Calamité. (Hauteur : 45 pieds
Toute cette puissante végétation carbonifère se composait presque entièrement de plantes cryptogames, sans fleurs, d'organisation inférieure. Cependant, il existait en même temps d'autres végétaux plus parfaits, sorte d'intermédiaires entre les cryptogames et nos phanérogames d'aujourd'hui. C'étaient des cycadées, qui se rapprochent de nos palmiers, et des conifères, famille de nos arbres résineux.
Si Ton se demande pourquoi, durant cette période où aucun mammifère n'existait encore, pourquoi les terres émergées offraient ce luxe inouï de végétation, on trouvera la réponse dans les profondeurs mêmes du globe, au sein des mines de houille, qui fournissent au genre humain un combustible sans lequel on ne concevrait plus aujourd'hui ni le commerce, ni l'industrie, ni par conséquent le soutien facile de la vie elle-même. Car ce sont incontestablement les forêts carbonifériennes qui sont l'origine des dépôts houil- 1ers que l'on retire des couches terrestres.
Formation de la houille. — L'origine végétale de la houille ne fait pas de doute. On reconnaît la structure organique jusque dans l'anthracite très compact. D'ailleurs, les masses charbonneuses offrent en abondance des empreintes de plantes (voir Fig. 15, p. 41), feuilles, rameaux et troncs d'arbre.
Comment s'est formée la houille ? L'opinion générale est que la houille ou le charbon résulte de l'altération, due à l'action prolongée de bactéries ou ferments particuliers, des débris végétaux apportés par les courants, accumulés dans les lacs et dans les estuaires de fleuves ou de rivières, et soumis à une certaine pression et à un certain degré de chaleur. Parfois des couches de sédiments minéraux, aussi apportés par les eaux, se sont déposées sur ces amas végétaux, ou sur ceux qu'ont pu former les massifs végétaux poussés sur place, et alternent (comme cela se voit dans les bassins américains) avec les lits de houille. — Dans cette transformation des plantes en charbon, le volume des masses végétales a diminué, croit-on, de cinq fois pour la houille, et de huit lois pour l'anthracite.
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Combien de temps a-t-il fallu pour la formation des dépôts de houille que nous connaissons ? Il faut se rappeler d'abord que les végétaux prennent leur carbone dans l'acide carbonique de Tatmosphère. Eh bien, on a calculé que, avec l'activité présente de la végétation, il faudrait plus d'un siècle, à une forêt de hêtres, pour retirer de l'air le charbon qui constituerait une couche de houille épaisse de 7 millimètres (un peu plus d'un quart de pouce). Tout en tenant compte de la puissance que devait avoir l'activité de la végétation à la période houillère, si l'on ajoute, dans le calcul précédent, le temps qu'il a fallu pour que s'opérât la transformation des masses végétales ; si l'on considère de plus qu'il y a, par exemple dans l'Angleterre septentrionale, une épaisseur de couches charbonneuses de plus de 75 pieds : on peut se faire quelque idée de la suite de siècles qu'il a fallu pour que se formassent les dépôts de houille que contient la croûte terrestre. Le résultat de certaines expériences récentes, où l'on a réussi à transformer de la tourbe et de la cellulose en charbon, concorde avec l'estimation des géologues, pour donner lieu de croire qu'il a fallu environ 8 millions d'années pour que se produisît la houille qui existe dans la nature.
Art. 4. — Étage permien
La période permienne tire son nom de la province de Perm (Russie), où le terrain qui la représente occupe une grande étendue. Ce terrain, peu développé dans le reste de l'Europe, existe en France, en x\llemagne et en Angleterre. // ne se trouve pas en Amérique, — Ce terrain se compose de schistes, de grès, de gypse et de sel gemme. — On regarde comme probable l'existence, durant cette période, d'un grand continent austral qui occupait une bonne partie de l'hémisphère sud. — Le permien a été marqué par une grande activité volcanique, qui a déterminé surtout des éruptions de roches porphyriques.
La jaune permienne. On trouve peu de fossiles dans les terrains permiens. Les coraux sont bien moins abondants
GEOLOGIE
qu'à la période précédente ; les trilobites s'éteignent complètement. Les mollusques d'Europe sont tous très petits; mais les huîtres font alors leur première apparition. Apparaissent, aussi, durant cette période, des reptiles, dont l'organisation rappelle celle des crocodiles actuels.
Fig. 53. — Terres émergées durant le Permien.
La flore permienne. Le règne végétal du permien est la continuation de celui de la période carbonifère, mais avec beaucoup moins de richesse. Les fougères, les lycopodiacées et surtout les conifères sont les plantes qui existent alors en plus grande abondance.
