CA.TÀRRE OU RHUME
Il serait superflu de donnerune description particulière de cette maladie , elle est si commune et ses symptômes sont si connus, qu’elle ne peut, pour ainsi dire, donner lieu à aucune méprise.
Elle consiste dans une inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse la partie intérieure du nez , de la gorge , etc, , suivie , quelquefois, d’un léger degré de fievre : de là provient la toux et l’écoulement des naseaux, qui sont les principaux symptômes du catarr e. A la première invasion de cette maladie la saignée doit produire un bon effet ; mais si on a laissé faire des progrès à l’écoulement des naseaux , elle ne peut plus être pratiquée avec le même espoir de succès; néanmoins , le 1 axatif suivant produira un très bon effet, et peut, si on le juge nécessaire, être répété après un intervalle de quelques jours: il préservera souvent l’animal de ceite toux opiniâtre et même incurable qui reste après un rhume , et qui s« convertit communément en pousse.
Bol laxatif.
Alors des Barbades, de 3 gros à. . ^ once.
Tartre émétique . 1 gros.
Savon de Castille . 2 gros.
Sirop simple , quantité suffisante pour un bol d’une dose.
On fera prendre matin et soir la poudre fébrifuge jusqu’à ce que les symptômes diminuent ou qu'on obtienne un effet diurétique considérable , alors on n’administrera la dose que tous les deux ou tous les trois jours seulement.
Quelquefois il se déclare un engorgement dans les glandes parotides, qui sont situées immédiatement au-dessous de l’oreille ; si on n’observe pas dans ces engorgemens plus de chaleur ou de souplesse qu’à l’ordinaire, appliquez- y l’onguent stimulant recommandé pour la gourme ; mais si on les trouve chauds et douloureux et dans un état d’inflammation active , le meilleur remède est un cataplasme. Silesyeux sont enflammés etlarmoyans, on placera un séton sous la ganache, et si Y inflammation dans la gorge est si considérable qu’elle rende la déglutition pénible et douloureuse, un vésicatoire procurera un grand soulagement. On présentera au cheval pour boissop de l’eau de son chaude, qui iO t non-seulement àtenirle venu eiibre, maL elle tiendra lieu de fomentation sur Ses membranes enlîammées, puisque le cheval rempilera constamment la vapeur qui s’en exhale. S’il y a constipation ( ce qui ne doit pas arriver quand l’animai prend de l’eau de son ) on donnera des lavemens de temps en temps, on couvrira soigneu-
aement la tète , la poitrine et le corps, on pratiquera de fréquentes frictions sèches aux jambes, et l’on entretiendra une litière abondante. Par ces moyens l’animal se rétablira promptement; s il survenait un rhume accompagné d’une fievre très intense , ou si l’animal perdait l’appétit , et que le mouvement des flancs fut plus accéléré qu’à l’ordinaire, il serait nécessaire de faire quelques modifications au traitement. ( Voyez Fievre et Inflammation des poumons. )
Il est bon d observer, avant de terminer ce sujet, qu’à la première invasion de la gourme on la confond quelquefois avec le rhume, il peut en résulter des inconvéni ns, puisque la saignée ne convient pas à cette maladie; si donc, un rhume est accompagné d’un engorgement des glandes maxillaires, si elles conservent de la chaleur et sont douloureuses, et particulièrement si le cheval est jeune , on peut en conclure que la gourme va se déclarer, et adopter le traitement propre à cette maladie.
S’il reste de la toux après que les autres symptômes sont disparus, donnez de nouveau le laxatif, et s’il e t nécessaire, renouveliez le après un court intervalle. Si la toux continue, faites prendre tous les matins pendant huit jours le bol suivant.
Bol.
Scille pulvérisée . i gros.
Gomme ammoniaque . 5 gros.
Opium . y2 gros.
Sirop simple , quantité suffisante pour former un bol.
