce dépôt nrgileux est postérieur au temps de César ne nous paraissent pas incontestables, et nous sommes porté à croire qu’elle se rapporte à une époque plus ancienne.
Nous avons déjà eu l’occasion de foire remarquer qu’une partie des dépûlü détritiques qui recouvrent le sol de la Belgique doivent leur origine à la décomposition sur place des roches sur lesquelles ils reposent. On a vu, en premier lieu, que les plateaux de l’Ardenne étaient recouverts d’une couche plus ou moins épaisse d’une terre brunâtre, jaunâtre ou blanchâtre, analogue aux pbyllndes altérés qui sont en dessous; cette terre est en outre souvent colorée en noirâtre ou en roussâtre par des matières tourbeuses , et renferme, dans certaines localités, des fragments plus ou moins volumineux de quartzites et d’autres roches qui ont échappé à la décomposition.
On a vu également (p. 524) que les terres du Condros montrent d’une manière encore plus claire leur origine locale , car nous avons fait observer que celles qui recouvrent les psammites sont semblables au
GÉOLOGIE UE LA BELGIQUE
produit de la désagrégation de ces derniers, tandis que celles qui recouvrent le calcaire participent de la nature des liions argileux qui sont si fréquents dans cette dernière roche. On peut ajouter, d'ailleurs, que le phénomène de la transformation de ces matières s’opère encore journellement, car lorsque les eaux ou les travaux de l’homme ont enlevé les parties désagrégées qui recouvrent les psammites, il s’y reproduit plus ou moins vite nue nouvelle pellicule meuhle. l)c même aussi lorsque l’on met l’argile rougeâtre des liions eu contact avec l’atmosphère, et que l’on y ajoute des amendements, surtout de la chaux, on obtient, ainsi que nous l'avons déjà dit, une terre végétale qui ressemble au limon de Hesbaye. Quant aux terres qui se trouvent dans les vallées transversales, nous avons également fait connaître qu’elles ont tous les caractères des alluvions et qu’elles en présentent l’irrégularité de compodtion. Toutefois , dans les vallons où coulent des cours d’eau dont les sources sont peu éloignées , les dépôts ne sont formés que des débris des roches du voisinage, et surtout du mélange des deux espèces de terres qui recouvrent les plateaux. La formation de ces dépôts se continue encore; et l’on remarque que les inondations qui ont lieu de temps en temps déterminent le long des cours d’eau la formation de bourrelets composés de matières fines, qui ont les caractères du limon et qui, devenant plus élevés que les parties de la vallée qui longent le pied des collines, empêchent l’écoulement des eaux; aussi, les cultivateurs, pour transformer ces vallées en prairies ou même pour empêcher que les anciennes prairies ne deviennent marécageuses , sont-ils obligés d’exhausser le sol du côté des collines et de l'abaisser vers les bords des cours d’eau.
La transformation des argiles et des sables tertiaires en bonnes terres végétales, exige en général beaucoup de soin et de travuux, et les résultats obtenus en Flandre font notamment le plus grand honneur il la persévérance avec laquelle les habitants de cette centrée se sont occupés depuis des siècles à l’amélioration de leur sol. Mais quand à la zone sur laquelle s’étend le limon de llesbnje, elle est tout naturellement disposée pour donner des terres d'excellente qualité.
La Belgique présente aussi quelques-uns de ces phénomènes, que nous considérons comme les restes de ces grandes éjaculations provenant de l’intérieur de la 'terre, que nous supposons avoir joué un si grand rôle dans les temps anciens; c’est à dire des nourccs minérale* et thermale*. Elles sortent en général des terrains primordiaux , et se trouvent principalement dans la partie septentrionale de l’Ardcnne. Les plus célèbres sont les eaux acidulés et ferrugineuses de Spa, qui sortent du terrain silurien , et les eaux thermales de Chaudfontainc près de
CONSIDÉRATIONS GÊOUÉMQLtS.
Licge, qui sortent du terraiu dévonien et dont la température est de 32 degrés centésimaux.
Nous terminons cet exposé sommaire des principaux caractères géologiques de la Belgique, en rapportant que les études de Belpaire sur les côtes de Flandre l’avaient conduit à supposer (1) qu’il se passe sur ces côtes des mouvement* lents du soi, analogues à ceux que l'on a signalés en Scandinavie, c’est à dire qu’une partie de la côte s’élèverait, tandis que l’autre s’abaisserait. N ieuport serait l’axe de ce mouvement de bascule, car, dit Belpaire, la iner perd continuellement du Pas-de- Calais à N ieuport, tandis qu'elle tend continuellement à gagner de eette ville à l’embouchure de l’Kseaut.
I Mén<om‘ cité iî-iIcs-un p. 5ï'J.
AMikck oi ü Lolo .ul.