DE LÀ JAUNISSE
Cette maladie s’annonce par une teinte jaune des jeux et de la bouche , par l’abattement et la lassitude; l’appétit diminue, l’mine prend une couleur rougeâtre ou foncée,* quelquefois la maladie est suivie de constipation , mais plus communément de dévoiement, lille n’est pas communément produite par une obstruction des conduits biliaires, comme dans l’homme, mais plutôt par une augmentation de l’action du foie , qui produit une sécrétion de bile plus abondante qu’à l’ordinaire. On confond quelquef >is l’inflammation du foie avec la jaunisse; mais la jievre et la débilité qui l’accompagnent toujours l’en font aisément distinguer.
Quand la constipation e t un des symptômes de la jaunisse , donnez le bol n°. t tousles malins, jusqu’à ce qu’il ait produit une purgation modérée; mais si le ventre est dé à libre , ou s’il v a dévoiement, donnez tous les matins le bol n°. 2. On ranimera les forces du cheval par une infusion de dtèche, ou d’eau de gruau.
Bol , N °. î.
Calomelas . . . . . . J4 gros.
Aines des Barbades . î gros \ .
Savon de Castillea . 2 gros.
Rhubarbe . 5 gros, ,
Convertis en un bol , avec quantité suffisante i de sirop simple pour une dose.
Calomelas et opium , de chaque . i gros.
Racine de Colombo en poudre ... 5 gros.
Gingembre en poudre . l/2 gros.
Sirop simple, quantité suffisante pour bol d’une dose.
Il y a une espèce de vertigo, dont un des symptômes invariables est la couleur jaune des yeux et de la bouche : j’en ai vu un grand nombre d’exemples depuis que j’ai quitté l’armée. Cette circonstance a souvent porté les maréchaux à le considérer comme la jaunisse. Les remèdes qu’ils emploient sont le safran , le curcuma ou terre mérite, ou i autres substances inertes, d’une couleur jaune ,
! qu’ils semblent considérer comme une quali- Itité indispensable dans tous les médicarnens qu’ils prescrivent dans la jaunisse. C’est d’apiès le même principe qu’ils font usage du sang-dragon, substance résineuse rouge , et d’autres médicarnens rouges , dans tous les cas d’hémorragie interne iou saignée , tels que l’eau sanguinolente , etc.
1( Voyez Vertigo , et Maladie de l’estomac. )
i COLIQUE VENTEUSE , TRANCHÉES OU SPASME.
Cette maladie dont l’invasion est presque toujours subite , est due à plus d’une cause : quelquefois elle provient de ce que le cheval a bu une trop grande quantité d’eau froide, quand il était ■échauffé et que la circulation du sang était activée iipar un violent exercice. Les chevaux d’une constitution délicate , qui ont été habitués a des écurie»
: chaudes et à être soigneusement couverts, peuvent lia contracter en buvant simplement de l’eau très (froide , sans avoir pris auparavant aucun exercice.
Le mauvais foin, peut aussi l’occasionner; mais elle survient fréquemment sans aucune cause apparente, et alors elle est probablement produite par une action spasmodique de l’estomac ou des intestins^ qui occasionne une constriction de ces derniers et un resserrement de l’air. On n’est pas certain si cet air est produit par une fermentation des su! stances contenues dans les intestins, ou formé parles artères de leur tunique interne; mais, quelle qu’en soit la source , il n’est pas douteux que la faiblesse ou une perte d’énergie vitale ne soit la cause immédiate de sa formation. C’est par cette raison que l’on doit préférer les médicamens d’une qualité stimulante; et comme les palfreniers et les maréchaux les emploient presque exclusivement , ils guérissent ordinairement la colique venteuse commune. Cependant, il est nécessaire de prendre, dans cette occasion les plus grandes précautions; et j’ai vu beaucoup de chevaux de prix détruits parce qu’on avait adopté trop précipitamment ce mode de traitement. Il y a une espèce de colique venteuse qui, si elle était traitée parles moy ens ordinaires , se terminer ait d’une manière fatale, quoiqu’elle ne soit pas, dans l’oiigine, d’une nature inflammatoire. Cette maladie sera décrite dans l’Appendix , sous le litre : Maladie des intestins , et sa cause éloignée sera plus particulièrement indiquée sous le titre : Humeurs . pendix). (1)
