‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 70 sur 78 · FERRURE · texte numérisé non relu

FERRURE

Dans les précédentes éditions de cet ouvrage «

j'ai toujours indiqué un grand fer convexe ou creux pour les yicàs plats on convexes : mais M. Newton Fellowes m’a suggéré depuis une méthode beaucoup meilleure. La sole des pieds plais ou convexes (voyez page i35 et suivante) est si mince qu’elle ne peut souffrir de pression sans occasionner de la douleur à l’animal , et sans le rendre boiteux , et elle est si plate et même si convexe , qu’elle est très exposée à la pression. Le fer , communément employé pour des pieds de celte espèce , est large et creux , ensorte qu’il ne porte que sur la paroi ; il existe un espace entre la sole et l’aulre partie de la surface intérieure du fer. Quand le cheval a marché quelque temps sur une route, cet espace se remplit de boue, de sable , etc. ; de manière que la sole est exposée à la même pression que si le fer fût plat, ou le cheval sans fer : il est clair encore qu’un fer étroit qui ne couvre que la paroi, et assez épais pour l’élever environ de trois quarts de pouce de terre , protégera plus efficacement la sole tendre Cjue le fer large et creux , à moins que le cheval ne marche sur une surface unie et solide, ou que le cavalier ne descende fréquemment pour enlever la boue qui s’amasse sous le 1er. J’ai la conviction, par les essais cpie M. Fellowes et moi avons faits de ce fer étroit, qu’on n’hésitera pas a lui accorder la préférence sur toute autre espèce pour les pieds plats ou convexes , et il est très probable que, après de nouveaux essais, on l’adoptera dans l’usage commun ; peut - être même i ; conviendrait-il mieux aux gros chevaux de trait que le fer large et pesant dont on se sert.

Il est nécessaire de remarquer que, quoique

le fer étroit, destiné à couvrir la paroi, ait seule-* ment été prescrit par lord Pembroke, et employé par son ordre dans son propre régiment , dragons royaux, nous ne sommes pas moins redevables â monsieur Newton FelloWes, de son application particulière aux pieds plats ou convexes.

( 3og )

Les ouvrages de M. White sont très estimés en Angleterre. Ils se composent de quatre volumes: le premier est celui qui a été traduit par M. Germain ; le second contient une pharmacopée ; le troisième présente le résultat de quelques expériences faites pour prouver la contagion de la morve, suivant le système de l’auteur, et quelques observations sur différentes maladies ; ie quatr ième volume est consacré aux maladies des bestiaux.

M. White aurait donné beaucoup plus d'intérêt à son ouvrage , sous le rapport de la théorie, s’il y avait mis plus d’ordre et de méthode ; néanmoins, on ne peut s’empêcher de voir que cet auteur a beaucoup observé, et que c'est par suite de ses observations qu’il a écrit. Quoiqu’il ordonne tropsouvent les purgatifs, ce n'est cependant qu’à petites doses, et il a reconnu lui-même les effets pernicieux de l’abus de leur administration. Il est surtout recommandable sur l’ordonnance du régime diététique , qui est d’un si puissant secours dans le traitement de toutes les maladies.

Cet ouvrage doit donc être d’autant plus utile ,

(i) Voyez FA vertissernent.

(3io)

cru’il fait connaître l’élat de la médecine vétérinaire

JL

chez les étrangers.

Cette science fait tous les jours de nouveaux pas en France : les maladies sont mieux ob ervées , et il est à espérer que quelque vétéi inaire instruit, rassemblant les matériaux épars, iem( lira le vide de nos ouvrages classiques en publiant une pathologie vétérinaire.

Déjà, M. Huzaid fils a rendu un grand service en pi bliant sa no ograpfne.

En a ou tant quelques notes e cet ouvrage , Fai eu i’intemiori de mieux laite connaître quelques maladies et ce que l’expérience m’a appris. Ces notes sont fort imparfaites et se ressentent, sous tousles rapports, des occupations que me donnaient, au moment où je les rédigeais, les préparatifs de départ de nos corps.

Page i. Toutes les maladies , comme le dit M. White , sont primitivement inflammatoires: cette théorie s’accorde parfaitement avec celle qui domine aujourd’hui.

La période inflammatoire échappe souvent, cependant, à ceux qui soignent les animaux, et la saiguée n’est plus le remède généralement adopté au début de toutes leurs maladies j mais il n’est pas vrai pour, cela qu’un purgatif fût toujours propice : j’en indiquerai les dangers dans les différentes occasions où l’auteur m’a paru les prescrire intempestivement.

J’observerai seulement ici, que les vétérinaires anglais les ordonnent, en général , trop souvent, et que les empyriques de leur pays et les grooms ( palfreniers ) qui dirigent les grandes écuries, les donnent à plus fortes doses, uniquement dirigés par leurs caprices.

C’est peut-être à cette pratique que l’on doit attribuer la faiblesse des organes digestifs de presque tous les chevaux anglais transportés sur le continent.

Page ii. La conformation de l’estomac, le mode d’insertion de l’oesophage rendent le vomissement impossible dans le cheval. La médecine vétérinaire se trouve ainsi privée d'un moyen actif et souvent très utile.

Dans des cas extraordinaires et rares le vomissement a cependant lieu. Oet accident, qui est presque toujours suivi de la rupture de l’estomac , a fait croire, notamment à La Fosse , que ce phénomène n’était que le résultat de la rupture.

Divers faits , observés depuis, ont fait penser le contraire. J’ai été à meme d’observer deux cas semblables , et |e me suis convaincu que le vomissement précédait la rupture f souvent de plusieurs heures.

Ce qui a pu établir l’opinion de La Fosse , c’est que le vomissement est presque toujours suivi de la rupture de l’estomac , ce viscère devant être dilaté au dernier point pour qu’il y ait vomissement.

Pour que ce phénomène puisse avoir lieu, il faut que les causes mécaniques qui s y opposent dans l'état naturel soient détruites ; si l’estomac se trouve donc distendu par une grande quantité d’alimens ou de gaz, il est, nécessairement, porté plus à gauche et en arrière, L’animal, quoique privé de la faculté de vomir, cherche, cependant , à le faire pour débarrasser l’estomac; pour cela il allonge l’encolure autant qu’il lui est possible, l’oesophage se trouve distendu à ses deux extrémités, et cette tension momentanée , en altérant le mode d’insertion de l’oesophage , permet à «ne certaine quantité d’alimens ou de gaz d’en soi tir. Une expérience facile peut rendre cette explication palpable.

Si i on introduit dans un estomac, dont l’ouverture pilorique aura été liée, un volume d’eau ou d'air , en comprimant cet estomac il n’en sortira rien par l'oesophage laissé libre ; mais si , p» ndant Ja pression exercée sur l’estomac , I œsophage est allongé , les fluides contenus dans l’estomac s’échapperont alors.

On peut prédire que la rupture de l’estomac a lieu, lorsqu’un cheval, tourmenté par de fortes tranchées, après avoir vomi plusieurs fois et pendant l’espace de plusieurs

heures, ainsi que je l’ai observé, devient tout-à-coup tranquille et que le vomissement cesse. Mais il survient d’autres symptômes alarmais, tels qu’une respiration très courte et laborieuse, avec une tension extraordinaire des côtes, les flancs sont agités, l’animal se couvre d’une sueur froide abondante , le pouls s’efface.

Outre le vomissement réel de l’estomac , il y a encore, quelquefois , une espèce de vomissement des matières arrêtées dans l’œsophage.

Il peut se former une déchirure à la membrane charnue de l’œsophage, la membrane interne forme hernie, et les alimens qui s’amassent dans cette poche en sortent par une espèce de vomissement. C’est ce que Chabert appelait jabot , et c’était le seul cas où il croyait le vomissement possible.

Par une cause subite , l’œsophage peut éprouver une contraction spasmodique dans un de ses points , les alimens sont arrêtés, ce qui détermine encore une espèce de vomissement.

J’ai vu trois faits semblables dans un court espace de temps ; je citerai le plus grave.

