‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 26 sur 78 · FARCIN · texte numérisé non relu

FARCIN

Le farcin se manifeste sous la forme de petites tumeurs, appelées bout ms, qui se déclarent dans le trajet des veines, d’où on suppose faussement qu’il consiste dans la tuméfaction de ces vaisseaux. Ces t: me u s percent ordinairement , évacuent une ma lié ne sauteuse , et dég< lièrent en ulcères sordides et étendus ÿ les glandes contiguës sont enflammées et go ntl> es par l’absorption du virus. Cette maladie s’annonce qu lquel >is par des enflures répandues sur les jambes de derrière ou autres par-

lies du corps. La contagion paraît ètie la cause la pl us commune du farcin, soil qu’elle provienne d’un cheval morveux ou faicineux; car il u’esi pas douteux que ces maladies ne puissent s’entre-produire réciproquement, d’où l’on peut conclure qu’elles sont, l’une et l’autre, occasionnées par l’action du même virus, qui produit des effets différent , selon les parties sur lesquelles il exerce son influence dangereuse.

Gomme il n'y a que certaines parties du corps qui soient exposées à Taction du virus, ses effets sont toujours en quelque sorte paitiels. C’est ainsi qu’on trouve dans les parties internes du nez une disposition particulière à en être affectées ; la peau est aussi très sucept ble de son action, et quand on conserve le cheval un temps suffisan tpour laisser acquérir au virus son plus haut degré de v iru!ence,ou produire loin son effet, les poumons 11’échappent pas à la contagion. Lefarcin peut être local ou constitutionnel.

Si le virus de la morve ou la sanie d’un ulcère farcin eux touche la peau, à l’endî oit où l’épiderme a été déchiré ou enlevé, il produira un chancre ou un sordide, que l’on peut aisément distin¬

guer des autres par son apparence sale , ses bords épais, un pus clair et en quelque sorte gluiineux ; 1 ulceration lait des progrès rapides, et n’off're jamais une apparence vermeille ou saine. Le^ absorbans ou lymphatiques envi.onnans s’enflammentet e tuméuent par l'absorption de la matière contagieuse. On prend communément ces engorgement pour des veines, d’où est venue l’opinion que la maladie avait son siège dans les vaisseaux sanguins; les glandes qui communiquent avec ceslymphatiques s'enflamment et se gonflent également 3 à la

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fin , on découvre de légères tumeurs ou boutons dans le trajet de ces absorbans , qui forment de petits abcès provenans de l ’inflammation de ces vaisseaux.

Jusque-là , la maladie est certainement locale,, et la constitution en est préservée • les glandes retenant le virus , il ne peut, pendant quelque temps, se mêler avec le sang. 11 finit , cependant , par s’introduire dans la circulaiion, et infecter toute bernasse. Les parties qui sont suceptibles de son action sont alors affectées, quoiqu’à des périodes différentes Les parties internes du nez sont les premières attaquées ; la membrane délicate qui la tap:sse s’enflamme et s'ulcère, et produit une grande quantité de matière, La maladie étend bientôt ses ravages sur la peau , il s’y manifeste , de place en place, des boutons farcineux qui dégénèrent en ulcères sordides et étendus, à la fin, les os du nez sont affectés de carie et de pourriture, finalement le poison gagne les poumons, et met promptement fin aux souffrances du malheureux animal. Les progrès de la maladie sont quelquefois si rapides, qu’ils lui occasionnent une mort piumpte, et d’autres fois, ils ^ont si lents, qu’il s’écoule un espace de temps considérable sans qu’ils altèrent ni l’appétit ni les forces.

