‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 11 sur 78 · INFLAMMATION DES INTESTINS · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DES INTESTINS

Cette maladie n’est pas si fréquente que la pré« cédente, mais elle est également dangereuse et, en général , plus rapide dans ses progrès. L’inflammation peut attaquer ou la tunique péritonéale de l’inUstin ou cette autre membiane délicate qui forme la tunique interne ou villeuse. Dans le premier cas, la maladie est suivie de constipation, dans le dernier, une évacuation considérable est le symptôme le plus apparent; mais quelle que soit celle de ces deux tuniques qui se trouve attaquée la première, l’inflammation ne tarde pas à se communiquer à l’autre.

L’inflammation péritonéale commence par une apparence d’abattement et de mal-aise , l’appétit es [considérablement diminué ou entièrement perdu, et le pouls devient plus fréquent ; la douleur et les symptômes fébriles augmentent par degrés, l’animal gratte continuellement la terre avec les pieds de dev ant et s’efforce de se frapper le ventre; i il se couche et se relève aussitôt, regarde ses flancs, et exprime fortement par son attitude la violence de la douleur qu’il ressent. Son urine est chargée en couleur, il ne la rend qu’en petites quantités et, quelquefois, avec des souffrances considérables^ il est ordinairement constipé, son pouls est très petit et fréquent, les jambes et les oreilles sont ! froides, et la respiration est très gênée, la violence de la douleur et les efforts que fait l’animal en se débattant , peuvent exciter une transpiration abondante ; a la fin, la gangrène se déclare, et bientôt il cesse d’exister, Les progrès de cette maladie

sont quelquefois si rapides, que j’ai eu occasion de voir une gang ène com •lète se déclarer et acquérir xm degré considérable d’étendue dans l’espace de douze heures.

Quand la tunique interne des intestins est seule enflamm e, la maladie s’annonce par une f «rte évacuation et des symptômes fébriles; mais ils sont rarement aussi graves que dans l’inflammation péritonéale , et l’animal ne parait pas ressentir les mêmes souffrances Cette maladie est communément produite par l’emploi peu convenable d’une médecine, ou provient de la négligence qu’on apporte pendant qu’elle fait son eff*t.

Da ns le traitement de l’inflammation péritonéale, une saignée prompte et copier tse rst le remède le plus important. L’efficacité de l’inflammation, artidcielle sur la surface du corps est sensiblement remarquable dans cette maladie, et j’ai vu, même, le cautère actuel appliqué avec succès sur Pabdotnen. Pour remplacer ce remède douloureux, je recommande de couvrir le dos de l’animal avec des penux de mouton fraîches, qui exciteront et maintiendront très long' temps une transpiration abondante dans cette partie ; on aura soin de frotter assiduement tout l’abdomen ou ventre avec une embrocation de moutarde, dont on accélérera les effets irtitans en couvrant ensuite la partie avec des peaux de mouton ou des couvertures chaudes; on" peut aussi passer à la poitrine et au ventre des sétons animés a\ee l’onguent vésicatoire, au lieu de thérébentine ou digestif simple , qui est communément employé dans ce cas. Si le cheval est constipé, ee qui arrive presque toujours, comme nous Pavons déjà observé , faites-lui prendre une

cbopine , ou -vingt onces , d'huile de t œin, et des lavemens d’eau de gruau légère. On lui laissera boire copieusement d’une inlusion de graine de lin tiède , ou de l’eau pure tiède ; on lui fera des trierions aux jambes, et on lui préparera une forte litière ; si l’on n’obtient pas de soulagement dans les six heures qui suivront la saignée, elle doit être répétée, et si la constipation existe encore dix ou douze hemes après que l’huile aura été piise , donnez -en une nouvelle dose et renouveliez le lavement. Si la maladie se prolonge et augmente d'intensité , après que ces remèdes auront été employés , il y aura peu de probabilité de rétablissement ; et surtout, si le pouls est devenu si prompt, si faible et si inégal quon ne puisse qu à peine le sentir 5 si Ton remarque une remission ou cessation de douleur, ou si le cheval tombe drus !e délire, ce sont toujours des signes funestes

oui annoncent la mortification, avant-coureur certain de la mort. Mais si la douleur continuait apres (pie les remèdes ci dessus ont etc exactement employés . en peut faire usage du lavement anodin.