Un petit cheval, très vif, appartenant à un boulanger de Saint-Germain-en-Laye , fut surpris par le bruit d’une voiture, au moment où ii mangeait du son à peine mouillé. Aussitôt, il témoigna des mouveitiens extraordinaires , et rendit, par les naseaux, du son enduit d’un fluide muqueux très abondant, On me l’amena. L’œsophage distendu était très apparent , la substance qu’il contenait montait et descendait de temps en temps; il allongeait l’encolure, faisait un effort et rendait une certaine quantité de son et de fluide muqueux. Je jugeai que l'obstacle au passage des alimens se trouvait dans (a partie de 1 œsophage qui traverse le thorax. Il me parut imprudent de donner nu breuvage , j’espérais que i’exein ice dissiperait L'affection, spasmodique. Je lis promener le cheval, mais sans amélioration.

Une forte friction d’essence de tér ébenthine sur les fesses |i établit une irritation derivative, qui annula le spasme de ;| I l’œsophage , et le cheval fût guéri.

Page 23. Au nombre des terminaisons de l’inflammation fe il faut joindre la delitescence . C’est le transport de l in- j- (lamination d’une partie sur une autre. Lorsque cette i)

terminaison a lieu naturellement elle est rarement favorable, car c’est presque toujours sur un organe plus essentiel que celui affecté d’abord, que l’inflammation se fixe.

Le médecin doit chercher à opérer cette terminaison, en établissant un point d’irritation externe , lorsqu’un organe interne est fortement affecté et que* la résolution ne paraît pas possible.

Par effusion, les anglais désignent la terminaison que nous appelons induration. Cette terminaison est ordinairement celle des parties glanduleuses, tendineuses, osseuses., qui présentent peu de fluide. Lorsqu’elle a lieu dans des parties plus abreuvées d’humeurs , on remarque toujours nue sécrétion de substance calcaire. C’est ce que l’on voit fréquemment dans le tissu pulmonaire ; les tubercules qui s’y forment sont toujours crétacés.

Il me semble inutile de suivre l’auteur dans les traitera ®ns généraux de l’inflammation , ce serait double emploi’; je ferai les remarques nécessaires à chaque maladie qu’il traite.

Page 27. Fievre. Le mot fievre signifie chaleur. Il a été employé dans ce sens par le père de la médecine, comme symptôme de maladiè. Ce mot a servi depuis à caractériser une foule de maladies.

M. "White reconnaît deux espèces de fievre, l’une essen.* tielle et l’autre symptomatique. Ladoctrine actuelle rejette leB fievres nommées jusqu’ici essentielles , et leur assigne à toutes une cause commune , c’esl-à-dire l’irritation particulière d’un des organes et, surtout, du canal intestinal.

L’auteur n’a donné ici, comme fievre essentielle , que cet état de malaise, suite d’un" arrêt de transpiration, de grande fatigue, etc. , qui squvent se termine par une inflammation de quelqu’orgarie interne, et qui , ordinairement aussi, céda à quelques légers soins, si tous les organes internes sont parfaitement sains.

Cette mal tbe a reçu le nom de courbature dans la médecine vétérinaire. M. Huzard fils , dans sa nosographie , l’a désignée sous celui de fievre générale ou fourbure.

Cette dénomination , qui désigne l’inflammation des parties sensibles du pied, n est pas aussi convenable, puisqu’elle présenterait deux acceptions et qii’el'e justifierait cette assertion erronée que la fourbure est tombée dans lest s abois.

il est encore une autre classe de fièvres essentielles rtui

fauteur a rejetée à la fin de son ouvrage. Cette classe .comprend toutes les maladies meurtières désignées sous le nom d’épizootie.

Quant aux. fievres qui , dans l’homme , présentent des accès et des intermittences , ces maladies sont extrêmement rares dans le cheval. Je n’en ai encore vu que deux exemples -

Dans l’un , l’accès se déclarait tous les jours de onze heures à midi, défaut d’appétit, frissonnement , froid des oreilles et des extrémités, pouls petit et accéléré; puis, augmentation de chaleur, sueurs partielles , cessation des symptômes vers les deux heures après midi. La maladie céda aux amers.

Ce serait dans des cas semblables que les poudres fébrifuges de l’auteur pourraient être données, et non dans la maladie simple qu’il décrit. Cette maladie qui est , comme je l’ai fait remarquer , la courbature, doit céder au régime, an bon pansage de la main , a quelques électuaîres adoucissans nitres, des laveniens , quelquefois un séton.

Les purgatifs ne doiveut pas être employés ; ils ne pourraient que fixer l’irritation sur le canal intestinal.

Page 3o. Fievre symptomatique. Sous le nom de fievre symptomatique, l’auteur place toutes les maladies inflammatoires des différens organes, et qui reçoivent différens aoros , suivant les parties affectées.

Au nombre des causes générales de nés maladies f M. White en signale une très commune en Normandie; /c’est la rentrée des chevaux dans les écuries . quelque temps avant l’époque des foires, afin de les mettre dans un état favorable pour la vente. C’est surtout dans la plaine de Caen que cet usage a lieu. Les chevaux de cette contrée de la Normandie qui sont des poulains tirés , à l’âge de dix-huit mois à deux ans , des provinces voisines , sont employés aux travaux de l’agriculture. Lorsqu’ils arrivent à quatre ans , les fermiers songent à les engraisser à la suite de leurs derniers travaux , car ils sont alors très maigres et de peu d’apparence ; on les renferme dans des écuries où on leur prodigue une nourriture variée et appétissante; ils respirent un air vicié et ne fout pas d’esercice. Ils acquièrent am embonpoint considérable et sont présentés dans cet état aux foires.

Cette nourriture forcée, la castration qu’ils subissent et

ïa route qu'ils ont à fain par un temps ordinal rem eiftë froid et pluvieux . sont les sources d’une infinité de maladies inflammatoires , oui acquièrent encore un caractère plus grave par les saigm es faites en route pour arrêter la gourme.

Page 32. Inflammation des poumons Les affection^ des organes de la respirât. on sont très fréquentes chez le éheval, et il est rare de ne pys trouver dans les vieux chevaux sacrifiés ou morts a ia suite de toute autre maladie, des altérations plus ou moins considérables dans les pourrions. ,

On n’eu sera pas étonné si l’on considère les allures forcées dans lesquelles on maintient le cheval, dans toutes les saisons, la nuit comme le jour.

Dans l’état de liberté , les animaux» même les plus légers, ne font pas de longues traites soutenues dans la même allure, à moins qu’ils n’y soient forcés pour échapper à quelque danger imminent y le cheval seul est obligé do maintenir la vivacité de la sienne, et souvent pendant plusieurs heures , quel que soit d’ailleurs son état de santé. 11 est arrêté subitement et reste long-temps exposé à la. pluie, au froid, etc. On sent quels effets doivent en résulter sur la peau et, les poumons dont l’action est ^-au-delà du rhj tbme naturel , et l’on ne s’étonnera pas alors des nombreuses altérations des organes respiratoires , quand bien même les chevaux. , durant leur existence , n’auraient pas’ paru avoir été affectés d’inflammation des poumons.

M. White dit, avec raison , qu'il est difficile de distiiff guer , dans la médecine vétérinaire, ia pleurésie de 1j*! péripneumonie , et que cette connaissance est peu utile pour le traitement II a bien connu les différentes terminaisons de la maladie, et assez Bien mdiciué les signes qui les annoncent ; cependant, je ne crois pas inutile d’ajouter quelques développemtns à ee qu’il a dit.

A l’énumératiou des symptômes, l’auteur en a omis deux; Pccartement des extrémités antérieures et la chaleur de Pair expiré. Ce dernier symptôme est surtout caractérisa tique de l’inflammation des poumons. J’ai vu des chevauxaffectés d’autres maladies présentant tous les signes des maladies de poitrine , et que j’ai bien jugées par l ’absence de ce symptôme.

Malgré ia difficulté de distinguer la péripneumonie de’

la pleurésie, en peut cependant juger que crest cette dernière affection, lorsqu’à l’accélération du pouls se joint sa dureté, lorsque la toux est plus sèche, convulsive , et qu’en approchant l’oreiile de la trachée artère , le bruit est plus sec et plus sifflant ; l’animai témoigne plus de douleur, en lui comprimant les côtes , ou se plaint lorsque l’on le fait tourner.

Dans la péripneumonie le pouls est généralement moins développé, la toux plus étouffée, et la suffocation paraît plus à craindre.

