‹ Abrégé de l'histoire ancienne de Rollin (volume 2)Chapitre 17 sur 49 · XXXI J PREFACE · texte numérisé non relu

XXXI J PREFACE

bres , et qui sait mettre des bornes au torrent des passions , n'a pas permis que la nature humaine ? livrée à toute sa corruption , dégénérât en une barbarie absolue , et s'abrutît entièrement par l'obscurcissement des premiers principes de la loi naturelle , comme nous le remarquons dans plusieurs nations sauvages. Cet obstacle aurait trop retardé le cours rapide qu'il avait promis aux premiers prédicateurs de la doctrine de son Fils,

Il a jeté de loin dans l'esprit des îiommes des semences de plusieurs grandes vérités , pour les disposer à en recevoir d'autres plus importantes. Il les a préparés aux instructions de l'Evangile par celles des philosophes ; et c'est dans cette vue que Dieu a permis que , dans leurs écoles , ils examinassent plusieurs questions, et établissent plusieurs principes , qui ont un grand rapport à la religion , et qu'ils y rendissent les peuples attentifs par l'éclat de leurs disputes. On sait que les philosophes enseignent partout dans leurs livres l'existence d'un Dieu \ la néces site d'une Providence qui préside au gouvernement du monde , Pimmorta lité de l'ame , la dernière fin de l'hom-

PRÉFACE. xxxii]

me , la récompense des bons et la punition des médians , la nature des devoirs qui sont le lien de la société , le caractère des vertus qui sont la base de la morale ; comme la prudence , la justice , la force , la tempérance , et d'autres pareilles vérités , qui n'étaient pas capables de conduire l'homme à la justice, mais qui servaient à écarteï certains nuages , et à dissiper certaines obscurités.

C'est par un effet de la même Providence, qui de loin préparait les voies a l'Evangile, que lorsque le Messie vint au monde , Dieu avait réuni un grand nombre de nations par les deux langues grecque et latine ; qu'il avait soumis à un seul maître, depuis l'Océan jusqu'à l'Euphrate , tous les peuples que le langage n'unissait point, pour donner un cours plus libre à la prédication des apôtres. L'étude de Phistoire profane , quand elle est faite avec jugement et maturité , doit nous conduire à ces réflexions, et nous montrer comment Dieu fait servir les empires de la terre , à l'établissement du règne de son Fils.

Elle doit aussi nous apprendre le cas qu'il faut faire de tout ce qu'il y a *°l

Taleiis ex»

térieurs acdés aux aiens.

XXXl V PRÉFACE,

de plus brillant dans le monde , et de ce qui est le plus capable d'éblouir.

Courage , bravoure , habileté dans l'art de gouverner, profonde politique , mérite de la magistrature , pénétration pour les sciences les plus abstruses , beauté d'esprit, délicatesse de goût en tout genre , succès parfait dans tous les arts ; voilà ce que l'histoire profane nous montre , et ce qui fait l'objet de notre admiration , et souvent de notre envie. Mais , en même temps , cette même histoire doit nous faire souvenir, que depuis le commencement du monde , Dieu accorde à ses ennemis toutes ces qualités brillantes que le siècle estime , et dont il fait beaucoup de bruit; au lieu qu'il les refuse souvent à ses plus fidèles serviteurs , à qui il donne des choses d'une autre importance et d'un autre prix ; mais que le monde ne connaît et ne désire point. Beatum ' dixerunt populum cui hœc sunt : beatus populus cujus Dominus Deus ejus.

Une dernière réflexion , qui suit naturellement de ce que j'ai dit jusqu'ici, terminera cette première partie de ma Etre sobre préface. Puisqu'il est certain que tous

dans les 11 . ' 1

louanges ces grands hommes , si vantes dans don™. eur l'histo'ire profane , ont eu le malheur

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