FIN DE l'époque PRIMAIRE
Des bouleversements considérables ont modifié la surface de la croûte terrestre, à la fin des temps primaires ; les couches de terrains se sont soulevées, plissées, rompues ; les éruptions du liquide intérieur incandescent ont cristallisé les roches qu'elles ont traversées, et vraisemblablement, sous l'influence de la pression et de la chaleur, en maints endroits, ont changé la houille en anthracite.
Comme résultat de ces bouleversements et de ces modifications, la vie animale s'est éteinte par tout le globe terres-
EPOQUE SECONDAIRE
tre et n'a pu reprendre, dans les âges suivants, que par des créations d'animaux adaptés aux conditions nouvelles de la surface du globe.
Chapitpa V ÉPOQUE SECONDAIRE
On n'attribue à la deuxième grande époque géologique qu'un quart de la durée de la première; si l'on croit que les temps primaires ont duré, par exemple, 12 millions d'années, l'époque Secondaire ne compterait que 3 millions d'années.
Si l'époque Primaire a été marquée, comme nous l'avons dit, par un extraordinaire développement de la vie végétale — au point que les fougères étaient de grands arbres, et que des champignons pouvaient avoir un diamètre de 30 pieds.
Fig. 54. — La mappemonde à la fin du Triasique.
l'époque Secondaire fut caractérisée par les colossales dimensions des animaux marins et terrestres ; il n'y a plus
(1) Dite aussi mésozoïque.
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aujourd'hui que les baleines pour nous donner une idée des proportions de ces géants de la faune préhistorique. Cette faune comprend des mammifères, un grand nombre d'insectes et les premiers oiseaux. Quant à la flore, les phanérogames y apparaissent en bonne variété. Tous ces faits démontrent une plus grande pureté de l'atmosphère. Le règne minéral formé durant cette époque comprend des dépôts de calcaires et d'argiles.
Contrairement à l'époque Primaire où se produisirent de grands mouvements du sol, la Secondaire fut relativement calme. Les terres y furent modifiées surtout par l'action de l'air et des eaux. Il existait alors cinq continents étendus, dont l'un — nord-atlantique — englobait l'Amérique du Nord, le Groenland et le nord de l'Europe. Un autre — africano-brésilien — comprenait l'Arabie, l'Afrique et le Brésil. — Notre Amérique du Nord est formée en grande partie ; mais il y manque encore une bande autour du golfe
Fig. 55. — L^Amérique du Nord à Tépoque Secondaire.
du Mexique et une bande encore plus large, à l'ouest, où existeront plus tard les montagnes Rocheuses. (Les ombres de la Fig. 55 indiquent ces lacunes de la carte de l'Amérique.)
EPOQUE SECONDAIRE
Pour ce qui est de la température à Tépoque Secondaire, les fossiles marins nous apprennent qu'elle n'est plus uniforme sur le globe terrestre. On constate ainsi qu'il y avait dès lors une région boréale, où il y a peu d'animaux ; une région tempérée, plus riche en espèces animales, surtout en coraux ; et une région torride, où plantes et animaux sont le plus abondants.
On divise l'époque Secondaire en trois étages ou périodes, qui sont le triasique, le jurassique et le crétacé. Ces terrains, ni par conséquent l'époque Secondaire, n'existent pas dans la province de Québec ; mais ils sont abondants dans les provinces canadiennes de l'Ouest, où il y a notamment, à l'est des montagnes Rocheuses, de grandes étendues de terrain crétacé. — Les dépôts secondaires sont principalement des calcaires, des argiles, des marnes, des sables, et, sur quelques points, des amas de sel gemme et de gypse.
La flore secondaire. L'organisation des plantes, à l'époque Secondaire, est plus élevée que celle des végétaux primaires. Le nombre des cryptogames va en diminuant ; ils sont remplacés peu à peu par des phanérogames. Ce sont d'abord des gymnospermes (plantes à graines nues) : des conifères (végétaux à feuilles persistantes, comme les sapins, mélèzes, etc.), et des cycadées (grands arbres ressemblant aux palmiers). Puis, vers la fin de l'ère Secondaire, ce sont des angiospermes (plantes à graines entourées d'un péricarpe), notamment des dicotylédones apétales, comme les chênes, les saules, etc.
Une cycadée.
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Fig. 57. — Ammonite.
La faune secondaire. Les trilobites n'existent plus, dans l'époque Secondaire. — Deux mollusques abondent et sont surtout remarquables en cette ère : V ammonite, à
coquille enroulée en spirale, et la bélemnite, qui ressemble à notre calmar ou encornet (le squid de nos pêcheurs). — Il y a aussi des poissons.
