‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 23 sur 78 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

On trouve dans les chevaux trois espèces de vers. Les plus communs et les plus pernicieux résident dans l’estomac et sont nommés oestres (bots )j ils sont d’une couleur rougeâtre et excèdent rarement trois quarts de pouce en longueur. A l’une des extrémités ils ont deux petits crockets , par le moyen desquels ils s’attachent ; leur ventre semble couvert de très petites pattes ; on les trouve très souvent attachés à la tunique insensible de l’estomac, et alors ils ne paraissent pas y causer beaucoup de mal ou d’incommodité. Quelquefois cependant ils s’attachent à la partie sensible de cet organe important et y font beaucoup de ravage, en provoquant une irritation continuelle , d’où résultent l’emaciation, le poil rude et hérissé, la peau collée i aux os et la toux.

J’ai rencontré divers exemples dans lesquels ils ont causé !a mort du cheval, en ulcérant considéra- >! blement l’estomac; et ils ont dans certains cas toutt- à-fait pénétré au travers de ce viscère. On est i étonné de la force aveclaquelîe ces vers s’attachent, et de la difficulté de les faire périr : on a trouvé qu’ils résistaient aux plus forts poisons, et on n’a ipu encore découvrir aucun médicament capable de les détruire ou deles détacher de leur situation. Il paraît probable que ce vers subit , comme la

chenille, plusieurs métamorphoses. On dit que, dans le principe, c'est une mouche qui dépose ses oeufs dans la peau du cheval et y cause une démangeaison qui le porte à mord) e la partie affectée, et Ton suppose qu’il avale ainsi quelques-uns de ces oeufs que la chaleur de l’estomac fait éclore, et qui produisent les œstres. Quand ces insectes sont sur le point de se chry valider ils se détachent spontanément et s’écoulent par degrés avec les excrémens. Telle est l’explication la plus vraisemblable que nous ayons sur la manière dont ils sont produits.

On a aussi affirmé que la mouche s’insinue dans Fanus des chevaux , et y dépose ses œufs ; que les vers, quand ils sont éclos, remontent aussitôt vers les intestins et pénètrent souvent dans l’estomac. Cette idée est prise littéralement d’un auteur qui a écrit sur la patologie vétérinaire ; (*) mais il me paraît étrange qu’une personne qui a observé la structure des intestins du cheval, puisse y accorder un moment de crédit : il semble impossible en effet que ces vers s’insinuent de l’anus à l’estomac; et autant que j’ai pu l’observer, ils ne résident jamais dans les intestins.

Quelquefois on en trouve deux ou trois , mais ils sont évidemment dirigés vers l’anus pour être expulsés. J’ai observé plus haut , que je ne connais aucun médicament qui soit capable de détacher ou de détruite ces vers, quoique j’aie souvent essayé les préparations mercurielles les plus fortes ■, et un grand nombre de médicamens très actifs, i

j’ai employé l’émétique mercuriel jaune ou t

(1) Pathologie vétérinaire de Ryding.

mercure vitriolé, prescrit par l’auteur que je viens de citer, ainsi que toutes les autres préparations mercurielles , mais je ne suis jamais parvenu à en détacher un seul par ces moyens.

Le vers que nous avons ensuite à décrire est très mince, d’une couleur noirâtre, et excède rarement deux pouces en longueur. On ne le trouve jamais dans l’estomac, et très rarement dans les petits intestins, mais dans les gros. Il y devient

I une source continuelle d’irritation , ce qui occasionne une perte de condition , rend la peau rude et d’un aspect morbide, et produit souvent une toux fatigante. Divers altérans ont été proposés pour la destruction des* vers de cette espèce, parmi lesquels on prétend qu’il s’en trouve d infaillibles : je ne crois pas qu’aucun d’eux ait beaucoup d’efficacité , ni qu’on doive compter sur leur résultat. Ceux dont je veux parler sont: la sabine, la rhue, les feuilles de buis , l’éthiops minéral, l'antimoine, le soufre, le tartre sîibié, le calomêlas (muriate de mercure doux par sublimation), le mercure vitriolé ( sulfate de mercure jaune); les deux derniers , et particulièrement le calomelas , sont des remèdes excellens, s’ils sont employés avec l’aloès , de manière à opérer une forte purgation , mais ils ne produisent aucun efïèt comme

II altérans.

J’ai reconnu qu’en général le bol suivant produisait un bon effet , lorsqu’on avait soin de faire prendre la veille , d’un demi-gros à un gros de

8 calomelas.

J’ai souvent mêlé le calomelas avec le bol et 1 ai trouvé également efficace. On préféré cependant généralement le premier procédé.

Bol.

Aloès des Barbades. ..... 6 gros.

Gingembre en poudre. . * . 1 gros ï.

Huile volatile d’absinthe ... 20 gouttes.

Natron préparé . 2 gros.

Sirop, suffisante quantité pour bol d’une dose,

Il est souvent nécessaire de répéter ce médicament, mais on doit toujours observer un intervalle de dix jours entre chaque dose.

La troisième espèce de vers est d’une couleur blanchâtre , ayant le plus souvent sept ou huit pouces de long , et se trouve dans la partie inférieure des petits intestins. Ces vers ne sont pas si communs que les autres , mais ils paraissent absorber une grande quantité de chyle ou parties nutritives des alimens. On peut s’en débarrasser par les memes moyens que nous avons recommandés pour le petit vers noirâtre. On doit toujours être certain de l’existence des vers dans les intestins, quand on observe, immédiatement au dessous de l’anus, une poudre blanchâtre ou de couleur claire de paille.

J’ai quelquefois réussi à détruire les vers en donnant un gros et demi d’aloès tous les matins jusqu’à ce que ce purgatif ait produit son elfet.

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