Dans les jeunes chevaux, surtout ceux qui arrivent de foire et que l’on a saignés, dans le but d’arrêter la gourme , l’inflammation du poumon présente des particularités qua l’auteur a bien observées.

Dans ces cas , il y a abattement de l’animal, chaleur considérable de l’air expiré, dilatation extrême des naseaux, couleur violacée Je la pituitaire, suffocation imminente, écoulement par les naseaux d’un flux de mauvais caractère, souvent rougeâtre et écameux , surtout vers les derniers momens.

La maladie parcourt ses périodes promptement , et lorsque la terminaison est fatale, l’ouverture des animaux présente une abondante quantité d’un fluide sanguinolent épanché dans la cavité thoracique , des flocons albumineux nagent au milieu. Les plevres sont en partie détruites et recouvertes défaussés membranes formées par cette matière albumineuse. La substance pulmonaire est hépatifice , eu partie décomposée.

Ces désordres annoncent un engorgement sanguin , principalement du système veineux.

On a donné le nom de péripneumonie gangréneuse à ces différentes inflammations de la poitrine. Elle paraît être quelquefois contagieuse, en raison du grand nombre de jeunes chevaux qui en sont affectés en même temps dans certaines années, lorsque quelques causes générales ont lieu.

Les inflammations de la poitrine ne parcourent, pas leurs périodes toujours aussi promptement. Les premiers secours arrêtent les progrès de la maladie; alors, on peut distinguer l’espèce de terminaison qui se prépare.

La résolution se manifeste par la diminution graduée des symptômes maladifs. Un des signes les plus favorables est lorsque l’animal malade commence à se coucher.

TVJ. White a bien incliqué le moment où l’observateur doit craindre une terminaison fâcheuse ; c’est celui où il se présente une apparence de mieux sans gradation. Eilbctivemeiit , la foimation du pus ou de l’eau doit soulager momentanément , en faisant cesser l’inflammation jusqu’à ce (pie ces produits annulent mécaniquement les fonctions de la respiration ou détruisent l’organe.

Lorsque la maladie s’est terminée par une hydropisie , la cavité thoracique contient un fluide plus ou moins abondant, clair , d’une teinte jaunâtre , les poumons sont petitset fiasques.

Quand c’est par suppuration, il se trouve des abcès plus ou moins considérables dans le tissu pulmonaire, des' tubercules plus ou moins nombreux et volumineux.

Il est encore une autre terminaison dont l’auteur n’a pas parlé , c’est celle par induration ou tuberculeuse , souvent compliquée d’adhérence des plèvres aux côtes, du poulmon auxplevres. On peut soupçonner cette terminaison, qui n’est pas mortelle, lorsque le cheval reste malingre, qu’il ne peut rendre quelque service sans retomber malade. La toux recommence et devient fréquente pour peu qua l’on s’écarte d’un régime exact. Les plaintes que rend l’animal lorsqu’on en exige quelque travail, qu’on le fait tourner sur lui-mème , des claudications d’un membre antérieur sans causes apparentes, sont les signes qui font soupçonner les adhérences.

Quelquefois les tubercules, lorsqu’ils sont volumineux , abcèdent et il y a vomique, c’est-à-dire expectoration du flux, lorsqu’il peut s’échapper par les bronches.

Ces dernières terminaisons constituant la phthisie pulmonaire connue sous le nom de courbature ancienne.

Quant au traitement, Fauteur est réservé, et oublie la prescription habituelle des purgatifs qui , dans beaucoup de cas légers, quoique peu nécessaires ou trop forts, trouvent des animaux plus robustes que la maladie et les remèdes. Il indique particulièrement la saignée, les sétons, les vésicatoire»; il insiste sur le régime diététique: rien de plus sage.

La saignée doit être en raison de la force du cheval et de l’intensité delà maladie. Comme M. White, je pense qu’elle doit être copieuse pour éviter une seconde saignée. Les herbivores ont une action vitale moindre que l’hommeet les carnivores , et les saignées répétées affaiblissent*

{’avantage qu’une saignée copieuse faite à temps opportun; Par la même raison, il est nécessaire de passer les sétons ou d’appliquer les vésicatoires peu de temps après la saignée^ ils opèrent alors uue reaction favorable.

En employant à temps les vésicatoires , j’en ai toujours éprouvé les bons effets et n’ai point vu qu’ils accélérassent la formation de l’hydropisie , ainsi que le pensent quelques praticiens qui, probablement , attendent trop long-temps, et surtout lorsqu’ils traitent des chevaux de prix qu’ils craignent* de marquer par des cicatrices.

Dans son appendix sur les maladies de poitrine, M -White a parfaitement bien observé que la saiguée n’était pas toujours indiquée dans ces foudroyantes maladies de poitrine qui affectent , dans certaines années , un grand nombre de jeunes chevaux. J’ai observé aussi que, passé le premier temps de la maladie , la saignée était nuisible, et que l’on Retirait, dans ces cas , un grand avantage de forts et larges vésicatoires.

Aux soins diététiques , que recommande M- White, on doit joindre des éleetuaires composés , dans le principe, avec la poudre de guimauve, celle de réglisse, de gomme arabique, de sel de nitre, l oximel simple, les vaporisations • de son bouilli.

Les breuvages feraient le plus grand bien , mais la difficulté de les donner , les tcurmens qu’en éprouve le che\al, en rendent l’administration dangereuse.

Lorsque les symptômes d’inflammation diminuent, on substitue aux substances adoucissantes la poudre de gentiane. la fleur de soufre , l’extrait de genièvre, et*le kermès minéral, si la faux est grasse.

Lorsque la maladie se termine par hydropisie , il est rare d’en triompher ; l’empieme que j’ai pratiquée et qui m’a fait prolonger la vie d’un cheval d’une quinzaine de jours, n’est qu’un palliatif momentané.

Lorsque la terminaison par suppuration est soupçonnée, on peut tirer avantage des médicamens énergiques. J’ai eu quelques succès avec la térébenthine de Venise , dissoute dans le jaune d’œuf.

Enfin, c’est ici le cas de rapporter un fait qui donnera la mesure de ce que peuvent les forces de la nature pour entretenir la vie, malgré la grande détérioration du poumon. Un jeune cheval , chez lequel une maladie de poitrine se termina par suppuration , vécut encore près; de deux mois >

au moyen d’électuaires énergiques , à peu-près semblables a celui que prescrit M. Wliite. 11 mourut dans un état complet de marasme. A l’ouverture , je fus surpris de trouver le lobe gauche ne formant qu’un vaste abcès contenu dans la plevre , il n’existait plus du lobe que ks principales branches bronchiques : l’autre lobe n’étuifc pas très gros. Le foie javait acquis beaucoup de volume.

Page 87. Inflammation des intestins. L’art vétérinaire soit de son berceau, et les maladies des animaux ne sont pas-encore parfaitement connues. Il y a tout au plus? quelques années que les maladies inflammatoires étaient consitléiérs comme des- affections de la poitrine, et le nom de fluxion de poitrine se donnait à presque toutes les maladies internes du cheval.

Comme je l’ai observé à l’article de l’inflammation des po unions, ces organes ont presque toujours éprouvé quelques altérations, et à l’ouverture des auimaux morts à la suite d’une maladie inflammatoire quelconque , ces alté-rations, augmentées par l’état maladif, font juger le siège principal de la maladie dans les poumons, tandis que les autres lésions des différens viscères ne sont regardées que comme acceesoires , quoique souvent elles indiquent le siège réel de la maladie,

Cependant, les guerres dernières ont offert à l’observation des vétérinaires, et surtout parmi les jeunes chevaux, des maladies nombreuses et variées : ils se sont formés à l’école de l’expérience , et en faisant l’ouverture des corps, ils se sont instruits au grand livre de la nature. Ils ont vus quels progrès la médecine humaine a faits avec le secours de l’anatomie pathologique ; ils ont cherché à marcher sur? ses pas.

Aussi , est-il vrai que, dans la médecine vétérinaire, les ; maladies commencent à être mieux connues, et que l’on distingue mieux actuellement les inflammations du cube intestinal , qui sont plus fréquentes qu’on ne Le croyait.