Dans la première péiiode du farcin , lorsqu’il est purement local, on pent ai émeut en obtenir la cure 3 et si l’on reconnaît la maladie dès son début, les applications topiques suffiront seules pour en tiîompher. Si, en effet, le cautère actuel est alors suffisamment appliqué. pour détruire toutes les parties infect»' es , la maladie sera complètement extirpée, et le chancre converti en une plaie ordinaire,

ce que l’on reconnaîtra bientôt par une améliora~ tion sensible. Aussitôt que le pus en est extrait, au lieu de paraître sale, il reprendra un aspe t ver- 1 meil etsain, ia matière deviendrablaneheet épaisse,

Ila guérison s’avancera rapidement, et la cure sera bientôt achevée par la simple application d’un on- I guent digestif. Si la ma adie, cependant , a été né- I gligée , ou n’a pas été reconnue dès son début , si les lymphatiques sont gonflé? ou cordés (suivant . le terme usité par les maréchaux), et les glandes voisines tumédées, la cm e est loin d’ètre aussi certaine. Dans ce cas, une partie du virus a pu s’introduire dans la circulation, quoique ses effets n’aient pas été appareils. A ce période de la maladie , cependant, le chancre peut èt? e complètement guéri par le cautère actuel, ou tout autre caustique actif j et si le virus s’était borné aux glandes, la cure sera radicale* mais si, au contraire, .une partie , même la plus légère, s’est insinuée dans le sang, toute la masse sera infectée , et les symptômes que nous avons indiqués cidessus se manifesteront successivement. Toutes les fois donc que le farcin a été négligé à sa prenfère appui ion, il sera convenable de donner le bol suivant, une, deux ou même trois fois par jour, si les forces du cheval le permettent, ayant soin de réprimer son effet désordonné sur les intestins ou sur les reins , par le moyen de l’opium. Il est en même temps nécessaire de ranimer les forces du cheval par une forte ration d’avoine. On a aussi , dans ces cas, trouvé la clrèche d’un grand secours. Pendant que le cheval prend cette forte médecine, on doit le surveiller avec beaucoup de soin , le couvi ir chaudement, lui faire prendre de fexercice,

ne lui laisser jamais boire d’eau froide. On a beaucoup recommandé le vert-de-gris pour cette maladie, mais je n’ai jamais eu l’ocrasi >n d’en voir l’c ffet. ( Voyez la Matière médicale vétérinaire de White).

11 paraît probable que le farcin, commela morve, sur\ ient quelquefois spontanément , quoique cela n’arrive pas aussi souvent qu’on le -oppose. J’ai vu plusieurs cas, où on n’a pu attribuer la cause delà maladie à aucune source d infection , quoique, cependant , elle eût pu prove nirparle contact cl un virus contagieux ; car il n’est pas nécessaire que la matière soit communiquée immédiatement d’un cheval à un autre pour produire la maladie, qui se transmet souvent par des matières déposées sur la mangeoire, ou sur la litière ou autour du râtelier* et quelquefois, ce qui n’est pas invraisemblable , elle peut être apportée par les mains memes des personnes qui soignent les chevaux infectés sans prendre aucune précaution.

Quant à l’espèce de farcin, qui se déclare sous la forme de tumeurs répandues sur les membres ou autres parties du corps , je crois qu’il provient rarement d’infection , et qu’on ne doit pas toujours enathibuer la cause à Faction du virus d< la morve, puisqu’il ne consîsie qu'en tumeurs œdémateuses communes, semblables a celles qui accompagnent les eaux aux jambes. C’est à cela qu’on peut attribuer le succès qu’on a obtenu des purgatifs et diurétiques dans le traitement du farcin. Ou a prétendu que les eaux dégénéraient quelquefois en farcin, et devenaient contagieuses ; mais je n’ai jamais vu rien de semblable.

Quand de grands abcès se forment par suite du

farcin , ils n’exîgc , aucun . aitement particulier; mais il est surtout nécessaire Je ranimer» dans ce cas, les forces du cheval avec l’avoine et la drèche. On a encore supposé que le farcin provient de débilité, et c’est ce qui a fait prescrire pour sa guérison des médicamens toniques et fortifians.

Muriate de mercure corrosif. ... sc.

Anis en poudre . l/2 onces.

Sirop , suffisante quantité pour former lin bol.

La quantité de muriate de mercure peut être graduellement augmentée , autant que la force du \ cheval pourra le permettre (1).

Mais, s’il aggravait encore l’état du cheval, s’il provoquait le dévoiement ou un flux d’urine, il deviendra nécessaire d’en discontinuer l’usage , pendant deux ou trois jours , ou d’en diminuer considérablement la dose. Un gros d’opium préviendra quelquefois ces effets violens.

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