‹ Abrégé de géologieChapitre 30 sur 31 · LE TRANSFORMISME · texte numérisé non relu

LE TRANSFORMISME

formisme est l'hypothèse suivant laquelle les espèces animales — y compris Thomme lui-même — et végétales vivant aujourd'hui sont dérivées, par un développement et un progrès continu, d'un ou de plusieurs types qui ont existé primitivement. Ce développement et ce progrès, cette dérivation d'une espèce à l'autre, s'expliqueraient, suivant les transformistes, par trois principes : 1°, Za sélection naturelle (dans la " lutte pour la vie ", les êtres les plus forts résistent seuls, atteignent et retiennent toute la perfection propre à leur classe) ; 2 °, V influence du fonctionnement des organes, qui fait que des organes non mis en exercice s'atrophient et disparaissent, et qu'au contraire les organes se perfectionnent par leur fonctionnement, d'où l'énoncé : " la fonction crée l'organe " ; 3"^, Vinfluence du milieu, par quoi l'on entend que les circonstances de climat, d'alimentation, etc., peuvent modifier grandement la constitution des espèces. — Il faut ajouter que ces fameux principes de l'hypothèse évolutionniste n'ont plus beaucoup de partisans aujourd'hui, tellement les faits réels leur ont donné de démentis. Il est bon toutefois de les connaître au moins de nom, à cause de l'intérêt historique qui leur reste.

Pour juger cette question du transformisme, et sans faire appel aux motifs très graves qu'ont le théologien et le philosophe de désavouer l'hypothèse des évolutionnistes, il suffit de s'arrêter un instant sur les considérations suivantes, tirées exclusivement du domaine scientifique.

1° La grande objection que l'on peut faire au transformisme, à priori, et qui pourrait écarter toute discussion, c'est qu'il n'est pas possible de citer en sa faveur un seul fait qui, bien constaté et légitimement interprété, montrerait qu'une seule espèce a certainement évolué en telle autre espèce. Il est évident qu'un seul fait de ce genre suffirait, sinon pour établir solidement le transformisme, au moins pour ôter beaucoup de force et de valeur aux arguments des adversaires de cette hypothèse.

2^ Pour ce qui est de l'homme lui-même, on a été jusqu'à lui attribuer, pour ancêtre, le singe qui, par des perfectionnements successifs, serait à la fin devenu la créature hu-

maine. Seulement, on ne peut donner aucune preuve de cette transformation ; l'on ne connaît aucun des êtres intermédiaires qui auraient formé comme une série ininterrompue entre le singe et l'homme. — Ajoutons que, soit dans le développement crânien, soit dans la structure anatomique, il y a de très grandes différences entre l'homme et le singe le plus parfaitement constitué. Il y a surtout les facultés intellectuelles, qui n'offrent aucun terrain de comparaison entre l'homme et le singe. Il faut donc admettre, au point de vue scientifique, la création directe de l'homme par Dieu.

3° De même que l'être humain est resté le même depuis le commencement, de même les espèces animales et les espèces végétales sont aussi restées les mêmes, comme il est prouvé par l'étude des fossiles de toutes les époques géologiques. On n'a pas la moindre preuve qu'une seule espèce soit à la longue devenue une autre espèce. Il y a eu sans doute, chez l'homme, chez les animaux et chez les végétaux, des changements dus au climat, à l'alimentation, au sol, etc. ; ces changements ont donné lieu à des variétés, plus ou moins stables, dans la même espèce, mais jamais à des espèces nouvelles. Les trilobites, par exemple, dont on peut suivre l'histoire dans les couches terrestres jusqu'à la fin, puisqu'ils n'ont pas dépassé l'époque tertiaire, n'ont offert, dans une dizaine seulement de leurs trois à quatre cents espèces, que des variations légères qui ne se sont même pas complètement maintenues dans leur descendance.

L'évolution, entendue en un sens très restreint, peut donc avoir amené de nouvelles variétés, que la seule culture ou d'autres causes peuvent produire ; mais là s'arrête son pouvoir, ainsi que le démontre l'expérience.

4^ La paléontologie témoigne que les espèces ne sont pas apparues, au commencement, comme après des étapes successives où elles se seraient perfectionnées de l'une à l'autre. Mais elles sont apparues de façon soudaine et sans rapport avec des espèces ayant existé auparavant. Et elles sont apparues tout d'un coup dans toute leur perfection relative.

Page 1