— Les mammifères semblent avoir été seulement des marsupiaux.— Les premiers oiseaux ont fait leur apparition : ils sont bipèdes, ont des ailes plus ou moins parfaites, et leur bec est pourvu de dents. — Mais ce sont les reptiles qui surtout, durant cette époque, ont pris un développement extraordinaire, au point qu'on la désigne sous le nom d'^'âge des reptiles". Il y avait dès lors des crocodiliens et des chéloniens (tortues), assez semblables à ceux d'aujourd'hui. — Après avoir mentionné seulement leur existence, nous allons énumérer les plus remarquables des grands sauriens ou reptiles de l'époque, et qui se sont complètement éteints avec elle. On les divise en trois ordres :
1*^ Sauriens marins. — A cet ordre appartiennent les deux reptiles '' ichthyosaure " et " plésiosaure ".
h'ichthyosaure, dont la longueur atteignait jusqu'à une trentaine de pieds, était pourvu d'une queue puissante et de grandes pattes natatoires, et c'était donc un fort nageur. Une longue tête, de vigoureuses mâchoires armées de 180 dents coniques, indiquent un animal vorace et redoutable. La grosseur des yeux, surpassant celle d'une tête d'homme, et dont la courbure pouvait varier (grâce à un anneau d'os-
Fig. 58. — Bélemnite.
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selets qui entourait la sclérotique), donnait à l'animal une grande puissance de vision, de près comme de loin. — Des coprolithes fossiles, trouvés avec les restes d'ichthyosaures, du volume d'une pomme de terre, rayés d'un sillon spiral, ont permis de constater que ces reptiles se nourrissaient de
Fig. 59. — Ichthyosaure.
poissons, s'entre-dévoraient même, et que leur canal digestif, muni d'une sorte de cloison spirale (comme l'intestin des requins d'aujourd'hui), gardait longtemps les aliments. Le plésiosaure, long seulement de 10 à 12 pieds, avait un cou très long, terminé par une tête petite. Il n'était pas
Fig. 60. — Plésiosaure.
organisé pour lutter contre les vagues, et se tenait sans doute dans les eaux peu profondes.
2^ Sauriens ailés. — L'être le plus intéressant de cet ordre était le ptérodactyle, sorte de lézard volant, ayant au
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plus la taille d'une oie; mais ses ailes déployées mesuraient 25 pieds d'envergure. Ses membres antérieurs avaient un doigt démesurément allongé et qui supportait une membrane alaire du genre de celle des chauves-souris actuelles. 3° DiNOSAURiENS. — Ce nom veut dire : '' reptiles redoutables ". La grande taille ce ces animaux, au moins, justifie
Fig. 61. — Ptérodactyle.
cette appellation. \j iguanodon, qui appartient à cet ordre, pouvait avoir jusqu'à 30 pieds de longueur. Ses pattes postérieures, allongées et fortes, font croire qu'il devait se tenir debout, en s'appuyant sur sa queue qui était, aussi, longue et robuste. On a découvert, près de Tournai (Belgique), plus de vingt squelettes complets de ce reptile.
Le mégalosaure, dont on n'a trouvé que quelques débris, était un lézard, assez semblable aux crocodiles, et qui était long de près de 70 pieds. Ses os creux indiquent qu'il était un animal terrestre.
Il faut enfin mentionner : le diplodocus, long d'environ 50 pieds, qui fut trouvé dans le Colorado, et le hrontosaure.
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long d'environ. 70 pieds, trouvé en 1898 dans le Wyoming. (Le premier de ces reptiles est dans un musée de Pittsburg (Pensylvanie) ; le second est à V ''American Muséum" de New- York.)
Fig. 62. — Iguanodon.
Et, comme par opposition à ces reptiles aux dimensions colossales, nous signalerons les coquilles microscopiques auxquels sont dues les formations qui dominent dans la période crétacée, soit dans le dernier étage de l'époque secondaire. En effet, le microscope nous montre que la craie s'est formée par l'accumulation, au fond des eaux, des carapaces d'animaux incroyablement petits, au point qu'une dizaine de millions de ces coquilles peuvent se trouver dans un pouce cube de matière crayeuse. Et, dans le bassin de Paris, l'épaisseur de l'étage de la craie atteint près de mille pieds ! Cette formation de la craie se continue encore de nos jours, comme l'ont prouvé les sondages que l'on a pratiqués, dans l'océan Atlantique, pour la pose des câbles télégraphiques sous-marins.
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