‹ Abrégé de l'art vétérinaireChapitre 69 sur 78 · TOUX · texte numérisé non relu

TOUX

Cette maladie est si fréquente , et devient si souvent incurable, par suite d’un mauvais traitement , que je crois utile d’entrer dans des considérations particulières que j’ai négligées dans les premières éditions de cet ouvrage. Le catarrhe ou rhume est, en général, la cause de ces tous fatiguantes, et souvent incurables, auxquelles on donne le nom de toux c tonique. Elles proviennent, cependant , quelquefois d’une irritation dans l’estomac et les intestins. Quand un cheval altrappe , comme on dit , un rhume, si l’attaque n’est pas violente , on trouve rarement nécessaire de le distraire de ses travaux ordinaires. On le saigne modérément, on lui fait prendre un peu de nitre, et l’on ne fait plus attention à la maladie, ou bien on se contente de faire prendre, de temps en temps, de l’eau de son avec du nitre. S’il continue ses travaux , il est exposé parfois à la pluie et au froid , le sang s’accumule continuellement aux membranes de la gorge, du canal aérien, etc. , ou, en d’autres termes, l’inflammation catarrhale se perpétue de cette manière , jusqu’à ce que les mem-

4 onces.

% once.

% once.

branes de la gorge aient acquis un degré d’épaisseur et d’irritabilité tel, que l’air froid ou les vapeurs et la poussière de l’écurie irritent la membrane du caual aérien , de manière à exciter une toux presque continuelle. Quand Titilla mutation n’est parvenue qu’à un degré modéré, l’irritabilité de ces membranes ne sera pas si considérable , et le cheval ne toussera que de temps en temps , quand la membrane se trouvera irritée , soit par les alimens, par l’eau, ou par la poussière de son loin ou de son avoine, soit, peut-être, par une trop grande sécrétion de mucus (1).

Dans les rhumes violens, l'inflammation des membranes est, quelquefois , si considérable qu’elle rend la déglutition douloureuse et difficile. Elle produit ainsi, ce qu’on nomme cornage , c’està-dire que, par l’augmentation de sécrétion du mucus dans l’intérieur des nassaux , et l’eogorge -

(i) Toutes ces membranes sont lubrifiées par un fluide muqueux, qui se forme continuellement sur leur surface. Quand la transpiration est arrêtée par le froid, le sang se porte avec plus d’abondance qu’à l’ordinaire sur ces membranes, ce qui augmente la sécrétion du fluide muqueux. De là, [écoulement des naseaux dans le catarrhe: ear, comme le cheval ne respire que par les narines , le mucus

que les poumons produisent dans la toux , ne doit pas passer par la bouche , comme dans l’homme , mais par les narines. Il est probable que le mucus formé sur ces membranes, lorsqu'elles sont affectées de catarrhe, est d’une espèce stimulante, et qu’il se trouve chargé d’une matière saline abondante : elle est, en effet, quelquefois si excessive, qu’elle produit l’inflammation de la lèvre sur laquelle elle passe. C’est ce qui arrive aussi dans les maladies des yeux, lorsque les larmes sont si âcres qu’elles produisent l’inflammation de la peau du nez sur laquelle elles coulent,

