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DE LA FERRURE

Après avoir donné, dans le chapitre précédent, une description rapide du pied du cheval, et

démontré l’usage des différentes parties qui îe composent, je vais traiter maintenant de ia méthode de ferrer. Il est nécessaire d’obserx er d’abord que îe mode de ferrer le plus communément pratiqué, a une tendance destructive et produit tant de sortes de maladies , que l'on rencontre rarement un pied qui n’ait pas perdu plus ou moins de sa forme naturelle : il est donc évident qu’on ne peut proposer une méthode de ferrure dont l’application soit générale , mais qu’il est toujours nécessaire d’adopter soigneusement le mode qui convient le mieux à fetat du pied; c’est ce qui constitue la partie la plus difficile de fart de ferrer ; et , par la négligence de cette précaution , des fers de la meilleure forme ont souvent occasionné la claudication.

bi l’on examine les pieds de cent pou lins, on en trouvera plus de quatre-vingt-dix de la meme forme. Il est vrai que quelques uns ont pu croître plus abondamment que les autres, ce qui aura rendu la paroi plus profonde, et la partie inférieure peut avoir été partiellement brisée de manière a donner au pied une apparence raboteuse et inégale ; cependant , le pied continue de conserver sa forme essentielle, et quand cette corne superflue aura été enlevée, on trouvera que la partie plantaire seta presque circulaire, la sole concave, les arcs-boutans distincts, la fourchette et les talons ouveits et étendus.

En préparant le pied du cheval pour le fer, la partie inférieure doit être réduite avec le boutoir ou la râpe , quand elle est trop abondante, ce qui arrive p us particulièrement à la pince : les parties molles et écailleuses de la sole doivent

; également être enlevées , de manière à conserver i sa concavité; et Ton doit pratiquer une petite ; cavité avec le rogne-pied entre les arcs-boutans i et la paroi , pour empêcher le fer de porter sur j cette partie et d’occasionner des cors : il est, ce- (pendant, nécessaire, dans cette opération, de ' veiller avec un soin particulier à ce que l’attache des arcs-boutans et de la paroi ne soit pas détruite ou affaiblie , ce qui, nécessairement, rendrait les arcs-boutans sans utilité.

L’attache des arcs-boutans et de la paroi procure

* un ferme appui au talon du fer, et il doit être i râpé tout-à-fait plat et assez bas pour être exactement de niveau avec la fourchette, afin qu’il

puisse porter également sur une surface unie avant r que le fer ne soit appliqué; toute la partie inféî Heure de la paroi doit être entièrement applatie \ et unie en même tempsavec la râpe, afin que le fer

* puisse porter également partout. On ne devrait i jamais permettre aux maréchaux de se servir ,

> pour cet objet , d’un fer rouge , ce qui n’arrive i que trop souvent. Si l’on observedans la fourchette

quelques parties déchirées, elles doivent être soi— f gneusement enlevées avec le rogne-pied ; car , si j on les laisse subsister , il pourrait s’y introduire

> de la boue et des graviers: c’est ainsi que l’on i prépare un pied pour recevoir le fer.

La pince du fer, pour un cheval d’une moyenne i grandeur, est d’environ un pouce de large et un

> demi-pouce de profondeur ou d’épaisseur ; les i talons d’environ un demi-pouce de large et 3/80s* j de profondeur , la partie de la pince qui porte doit i être en acier. Les clous doivent être brochés J près de l’ongle , rn^is pas tout-à~fait à l’entour £

car presque tous les chevaux usent principalement ii la pince, et comme on doit encore faire line rainure , cette partie se trouverait par trop affaiblie . Les deux surfaces du fer sont parfaitement plates, et le talon pose sur la partie où la barre et la paroi s’unissent, au-delà de laquelle il ne doit jamais s’étendre-

On supposera, peut-être > qu’un fer qui est plat sur cette surface voisine du pied, sera propre à produire une boiterie en foulant sur la sole* mais qu’on se rappelle que ce fer n’est prescrit que pour un piedsain, dans lequel la sole est toujours un peu concave, de manière qu’il ne peut recevoir aucune pression d’un fer plat. On dira encore que quand les clous sont placés si loin des talons, le fer ne sera pas suffisamment attaché et pourra se relâcher } mais comme le fer porte également sur chaque partie de la paroi , cette objection ne peut être d'aucun poids. On doit avouer, cependant , que lorsqu’un pied est paré d’une manière ordinaire, c’est-à-dire, quand les talons ont été ouverts , et le fer ainsi appliqué , il y a environ un pouce du talou qui ne porte pas sur la paroi , et que si les clous étaient placés aussi loin des talons que je l’ai recommandé , le fer serait très peu assujéti ; car toute la partie du fer qui né porterait pas sur la paroi , feiait quelquefois l’effet d’un levier pour enlever les clous, et conséquemment, le fer se détacherait souvent. Les maréchaux trouvent donc nécessaire , quand le pied a été ainsi 1 pàré et le fer appliqué, de placer les clous dans les quartiers de cette manière. Le fer est certainement plus solidement attaché qu’il ne le serait s’ils avaient été placés plus près de la pince j ;

cette méthode est cependant suivie de beaucoup j d’inconvéniens : d’abord , en plaçant les dons dans les quartiers, ils sont un très grand obstacle à l’expansion des talons, et comme la paroi est généralement beaucoup plus mince aux quartiers qu’à l’ongle, les parties sensibles sont plus sujètes à être lésées ; mais ceci ne s’applique pas aux pieds de derrière , dont la paroi des quartiers est plus épaisse que celles de l’ongle. Quand un clieval fait un faux pas , si quelque partie du fer porte sur la paroi , il est très sujet à s’attraper avec la pince du pied de derrière, et les fers se détachent souvent de cette manière. On peut ajouter à cela le peu de sûreté d’un fer de cette espèce, quand un cheval marche sur un terrain dur ou inégal.