TOUX CHltONlQUE. (l)
Fous avons déjà îndi< jué cette maladie comme un des symptômes du rhume , sans y avoir appliqué am un remède particulier, parce qu’elle cesse d’exister aussitôt que la cause qui Fa produite fie rhume) a disparu. Cependant, e le continue quelquefois api es la disparution de tous les autres symptômes; et, par sa longue durée, on la distingue parle terme du onique .On en i econnaît facilement l’existence : en effet , celle connue sous le nom de rhume consiste dans une inflammation de la membrane qui tapisse le nez et la gorge, et comme cette membrane forme aussi la surface intérieure du canal aéiien et de ses branches, quand le rhume a été v olent et mal soigné, l'inflammation est sujette à s’étendre au canal aérien, ou même à ses branches et à produire un épanchement de lymphe coagulable provenant de la membrane, ce qui devient une source pern anente d’irritation. Il est probable aussi que 1 inflammation détermine quelquefois lin nation de la membrane , ou altère sa sécrétion au point de maintenir une toux continuelle , sans qu’il y ait aucune effusion. Lorsque une quantité considérable de lymphe coagulable s’est épanchée, elfe obture jusqu’à un certain point le passage de l’air et occasionne cette espèce de respiration sonore qui est appelée re pi ration courte , gros d haleine ou cornage. Un vésicatoire à la gorge a quelquefois produit nu bon effet dans la toux chronique ; il faut donner tous les
(u) Yojea Toux dans T Appendix,
malins un dos bols aliérans suivans, jusqu’à ce qu’il ait pioduit une purgation modérée, et cette purgation secondée par un soin particulier dans l’exercice, la nouriiture et le pansage, a souvent effectué la guérison.
La toux chronique est fréquemment occasionnée par des vers dans les intestins ou l’estomac, et doit être alors traitée eu conséquence. ( Voyez Vers. )
Bols .
N°. ier.
Àloës succotrin . de i à 2 gros.
Savon de Castille . 2 gros.
Antimoine tartarisé . 2 gros.
Sirop simple, quantité suffisante pour un bol d’une dose.
Si la maladie ne cède pas à ce remède , essayez le suivant.
Gomme ammoniaque . 5 gros.
Scille pulvérisée et opium, de chaque 1 gros.
Camphre . . . 1 gros.
Sirop simple , quantité suffisante pour un bol d’une dose.
On donnera ce bol tous les matins et on le continuera pendant cinq ou six jours, on choisira une écurie bien aérée, et on aura soin de renouveler la litière, pour prévenir les mauvaises exhalaisons,
inflammation des yeux. (1)
Quand Fa il est enflammé, il perd en partie son
(r) Voyez Maladie des yeux. Appendix.
éclat, et semble quelquefois couvert d’une taie • les paupières sont partiellement fermées , la tache devient plus apparente, et les yeux sont larmoyans Si l’inflammation a été produite par quelque lésioi extérieure et si elle n’est pas très considérable, le collyre (indiqué à l’Appendix) suffira pour la dissiper ; mais dans des cas plus graves, il sera nécessaire de faire en même- temps une saignée légère , et de donner un bol laxatif. Par ces moyens, on doit parvenir à guérir en peu de temps une inflammation provenant d’une lésion ex téi ieure. Le rliume et la fie vie produisent souvent l’inflammation des yeux ; dans ce cas, on s’attachera particulièrement à en reconnaître la cause , parce que quand elle est détruite, l’inflammation cesse ordinairement. Une nourriture trop abondante et un défaut d’exercice proportionné est la cause la plus commune de celte maladie.
Ce cas exige un grand soin et une grande attention, car si on le néglige dans l’origine, la maladie, dissipée en apparence, reparaîtra souvent de nouveau avec pins d’intensité , et il est très présumab'e qu’elle finira par produire la cécité. La saignée est le premier remède à employer, et l’on devra tirer une quantité de sang proportionnée à la violence de l’inflammation et à la condition de l’animal.
