‹ Abrégé de l'histoire ancienne de Rollin (volume 2)Chapitre 19 sur 49 · et sx j · texte numérisé non relu

et sx j

(1) Laus ipsa , quâ Platonem vel platonicos seu academieos philosophos tautùm e\tu!i, quantum irnpios homines non oportnit , non immérité mihi displicuit : prœsertim quorum contra trrores magnos delendenua est chrisliana doctrina. Rctract. I. t. c. i.

{1) Id quoque corrigendum , quod pravum est: qnod autem rectum est , approbandum. De Bapt. cont. Dunat. I. 7, c* î6.

XXX YJ PRÉFACE.

îes a rendus vainqueurs des peuples , et maîtres d'une grande partie de la terre , à cause de la modération et de Péquité de leur gouvernement (il parle des beaux temps de la république ) ; accordant à des vertus purement humaines des récompenses qui Tétaient aussi ; dont cette nation , aveugle en ce point , quoique fort éclairée sur d'autres , avait le malheur de se contenter.Ce ne sont donc point des louanges des païens en elles-mêmes , mais Fexcès de ces louanges que saint Augustin condamne.

Nous devons craindre , nous sur* tout , qui, par rengagement même de notre profession, sommes continuellement nourris de la lecture des auteurs païens , de trop entrer dans leur esprit, d'adopter, sans presque nous en apercevoir, leurs sentimens en louant leurs héros, et de donner dans des excès qui ne leur paraissaient pas tels , parce qu'ils ne connaissaient point de vertus plus pures. Des personnes, dont j'estime l'amitié comme je le dois , et dont je respecte les lumières , ont trouvé ce défaut dans quelques endroits de l'ouvrage que j'ai donné au public sur l'éducation de la jeunesse , et ont cru que

PRÉFACE . xxxvij

j'avais poussé trop loin la louange des grands hommes du paganisme. Je reconnais en effet qufil m'est échappé quelquefois des termes trop forts , et qui ne sont pas assez mesurés. Je pensais qu'il suffisait d'avoir inséré dans chacun des quatre volumes qui composent cet ouvrage ? plusieurs correctifs , sans qu'il fût besoin de les répéter ; et d'avoir établi en différens endroits les principes que les Pères nous fournissent sur cette matière , en déclarant , avec saint Augustin , que sans la véritable piété , c'est-à-dire , sans le culte sincère du vrai Dieu , il n'y a point de véritable vertu , et qu'elle ne peut être telle , quand elle a pour objet la gloire humaine; vérité , dit ce Père , qui est incontestablement reçue par tous ceux qui ont une vraie et solide piété. Illud constat inter omnes ve- De cmV raciter pios , neminem sine verâ pieta-1^; L 5- cte , id est , veri Dei vero cultu ; veram posse habere virtutem^nec eam veram esse, quando gloriœ servit humanœ.

Quand j'ai dit que Persée n'avait pas tw 4. p. eu le courage de se donner la mort , je n'ai point prétendu justifier la pratique des païens , qui croyaient qu'il leur était permis de se faire mourir eux-mê-

Page 1