STRUCTURE ET FONCTIONS DES ORGÀ.NES INTERNES
La partie creuse du corps est divisée en deux cavités par une forte cloison musculaire , appelée diaphragme ; la partie antérieure est nommée thorax ou poitrine, et celle postérieure abdomen ou ventre. Le thorax contient les poumons et le coeur . L’abdomen renferme V estomac , les intestins , le foie , la rate , le pancreas 3 les reins et la vessie,
des poumons.
Avant d’entreprendre la description des poumons, nous donnerons celle de la trachée artère, ou canal aérien, tube cartilagineux et cylindrique, qui
s’étend depuis le gosier jusqu’à la poitrine. La i trachée n’est pas formée d’un seul cartilage , mais de plusieurs anneaux cartilagineux qui sont, unis par de fortes membranes; et telle est l’élasticité I de ces cartilages, que le tube peut conserver la ■ forme cylindrique, même quand il reçoit une : forte pression, et faciliter ainsi l’entrée et la sortie j de l’air dans Pacte de la respiration . Les membranes t sont également assez élastiques pour que le canal i aérien puisee , jusqu’à un certain degré , s’allonger, se raccourcir, ou se c.ouiber. La partie supérieure de la trachée est composée de cartilages plus forts que les autres parties, et se nomme larynx . A cette partie est joiute une espèce particulière de valvule, appelée epiglotte , qui est toujours ouverte, excepté dans l’acte de la déglutition. Elle est alors forcée de s’abaisser sur le larynx , pour empêcher les alimens ou toute autre substance qui peuvent passer par le gosier , de tomber dans le canal aérien. A Pendroit oïl la trachée artère s’unit à la poitrine, elle se divise en un grand nombre de branches qui se rapetissent graduellement et se terminent en petites cellules ; les poumons, en effet, sont composés des ramifications de la trachée artère et dos vaisseaux sanguins : les interstices sont remplies par un tissu cellulaire qui sert nonseulement à les unir, mais encore à donner à toute la masse une apparence uniforme et homogène.
Les poumons sont recouverts d’une membrane fine et délicate appelée plèvre qui tapisse aussi la surface intérieure des côtes, et le diaphragme , et traversant la poitrine depuis l’épine dorsale jusqu ’au sternum , divise le thorax en deux cavités : cette partie de la plèvre est , pour cette raison ,
nommée mèdiastin. De tous les côtés Je la plèvre f s’opère la sécrétion d 'un fluide destiné à prévenir l’adhérence des parties, et quand il est trop abondant , il constitue la maladie appelée hidrothorax ou hydropisie de poitrine. La plèvre, quoiqu’elle soit une membrane très-fine , n’est pas penetrable à l’air y ce que l’on peut prouver sur un animal mort , en rompant une ou plusieurs des ramifications du canal aérien , et en soufflant ensuite dans les poumons. L’air qui y est introduit s’échappera au travers des pai ties rompues, et se répandra dans le tissu cellulaire (i) de manière a faire paraître les poumons beaucoup plus dilatés qu’ils n’étaient auparavant. Quand l’air sera chassé à la surface de®.
(i)Le tissa cellulaire unit entr’elles les diverses partiesdu corps. Il réunit n an «seulement la peau à la chair et le» muscles les plus forts les uns aux autres* mais il sert aussi à unir ies fibres minces qui composent la peau, les muscles, etc. .4 d’où l’on conclut qu’il existe dans chaque partie du corps, quelque petite qu’elle soit, et qu’il est, dans quelques endroits , si fin qu’il est imperceptible , tandis que dans d’autres, comme entre les côtes et l’épaule, il est très» apparent. Il est composé de cellules de différentes grandeurs qui communiquent facilement les unes aux autres, de manière que si l’on insinuait un chalumeau dans Puna d’elles, Pair qui y serait introduit gonflerait toutes les parties environnantes; on en voit un exemple familier dan®, l’usage des bouchers dé souiller le tissu cellulaire d’un» épaule de veau. Il arrive quelquefois, dans le cas d’une côte fracturée qu’un des bouts de l’os est dirigé vers le® poumons de manière à endommager les bronches ou ramifications du canal aérien et la plèvre, l’air qui y est contenu s’échappe alors ; comme la blessure communique avec le tissu cellulaires entre les muscles des côtes , Pair s’insinue par degré dans toutes les parties contiguës , et l’on a vu quelquefois tout le *3orps et même le tissu cellulaire qui «atours ies yeux., gonflés par cette cause.