L’état actuel de nos connaissances doit nous faire admettre lu justesse des observations de M. White sur l’inflammation des intestins La différence qui existe dans l’état maladif des diverses membranes du tube intestinal est bien • marquée. J’observerai , cependant, que les symptômes indiqués pour l’inflammation de la membrane péritonéal®

( 5so )

ae conviennent qu’à des lésions partielles de cette membrane, qui occasionnent les maladies connues sous le nom de tranchées rouges ou inflammatoires.

L’inflammation générale de la tunique péritonéale présente bien une partie des symptômes énumérés; mais cette inflammation générale n’est accompagnée de coliques , sur la fin de la maladie, que lorsqu’elle se termine par la mort.

Le défaut de chaleur de l’air expiré, et un caractère particulier du pouls, distinguent spécialement cette maladie de celles des organes de la respiration.

Chabert a donné le nom de pouts postérieur au caractère du pouls dans les inflammations des viscères de l’abdomen. Ln comparant les pulsations de l’artère maxillaire et celles de l’artère coccygienne ou de la queue, on remarque alors, dans celte dernière, que le pouls est plus développé. La même observation a été laite aussi dans la médecine humaine.

Je passerai sur cet état d’inflammation générale du péritoine , qui est la cause la plus ordinaire des fievres générales des animaux , et dont je m’occuperai à l’article que M. White y a consacré.

Je reviens à l’étal que M. White a eu plus particulièrement en vue , les* tranchées inflammatoires.

Ces maladies prennent tout-à-coup ; rien n’annonce leur invasion . leurs causes sont subites ; elles sont ordinairement des points d’irritation sur une région plus ou moins étendue du canal intestinal, surtout de la portion formant lesr intestins grêles; souvent aussi elles suivent les coliques d’indigestion, ou produites par d’autres causes, par le déplacement qui s’opère dans la portion des intestins, à 4a suite des mouvemeus désordonnés du c levai dans ces cil constances.

L<s boisions très froides lorsque l’anitnal a chaud, sou immersion dans l’eau, peuvent les occasionner.

Des co; tractions spasmodiques en sont aussi la cause.

11 est important de bien reconnaître l’es-pècc de coliques Ou tranchées dont un cheval est attaqué , pour diriger son traitement le pouls est la boussole qui doit, guider.

D ans les coliques dont il est question, il est accéléré et dur , quelquefois un peu resserré ; tandis qu’il est presque effacé dans les coliques d’indigestion , etc.

La saignée est uu puissant moyen dans les inflamma--

îlons que nous traitons ; elle doit être copieuse pour' avoir un succès prompt, et souvent miraculeux. Le cautère actuel , ou les vésicatoires appliqués sur les muscles abdominaux, ont donné souvent des résultats très heureux.

À l’intérieur, les caïmans unis aux adoucissans doivent être donnés en breuvages.

Un cheval de trompette , de ma compagnie , fut pris , dans le mois de novembre 1822 , de coliques atroces vers les trois heures de l’après midi. A peine pouvait-il se soutenir, parfois il tombait , son corps se tordait en marchant, ses jambes fléchissaient , et l’appui se faisait presque sur la partie antérieure du boulet. Je n’avais jamais vu un animal annoncer 1111e plus grande souffrance. Un breuvage calmant lui fut donné, ainsi que plusieurs lavemens ; le tout sans effet. M’étant convaincu, par le pouls, du caractère de la maladie , j’ouvris la veine, le sang était aussi chaud et vermeil que le sang artériel J’en tirai environ six litres: à mesure qu’il sortait les douleurs se calmaient, et au bout d’uue demi-heure le cheval fut guéri.

L’inflammation de la membrane muqueuse des intestins donne lieu , soit à la diarrhée, soit à la constipation. Dans ce dernier cas, les crotms sont enduits d’uue espèce de pellicule plus ou moins graisseuse , et ou dit alors qu’ils sont coiffés.

Dans l’un et l’autre cas la maladie est rarement grave.

Page 43. Inflammation d’estomac. L’inflammation par ticulière de l’estomac, n’a pas encore été bien étudiée dans les animaux domestiques. Cet organe participe ordinairement à l’inflammation générale des intestins , et je n’ai rien à ajouter à ce qu’en dit l’auteur.

Il est quelques cas , très rares* dans le cheval -et plus fréquens dans Je chien , où l’inflammation particulière des membranes de l’estomac paraît être le siège principal de la maladie.

Ces cas sont la rage et les autres affections qui lui ressemblent.

C’est ainsi que dans un cheval que l’on amena à l’école d’Alfort, lorsque j'y faisais mes études ,ct qui mourut dans des accès de fureur que l’on croyait caractériser la rage, on trouva , à l’ouverture , une inflammation très vive de lamembrane inlerne de 1 estomac. C’est encore le désordre

ï® plus marquant que Ton trouve clans l’estomac des chieès morts soupçonnés enragés ; c’est sans doute cette inflammation et la douleur très vive que ces animaux éprouvent, qui. leur fait ayaier les üifférens corps , non nutritifs , qu’on trouve dans leur estomac.

Page 48. Inflammation du foie. Les maladies du foie sorff encore peu connues dans la médecine vétérinaire. En général, ce viscère subit les conséquences des affections des organes digestifs , et. très souvent de celles de la respiration. Dans ces dernières affections , il augmente ordinairement de volume

Dans les premières, sa substance change de nature , il devient fragile, cassant, et se déchire facilement.

Les affections morales paraissent être ia cause principale des maladies1 du foie dans l’homme. Les animaux* étrangers à ces affections, ont aussi moins souvent ce viscère affecté

essentiellement.

Dans quelques chevaux q.ue j’ai ouverts et chez lesquels j’ai reconnu l’inflammation du foie comme maladie essentielle , j’ai toujours observé que c’étaient quelques causes extérieures, comme des coups, une chute, un effort plus ou moins violent , qui avaient produit cette inflammation. J’ai suivi la trace des coups donnés sur le bas-veutre, par des ecchymoses qui se suivaient des muscles abdominaux à la courbure du colon , à l’estomac, et enfla au foie, dont la partie correspondante était en suppuration.

Dans ces différais cas, le pouls était accéléré, les chevaux paraissaient beaucoup souffrir ; l’un d’eux était fourbu; et aux yeux des personnes qui jugent superficiellement, la ioutbure semblait être la maladie principale.

Dans les animaux chez lesquels l’inflammation du foie ne fait pas des progrès rapides, le marasme survient ordinairement, malgré l’appétit qu’ils conservent. Ce marasme e&L ordinairement accompagné de la sécheresse et de l’adhérence de la peau , de la tension des flancs , et d’une sensibilité extrême de là région lombaire \ I

Page 4q. Gourme. La gourme est une maladie qui affecte les chevaux , particulièrement it l’instant de la sortie de leurs dernières dents de cheval. Ou l’a comparée à la petitevérole dans l’homme, au claveau des bêtes à laine , à lamaladie des chien».

La petite vérole et le claveau en diffèrent essentielle» .ment par Uur caractère éminemmentcontagieux; la maladie des chiens par sou siège.

Les chevaux du midi en sont moins souvent affectés que ceux du nord. C’est ordinairement le passage de la nourriture verte aux alimens secs qui détermine la crise. On observe même que dans les chevaux qui sont restés jusque dans un âge plus avancé dans les pâturages , ce passage à la nourriture sèche est toujours marqué par un flux plus ou moins approchant de celui de la gourme.

Comme l’expose M. White , dans le plus grand nombre de chevaux , cette maladie parcourt ses périodes sans accidens , et il y a peu de choses à faire; c’est alors La gourme bénigne.

J’observerai que ce ne sont, pas les glandes qui se tuméfient et abcèdent ordinairement dans la gourme bénigne, ainsi que le dit Fauteur, mais le tissu cellulaire qui les environne , et qui devient le siège d’un abcès critique.

Mais la gourme présente quelquefois des accidens plus ou moins graves. Le larynx , les poumons , le canal intestinal peuvent être plus ou moins affectés, et il en survient des complications qu’il faut traiter suivant les organes affectés.

Le mauvais temps que les jeunes chevaux éprouvent en route , les saignées que l’on fait, sont les causes ordinaires de ces gourmes dites malignes .

Il arrive encore que l’usage des saignées intempestives, diminuant les forces des jeunes chevaux, fait disparaître totalement cette maladie, qui se représente, plusieurs années après, sous des formes de mauvaise nature , telles que l’engorgement d’une seule glande , le flux par un seul naseau; enfin , les symptômes qui annoncent la morve, qui est souvent la suite de ces maladies dites fausse gourme.

