‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 27 sur 78 · BLESSURES · texte numérisé non relu

BLESSURES

La première opération , dans le pansement des blessures, est d’en nétoyer soigneusement la boue

(i) Consultez la matière médicale de l’auteur, ausecond volume, ( article Muriates) où les propriétés de ce médicament sont plus amplement expliquées.

ou autres matières étrangères; si la blessure est faite avec un instrument tranchant et propre , et qu’il n’y ait pas complication de meurtrissure ou de dilacération, les parties divisées seront proprement cousues ensemble. On doit , lorsqu’on le peut, appliquer un plumasseau que l’on humecte continuellement avec la potion saturnienne, étendue avec une égale quantité d’eau, afin d'aider à maintenir les parties dans leur situation ; on ne lèvera l’appareil qu’après plusieurs jours , afin que les parties divisées aient le temps de se réunir, et que la plaie puisse guérir par la première intention , suivant l’expression des chirurgiens, à moins qu il ne survienne une enflure ou inflammation considérable. Il devient alors nécessaire d’enlever l’appareil et d’appliquer les fomentations. Cette espèce d’union, cependant, peut rarement s’accomplir dans les chevaux , par la difficulté de tenir les parties malades suffisamment en repos , et parce que leurs blessures sont généralement accompagnées de contusions ou de dilacération ; cependant on doit toujours l’essayer, toutes les fois qu’elle paraît praticable. Les fomentations et les digestifs chauds deviennent alors nécessaires, afin de provoquer la suppuration. S’il survient un engorgement ou une inflammation considerable , il ne faut pas négliger de pratiquer une saignée modérée près de la partie lésée et de donner le breuvage laxatif ou même une médecine ordinaire; un cataplasme, si la situation de la partie en permet l’application, produira beaucoup de bien. Aussitôt que l’en orgement et l’inflammation seront dispaïus, le fomentations et les cataplasmes ne sont plus nécessaires , on fera seulement

usage de l’onguent digestif. Si la plaie ne parait pas disposée à guérir , qu’elle évacue une matière claire et putride, employez la lotion détergente avant l’onguent digestif. Quand les granulations deviennent trop considérables, c’est-à-dire , quand ce qui est appelé communément chair baveuse commence à paraître , il faut saupoudrer la plaie avec la poudre caustique. Les blessures légères guérissent ordinairement sans beaucoup de soins, et quelquefois sans l’intervention de l’art ; c’est à cette circonstance que beaucoup de remèdes secrets doii vent une réputation imméritée. Dans les blessures de cette espèce , on peut faire usage de la teinture de myrrhe ou de la teinture composée de ; benjoin.

Toutesles fois qu’un vaisseau sanguin important ; est lésé et qu’il y a lieu de craindre qu’il n’en ré i suite une hémorragie fâcheuse , notre premier soin .est d’arrêter le sang, ce que l’on peut aisément l effectuer si la blessure est dans une situation proi pre à admettre l’application d’un bandage ; car la pression convenablement faite est, en général , le meilleur remède dans ces occasions, et beauc coup plus efficace que les styptiques les plus re«- • nommés. Quelquefois il devient nécessaire de faire ! la ligature du vaisseau lésé ; mais c’est une opéi ration qui présente quelque difficulté.

Les blessures de piqûres, ou qui sont faites avec > des instrumens très aigus produisent plus d’inflam-

Îmation que celles qui ont d’abord une apparence plus dangereuse; et s’il arrive que ces blessures j pénètrent dans une articulation ou dans la cavité ; de la poitrine ou du ventre, on doit en craindre

les plus funestes conséquences , à moins qu’elles ne soient bien traitées.

Quand une articulation a été insultée , la synovie ou huile d articulation s’écoule de la blessure. La première chose à faire , dans ce cas , est de fermer l’ouverture qui a été fai.e dans la jointure ; car tant qu’elle subsistera l’inflammation s’augmentera, et la douleur sera si violente , qu’elle produira une flevre symptomatique qui devient souvent fatale. Le moyen le plus efficace de feuner la blessure est d’appliquer le cautère actuel : ceci paraîtra peut-être un remède fort étrange à ceux qui n’ont pas vu son effet , c’est cependant certainement le meilleur à employer, quoiqu’on ne puisse l’appliquer que sur une petite blessure produite par une piqûre ; car quand la blessure de la cavité d’une articulation est étendue, et particulièrement s’il y a dilacération, il est impossible de la fermer complètement, et la mort en est très souvent la conséquence. Aussitôt que l’ouverture a été fermée, il est important de se garantir de l'inflammation qui peut en résulter , ou de la détruire si elle est déjà déclarée : à cet effet, une saignée et une purgation sont les remèdes les plus suis; il sera convenable en même temps de placer un séton près de l’articulation affectée, mais si cette articulation était très enfîee , le vésicatoire n°. 2 sera d’un bon effet et bien supérieur aux fomentations et aux cataplasmes.

Les blessures qui sont produites dans les parties voisines du pied, par la rencontre de corps durs ou par suite d’un faux pas, eic. , ont souvent une suite fâcheuse quand elles sont négligées; aussitôt qu’on s’en aperçoit , il faut avoir soin de les

préserver de la boue , la lotion de tergente et l’onguent digestif sont , da ns ces cas, les remèdes les plus convenables ( Voyez Pharmacopée).

Quand le maréchal, en ferrant le cheval, enfonce des clous dans les parties sensibles du pied , il faut faire usage de la teinture composée de benjoin. Quand les tendons ou les membianes sont attaqués , il est probable qu’il en résultera une inflammation considérable cpii dévia céder à la fomentation et au cataplasme saturnien ; la purgation est aussi d’un grand usage dans ces cas , et quand la blessure est grande et que l’inflammation fait des progrès, la saignée peut aussi être nécessaire.

Da ns les blessures étendues , accompagnées de déchirement ou de contusion , fioflammation quelquefois dégénère en gangrène ( Voyez Inflammation ). Dans ces cas, on doit faire un fiéquent usage des fomentations, et ranimer la force du. cheval avec de la drèche et le bol cordial prescrit pour la gangrène ( Voyez 1’ Appendix sur la manière de traiter les différentes espèces de blessures).

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