‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 15 sur 78 · GOURME · texte numérisé non relu

GOURME

Cette maladie attaque, en général, les jeuneé chevaux de l’àge de trois à cinq ans , et consiste dans une inflammation de la membrane de la

gorge et du nez } et une tuméfaction des glandes de l’auge accompagnées de toux et de l’écoule ment par les narines d’une matière blanche et visqueuse : elle est quelquefois compliquée d’un ma! de gorge avec difficulté d’avaler. La suppuration s’établit bientôt dans les glandesenflammées, elles peicent et évacuent beaucoup de matière. Dans ce cas , la toux et les autres symptômes disparaissent , le mal se guérit par degrés , et le cheval se rétablit promptement. 11 y a des cas où la gomme prend un caractère plus effrayant et est accompagnée d’une fiev>e considérable, la gorge est quelqueLis si enflammée que le cheval est incapable d’avaler ni solides ni liquides. Mais, quelcpie violente que soit l’attaque, je me suis toujours aperçu qu’eu adoptant un mode convenable de traitement , on peut aisément triompher des symptômes inquiétans et obtenir un prompt rétablissement. La gourme affecte communément les jeunes chevaux qui sont à l’herbe , et , dans ce cas , on ne s’en aperçoit souvent qu’après que la nature a prfettque opéré la guérison.

On reconnaît l’approche de cette maladie par un air d’abattement , des yeux larmoyans , la toux , et un léger degré d’engorgement des glandes de l’auge. Aussitôt qu’on s’en aperçoit, ou doit soigneusement raser le poil sur les glandes engorgées et les parties contiguës, appliquer ensuite un large cataplasme, en ayant soin de l’assujétir de manière à ce qu’il soit constamment en contact avec ia gorge, car si Ton avait négligé ce point, le cataplasme ne sérail que faiblement utile. J’ai trouvé qu’en faisant de légères frictions d’un onguent stimulant sur les glandes engorgées, avant

l’application des cataplasmes, on accélérait beaucoup la suppuration. Pour cet effet, on emploiera utilement la formule suivante.

Camphre . . 2 gros.

Huile volatile d’origan . . . 1 gros.

Onguent de blanc de baleine. ... 2 onces.

Mêlez.

Quand le pus est amassé dans les glandes, ce que l’on peut reconnaître par l’accroissement de la tumeur, paria peau tendue et un peu élastique, on doit, avec une lancette, faire une ouverture pour en favoriser l’évacuation. Cette méthode est certainement préférable à celle d’attendre que la tumeur perce spontanément , en ce que le cheval est sur-le-champ soulagé, et que la guérison s’opère plus promptement. Pour évacuer parfaitement la matière il est nécessaire de faire une pression légère avec les doigts et d’introduire ensuite de la charpie trempée dans un liniment digestif, à l’effet de tenir ouvert les lèvres de la plaie et de laisser à la matière une libre issue : on doit continuer le cataplasme jusqu’à ce que l’engorgement soit entièrement réduit; quand la gourme affecte les parties internes de la gorge de manière à rendre le cheval incapable d’a valet , et , surtout , si l’engorgement extérieur n’est pas considerable, il sera bon d’appliquer un vésicatoire, et de tenir le ventre libre à l’aide de lavemens. Il est très nécessaire , dans tous les cas de gourme , de soumettre le cheval à l’action des vapeurs , c’est-àdire , de jeter fréquemment dans la mangeoire de l’eau de sou chaude.

U est important de distinguer les cas de gourme naissante des rhumes ordinaires. Dans ces derniers

fa saignée est un remède utile ; mais dans les premiers, je pense qu’elle serait très nuisible, parce qu’elle interromperait un procédé de la nature. Je ne puis, par aucun raisonnement , démontrer pourquoi la saignée serait peu convenable dans la gourme; eu effet , si notre pratique n’était guidée que par la théorie, nous serions conduits à considérer cette maladie comme un cas ordinaire d inflammation , et, conséquemment, à adopter le mode de traitement qui tendrait à en triompher le plus promptement et à prévenir la supputation, et, dans cette vue, nous aurions recours à !a saignée et aux purgatifs: V expérience , cependant, a certainement sanctionné un traitement différent et a, je pense, complètement prouvé Futilité d’user de tous moyens pour provoquer la suppuration ; ces moyens que j’ai employés pour guérir plusieurs centaines de chevaux, ont toujours eu un bon résultat. Si Fit flammation, cependant, s’étendait aux poumons 3 occasionnait une grande difficulté de respirer et la fievre , et, particulièrement , si le cheval était âgé de plus de cinq ans, il ne faudrait pas négliger la saignée; un breuvage laxatif produirait aussi un bon effet , un séton à la poitrine aurait le même succès.

Si la toux ou tout autre symptôme inquiétant continue d’exister après la guérison de la gourme, faites prendre tous les matins le bol altérant suivant, jusqu’à ce qu'il ait produit une purgation modérée, et si on le ;uge nécessaire, on le répétera après un intervalle de quatre ou cinq jours. Il est en quelque sorte superflu d’ajouter qu’on doit appeler tous les soins du palfi enfer à bien couvrir la tète, l’encolure et la poitrine, ainsi que le corps

du cheval, à donner fréquemment de l’eau chaude en petites quantités, à distribuer une litière abondante , et à ne jamais oublier de faire des frictions sèches aux jambes.

Bol altérant.

Aloës des Barbades. . . 1 gros %.

Tartre émétique et Savon de Castille , de chaque . 2 gros.

Convertis en bol d’une dose.

Page 1