La tumeur critique, même dans les gourmes sans mauvais caractère, n’a pas toujours son siège dans L’auge; assez fréquemment c’est sur les parotides , et l’on doit aloi’3 se conduire comme dans le cas ordinaire

■Lorsque les poches gutturales deviennent le siège du dépôt critique, le cas est extrêmement grave et ordinairement accompagné d’angine. Le soulèvement des gtaudes parotides, la grande difficulté de respirer, peuvent faire soupçonner cet état.

'L3 h/overtehroîomie devient alors nécessaire pour donner sortie k la matière. Cette opération en nécessite ordinairement une autre qui doit précéder , c’est la trachéotomie , pour empêcher que le cheval ne soit suffoqué.

Page 57. Inflammation des yeu-x.IVL White, en traitant. de l'inflammation des yeux, a fait, sans le vouloir, le tableau de la maladie nommée fluxion périodique , puisque dans son appendix il en dit un mot comme n’en ayant pas encore parlé.

La description est bonne; cependant il est utile d’ajouter que les larmes acquièrent un degré d’âcreté qui fait corroder et tomber le poil des parties qu’elles arrosent.

Il faut encore mentionner l’éclaircissement de l’humeur aqueuse qui s’opère graduellement par la précipitation de la matière purulente k la partie inferieure de la chambre antérieure de l’ceil, et ne pas oublier la diminution de volume du globe de i'oél affecté plusieurs fois.

Comme a M. White,, les saignées, les sétons , les vésicatoires et les purgatifs m’ont donné du succès.

J’ai pratiqué aussi heureusement la ponction de la cornée lucide, au moment où la matière est entièrement rassemblée. Chabert recommandait cette opération.

Cette maladie , qui a presque, toujours une terminaison j funeste en faisant perdre un œil et quelquefois les deux , a été le sujet d’un prix proposé par la société royale d’agriculture; le point intéressant est d’en déterminer les causes,, lesquelles, une fois bien connues, pourraient être combat-- -tues avantageusement.

Quelques personnes la regardent comme héréditaire ; j dans ce cas , il faudrait éloigner des haras tous les étalons j qui en auraient été affectés.

Dans quelques cantons de l’Allemagne, la Souabe, la ij Bavière , j’ai vu la plus grande partie des chevaux des j cultivateurs -avoir les y eux cataractes à ta suite de cette f maladie. Ces chevaux travaillent de très bonne heure aux J charrois, et je pensai que dans le moment où le sang estl appelé à la tète par la sortie dr.s dernières dents incisives:! et des crochets, la pression du coi lier sur les gros vaisseaux de l’encolure, en gênant la circulation, augmente encore ce! état fluxionnaire de la tête , et que l’œil , un des organes les plus délicats , pouvait s en ressentir le plus.

Cette opinion, qui est assez plausible, je le pense, poux j

les chevaux de* pays où pareil usage existe, cesse de valoir pour les cantons où l’on n’élève que des chevaux de selle, qui souvent ne commencent à travailler que très tard, et chez lesquels la fluxion périodique exerce aussi ses ravages.

N’ayant point d’observation sur leur régime , la nature de leur pâturage , je ne pousserai pas mes réflexions plu» loin, de peur d’entrer dans le champ de hypothèses^

Page 62. Tétanos. On distingue deux espèces de tetanosJ l’un essentiel et l’autre symptomatique ou traumatique parce qu’il est la suite de plaie plus ou moins grave.

L’essentiel , -est ordinairement le moins dangereux , l>s symptômes étant plus lent* à se manifester , et la roideur des mâchoires étant ordinairement précédée de celle des reins , du dos.

Les remèdes généraux, dans cette espèce de tétanos, sont les sétons et les vésicatoires aux fesses , les liuirnens camphrés; àl'intérieur, les laxatifs et les caïmans.

Si l’on peut reconnaître les causes, il faut alors diriger le traitement en conséquence. J’ai eu, il y a plusieurs années, huit chevaux alFecfés en même temps de tétanos essentiel. Le premier chez lequel cette maladie se déclara, mourut j et l’ouverture me montra une grande quantité d’œstres dans l’estomac , dont la membrane interne était ulcérée. J’ai dù penser que la même cause existait chez les autres chevaux Je leur administrai l’huile empyreuma* tique, et j’eus le bonheur de les sauver.

Le tétanos traumatique est bien plus dangereux ; on ne sauve que rarement les sujets qui en sont aflèctés, dans Ja médecine humaine , comme dans la médecine vétérinaire. C’est ce qui fait établir tant de traitemens différons , au moyen desquels on cite quelques réussites.

Toutes les plaies , surtout celles dans lesquelles il y a quelques nerfs inégalement comprimés ou déchirés, peuvent être suivies du tétanos traumatique. Dans le cheval , la castration et les piqûres du pied en sont les causes les plus fréquentes.

Le serrement des mâchoires , qui a lieu dès le début de la maladie , s’oppose souvent «à l’administration des médicamens internes. Ici , entre les moyens généraux , déjà prescrits , le point essentiel est de débrider les plaies , de couper totalement les nerf* qui ne sont que déchirés , d*

détruire les causes de compressions inégales et de cautériser fortement dans les piaies où l’on ne peut opérer les déhridemens nécessaires , comme à la suite de la castration.

Un cheval s’était par accident déchiré ie tronçon de la queue , à environ un pied de sa naissance : les os coccigiens étaient disjoints et dénudés. Il se manifesta des symptômes de tétanos qui cessèrent après que j’eus fait l’amputation, au-dessus de la partie déchirée, et que j’eus cautérisé fortement le hout.

Page 63. Lampas. Cet état du palais n’est pas une maladie, mais la suite d’une Auction, causée par la dentition. Les opérations que l’on pratique alors sont donc inutiles et barbares, si elles sont douloureuses La saignée est la seule qui puisse avoir un but . et clic devient quelquefois avantageuse , lors d’une dentition douloureuse. Il faut éviter les al tères palatines , qui rampent sur le côté, et dont l’hémorrhagie est difHcile à arrêter.

J’ai eu quelques résultats favorables des saignées au palais, à des chevaux, qui présentaient des symptômes de vertige.

Même page. Cornage. Beaucoup de causes peuvent produire cette maladie , comptée au nombre de celles qui donnent lieu à la rédhibition.

Les unes sont des vices de conformation , les autres sont la suite d’affections des voies aériennes.

Les chevaux qui ont la tête fortement busquée , y sont disposés par le rétrécissement des carites nasales qu’opère cette conformation dans ceux qui s’encapuchonnent, le le larynx se trouve comprimé. Dans ces deux cas , l’air éprouvant une forte résistance dans son passage , fait alors entendre le son qui constitue le cornage.

J'ai vu , il n’y a pas long-temps , un cheval corneur , dont l’encolure était très m ncc et longue, le larynx presqu’appliqué contre les vertèbres cervicales ne dépassait I pas la partie supérieure des ganaches. L’animal, par cette 1 conformation, s’encapuchonnait , et comprimait fortement le larynx.

On sent que cette espèce de cornage est incurable, et que ['oh devrait empêcher de se servir, pour la reproduc-

tion , des étalons qui ont ces vices de conformation. La Normandie peut attester le besoin d’une pareille mesure.

Les angines sont les maladies les plus fréquentes qui «peuvent donner lieu au cornage; les membranes muqueuses du4arynx et de la trachée artère restant, souvent plus épaisses que dans l’état naturel, dans l’exercice , cetépaississement augmente et l’air passe avec peine.

J’ai encore vu le cornage être le résultat de l’ossification des cartilages du larynx , qui avaient été blessés à la suite d’un choc violent de la tète contre un mur.

Lorsque la trachéotomie n’est pas faite convenablement , que l’on a enlevé une portion complète d’un des anneaux cartilagineux , il en résulte le rapprochement (les deux extrémités, et la diminution du diamètre de la trachée. Le cornage en est souvent le résultat.

Il est des chevaux corueurs qui peuvent rendre encore de bons services, même à une allure un peu prompte; d’autres , au contraire, ne peuvent être soumis qu’à un travail léger et lent, sinon ils courent les risques de perdre haleine. Ce sont ordinairement les chevaux eorneurs à fa suite de quelques maladies qui sont dans ce cas.