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ment cîes membranes qui les tapissent , l’air est ïnterceptéà son passage , et occasionne un son particulier dans la respiration. Dans quelques cas, Fin* flammation s’étend aux bronches et à leurs divisions. C’est alors que beaucoup de vaisseaux aériens peuvent se trouver engorgés , ou même entièrement obstrués, par un amas de mucus épaissi ; et voiià la cause de cette respiration laborieuse et sonore qu’en termes de l’art on est convenu d’appeler cornage. Lorsque quelques-unes des ramifications des bronches sontobsti nées parla lymphe coagulée, il en résulte encore une acccéléï ation de respiration. Car les poumons étant alors incapables de contenir autant d’air qu’aupai avant, l’animal est obligé d’inspirer plus fréquemment, pour compenser le défaut d’air. La toux, dans ce cas, est très incommode, presque continuelle , et reparaît quelquefois avec tant de violence, qu’on peut craindre la rupture de quelque vaisseau sanguin. Le catarrhe parvenu ace période, produit ordinairement la pousse. (Voyez Pousse.) Quand la maladie a atteint ce degré, il n’y a pas de probabilité de guéiir ; mais, si elle est bien traitée dès l’origine, elle fera rarement autant de progrès : il est doue fort important de donner beaucoup d’attention aux rhumes, quelques légers qu’ils puissent paraître, et de suspendre les travaux du cheval jusqu’à ce qu’il soit parfaitement rétabli. Si on y apportait ce soin, on verrait rarement des toux incurables, le cornage , la pousse, etc., maladies maintenant si communes , et qui donnent si souvent lieu à des disputes et à des procès dans les ventes de chevaux. A la première invasion du rhume, faites une saignée

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proportionnée à sa Force et a la violence des symptômes: donnez ensuite un laxatif, et pour nourriture du son et du foin trempé. Une transpiration arrêtée, étant la cause oïdinaiie de la maladie, il Faut tenir la tête, lesoreil'es et tout le corps plus chaudement qu’à l’ordinaire. On évitera de placer le cheval dans une écurie froide, et on lui donnera souvent de l'eau chaude et des mélanges chauds. 11 sera bouchonné et brossé deux ou trois fois par jour. On employera, à cet effet > deux personnes actives, qui, après avoir replacé les couvertures feront de longues fractions sèclixs aux jambes. On aura soin de faire une Lonne litière, et de la renouveler dès qu’elle aura été mouillée par l’urine. Lorsque le laxatif a opésé , ou fera prendre, soir et matin, une poudre fébrifuge ou le bol suivant. S’il provoque un. pissement ou une évacuation abondans , on le donnera en plus petite do.se, ou moins fréquemment. On pourra aussi le discontinuer un jour ou deux. Quand les symptômes ne se ralentissent pas après la saignée et le laxatif , et particulièrement si la toux augmente, et que le cheval paiaisse avaler les liquides avec douleur et difficulté, on appliquer a immédiate-*1 ment vers la gorge -et sous les oreilles Un fort vesica toi ie^ et on répétera la saignée. On guérit en très peu de temps , par ees moyens , les rhumes les plus violens. Mais quand la maladie a été négligée dans l’origine, ou mal soignée, souvent il sort par les naseaux une matière blanche , et le cheval s’affaiblit beaucoup. Dans ce cas, la saignée est contraire; mais ou peu donner un très doux laxatif, à moins que les intestins ne se soient

déjà relâchés; mi vésicatoire à la gorge , produira le plus grand bien. On excitera l’écoulement par des lumiga ions A cet effet, on attachera le cheval au rateber, on jetera dans la mangeoire , immédiatement sous ses narines , de l’eau de son chaude; on lui donnera souvent de bonne eau de gruau, pour entretenir ses forces, et tous les soi s, le bol n° 2. Dans la troisième période du catarriie, c’està-dire, quand la lymphe coagulée s est épanchée sur les membranes du canal aérien, ou sur ses bronches, il y a peu d’espoir de guérhon (1).

Les exp; ctorans suivans peuvent, cependant , procurer quelque soulagement à l’am mal, on doit donc les essayer. On a aussi prescrit un vésicatoire à la gorge , mais j’en ai fait plusieurs fois 1’ experience sans succès.