Sil’pn découvre les vaisseaux delà partie blanche de l’oéil , ou de la partie interne de la paupière, distendue par le sang, on obtiendra, en scarifiant ces derniers avec une lancette, un résultat très avantageux. 11 faut administrer un bol laxatif et tenir ensuite le ventre Mue avec beau de son ; j’ai éprouvé qu’un séton placé immédiatement sous
foeil , était très utile ; mais à moins que cette ope « ration ne soit faite avec le plus grand soin , elle laisse souvent des traces désagréables après elle, qui porteraient un connaisseur à soupçonner que l’œil a été malade, ce qui diminuerait le prix du die val.
11 sera bon aussi de couvrir l’oeil de manière h le défendre de l’irritation que produit le contact de la poussière et de la lu mère. Cette espace d’inflammation se déclare oour l’or lin aire subitement , n’attaque quelquefois qu’un o il seul , quoîqnè quel quefois aussi elle les affecte tous les deux. Comme il n’oxisle aucune cause apparente, le pal fre lier l’attribue très souvent aux petites graines ou a la poussière qui tombent du râtelier, et y fût peu d’attention. Malgré cette négligence, le ma! se dissipe souvent, et dans quelques cas sa disparution s’effectue aussi promptement que l’attaque avait été prompte. Il reparaît cependant bientôt après d’une manière aussi soudaine que la première fois, et quelquefois disparaît de nouveau. 11 peut ainsi continuer long temps sa marche incertaine: les yeux semblent tantôt transparens et dégagés d’inflammation et tantôt larmoyans , enflammés et opaques à leu*- surface; mais à la fin les parties internes sont affectées et la cataracte se déclare.
On a supposé que les maladies auxquell s les yeux des chevaux sont sujets étaient souvent héréditaires, et dépendaient de quelque vice naturel dans leur structure; je ne sais jusqu’à quel point cette opinion peut être fondée, mais n’ayant jamais rencon tré d’exemple qui parut la confirmer, je ne suis pas porté à lui accorder beaucoup de confiance. Il n’est cependant pas improbable que les yeux de certains
clievaux puissent être naturellement faibles et pins susceptibles d’inflammation lorsqu’ils se trouvent, exposés aux causes qui la provoquent, que ceux qui sont originairement doués d’un degré de force supérieur; mais il me semble que quand cette faiblesse, ou disposition maladive existe, elle est plus oi dinairement 1 effet de quelque lésion éprouvée parcet organe sensible et délicat que le résultat d’un défaut naturel.
Il e t nécessaire, lorsque l’oeil est enflammé, de rechercher avec soin la cause de l’inflammation ; si elle provient de quelque lésion extérieure, et n’est pas très considérable, il est probable qu’elle cédera promptement à l’usage des remèdes que j’ai indiqués ; mais si elle se manifeste sans une cause apparente , provenant peut-etre de la pléthore ou surabondance de sang dans le système, on pourra espérer d’en obtenir la cure radicale, pourvu toutefois qu’on emploie assez tôt les remèdes convenables; et si on néglige d’en faire usage dès l’origine du mal, quoiqu’après quelque temps il semble se dissiper et que l’oeil, pour un observateur superficiel, paraisse rétabli , ce mal souvent reparaîtra et finira par causer la cécité. Si la maladie était déjà survenue une première fois, et si suitout la première attaque avait été violente, il y aura moins d’espérance encore qu’elle pu bse être guérie, et tous nos remèdes resteront probablement sans effet. Dans ce cas on pourra essayer l’altérant n°. 5. ( Voyez l’Index. )
Dans le cas d’inflammation des deux yeux , et lorsqu’une cataracte complète se forme dans l’un, il arrive souvent que l’autre devient parfaitement sain et recouvre toute sa force. Ou doit observer
que quand le cheval a éprouvé plusieurs fois cette maladie, et qu’il est dans une faible condition, l’on ne doit faire usage des laxatifs qu’avec ménagement j il y a peu de cas cependant où une saignée légère et un bol laxatif ne soient nécessaires. Quant aux topiquesou remèdes qui s’appliquent immédiatement sur 1 oeil , je dois avouer que je n’en ai pas vu obtenir beaucoup de soulagement, si ce n’est quand l’inflammation avait bien diminué et qu’il restait une opacité ou taie à la surface de l’œil ; alors le sel commun réduit en poudre fine a souvent été employé avec succès ; mais si l’oeil est demeuré quelque temps en cet état, et si l’opacité est très considerable, du verre blanc réduit en poudre très fine et mêlé avec le miel, a plus d’efficacité. Toutes les fois que les yeux sont faibles, ou eu état d’inflammation, on doit soigneusement les préserver des vapeurs qui s’exhalent delà litière réduite en fumier : en effet, il n’est point du tout improbable que, pour des yeux faibles, ces vapeurs irritantes puissent souvent devenir une cause d’inflammation.