On observera probablement , à l’occasion du fer que j’ai recommandé , qu’il est contraire au principe concernant la nécessité de recevoir la pression de la fourchette. Je regarde comme un fait incontestable , qu’à moins que la fourchette ne reçoive un certain d<jgré de pression, elle deviendra molle et incapable de procurer une protection suffisante à la fourchette sensible qu’elle couvre , que les talons se contracteront par degrés, et que la forme naturelle du pied sera détruite. L’expérience m’a prouvé que les arcs-boutans seuls ne sont pas suffisans pour en empêcher la contraction, quoiqu’assurément il y apportent une grande opposition y mais il ne s’en suit pas qu’il est nécessaire que la pression soit permanente , et je ne crois pas qu’un fer qui laisse la fourchette porter sur la terre, quand le cheval est sur une surface unie et dure, puisse toujours être appliqué sans inconvénient, même aux pieds sains . Il n’est pas douteux qu’un

cheval dans l’état de nature n’ait la fourchette presque toujours en contact avec la terre, et, alors, il n’en éprouve aucun inconvénient; mais quand il est chargé d’un fardeau et qu’il est conduit sur des chemins durs, il est certainement dans un cas bien différent , et si la fourchette , dans ce cas, était constamment exposée à cette forte pression , je pense qu’elle pourrait occasionner la claudication.

Lorsqu’un cheval voyage habituellement ou qu’il travaille régulièrement, et qu’il est parfois conduit sur un terrain mou , je crois que la pression que la fourchette reçoit de cet Le manière est toutà-fait suffisante pour conserver le pied en état de santé; mais quand il reste constamment à l’écurie, sur une liiièie chaude et , surtout, dans un temps chaud et sec , ses pieds souffriront certainement uue altération dans leur forme , et acquerront progressivement de la tendance à des dispositions maladives.

Dans ce cas, cependant , on peut efficacement prévenir la contraction du sabot par le moyen de la fourchette artificielle inventée par M. Colman (1). Par cet ingénieux procédé , la fourchette du cheval reçoit une pression suffisante dans quelque situation qu’il se trouve , pour empêcher la contraction et maintenir le pied en bon état et en santé, sans l’inconvénient de porter des fers minces à talon; mais il faut se rappeler que tontes les lois que la fourchette est très exposée à la pression, soit que l’on applique la fourchette artificielle ou le fer mince à talon, soit que Ton

(i) Professeur du Collège vétérinaire de Londres.

réduise la paroi aux talons , il est nécessaire que les quartiers et les talons possèdent un degré convenable de souplesse. S’ils étaient durs et inflexibles, il est évident que la fourchette sensible et les cartilages seraient placés entre deux points fixes, conséquemment ils se trouveraient contusionnés et s’enflammeraient. J’ai vu plusieurs chevaux boiteux de cette manière. Toutes les fois donc que le sabot paraît trop sec et trop fort , ou avoir perdu sa flexibilité naturelle, il est nécessaire de râper les quartiers et de maintenir tout le sabot humide, soit en appliquant autour de la couronne de la flanelle que l’on a soin de mouiller, ou en plaçant le cheval dans une boue molle quatre ou cinq heures par jour ; par ces moyens la flexibilité naturelle de la corne se rétablira, et les talons et les quartiers céderont faiblement toutes les fois que le poids du cheval sera abandonné sur la fourchette.

Après avoir dit tout ce qui paraît utile sur la méthode de fener un pied sain ; je vais décrire les maladies du pied qui rendent nécessaire l’emploi de fers de diverses espèces. Il convient d’abord de faire observer que quand un cheval , même avec un pied sain , a porté des fers très épais ou relevés aux talons, et, surtout, si on a laissé en même temps repousser la paroi aux talons assez haut pour que la fourchette se trouve h une grande distance de la terre, il y aurait de l’inconvénient à réduire tout-à-coup les talons , de manière à ce que la fourchette éprouvât , de la pression , puisque les nerfs postérieurs souffriraient dans ce cas, et qu’on pourrait rendre le cheval boiteux. Dans les pieds de cette nature, il est

nécessaire de rogner de l’ongle tout ce qu’on en peut retrancher sans trop exposer la partie, et d’abaisser graduellement les talons. La pince du fer doit être mince et du meilleur acier.

Le fer, pour les chevaux de trait, doit être plat sur ses deux surfaces, lorsque la sole est d’une forme et d’une épaisseur convenable ; mais si elle est plate ou convexe, et ^ conséquemment, trop mince, ce qui arrive souvent dans les chevaux de cette espèce , la surface intérieure du fer doit être concave , et celle extérieure plate • car le fer convexe dont on se sert communément pour les chevaux de trait , les empêche de marcher avec sûreté, et les lend incapables de F usage de toute leur force.

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