INFLAMMATION DE L’ESTOMAC
L’inflammation de l’estomac, comme celle des intestins, peut attaquer la surface externe ou interne de ce viscère Quand la tuni que extérieure est le siège de la maladie , les symptômes sont à-peu-près les mêmes que ceux qui annoncent l’inflammation péritonéale des intestins , et on doit employer le même traitement ; la seule difference que Fon puisse observer dans les symptômes, c’est que, dans ce cas, la douleur semble plus aiguë et plus accablante que dans Fautie. On peut observer la même diffèience entre les grands et les petits intestins, ces derniers étant doués d’un plus grand degré de sensibilité que les premiers.
Quand F inflammation affecte la tunique péritonéale de 1 estomac elle s’étend très pr omptement aux petits intestins et aux viscères voisins ; ou , si elle a pris naissance aux petits intestins , elle s’étend fréquemment à l’estomac, et quelquefois aussi aux grands intestins. C'est pourquoi, en examinant les chevaux qui sont morts de ces maladies, on trouve rarement F inflammation concentrée sur un seul organe; il arrive même plus communément que tous les viscères de Fabdomept preset tent des apparences moibifiques , mais à des degrés différens , ceux qui sont le* plus vo ins de la partie d’abord affectée ayant beaucoup souffert, tandis que ceux qui en sont plus éloignés sont
peut-ètré a peine altérés, car on peut distinguer le siège primitif de l’inflammation.
L’inflammation de la tunique Interne ou villeuse de l’estomac n’est pas une maladie très commune, et est, en général, occasionnée soil par des poisons ou de forts médicamens , ou par les vers appelés œstres ( bots ).
Dans le premier cas de poisons ou de forts mèdicamens inconsidérément administrés , elle se manifeste subitement, le pouls est très accéléré et si faib'e qu’on peut a peine le sentir, les extrémités sont froides , et l’on remarque un air d’abattement dans l’attitude de l’animal, la respiration est gênée* la toux accompagne quelquefois ces symptômes, et il existe toujours un grand degré de faiblesse. Le traitement de cette maladie consiste à fail e prendre au cheval une quantité suffisante de liquides huileux ou mucilagiueux , telle qu’une décoction de graine de lin, de gomme arabique dissoute dans l’eau, etc., et en meme temps des médicamens capables de décomposer ou de détruire le poison ; je crois que la sulfure de potasse, à la dose d’une demi -once, doit produire un bon effet , mais seulement contre les préparations de mercure ou d’arsenic. On doit donner des la vu mens , et , si la maladie est accompagnée de dévoiement , ils doivent être composés d’une forte décoction de graine de lin ou d’eau de gruau. J’ai traité, en même temps, cinq chevaux attaqués d’une inflammation d’es- , tomae p>oduite par le poison : quatre furent i parfaitement guéris par l’emploi du traitement que je viens d indiquer.
L’inflammation que les œstres ( bots ) produisent
dans l’estomac s’annonce par des symptômes qui diffèrent un peu de ceux qui viennent d’etre dédits : en elïèt, elle doit plutôt être considérée comme une ulcération de l’estomac que comme une inflammation , puisqu’en examinant les chevaux qui en sont morts on tjouve toujours des ulcères d’une grandeur considérable. Les progrès de ce tte maladie sont lents : b* cheval qui en est attaqué a la peau rude et d’uçJ apparence maladive, il peid peu à peu son embonpoint et sa force quoiqu'il continue à bien se nourrir, sa peau se colle aux os et il a une toux fréquente et fatiguante. La maladie peut continuer dam cet état pendant quelque temps sans donner lieu de craindre aucun récitât séiieux. Ou en soupçonne rarement la cause et le siège • on emploie des médicamens contre la toux, avec des aliérans communs pour améliorer son état.
Dans quelques circonstances ces vers se détachent spontanément et sont expulsés par les intestin* ; dans ce cas, s’ils n’ont pas beaucoup altété l’estomac il se rétablira par degrés , et le cheval reprendra son premier état et ses forces “ mais quand ils séjournent dans l’estomac ils y font un si grand ravage qu’ils dérangent tout le système. Les poumons sont tr ès sujets, dans ce cas, à sympathiser avec l'estomac , et a en éprouver une inflammation opiniâtre, et quoiqu’on puisse 1 arrêter jusqu’à un certain point par la saignée et les autres remèdes que nous avons recommandés pour cette maladie, cependant , comme on ne peut pas souvent en détruire la cause, elle se termine ordinairement d’une manière fatale.
On peut distinguer cette inflammation symptomatique des poumons de celle idiopathique ou primitive, par l'indice suivant : elle est généralement précédée d’une apparence maladive dans iai peau et d’une toux incommode, l’ammal sup porte mal la saignée, et une perte un peu considérable de sang diminue promptement ses forces; tandis» que, dans Pmflammation idiopatliiquedespoumons,, la saignée augmente souvent la force du pouls ett celle de tout le système. ( Voyez Vers, Œstres* ( bots), et Maladie de l’estomac. )
inflammation des reins.
Cette maladie n’est pas très fréquente ; elle est, je pense, ordinairement occasionnée par Pusage immodéré de forts médicamens diurétiques. A la première invasion , le cheval se tient constamment debout, comme s’il avait besoin de pisser, il rend quelquefois une petite quantité d’urine chargée en couleur ou sanguinolente. Quand l’inflammationaugmente d’intensité, il s’en suit une suppression ePuiine et la fievre. Si on appuie sur la région des lombes, l’animal fléchit sous la main et paraît ressentir une grande douleur. Commencez d’abord par lui faire une forte saignée et donnez ensuite une cbopine ou vingt onces d’huile de ricin; faites usage de lavemens d’eau chaude, et couvrez les reins de peaux de mouton, après les avoir frottés avec l’embrocation de moutarde. Si i ces remèdes ne procurent pas de soulagement, 1 répétez la saignée , et si l’huile n’a pas assez opéré renouveliez la dose. On doit bien se garder
aemployer aucuns médieamens diurétiques. ( Voye« Urine sanguinolente , Suppression d’urine. Appendix. )