j -poumons , Îa plèvre l'empêchera de s’échapper, elle s’enflera et paraîtra comme une vessie gonflée sur la surface des poumons. Si elle est percée , Pair s’échappera aussitôt et les poumons reprendront leur grandeur naturelle. On remarque cette circonstance , parce qu’on suppose qu elle arrive ) quelquefois dans un animal vivant, et quelle i occasionne la pousse. (Voyez Pousse et Toux chro-.
i nique. ) / , ,
Les poumons sont divisés en deux parties ou lobes.
i Chacune de ces parties occupe une des cavités du thorax. Cette division semble avoir été prévue contre les cas d’accidens , puisqu’il a été prouvé crue quand un lobe est incapable d accomplir ses fonctions pour cause de lésion ou maladie , 1 autre suffit pour l’entretien de le vie.
Les poumons sont les organes de la respiration ; mais ils ne paraissent pas etre activement destines à l'accomplissement de cette fonction. Lorsque le diaphragme elles muscles intercostaux se contractent , la poitrine s’agrandit , les poumons se dilatent , l’air extérieur y pénètre par le larynx et la trachée : et c’est ce qu’on appelé inspiration . Peu après , les muscles contractes se relâchent , Pair inspiré s’échappe, la poitrine se rétrécit , les poumons s’affaissent ; et c’est ce qu’on nomme Vexpiration à laquelleles muscles abdominaux prennent quelquefois une partactive j si Pair ne s’introduisait pas dans les poumons dès que la cavité de la poitrine est augmentée , il existerait alors un vide dans celte cavité, ce qui ne peut avoir lieu. C’est ainsi que les poumons sont constamment employés en inspiration et expiration , eteette fonction qu on appelé respiration , s’accomplit par 1 action com—
du diaphragme , des muscles clés côtes et de 1 abdomen. On croit que l’élasticité des poumons , ou plutôt des bronches du canal aérien , contribue matériellement à cette action importante, <le la meme manière qu’une bouteille de gomme se remplit d’elle-mtme d’air ou d’eau par l’efifet de ^a grande élasticité. Si l’on attache un petit tujau ou plume à l’orifice d’une de ces bouteilles , et que j air en soit expulsé par la pression des mains aussitôt que la pression aura cessé , la bouteille reprendra sa première forme , et par conséquent se remplira de nouveau d’air. Si l’on int.oduit dans 1 tau 1 orifice de la bouteille ou le chalumeau Æprès que l’air en a été expulsé, en cessant la pression , la bouteille se remplira d’eau (îj.
du eoÉun.
Le cœur est placé à peu- près au milieu du thorax, et est d’une forme presque conique , sa pointe inclinée du côté gauche. Il est attaché par sa base aux vertèbres dorsales et aux côtes. 11 est libre, renfermé dans une membrane ou sac appelé péricarde , vulgairement la poche du cœur ,•
(i) On a prétendu que si on faisait une ouverture au eôté, de manière à admettre l’air dans la poitrine, 1er poumons s’affaisseraient. J’ai cependant eu l’occasion de faire l’épreuve suivante.
Je fis une ouverture sur les deux côtés de la poitrine d’un cheval , de manière à pouvoir introduire mon doigt daôs la cavité thoracbique ; je plaçai ensuite un tube dans les ouvertures pour donner un libre accès à l’air , et le «heval fut maintenu dans cet état environ une demi-heure, sans paraître eu éprouver aucune incommodité.
