‹ Abrégé de l'histoire ancienne de Rollin (volume 2)Chapitre 28 sur 49 · ASYCHIS · texte numérisé non relu

ASYCHIS

35qo Amyrthee

2991 Pharaon

xoi3

3596 Pausiris

La difficulté de marquer sûrement le commencement et la durée du règne des rois dont on n'a point fixé la chronologie dans cette table , nous a déterminés à n'en point mettre du tout.

ARTICLE I

Première branche des rois d'Egypte.

Menés. Tous les historiens conviennent que Menés

Av.jîcai88'.est *e premier roi d'Egypte. Ils prétendent,

et ce n'est point sans fondement, qu'il est le

Hérod. 1. 2. même que Mesraïm, fils de Cham. Ils disent

c nid. 1. 1. cLue cest m* q^ y établit le premier le culte

p-42- des Dieux et les cérémonies des sacrifices.

.g Busiris , assez long-temps après , bâtit la

fameuse ville de Thèbes à cent portes , et y

établit le siège de l'empire.

Dîodore décrit fort au long plusieurs édi- Osyman fîces magnifiques que ce prince avait fait cons- £ib. *. P truire , dont l'un entre autres était orné de 44* 45, sculptures et de peintures d'une beauté parfaite, qui représentaient son expédition contre les Bactriens. On y voyait dans un autre endroit une assemblée de juges, dont le président portait au cou une image de la Vérité qui avait les yeux fermés '9 et avait autour de lui un grand nombre de livres, symbole énergique qui marquait que les juges devaient être instruits des lois, et juger sans acception de personnes. On y avait peint aussi le roi qui offrait aux Dieux l'or et l'argent qu'il tirait des mines d'Egypte, qui montait à la somme de seize millions.

Non loin de là paraissait une magnifique bibliothèque , la plus ancienne dont il soit parlé dans l'histoire. Elle avait pour titre : Le trésor des remèdes de famé. Près de cette bibliothèque on avait placé des statues de tous les Dieux d'Egypte , à chacun desquels le roi offrait des présens convenables ; ce qui était un témoignage de la piété de ce prince envers les Dieux : enfin , on admirait le tombeau de ce roi. Il était environné d'un cercle d'or, qui avait une coudée de largeur et trois cent soixante -cinq coudées de circuit, sur chacune desquelles étaient marqués le lever et le coucher du soleil, de la lune et des autres constellations.

Ce prince bâtit la ville de Memphis. Elle uchcx«u» avait 1 5o stades , c'est-à-dire , plus de sep»; lieues de circuit. Il la plaça à la pointe du Delta, à l'endroit où le Nil se partage en plu-

sieurs branches. Une ville si avantageusement située 5 et qui était très-bien fortifiée , devint bientôt le centre du commerce, et la demeure ordinaire des rois. Elle resta en possession de cet honneur jusqu'au temps où Alexandrele-Grand fit bâtir Alexandrie.

Mœns. Mœris s'est immortalisé par la construction)

de ce fameux lac qui porta son nom , et qui est sans contredit l'ouvrage le plus admirable et le plus utile qu'aient jamais fait bâtir tous les rois d'Egypte.

L'Egypte avait été long -temps gouvernée par des princes nés dans le pays même, lorsque des étrangers , qu'on nomma rois pasteurs , Arabes ou Phéniciens , s'emparèrent d'une grande partie de la Basse-Egypte et de Memphis. La domination de ces princes étrangers dura environ 260 ans.

^M,n' I0, C'est sous l'un de ces rois pasteurs, appelé An. m 2084 dans l'Ecriture Pharaon , nom commun à tous les rois d'Egypte , qu'Abraham passa dans ce pays avec sa femme. Je ne dois pas oublier que ce prince , quel qu'il fût , avait une grande horreur pour l'adultère, qu'il regardait comme un crime capable de faire périr tout un royaume. Qu'il serait à souhaiter que les princes chrétiens et les grands de différens empires eussent de ce crime la même idée et la même horreur que ce prince païen! leur exemple tiendrait tout le monde dans le devoir, et personne n'oserait s'en écarter.

ARTICLE II

Deuxième branche des rois d'Egypte.

Ce prince chassa les rois pasteurs de la xhemosis Basse-Egypte, et remonta sur le trône de ses ™ ^°s,1Sq ancêtres. Long-temps après , Joseph fut me- Av.jc.1825 né en Egypte par des marchands ismaélites, vendu à Putiphar, et, par une suite d'événemens merveilleux, conduit à une suprême An M 6 autorité, et élevé à la première place duroyau- Av.J.c,«72g me. Jacob y passa aussi avec toute sa famille, qui fut toujours bien traitée par les Egyptiens, pendant qu'ils conservèrent le souvenir des services importans que Joseph leur avait rendus. Je ne dis rien de toute cette histoire, qui est connue de tout le monde.