Il n’y a aussi que sur ces chevaux que l’on peut tenter un traitement lorsque la maladie commence. Les vésicatoires et le feu sur la gorge, et les parotides sont les moyens qui réussissent le mieux, lorsqu’ils ont été précédés de fumigations appropriées au cas. Les vapeurs du camphre, dirigées par un entonnoir , m’ont réussi.

Cette maladie est au nombre des cas rédhibitoires.

Page 64. Po üsse. Cette maladie est une de celles qui occupent le plus la jurisprudence vétérinaire ; et quoiqu’elle soit caractérisée par un signe univoque, cependant tous les hommes de l’art ne sont pas toujours du mémo avis sur l’existence de ce signe, lorsqu’il s’agit de décider dans quelques cas où la maladie est récente ou légère. Le genre de nourriture auquel le cheval sera soumis peut aussi, jusqu’à un certain point , faire diminuer ou augmenter le symptôme de la pousse.

Le signe caractéristique de la pousse est le contre-coup ou soubresaut que l’on remarque au flanc dans le moment de l’expiration , qui paraît alors se faire en deux temps. Ce soubresaut ou contre- coup doit être très brus-

que. Je ne croîs pas qu’il faille confondre avec lui une espèce de second temps , dans l’expiration que Ton remarque dans le flanc des chevaux affectés de maladies chroniques de la poitriue , qui, s’opère lentement, et fait paraître une dépression plus ou moins considérable* aux muscles abdominaux.

On n’est pas encore d’accord sur les causes essentielles de la pousse. Les vétérinaires qui s’en sont occupés , ont trouvé différentes altérations, et chacun a reconnu pour cause celle qui lui avait paru la première. Depuis quelque temps on a fait des recherches plus suivies.

L’école vétérinaire de Lyon a cru reconnaître dans l’expiration un mouvement contraire au mouvement naturel dans le diaphragme : M. Godine jeune n’a vu que des altérations du cœur et des gros vaissseaux. Les vétérinaires anglais, l’état emphisemateux des poumons.

J’ai répété l’expérience de l’école de Lyon, mais sans résultat favorable.

A l’ouverture de différons chevaux pouss fs, j’ai vu, dans les uns , les altérations reconnues par M. Godine , daus d’autres , l’état emphisemateux des poumons devenus alors très volumineux , et remplissant toute la cavité thoracique après la mort.

La pousse peut donc être occasionnée par plusieurs altérations orgauiques des poumons ou des organes principaux de la circulation , qui toutes agissent de la même manière. Voici comme je le conçois, surtout dans le cas où le poumon est emphisemateux : l’air qui a pénétré dans les cellules aériennes, pendant l’inspiration, ne peut plus en être chassé facilement par l’expiration , puisque le tissu pulmonaire, distendu , ne jouit plus assez d’élasticité pour revenir sur lui-même ; qu’alors le premier mouvement du flanc est arrêté momentanément et suivi d’un second plus énergique , plus fort pour compléter l’expiration.

Les causes occasionnelles de la pousse sont ordinairement des efforts plus ou moins considérables daus le travail. Il est peu de chevaux poussifs qui n’aient été vigoureux et ardens. Qu’un cheval vigoureux, de trait ou de selle, soit obligé de faire un effort violent pour enlever une voiture ou sauter un fossé , il emploie les mêmes moyens que l’homme qui veut vaincre une résistance considérable. Il suspeud l’expiration, la capacité de la poitrine augmente,

et les muscles, plus éloignés de leur centre de mouvement', acquièrent plus de force. Il y a eu en meme temps contraction des muscles abdominaux, qui font refluer la masse intestinale sur le diaphragme et sur le poumon. La circulation arretée ainsi que l’expiration , il n’est donc pas étonnant que le cœur et les gros troncs vasculaires , ou les poumons remplis d’un air qui se dilate par la chaleur, éprouvent les altérations que l’on trouve dans les chevaux morts poussifs.

La pousse est incurable ; le régiuie dans la nourriture et le travail peuvent en modérer les symptômes. On voit néanmoins des faits extraordinaires : un cheval poussif confirmé, fut gardé à cause de sa bonté; il continua cependant de faire un service assez actif à la selle. Sa nourriture fut de la paille et de l’avoine; au bout d’un an, il était difîicile de reconnaître la pousse.

Quelquefois la pousse est compliquée avec d’autres affections du poumon; et c’est, suivant le cas, ce qui lui a fait donner les noms de pousse humide , pousse convulsive , eic.

Page 70. Jaunisse. Cette maladie est extrêmement rare, et je n’ai jamais vu de chevaux en être atteints Elle est assez fréquente dans le chien. Je l’ai vu dans un de ces animaux d’une force moyenne. Toutes les membrane# muqueuses étaient jaunes , ainsi que la peau, surtout au ventre et aux Cet animal mourut presqu’aussitôt

son arrivée aux hôpitaux de l’école. M. Chabert reconnut, à l’ouverture, dans l’estomac , des signes d’empoisonnement. Le foie se déchirait facilement ; la vésicule biliaire ne contenait peint de bile, mais une espèce de concrétion noirâtre.

Page 71. Colique venteuse. Tranchées, etc L’auteur a traité fort succintement cet article, qui est cependant important en raison de la fréquente occurrence des maladies qui en font le sujet. On a donné le nom de coliques ou tranchées aux symptômes qui annoncent plusieurs affections du canal intestinal , et dont les causes sont différentes , ce qui les fait désigner, sous le nom de coliques d’indigestion , .venteuses , d'eau froide, inflammatoires , c-w

Irancliees rouges, stercorales, de corps étrangers , néphrétiques, vermineuses.

Les signes communs à toutes ces affections, sont les mouvemens desordonnés du cheval qui en est atteint. Il regarde son flanc , gratte et frappe la terre , se couche , se

ïoule , se releye, quelquefois reste plus ou moins de temps sur le dos.

Il est important de reconnaître la cause des coliques , pour établir le traitement , qui ne peut être le même dans tous les cas.

Dans les indigestions simples , dont le siège est dans l’estomac , le cheval se tourmente peu : il reste ordinairement ment couché, les oreilles sont froides, le flanc est peu agité , le pouls est peu sensible et sans fievre. S’il y a dégagement d’air , l’animal §e tourmente davantage , son flanc est soulevé.

Dans les coliques venteuses , dont le siège est dans l’intestin, l’animal se tourmente, son corps est balonné.

Pour les tranchées rouges, consultez, l’article Inflammation les intestins. Dans ces tranchées, il faut examiner, dans des chevaux entiers, s’il n’y a pas hernie de l’intestin, ce qui nécessiterait la castration.

La colique d’eau froide sc dénote par le moment de son invasion, qui est le moment où l’animal vient de boire.

Les coliques vermineuses sont répétées , sans être d’abord très intenses; l’animal est dans l’état qui annonce des vers , c’est-à-dire le marasme , la sécheresse de la peau , le poil mort, piqué ; les déjections contiennent de ces insectes.

Les coliques stercorales s’annoncent par la difficulté de fienter , la dureté des crottins et l’amas des matières stercorales dans la courbure pelvienne du colon ; ce que l’on reconnaît en introduisant la main dans le rectum,. Le pouls est plus développé et accéléré.

Les coliques produites par des corps étrangers contenus dans les intestins , sont plus difficiles à juger. En général , sans être très intenses dans le commencement , elles peuvent devenir inflammatoires et présentent alors les symptômes de cet état.

Coliques néphrétiques (voyez Rétention d’urine).

Le traitement est varié suivant les causes.

Dans les iudi gestions simples, on doit administrer des

toniques, tels que l’éther sulfurique, Palkali volatil, le vin , l’alkool simple, étendus dans l’eau ou dans une infusion de plantes aromatiques. C’est avec beaucoup de précautions qu’il faut employer l’alkali volatil, dont la dos est de quelques gouttes.

La colique d’eau froide cède assez promptement aux moyens indiqués ci-dcssus.

Les coliques vermineuses doivent être traitées par l’huile empyreumatique , soit eu breuvage, soit en électuaire.

Les coliques stercorales sont combattues par les huileux et les maciiagineux , tant en breuvage qu’en la» vemens.