(i) L’auteur avait le projet d’écrire un chapitre sur les humeurs , pour démontrer les suites pernicieuses que peut entraîner ce qu’on appelé la pathologie humorale, qui suppose que presque toutes les maladies proviennent de
La douleur et l’anxiété que cette maladie occa~* bionne, sont assez considérables pour alarmer ceux qui n’ont pas l’habitude de la voir, et leur fait craindre des conséquences dangereuses ; mais si elle est bien traitée, la guérison en est facile et prompte. Elle commence par une apparence d’inquiétude, le cheval gratte la litière avec ses pieds; il rend une petite quantité d’excrémens , et fait d’inutiles efforts pour pisser. La douleur augmente bientôt de violence; il s’efforce de frapper son ventre, et regarde ses flancs ; exprimant par ses plaintes la douleur qu’il éprouve. Enfin , il se couche, se roule, et tombe dans une transpiration abondante. Peu de temps après, il se relève et paraît soulagé pendant une minute ou deux ; mais la douleur revient bientôt , et le paroxisme qui succède est plus violent que le premier; le pouls est rarement très accéléré , et il n’j a aucun symptôme de fîevre. La maladie disparaît quelquefois spontanément : cependant , quand on n’emploie pas les remèdes convenables , Pair continue de s’accumuler, et distend l’intestin au point de produire l’inflammation de ces tuniques. Il est même arrivé que la distension a produit la rupture de l'intestin , et causé de suite la mort de l’animal.
Aussitôt qu’on observe cette maladie , il faut donner un des breuvages suivans, et administrer
quelque hunaeur nuisible dans la masse du sang. Il suffit cependant d’observer que les forts purgatifs que l’oa administre dans la vue d’expulser ces humeurs, rendent quelquefois les intestins si irritables, que les plus légères causes produiront la colique venteuse; et si l’on donne un. fort stimulant dans ces cas il occasionne fréquemment une inflammation des intestins.
un lavement compose de six pintesd ’eau de gruau ou d’eau chaude , et huit onces de sel commun. Si la maladie a duré plusieurs heures, et que la douleur paraisse très considérable, et surtout si le pouls devient accéléré , on tirera jusqu’à trois pintes de sang, afin de prévenir rinfiammation et de faire cesser la constriction' spasmodique des intestins.
Si, cependant, on découvre la maladie, dès son début, le breuvage elle lavement pourront suffire pour en opérer la guérison. Mais si, par ce moyen , on n’obtenait aucun soulagement dans l’espace d’une heure ou deux , on répéterait le breuvage, et on frotterait le ventre très long-temps avec l’embrocation de moutarde. Si la maladie était tellement opiniâtre qu’elle résistât même a ces remèdes, ce qui doit rarement arriver , dormez une chopine d’huile de ricin , avec une once et demie de teinture d’opium. Aussitôt que le cheval se lève, on lui fera faire, par deux personnes, une de chaque côté , des frictions sèches, on aura soin ensuite de le bien couvrir. îl est nécessaire de lui faire une forte litière pour empêcher qu U ne se blesse pendant la durée du paroxisme.
Breuvage.
Baume de copahu ....... i once.
Huile volatile de genièvre . . . 2 g, os.
Esprit d’éther nitreux . i once.
Eau de7 menthe simple . . , . 1 chopine.
Mêlés pour une dose.
Térébenthine, ......... i once.
Mêlez avec un jaune d’œuf et ajoutez par degrés eau de menthe
poivrée . 1 chopine.
Esprit d’éther nitreux . | once.
Mèl és pour une dose.
Camphre . 2 gros.
Huile volatile de térébenthine. . | once.
Eau de menthe . .1 chopine.
Mêlés pour une dose.
Comme cette maladie est sujète à survenir dans un voyage , et qu’il.n’est pas toujours facile de se procurer promptement les remèdes ci dessus indiqués , j’ai annexé une formule de bo! pour la commodité des personnes qui sont dans 1 habitude de voyager. Si l’on enveloppe soigneusement ce bol dans un morceau de vessie , on le conserver» très long-temps sans altérer sa vertu.
BoL
Savon de Castille ........ 5 gros.
Camphre . . . 2 gros.
Gingembre . . . î gros f.
Térébenthine de Venise .... 6 gros.
Convertis en bol pour une dose, avec poudra de réglisse ou farine , suffisante quantité.