Usserius croit que c'est le nom de ce nou- Ramesveau roi a qui Joseph était inconnu , et qui e**4. i. fit souffrir tant de maux aux Israélites. Il lui i3 l4# donne un règne de soixante-six ans, et pour successeur son fds Aménophis. C'est ce Pha- Aménophi*. raon sous lequel les Israélites sortirent d'Egypte , et qui fut submergé au passage de la mer Rouge.

Il paraît plus vraisemblable de placer, avec le père Tournemine, la persécution des Israélites sous Sésostris; ce qui est très-conforme à ce que Diodore remarque de ce prince, qui n'employa, dans les ouvrages qu'il fit en Egypte, que des étrangers. Ainsi , l'on peut mettre le grand événement du passage de la mer Rouge sous Phéron son fils (1); et le ca~

(i) Ce nom ressemble fort à eeiui de Phaïaou , qui était commun aux rois d'Egypte.

ractère d'impiété que lui donne Hérodote rend cette conjecture très-vraisemblable.

fc*.3.j,.74. Diodore, en parlant de la mer Rouge, dit une chose bien digne de remarque. Il y avait j observe cet historien 9 une ancienne tradition transmise des pères aux enfdns depuis plusieurs siècles., qu'autrefois, par un reflux extraordinaire, la mer avait été entièrement desséchée , en sorte qu'on en voyait le fond, et que bientôt après, les eaux , par un flux violent, avaient repris leur première place. Il est évident que c'est le passage miraculeux de la mer Rouge , sous Moïse, qui est ici désigné, et. j'en fais la remarque exprès pour avertir les jeunes gens de ne pas laisser échapper, dans la lecture des anciens, ces traces précieuses d'antiquité, surtout quand elles ont , comme celle-ci , quelque rapport à la religion.

sésostris ^e Prmce a été , non- seulement l'un des

Hérod. 1.2. plus puissans rois qu'ait eus l'Egypte , mais . l'un des plus grands conquérans que vante l'antiquité. Le roi Aménophis , son père , ayant conçu le dessein d'en faire un grand conquérant, fit amener à la cour tous les enfans qui étaient nés le même jour que Sésostris; il les fit élever avec lui et avec les mêmes soins. On les accoutuma, dès l'âge le plus tendre , à une vie dure et laborieuse , pour les mettre en état de soutenir un jour les fatigues de la guerre. La course à pied et à cheval , et la chasse, étaient leur exercice *e plus ordinaire.

Quand Sésostris fut plus avancé en âge, son père l'envoya contre les Arabes , dont il

e. 102. etc.

Dwd. I.

evint victorieux. Encouragé par ces premiers succès , il tourna ses armes du côté de la Libye, qu'il subjugua pour la plus grande partie En ce temps, son père mourut , et le lais- An. m. aâiS* sa en état de tout entreprendre. Ce jeune Av' ? 9*' prince , en montant sur le trône, conçut le dessein de faire la conquête du monde entier. Dans cette vue , il s'appliqua à gagner le cœur de tous ses peuples, par la libéralité, la justice, et par des manières douces et populaires.

Cependant, il faisait tous les préparatifs de la guerre; il levait des troupes, et leur donnait pour capitaines les officiers les plus braves et les plus estimés. Son armée montait à six cent mille hommes de pied , et à vingtquatre mille chevaux , sans compter vingtsept mille chars armés en guerre. Il commença son expédition par l'Ethiopie ; il la rendit tributaire, et obligea les peupl s de lui payer „ tous les ans , une certaine quantité d'ébène, d'ivoire et d'or. Au retour de celte expédition , il soumit les côtes et les îles de la mer Rouge. Il parcourut ensuite l'Asie avec une rapidité étonnante, et porta ses conquêtes plus loin que ne fit, depuis, Alexandre, puisqu'il soumit le pays au delà du Gange , et s'avança jusqu'à l'Océan. Il fit encore la conquête de l'Asie mineure et de la Scytlîie, jusqu'au Tanaïs; en sorte que son empire s'étendait depuis le Gange jusqu'au Danube. Il eut soin d'ériger, en plusieurs pays, des monumens de ses victoires, et on lisait, en différens endroits , cette fameuse et insolente inscription : Sésostris, le roi des rois 9 et te

4o HISTOIRE

seigneur des seigneurs, a conquis ce yaj far ses armes.

Il revint de ses expéditions chargé des dé pouilles des peuples vaincus , traînant après lui une multitude infinie de captifs. Il récompensa les officiers et les soldats avec une magnificence vraiment royale, traitant chacun selon sa qualité et son mérite. Il se faisait un plaisir et un devoir de mettre les compagnons de ses victoires en état de jouir paisiblement, le reste de leur vie , d'un doux loisir , juste fruit de leurs travaux.

