‹ Abrégé de l'histoire ancienne de Rollin (volume 2)Chapitre 11 sur 49 · PRÉFACE. XXJ · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXJ

siège de Tyr , pour ne pas laisser derrière soi une ville si puissante et si bien forfifiée ; mais le siège de cette place était ordonné par une volonté supérieure. Dieu voulait , d'un côté , humilier l'orgueil d'Ithobal son roi , qui , se croyant plus éclairé que Daniel , dont la réputation était répandue dans tout POrient , et n'attribuant qu'à sa rare prudence l'étendue de son domaine et la grandeur de ses richesses , se considérait en lui-même comme un Dieu ; de l'autre , il voulait aussi punir le luxe, les délices , l'arrogance de ses fiers négocians qui se regardaient comme les princes de la mer et les maîtres des rois mêmes , et surtout cette joie inhumaine de Tyr , qui lui faisait trouver son agrandissement dans les ruines de Jérusalem sa rivale. C'est par ces motifs que Dieu lui-même conduisit Nabuchodonosor à Tyr , lui faisant exécuter ses ordres sans qu'il les connût : Idcirco ego ecce adducam ad Tyrum Nabuchodonosorem.

Pour récompenser ce prince , qu'il ^«*.a3 tenait à sa solde , du service qu'il vient de lui rendre à la prise de Tyr ( c'est Dieu lui-même qui s'exprime ainsi ) , et pour dédommager les troupes baby

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ce fait est Ioniennes , épuisées par un siège de da^srhïtoi! treize ans , il leur donne toutes les con- Sns^uÏÏe trées de l'Egypte , comme des quartiers règne dAma-jg rafi aîchissement 5 et leur en aban-

&*«• c- *• donne les richesses et les dépouilles.

Le même Nabuchodonosor , plein du désir d'immortaliser son nom par toutes sortes de voies , voulut ajouter à la gloire des conquêtes celle de la magnificence , en embeilissknt la capitale de son empire par de superbes bâtimens et par les ornemens les plus somptueux. Mais pendant qu'une cour flatteuse , qu'il comblait de richesses et d'honneurs , fait retentir partout ses louanges, (i) se forme un sénat au« guste des esprits surveillans , qui pèse dans la balance de la vérité les actions des princes 9 et prononce sur leur sort des arrêts sans appel. Le roi de Babylone est cité à ce tribunal oii préside le juge souverain, qui réunit une vigilance à qui rien n'échappe , et une sainteté qui ne peut rien souffrir contre Tordre ; Vigil et sanctus. Toutes ses actions , qui faisaient l'objet de l'admiration publique , y sont examinées à la rigueur , et l'on fouille jusqu'au

(x) In sententâ vigilum decretum est , et sermo sanetorum , et petitio , etc. Dan. 4. 14.

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