APOPLEXIE OU VERTIGO
Cette maladie débute, en général , par une apparence d’assoupissement, les yeux sont enflammés, larmoyans , et l’appétit diminue ♦ la disposition
mu sommeil augmente par degrés, et bientôt le cheval appuie constamment sa tè;e sur la mangeoire, et dort. Il y a rarement une grande altération dans le pouls ; quelquefois je l’ai trouvé plus lent qu'à l’ordinaire. La constipation et une mauvaise sécrétion d urine augmentent presque tou' oms cette maladie. Elle peut se maintenir dans cet état pendant plusieurs jours, ou prendre même dès son début, une apparence formidable. Le cheval s’abat , reste dans un état d’insensibilité, ou est saisi de violentes convulsions. S’il arrive qu’il soit attaqué d’un délire furieux, il s’élance à travers l’écurie de manière à présenter du danger à tous ceux qui s’en approcheraient. Cette variété dans les symptômes a donné lieu aux auteurs sur l hippiat* ique dv di-tinguer cette maladie en vertigo léthargique tt vertigo furieux.
Il y a une autre espèce de vertigo, qui provient de la distension de l’estomac, et attaque le plus communément les chevaux employés à l’agriculture ou à toute autre espète d’ouvrage pénible, quand leur condition n’est pas proportionnée à leur travail , et particulièrement quand ils ne sont pas convenablement soignés dans leur nourriture. Depuis que l’auteur a quitté l’armée , il a rencontré beaucoup d’exemples de cette dernière espèce, et ayant appris qu’ils étaient tous également funestes , et détruisaient annuellement un grand nombre de chevaux, il fut porté à y donner une attention particulière, ce qu’il lit avec un soin d’autant plus scrupuleux qu’il n’obtenait lui-même aucun succès du traitement qu’il employait. Les corps des chevaux qui mouraient de cette maladie furent soigneusement examinés. L’on parvint à
découvrir un mode de traitement qui , s’il est employé à temps , réussit presque toujours. Gomme ou sait maintenant que cette maladie prend naissance dans l’estomac, elle sera décrite sous ce titre dans l’Appendix. ( Voyez Vertigo de l’estomac. ) Il suffit d’observer ici qu’elle peut être distinguée de l’apoplexie ou vertigo naturel par une couleur jaune des yeux et de la bouche , et un tiraillement ou mouvement convulsif des muscles de la poitrine ; le cheval paraît très fa ble , sa tète est pendante comme si elle fut accablée sous un poids i considérable; les pieds de devant vacillent et souvent fléchi sent tout-à-coup, de manière qne l’animal semble être sur le point de tomber, ce qui, cependant, arrive rarement, excepté dans les dernières périodes de la maladie; il paraît insen- I sibl e et souvent pousse sa tête contre le mur avec i une telle violence, qu’il en écrase les parties I saillantes.
L’aperçu que je viens de donner du vertigo, pi ouv« ra que les termes adoptés parles maréchaux, pour en distinguer les divers symptômes sont très impropres, et qu’il vaudrait mieux classer la mai îadie sous les deux titres suivans, savoir : le verî tigo idiopathique et le symptomatique. Dans le «premier cas, la saignée est le grand remède, et 1 manque rarement de procurer du soulagement, i si on l’emploie hardiment au commencement de la maladie ; on donnera en même temps le | breuvage purgatif suivant, et un lavement stimulant, composé de quatre pintes d’eau et cle huit onces de sel commun. Si les symptômes ne diminuent p >s dans les huit ou dix heures qui sui— | *cnt la saignée, il est très probable qu’on obtiens
dra du soulagement en ouvrant les artères des tempes, qu’on laissera saigner librement.
J ai vu dans un cas particulier, employer cette méthode avec beaucoup d’efficacité. Le cheval avait été tourmenté par la maladie pendant plusieurs jours, et il y avait eu délire, quoiqu’il eût été copieusement saigné et , à tous égards, traité convenablement, d’après le rapport qui m’en fut fait. Quand je le vis, il était couché , dans un état d’insensibilité, et sortant de se débattre avec Valence à travers l’écurie. Les personnes qui étaient présentes le croyaient mourant, et a la vérité j’auraismoi-même partagé cette opinion , si le pouls n’avait pas conservé quelque degré de force. J’ouvri immédiatement les deux artèj es temporales, et après, avoir saigné environ dix minutes, le cheval se releva sur ses jambes, parut parfaitement tranquille, et dès ce moment se rétablit par degré sans le secours d’aucun autre remède.
Quand la première saignée ne dissipe pas la disposition au sommeil , on doit mettre un vésicatoire à la tête et placer un séton sous la ganache.
Breuvage purgatif.
Aloès clés Barbades ....... 1 onc«.