Le traitement des coliques par corps étrangers , est plus difficile à établir ; il doit consister dans les adoucissans et les purgatifs laxatifs-.

La saignée est contre-indiquée dans les indigestions , les coliques venteuses, les vermineuses; elle devient nécescessaire lorsque l’inflammation se manifeste. C’est ordinairement ce qui a lieu toutes les fois que les coliques durent plusieurs heures. Cet état est annoncé par l’élévation et surtout l’accélération du pouls.

Ou ne doit négliger, dans aucun cas , les lavemens ni la promenade. Ce dernier moyen est avantageux , en rétablissant l’équilibre des forces , et en empêchant les chevaux de se rouler, de se débattre ; le déplacemcns des intestins en étant souvent le résultat.

Page 82. Rétention d’urine Cette maladie se manifeste pardes coliques très viveset.de fréquens efforts duchevalpour uriner. Les causes ordinaires sont une contraction spasmodique du col de la vessie, ou la paralysie de cet organe , souvent distendu par une grande quantité d’urine , à la suite d’uue longue course pendant laquelle on ne lui aura pas permis de pisser.

Dans le premier cas, une saignée calme souvent le spasme, et le cheval urine et est guéri. Dans le second, il faut introduire la main dans le rectum , et ramener avec le fond de la vessie, ordinairement très distendue, vers le col. Alors , tus urines s’écoulent facilement.

Quelquefois encore la rétention d’urine peut être occasionnée par un calcul plus ou moins volumineux. Ox peut craindre cette cause lorsque le cheval est sujet au<

rétentions d’urine. On s’en assure en introduisant sa maia dans le rectum , le cheval étant abattu et maintenu sur le dos. Il ne faut pas que la vessie soit alors dans un état de plénitude. L’operation de la lithatomie devient alors indispensable.

Dans aucun cas de rétention d’urine, les nitreux et autres médieamens qui accélèrent la sécrétion ne doivent être administrés. Les prescriptions de M. White sont donc inutiles , et meme intempestives.

Page 83. Vers. Cet article n’est pas aussi complet qu’il mériterait de l’être. Le cheval est attaqué par plus de trois espèces de vers. Chabert a donné un bon traité sur les maladies vermineuses du cheval, auquel je renvoie.

Je me contenterai de dire que i’huile empyreumatique paraît le vermifuge le plus assuré. On peut l’administrer jusqu’à la dose d’une once, dans les grands animaux, soit en breuvage , soit en électuaire. Dans le premier cas , on se sert d’une infusion de sarriette pour véhicule j dans le second , on l’unit aux poudres amères.

Page 89. Gale. La propreté , de bons soins , sont les meilleurs moyens de guérir la gale. Cependant , il en est une que M. Huzard Ills nomme gale organique; telle est celle de l’encolure des forts cheyaux entiers , et à laquelle on a donné le nom de rouvieuX , qui devient presqu’ineurable.

Dans le commencement de ce& espèces de gales, on doit employer, en lotions, le sulfure de potasse ou foie de souffre , dissous dans l’eau chaude. On a encore des résultats favorables avec une pommade composée de fleur de souffre et d’essence de térébenthine.

On doit éviter de se servir de substances corrosives , telles que le sublimé corrosif, l’ascnic etc. , en raison des accidens qui peuvent en résulter.

Page 90. Eaux aux jambes. Cette maladie est plus fréquente dans les grandes villes , en raison de l’àcreté des boues. Les chevaux en sont atteints plutôt l’hiver que Pété, par la même raison. Elle tient aussi quelquefois à la constitution du sujet , surtout dans les jumens poulinières aux-

quelles on a retiré leurs poulains prématurément, et sans les soumettre à un régime particulier.

Les eaux aux jambes dégénèrent souvent en affections organiques de la peau, et deviennent quelquefois alors incurables.

Dans le commencement de la maladie , des cataplasmes émoliens sont indiqués pour calmer l’inflammation. Iis doivent être suivis de topiques, toniques #t résolutifs. J’ai eu des résultàts avantageux de la farine de graine de lin , à laquelle j’ajoutais delà térébenthine.

Il est bon de consulter le mémoire qu’a publié M. Huzard père, sur cette affection.

Page 96. Morve. M. White considère la morve comme contagieuse; en meme temps il la regarde comme une affection générale. De sorte qu’il diffère d’opinion sur les moyens de propagation avec la plupart des auteurs qui ont regardé la morve comme essentiellement contagieuse, et affectant uuiquement la membrane pituitaire.

M. White cite, dans un autre volume, plusieurs expériences à l’appui de son opinion. Les chevaux dans les na/eaux desquels il a mis de la matière prise du nez d’un cheval morveux , n’ont point eu la morve ; mais cette meme matière introduite, soit dans les veine*, soit sous l’épiderme, a fait naître cette maladie dans les sujets soumis aux expériences.

Il a vu aussi des chevaux qui ont mangé le foin restant de la nourriture de chevaux morveux, et qui ont contracté cette maladie.

Cependant des chevaux sains , placés parmi d’autres chevaux morveux, dans la meme écurie , en sont sortis , après plusieurs jours , sans avoir contracté la maladie.

Les premières expériences de M. White concordent avec celles defeuM. Gohier. professeur àLyon. M Dupuis a fait de semblables expériences, et s’est servi pour inoculer de différentes matière* organiques en putréfaction. Ce savant professeur de 1 école d’Alfort , en infère que toutes les matières animales qui ont subi un degré de putridité , peuvent produire de grands désordres dans l’économie animale , lorsquelles sont innoculées.

Ou voit par ces légers détails, que la contagion de la

morve ne dominait autant que par le manque d’observations réunies et contradictoires. Aussi , depuis que l’on a observé attentivement cette maladie, on n’est plus aussi porté à la croire contagieuse, et quelques personnes même nient tout-à-fait qu’elle le soit.

C’est surtout pour les corps de cavalerie, où la morve attaque souvent à la fois un grand nombre de chevaux, qu’il est utile de connaître jusqu’à quel point elle a un caractère contagieux. Car , si la contagion n’est pas le moyen qui transmet cette maladie , la séparation des chevaux malades , n’est pas suffisante , et la maladie étendra ses progrès tant que les causes réelles ne seront pas combattues.

J’ai déjà eu occasion de voir la morve exercer ses ravages dans des regimens de cavalerie. J’ai toujours reconnu qu’elle était le résultat de causes générales , et non de la contagion. C’est en faisant cesser ces causes que la maladie a disparu.

C’est ainsi que les chevaux d’une brigade de la compagnie des gardes-du-corps à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, en ont été préservés.

Plusieurs chevaux étaient devenus morveux dans une écurie de Saint-Germain , qui ne recevait de jour que par la face exposée au nord. Le mur du midi n’avait pas d’ouverture , et dos baraques adossées à ce mur, l’entretenait dans un état constant d’humidité.

Les chevaux qui habitaient les autres écuries bien aérées ne furent point atteints de cette maladie, quoique soumis au meme travail et ayant la meme nourriture.

Sur les rapports que je fis des causes de la maladie , les masures furent abattues , des jours pratiqués , et les rayons solaires détruisirent la morve , qui n’a plus reparu.

On objectera que des écuries qui ont été jusque-là très saines ne peuvent avoir acquis des qualités propres à occasionner et à entretenir la morve. La réponse est que les urines s’infiltrant au travers du sol , elles s’altèrent à une profondeur plus ou moins considérable, et peuvent donner lieu à des exhalaison pernicieuses , capables d’occasionner la morve ou quelques autres maladies graves. Les matéraux des murs s’altèrent aussi à la longue, se salpètrent , et. entretiennent une humidité toujours nuisible.

Cependant, quoique fortement persuadé que la morve n’est, pas essentiellement contagieuse , je ne laisserai jamais un cheval qui en présente les premiers symptonnes parmi les autres, pensant me, dafis ce cas, la disposition à la maladie par l’influence des memes causes, la pourrait rendre plus susceptible de communication.

Page iio. Plaies d’articulation. J’ai employé avec avantage, dans les plaies d’articulations avec ouverture des capsules synoviales, l’alkuii volatil, pour cautériser les plaies, et un liniment calmant sur les parties enflammées , composé de camphre dissous dans des jaunes d’œufs et l’huile d’olive.