■ l\ ^xiste un corPs cartilagineux qui fait partie de J œil des chevaux , appelé communément (thehaw) ou troisième paupière. Quand l’œil est rethé dans son orbite , ce que le cheval a le pouvoir de faire par
le moyen d’un muscle q ni n’existepas dans l’homme,
ce corps s’abaisse sur l’œil , de manière que lorsque la poussière vient à s’attacher à sa surface , il peut au moyen de ce cartilage, l’expulser; et, comme la lumière est douloureuse à l’animal quand l’œil est dans un état d’inflammation, cet organe est dans ces cas plus retiré qu’à l’ordinaire dans son orbite, et conséquemment la troisième paupière ■devient apparente a sa surface. Les maréchaux fisr**
( fa J '
rans là considèrent comme mie excroissance qui n’est pas naturelle, et comme lacanse de la maladie; et c’est pour cela qu’ils l’enlèvent.
ROIDETJR DES MACHOIRES OU TETANOS.
Cette maladie, qui est heureusement très rare, se termine presque toujours d’une maniéré fatale. Elle commence par une difficulté dans la mastication ; à la fin les mâchoires se ferment si complètement et si fortement qu’on ne peut introduce ni médicamens ni alimens dans l’estomac. Les muscles du cou sont le plus communément dans un état de forte contraction, et l’anima! parait éprouver des souffrances extraordinaires. Elle est souvent produite par des causes légères, telles» que blessures aux pieds, inflammation causée par la coupe de la queue : quelquefois elle survient sans aucune cause apparente. Divers remèdes ont été essayes dans cette maladie, mais je ne pense pas qu’on ait découvert encore aucun traitement efficace. On dit que l’immersion dans l’eau 1 roi de et même dans la neige , produit un relâchement temporaire des muscles qui ferment les mâchoires. L opium et le camphre ont été fortement recommandés. J’ai eu connaissance d’une circonstance dans laquelle la combinaison de ces médicamens avait complètement réussi.
En Amérique et dans les îles occidentales de l’Inde, où celte maladie est beaucoup plus fréquente que dans notre climat , de forts stimulans ont eu de L efficacité ; il sérail donc bon d’essayer le même traitement, si l’opium et le camphre ne produisaient aucun effet sensible. Les meilleurs stimu-
Jans pour cet objet, sont l'esprit de corne de cerf, l’etlier sulfurique, l'opium et l’eau-de-vie. J’ai su qu’un vésicatoii e appliqué a l’épine ou dos, dans tome sa longueur depuis le garrot jusqu’à la naissance de la queue, avait procuré, dans plusieurs cas, un résultat favorable. Je n’ai eu qu’une oc- "* casion de l’essayer , il ne produisît aucun bien; mais la maladie existait depuis long-temps , et avait acquis beaucoup d’intensité avant l’ application d’aucun remède. ( Voyez l’Appendix. )