PRÉFACE . XXX
meurât pendant quatre mille ans. C'est pour nous faire sentir la nécessité d'un médiateur , que Dieu a laissé si longtemps les nations marcher dans leurs voies , sans que les lumières de la 1 aison , ni les instructions de la philosophie aient pu en dissiper leurs ténèbres , ou corriger leurs inclinations.
Quand on envisage la grandeur des empires , la majesté des princes , les belles actions des grands hommes , Tordre des sociétés policées , et l'harmonie des différens membres qui les composent, la sagesse des législateurs, les lumières des philosophes , la terre semble n'offrir aux yeux des hommes rien que de grand et d'éclatant : mais aux yeux de Dieu elle était stérile et inculte , comme au premier instant de sa création 1 inanis et vacua ; c'est peu cen.s. s» 9. dire , elle était toute entière souillée et impure ( il faut se souvenir que je parle ici des païens ), et n'était devant lui qu'une retraite d'hommes ingrats et perfides , comme au temps du déluge :
corrupta est terra coram Deo , et re- c<m. 6. x* pleta est iniquitate*
Cependant , l'arbitre souverain du monde , qui dispense , selon les règles de sa sagesse , la lumière et les ténè-