Cette membrane entretiént continuellement trae petite quantité de fluide qui sert à lubrifier sa surface intérieure ainsi que celle du cœur , pour prévenir leur adhérence 7 et leur permettre de mouvoir librement Tune sur l’aure. Quelquefois ce fluide s’accumule d’une manière considérable par suite des affrétions maladives des vaisseaux qui le sécrètent. Cette espèce d’hydropisie* accompagne ordinairement celle de la poitrine.
Le cœur est divisé en deux cavités , appelées ventricules, qui ont chacune une autre cavité accessoire qui*, par sa ressemblance légère avec l’oreille d un chien , est nommée oreillette. Les vaisseaux sanguins émanent de ees cavités , les artères des venuicules, les veines des oreillettes. Les premières servent à porter du coeur le sang dans chaque partie du corps pour les nourrir, fournir à la secrétion des différentes humeurs , et donner de la vie au système , ainsi qu’à répandre partout le principe vital. Les dernières rapportent au cœur le sang , ainsi privé de parties essentielles , afin qu’il se renouvelle en circulant au travers des poumons, comme nous allons plus particulièrement l’indiquer. Quand le ventricule gauche est rempli de sang, il se contracte si fortement, qu’il le pousse dans Y aorte ou grande artère , par laquelle il est distribué dans toutle corps. 11 est alors repris par les veines qui l’apportent dans Y oreillette droite, d’où il coule dans le ventricule droit . Celui-ci, quand il est suffisamment distendu, se contracte et pousse le sang dans l’artère pulmonaire qui le distribue dans chaque partie des poumons. Les veines pulmonaires le reçoivent alors % et le conduisent dans l’oreillette gauche , d’où il
est dirigé dans le ventricule gauclie , pour être de nouveau projeté par V aorte 9 dans toutes les parties du corps.
Le sang circule ainsi continuellement dans tout le corps' , et ce phénomène peut être considéré comme une des actions les plus importantes de l’économie animale. Qu’il soit arreté pendant quelques secondes-, tout le mouvement est suspendu , et qu’il soit plus long-temps sans action , la vitalité est détruite.
La fonction du poumon est d’une égale importance dans l’économie animale , et ne peut être interrompue, même pendant un court espace de temps , sans suspendre ou totalement détruire le principe de la vie. Les physiologistes anciens avaient aine idée très-imparfaite de la manière dont ces organes contribuaient si essentiellement à l’entretien de la vie. Mais les modernes ont été plus heureux dans leurs recherches.
Ils ont découvert que le sang tire de fair qui est introduit dans les poumons ses plus importantes propriétés , sans lesquelles il ne serait qu’une masse inerte et inutile , tout-à-fait impropre au but pour lequel il a été destiné.
Si on examine le sang dans le ventricule gauche du cœur et dans ses artères , on le trouvera d’une couleur vermeille , pourvu de toutes les qualités cpii le rendent propie a nourrir le corps et à porter faction dans tout le système 5 dans les veines il présente une couleur beaucoup plus foncée , et quand il arrive au ventricule droit, il est noirâtre et privé des qualités vitales qu’il possédait dans le ventricule gauche. Si la divinité n’eût pas pourvu, aux moyens de sa transformation ? il aurait été
: tout~à-fait impropre à une seconde circulation , et la durée de la vie eût alors, été courte. Mais du ventricule droit , il est porté par l’artère pulmonaire aux poumons, au moment où ils sont j dilatés par l’air. Là , le sang subit une métai morphose surprenante 5 il reprend sa couleur ver- 1 meille , et retourne , par les veines pulmonaires ,
1 au côté gauche du coeur , avec ses qualités prii mi tiv es et essentielles qui lui sont rendues. Il est bon d’observer qu’il y a des valvules placées dan» des dispositions telles, qu’elles empêchent le sang de prendre un cours rétrograde j sans cette particularité , le sang serait aussi promptement poussé dans Y oreillette gauche que dans la grande artère, quand le ventricule gauche , qui existe entreux , se contracte et se rapetisse. Il en est ainsi des autres parties.
Cet exposé suffit pour donner une idée de l’importance des fonctions de la respiration et de la circulation du sang , et démontrer combien elles sont essentielles à la vie , et les rapports qui existent entr’elles.