Savon de Castille . 2 gros.
Alkali préparé . . 1 gros.
Eau pure . . 1 ch opine.
Mêlés pour une dose.
DIARRHÉE OU DEVOIEMENT.
La diarrhée n’est pas une maladie très commun# dans le cheval ? et est rarement difficile à guérir.
I'll® pt'ut etie occasionnée par une suppression de i ampliation, ou par une sécrétion trop abon— dame de bile. Quelle que soit la cause qui la produite , donnez d’abord le bol laxatif suivant , et si la maladie ne disparaît pas dans deux ou trois jours, employez le bol astringent. On doit aussi avoir particulièrement soin de couvrir chaudement le e. levai, et de lui faire prendre de l’exercice, de lui oüVir fréquemment de l’eau tiède et toujours en pe itis quantités. Quand le devoiement est accom— parné de tranchées et de fievie, il doit ètie con-
siaeié et traité comme l’inliainmation des intestins.
Bol laxatif.
A!oès des Barbades . . gros.
Rhubarbe en poudre . 3 groSi
Cascarilie pulvérisée . . gros
Savon de Castille .
un op simple j suffisante quantité, pour un bol d’une dose. r
JjoI astringent.
Opium en poudre . è gros.
^raie préparée . Q gT0S>
Canei.e en poudre, ou cassia figura. 1 gros a.
fartre-émétique . '. . . 2 gros. *
Convertis en un bol, avec sirop simple, ou déiayes dans suffisante quantité d’eau de menthe
pour breuvage d une dose.
DIABETES OU FLUX D’UHlJN'E.
Celle maladie est souvent très opiniâtre, et prèsque toujouis incurable. Je suis porté à croire qu®
si tile était soignée dès son origine, on en pourrait obtenir la guérison sans beaucoup de difficulté. Elle consiste purement , d’abord , dans une sécrétion d’urine, le cheval pisse fréquemment et en grande quantité \ son urine est transparente et incolore comme l’eau. A la fin, il est pris de fïcvre, sa bouche est sèche, et il semble souffrir beaucoup de la soif ^ l’appétit diminue , et le pouls semble augmenter de vitesse ÿ sa peau s’attache aux os, et il tombe par degré dans le marasme. L’eau de chaux a été très recommandée comme remède dans ceue maladie : je l’ai vu employer cependant deux fois sans succès* on prescrit aussi les médicamens diaphoniques, dans la supposition qu’elle provient, en grande partie, d’une suppression de transpiration. Le quinquina et autres toniques ont encore été considérés comme des remèdes utiles. J’ai eu à traiter, a peu près dans le même temps 3 quatre chevaux attaqués de diabetes. Ils furent promptement guéris par l’usage du bol suivant.
Bol pour les diabetes .
Opium . . î gros,.
Gingembre en poudre . 2 gros.
Quinquina jaune du Pérou . . . . f once.
Sirop , quantité suffisante pour bol d’une dose.
Mais alors la maladie était à son début, et n’était pas accompagnée de fievre, les chevaux.1!; n’av aient pas beaucoup perdu de leurs forces et n’étaient pas encore parvenus à un degré considérable d’amaigrissement • le diabetès était cependant bien caractérisé et aurait , je n’en doute pas , pro-
duit tous les symptômes que nous avons décrits , i s’il n’avait pas été combattu pi esqu’aussitôt qu’il se déclara, il y eut dans tous ces cas une forte évacuation d’urine. La bouche était sèche et ia soif [ inestinguihle. Il paaît donc indispensable de suivre i cette maladie dès son origine, puisque , si elle est i négligée, elle devient extrêmement opiniâtre , ei i quelquefois incurable. Si le remède ci- de sus ne i produit pas Sun effet, essayez l’une des formule* suivantes.
Bols pour le diabetes .
Ta rtre émétique . 2 gros.
Opium . . . i gros.
Convertis en bol d’une dose.
TNT. 2.
Sel volatil de corne de cerf .... 2 gros.
Opium . | gros.
Gingembre en poudre . i gros.
Réglisse en poiuh e . .5 gros»
Convertis en Loi d’une dose.
Sel d ’acier . . . - once.
Min he . 2 gros.
Gingembre . . . i gros.
Convertis en bol d’une dose.
Colombo en poudre . .3 gros.
Casearille . 2 gros.
Sel d’acier . > gros | *
Alkali préparé . . i gros i.
Teinture d’opium . . • . . f once.
Mêlés avec de la bière forte, et donnés en un® seule fois en breuvage.
Remarque .
La nourriture du cheval doit être substantielle et de facile digestion ; on lui présentera à boire de l’eau de chaux légère en petites quantités, ou s’il la re l'use , on lui offrira souvent de l’eau commune.