L’espèce de toux que l’on doit décrire ensuite, est celle qui semble produite uniquement par un degré plus que naturel d’ir ritabilite delà membi ane qui tapisse le larynx ; on distingue cette toux parce qu’elle est moins violente , et quelle n’est pas accompagnée d’un mouvement plus accéléré qu’à

(i) J’ai eu connaissance de trois cas ouïe cheval ayant eu pendant quelque temps cette toux violente et fatiguante que nous avons décrite comme une c onséquence de la troisième période du catarrhe , fut spontanément soulage en rejetant en toussant un gros morceau de lymphe coagulée. Dans un autre cas , on fit gaîopper a dessein le cheval en : montant un côteau : la toux que cet exercice occasionna .1 fut si violente, que l’animal pouvait à peine se soutenir; | à la fin, il rejeta une grande quantité de lymphe coagulée, et, quoiqu’auparavaut on le supposât poussif, il fut parfaitement rétabli.

l’ordinaire de la respiration (1). La toux survient ordinairement aussitôt apsès que le cheval a bu ou mangé , et surtout, lorsque le foin ou l’avoine sont secs et poudreux. Cette espèce de toux est tou ours plus dangereuse dans une écurie malaérée.

Quand elle se manifeste, placez un vésicatoire à la £or«:e • mais si vous y trouvez de Pineonvénient, boitez deux fois par jour la gorge et le dessous des oreilles a\ ec une embrocation chaude, etenveloppez le col et la tète de manière à les tenir chaudement. On secouera le loin et on criblera l’avoine pour en extraire la poussière , et on les humectera. Si le cheval a de la disposition à manger sa litière, il faut lui mettre une muselière j s’il est constipé, on lui donnera un laxatif doux , et , ensuite tous les matins , le bol ou le breuvage anodin : ou lui fera prendre un exercice modéré. Il est quelquefois difficile de guérir cette espèce de toux ; et quand elle paraît dissipée, elle est souvent reproduite par des causes légères. J’ai , cependant , ordinairement réussi en persévérant dans le traitement ci-dessus.

A Pégard de la toux occassionnée par l’existence de vers dans l’estomac ou dans les intestins, on peut la distinguer par l’habitude générale de l’animal ; il est communément amaigri , il a la peau rude et sèche et tombe dans le marasme ,

(i) Il est probable que cette espèce de toux dépend quelquefois d’une qualité stimulante du fluide muqueux qui se forme sur cette partie. Il est donc nécessaire d’ajouter aux médicamens anodins, les huileux ou mucilagineux, qui, s’ils n’ont point d’efficacité,. ne peuvent certainement être nuisibles.

quoique bien nourri; il parait abattu, et un exercice modéré le fatigue. Cependant , le signe le plus certain de l’existence des vers dans les intestins, est l’apparition d’une tache blanche, immédiatement au-dessous de l’anus , ou lorsque l’animal en rend avec ses excrémens.

Gette espèce de toux est moins violente , mais plus ordinaire que les autres. ( Pour le traitement, y oyez Vers. )

Bol pour le Catarrhe.

Tartre émétique . 1 gros.

Anîs en poudre . . 5 gros.

Sirop , quantité suffisante pour former un bol d’une dose.

Bol.

Can elle en poudre . i gros f...

Tartre émétique . 1 gros x..

Opium en poudre de . . . 1 sc. a 1 gros.

Camphre . | gros jusqu’à i gros

Sirop et farine pour former un bol d’une dose.

Bol expectorant. ( Voyez page 55. )

Gomme ammoniaque de. ... 5 à 5 gros.

Scille en poudre. . t gros.

Opium . * . i gros.

Gingembre en poudre . i gros.

Sirop, en quantité suffisante pour former un bol d’une dose.

Remarque . On trouvera d’autres formules dans le second volume ou matière médicale.

Embrocation pour la gorge .

Camphre . • f gros.

Huile de térébenthine. ...... 2 once^.

Mêlez. Ajoutez.

Huile d’olive . . 4 4 onces.

Alcali volatil . • . 1 once 4*

Mêlez.

Breuvage anodin .

Oxymel scilletique . 2 onces.

Opium ( dissous dans huit onces d’eau)

de . | gros à 1 gros.

Huile de graine de lin. ..... 2 onces. Mêlez pour une dose.

Bol anodin.

Opium. . l/2 gros à 1 gros.

Camphre, . . . gros.

Anis en poudre . | once.

.Extrait doux de réglise, suffisante quantité pour former un bol d’une dose.

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