Quant aux causes de l’inflammation peiitoneale, la plus ordinaire paraît être un excès de nom ri— true et le défaut d’exercice : il n’est , cependant, pas rare qu’elle se manifeste lorsqu on place subitement dans des écuries chaudes un cheval qui revient des camps ou de l’herbe. On a, je crois, souvent éprouvé les consequences fatales de cet usage à l’armée, quoiqu’on lui assignat une autre eau; e avant que l’art vétérinaire eut fait des pr ogre s suffisans pour en démontrer l’inconvénient et le danger.

La maladie semble quelquefois produite par la distent on des intestins, occasionnée par des coliques venteuses ou tranchées, qui ont été négligées ou qui n’ont pas été traitées avec soin • quand le spasme a été si violent qu’il a résisté à Faction de tous remèdes, la maladie fait les p ogrès les plus rapides.

L’infla mmatîon de la tunique villeuse interne de l’intestin, ainsi que nous l’avons observé, est ordinairement occasionnée par l’administration d’une médecine trop forte , ou par le défaut d’attention lorsqu’elle opère , et , en général , elle est accompagnée de dévoiement. Ce cas exige un traitement different de a ]»i que nous avons recommandé pour Findammation péritonéale; on doit négliger la saignée, a moins que le pouls ne soit très accéléré et les symptômes fébriles considérai les : il faut aussi éviter d’employer l’huile. C’est alors que Fembrocation de moutarde et les peaux de mouton sur le dos et le ventre sont nés utiles (1).

Il est important de faire boire au cheval une eau de gruau légère ou une infusion de graine de * lin , et s’il refuse cette boisson, on doit la lui faire prendre avec une corne. Si la maladie n’est point maîtrisée par ces remèdes, il faut administrer le lavement anodin , et s’il n’opère point, faire prendre le breuvage anodin ou l’astringent.

Quand un cheval a pris médecine, s’il est atta -

(i) Quand les intestins sont enflammés par cette cause, l'évacuation cesse ordinairement lorsque l'inflammation fait de grands progrè* , et alors la gangrène et la mort en sont les suites promptes et inévitables.

Dans le cas de superpurgation , j’ai employé avec succès la fécule d’arrow-root, espèce d amidon.

que de tranchées et d'une violente maladie avant que l’évacuation soit établie j pour provoquer l’évacuation et lui procurer du soulagement, administrez- lui un lavement, fai tes -lui boire une eau de gruau légère, et prendre de l’exercice.

On a quelquefois confondu {’inflammation péritonéale avec la colique venteuse ou tranchée , mais elles diffèrent beaucoup dans leurs symptômes, et l’on peut aisément les distinguer en se reportant à la table ci-annexée, dans laquelle ces maladies sont mises en contraste.

B, euvage astringent.

Opium . . . de i h 2 gros.

Gr aie prépar ée . i once.

Poudre composée de tragacanthe. 1 once.

Eau de menthe . . . . 1 chopine.

Breuvage anodin .

Opium . de 1 gros à 1 gros %t

Eau de gruau . i bouteille.

Mêlez pour une dose,

Embrocation de moutarde.

Camphre . 1 once.

Huile volatile de térébenthine et Eau d’ammoniac pure, de chacune . 2 onces. Farine de moutarde . , . 8 onces.

Convertis en pâte claire suffisante avec quantité d’eau , et frottés très -long-temps sur la partie malade.

Lavement anodin .

de 5 gros à % once.

Opium

Eau de gruau . 5 chopines (1)*

Melts pour lavement.

Table indiquant la difference entre la colique venteuse ou tranchées, et Tin— fia aima lion des intestins (2).

Symptômes de la colique venteuse.

Ie. Le pouls naturel, mais quelquefois un peu élevé.

2°. Le cheval se couche et se roule sur le dos. 3°. Les jambes et 1©6 oreilles ordinairement

chaudes.

4°. Cette maladie attaque subitement , n’est jamais précédée et rarement accompagnée de symptômes de fievre.

6<r. Il y a souvent de courtes intermissions.

Symptômes de P inflammation des intestins,

1°. Le pouls très prompt et petit.

2°. Le cheval se couche et se relève subitement, se roule rarement sur le dos.

3°. Les jambes et les oreilles ordinairement froides.

(1) L’opium, tel qu’il- est importé et vendu dims les boutiques, contient, en général, une grande quantité de matières hétérogènes^ si donc on emploie l’opium purifié, on doit faire quelque diminution dans la dose.

(2) On trouvera les additions relatives à ce sujet dans l’Appeiidix , au titre Maladie des intestins, qui traite en même temps de la colique inflammatoire, de la colique juteuse et de quelques autres maladies.

4Ü. En général, elle attaque par degrés, est communément précédée et toujours accompagnée de symptômes de fîevre.

5°. On ne remarque point d’intermission.

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