Page jï3. Genoux couronnés. Il y a souvent , dans ces accidens, une étendue de peau plus ou moins froissée et qui tombe, la circulation s’y éteignant. Les toniques énergiques doivent donc être employés de suite J’ai eu d’heureux résultats d’une application d’onguent vésicatoire sur les parties de peau contuses et déchirées. Ce topique Ranime la vie dans ces parties et la cicatrice se fait sans diformation.

Eu général , les curps huileux ou graisseux que l’on applique souvent dans ces cas , entretiennent la tuméfaction du derme, et amènent toujours une cicatrice désagréable.

Page ii5. Fistule au carot Ce n’est presque jamais un abcès qui se forme sur le garot, par la compression (le la selle, mais une tumeur enkistée , ne contenant que de la sérosité , et dont la résolution est difficile à obtenir.

Le mal de garot est , en général , difficile à guérir , eu raison des parties affectées , et par le mouvement continuel de l’épaule, lorsqu’on est obligé de faire suivre le cheval.

Le mal est plus grave si le ligament cervicat et les aphiseuses épinauses qui forment le garot sont affectés.

Dans ce cas , la fistule fait des progrès vers la partie supérieure de l’encolure.

On doit à M. Bouley aîné un moyen de borner les progrès de cette fistule • c’est la cautérisation des partie* latérales de l’encolure au-dessus de la fistule.

Lorsque l’on a été obligé Je faire de profondes incisions et de grands délâbremcns , une application d'un fort vésicatoire sur le derme environnant les plaies est un puissant moyen $ mais cette application ne doit être faite que lorsque la suppuration commence. Je pense que ce topique fait, dans ce cas, l’usage d’un bandage. J’ai ainsi guéri des maux de garot très graves tout en faisant continuer la route aux chevaux.

On doit éviter de laisser coucher un cheval garotte , surtout lorsque la cicatrice se forme : la démangeaison l’excite à se frotter , et le mal recommence.

Page 128. Mollette. Contre l’opinion de l’autour, les mollettes font souvent boiter les chevaux , surtout si elles sont tendineuses.

Page i5q. Jàvàrt cartilagineux. Ce n’est presqu ’en France que cette maladie est traitée par l’enlèvement du cartilage , siège du mal Les vétérinaires étrangers se servent de caustiques , qui peuvent être utiles lorsque l’aflection est légère, mais qui font durer la maladie bien longtemps , lorsque le cartilage est fortement ulcéré et tuméfié.

M Pagnier, vétérinaire des gardes-du-corps de Monsieur, a amélioré l’opération du javart cartilagineux . en n’enlevant pas le quartier , et prévenant paria la déformation du sabot.

Après avoir aminci le quartier jusqu’à la rosée, le cheval étant abattu et le pied fixe , il fait une incision à la peau , qui part d’un peu au dessus de la partie supérieure du cartilage, jusqu’au talou. Il rabat le lambeau jusqu’au bour» let , met le cartilage à découvert et l’enlève. Il fait un point de suture à la partie supérieure et antérieure , et la supuration s’écoule par le talon. La plaie 11’est pas plus * longue à se cicatriser, et le quartier n’ayant pas été altéré, on peut promptement employer la ferrure ordinaire.

Page 178. Vésicatoires. On redoute souvent Femploides vésicatoires sur les chevaux de prix ou ceux de marchands, à cause des Iraees qu’ils laissent après eux Cependant, c’est un moyen puissant dans les maladies internes, surtout celles des organes de la respiration.

On peut corriger cesinconvéniens, en les appliquant sur le dessous de la poitrine , leurs traces sont alors moins •visibles. Il ne restera pas de cicatrices si l’on emploie» les sinapismes qui , lorsqu’ils sont bien appliqués , et sur une partie bien préparée , sont suivis d’un effet plus prompt que les vésicatoires.

Page 267. Fievre. Pour bien trailer cet article , il faudrait décrire toutes les diverses espèces de maladies inflammatoires qui se montrent parfois sur une certaines quantité de chevaux, et avec des symptômes plus ou moins alarmans. Ces maladies, mieux observées depuis quelques années, commencent à être connues , et sont combattues avec plus de succès par les vétérinaires. Les auteurs anciens les ont indiquées , mais imparfaitement décrites, sous le nom de lievres gangréneuses , charbonneuses. Leg plus graves de ces fievres , sont celles qui présentent des tumeurs externes qui, dès leur apparition, ont un caractère gangréneux : elles peuvent être comparées au typhus.

On les a nommées encore angines, péripneumonîes gangréneuses , lorsque le larynx ou les puumons en sont le siège.

Dans beaucoup de cas , c’est le canal intestinal qui est affecté. Ce dernier genre de fievre a été mieux étudié ; j’ai eu deux fois l’occasion de le combattre : ayant bien reconnu le caractère de la maladie, mes soins ont été couronnés de succès.

Ces dernières fievres correspondent aux fievres gastriques^, simples ou compliquées de l’homme.

Les causes qui donnent lieu à ces maladies paraissent être générales j c’est surtout sur los jeunes chevaux qu’elles exercent leur ravage. Dans aucun cas elles ne m’ont paru être contagieuses, ( ainsi que j’ai eu occasion de le remarquer sur trois cents chevaux de remonte , ) lors mêm® qu’elles sont du caractère le plus grave et qu’elles sont accompagnées de tumeur gangréneuses.

Il n’en est pas de même dans l’espèce bovine, qui est souvent décimée par des maladies particulières pestilentielles très contagieuses.

Il est difficile d’expliquer la marche rapide des symptômes d© «es maladies et leur prompte terminaison fatale , sans le con-

cotirs d’un agent particulier qui, au milieu des causes générales, agit spécialement sur le système nerveux. L’ouverture des corps montre toujours des lésions plus ou moins considérables du cerveau et du prolongement rachylien.

Ordinairement, dans les premiers animaux attaqués de ces terribles maladies , les symptômes se succèdent et Varient avec beaucoup de rapidité, et l’homme de l’art appelé ne peut souvent, bien caractériser la maladie et «établir un traitement convenable , qu’à l’aide des renseignemens que lui donne l’autopsie cadavérique.

En général , le changement de lieu , lorsqu’on a pu le faire effectuer , a été un des meilleurs moyens pour arrêter 2e cours de ces affections.

Ces observations sont bien loin de répondre à l’intérêt qu’offre l’article présent,* mais j’ai dû me borner à quelques considéra lions générales, pûur ne pas outre -passer les bornes d’une simple note.

Page y5. Vertige abdominal- Cette maladie se montre fréquemment dans l’automne , et enlève beaucoup de chevaux à l’agriculture. "R Mo. est la suite des foins nouveaux qui , à cette époque , n’ont pas encore jeté leur feu , et dont les fermiers ont nourri leurs chevaux.

M. White, et beaucoup de vétérinaires , considèrent cette maladie comme une espèce d’indigestion , et pensent que l’estomac est l’organe le plus particuliérement affecté: c’est ce qui les porte à ne pas employer la saignée dans le vertige abdominal.

L’ouverture des chevaux qui succombent , démontre que c’est dans les gros intestins, et surtout dans les courbures du colon , que les alimens sont amassés , et forment souvent des masses desséchées et très dures. Il est rare même de trouver l’estomac très rempli.

Les intestins , et surtout les parties du colon où les matières sont desséchées, portent les traces d’inflammation plus ou moins considérables.

Les indigestions occasionnées, en Espagne, par l’orge qui, "par la fermentation, distendait l’estomac à un très haut point, ne présentaient pas de symptômes de vertiges : les chevaux tombaient tout-à-coup , comme frappés d’appoplexie.

Par les observations que j’ai été à portée de faire sur

le vertige abdominal, je pense donc que la saignée est un des plus puissans moyens que le vétérinaire puisse employer. Cette opération doit être suivie de purgatifs , d’abord forts et à forte dose , puis de laxatifs., Quelquefois on doit y joindre les narcotiques.

La promenade , tout le temps que dure les accès , est très favorable ; elle aide l’effet des purgatifs.

Malheureusement, les chevaux guéris du vertige abdominal , ne sont plus propres à un travail un peu fort , et l’on est obligé de s’en défaire. On doit surtout craindre de c’en servir pour la selle , puisqu’ils pourraient mettre la vie du cavalier en danger.

Fin des Notes .

( Mars i323. )

Page 1