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DE LÀ FORMATION DES MONDES. DE LA FORMATION DE LA TERRE

Après avoir exposé, avec assez d'étendue, quelle est la forme de la Terre, quels accidents diversifient sa surface, quelles substances en constituent la masse, les principaux phénomènes dont elle est actuellement le siège, il convient d'étudier maintenant par quelles transformations, par quelles étapes elle a passé pour arriver à son état présent. En un mot, il s'agit de faire ici un résumé de l'histoire de la Terre. Il est, sans doute, superflu de faire observer que, l'homme n'étant apparu sur le globe terrestre qu'après que ce séjour fût devenu, par toute la série de ses principales modifications, propre à le recevoir, l'historique de la Terre ne saurait être assimilé aux récits ordinaires, qui s'appuient sur des témoignages oculaires, parlés ou écrits. On ne peut connaître les événements, antérieurs à l'homme, qui se sont passés sur la Terre, que par induction, c'est-à-dire en remontant des effets aux causes, en jugeant de ce que l'on n'a pas vu par ce que l'on voit, en inférant, de l'action des phénomènes actuels, celle des phénomènes des premiers temps et qui, étant de même nature, ont dû produire des effets semblables. On peut donc dire que la Géologie historique repose, elle aussi, sur des documents, documents qui sont les assises mêmes du globe terrestre, et qui, à mesure qu'ils seront mieux connus ou

mieux compris, fourniront des données de plus en plu» certaines sur ce qui s'est passé en notre planète avant la venue du genre humain. En attendant, il appartient à chaque siècle de pénétrer, dans la mesure de ses moyens d'investigation, le sens du livre écrit pour ainsi dire dans le sein de la Terre. Grâce au progrès des investigations scientifiques et industrielles, notre époque est parvenue à connaître d'une manière satisfaisante les conditions extérieures et intérieures de la planète. Et les conjectures ou les hypothèses que l'on admet aujourd'hui, et sur lesquelles on s'appuie pour connaître et pour raconter les événements terrestres antérieurs à l'homme, méritent d'être acceptées, sinon sans doute avec une certitude absolue, du moins avec une confiance justifiée par les recherches, les découvertes et les expériences qui ont servi à les établir. Il n'y a qu'un seul de ces événements, relatifs à l'histoire de la Terre, qui puisse et qui doive être accepté avec une foi certaine : celui de la création de la matière, organique et inorganique. Ce fait de l'action d'un Créateur, qui a tiré du néant toute matière et toute vie, est mis hors de tout doute par l'enseignement soit de la religion révélée, soit de la saine philosophie.

Pour ce qui est de la formation, à même cette matière primitive, de tous les astres qui roulent dans les espaces, et en général de tous les corps qui existent dans la nature, il n'y a aucun doute que le Tout-Puissant aurait pu leur donner par une action directe et immédiate l'arrangement et les constitutions que nous leur connaissons aujourd'hui. S'il s'agit de la Terre, par exemple. Dieu aurait pu la former tout d'un coup telle que nous la voyons : avec ses inégalités de relief, avec ses montagnes et ses dépressions, avec ses couches rocheuses superposées et plissées de diverses manières, etc. Mais tel n'est pas le mode ordinaire de l'action de la Providence, qui a plutôt coutume de se servir d'intermédiaires, des " causes secondes ", pour arriver à ses fins. Ce qu'il faut admettre comme étant plus conforme à l'action divine habituelle dans le gouvernement de l'univers matériel, c'est que, la matière une fois créée, douée de certaines propriétés, et soumise à certaines lois, Dieu a

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