Sésostris, après s'être acquitté de ce devoir de justice , employa le repos que lui laissait la paix , à construire des ouvrages plus propres encore à enrichir l'Egypte, qu'à immortaliser son nom. Cent temples fameux , érigés en actions de grâces aux Dieux tutélaires de toutes les villes, furent les premiers aussibien que les plus illustres témoignages de ses victoires. Son plus important ouvrage fut le grand nombre des hautes levées qu'il fit construire dans toute l'étendue de l'Egypte, et sur lesquelles il bâtit de nouvelles villes et un grand nombre de canaux pour faciliter le commerce , le transport des vivres , et pour établir une communication aisée entre les villes les plus éloignées les unes des autres.

Devenu aveugle dans sa vieillesse, il se donna la mort à lui-même, après avoir régné trente-trois ans, et laissé l'Egypte extrêmement riche. Son empire ne passa point cependant la quatrième génération.

On pourrait regarder Sésostris comme un des héros les plus illustres et les plus vantés

ANCIENNE. LIV. I. $fa

de l'antiquité, s'il n'avait lui-même terni l'éclat de ses exploits guerriers et de ses ver tus pacifiques , par un amour excessif de la gloire, et par une aveugle complaisance dans sa grandeur, qui lui firent oublier qu'il était homme. Il avait la folle et inhumaine vanité de faire atteler à son char les rois et les princes vaincus, quatre à quatre, au lieu de chevaux, et se croyait bien grani de se faire ainsi traîner par les rois et les seigneurs des autres nations.

Busiris, frère d'Aménophis, si célèbre chez les anciens pour sa cruauté, exerçait alors sa tyrannie en Egypte, sur les bords du Nil , et égorgeait impitoyablement tous les étrangers qui abordaient dans le pays ; et vers le même temps, Cadmus porta, de Syrie en Grèce, l'invention des lettres. ïl n'y en porta que seize , auxquelles on en ajouta huit dans la suite

Ce prince succéda aux Etats de Sésostris rhëroa son père, mais non à sa gloire. Dans un dé- *n /£ 2*jl bordement extraordinaire du Nil, indigné du dégât que ce fleuve causait dans le pays , il lança un javelot contre le fleuve, comme pour le châtier ; mais il fut puni, dit-on, surle-champ, de son impiété, par la perte de la vue. ïl faut supposer entre Phéron et Protée un grand vide el un long intervalle, pour éviter d'entrer dans des discussions très-épineuses qui nous éloigneraient de notre plan , et ne seraient d'aucune utilité pour l'instruction de la jeunesse.

Du temps de ce roi, Paris le troyen retour- Protée.

aant chez lui avec Hélène qu'il avait ravie , j£jf'J

4a HISTOIRE

fut poussé par la tempête à une des embouchures du Nil , appelée Canopique ; de là il fut conduit à Memphis , devant Protée p qui lui reprocha fortement son crime et sa lâche perfidie. Il ajouta qu'il ne s'abstenait de le faire mourir que parce que les Egyptiens évitaient de souiller leurs mains dans le sang des étrangers. Il retint Hélène avec ses richesses , pour les restituer à leur légitime possesseur , et ordonna à Paris de sortir de ses Etats dans l'espace de trois jours, faute de quoi il le traiterait comme ennemi. Paris continua sa route et arriva à Troie : l'armée des Grecs l'y suivit de près. Elle commença par sommer les Troyens de leur rendre Hélène et toutes les richesses qu'on avait emportées avec elle. Ils répondirent que ni cette princesse, ni ses richesses n'étaient point dans leur ville. Quelle apparence? en effet, remarque Hérodote, que Priam , ce vieillard si sage, eût mieux aimé voir périr sous ses yeux ses enfans et sa patrie , que de donner aux Grecs une satisfaction aussi juste que celle qu'ils demandaient? Mais ils eurent beau affirmer qu'Hélène n'était point dans la ville, les Grecs, persuadés qu'on se moquait d'eux, persistèrent opiniâtrement à ne les point croire ; la Divinité , ajoute encore le même historien 9 voulant que les Troyens , par la destruction de leur ville , apprissent à l'univers effrayé, que les Dieux vengent {es grands crimes d'une manière éclatante. Mén las, à son retour, passa en Egypte chez le foi Protée , qui lui rendit Hélène avec toutes ses richesses.

ANCIENNE. LÏV. I. 43

Ce prince , le plus riche de tous les rois Rampdms d'Egypte , n'est guère connu que par quelques traits fabuleux qu'Hérodote rapporte ; tels sont , par exemple , son trésor et sa descente dans les enfers : tout cela sent trop la fiction et le roman pour avoir place ici.

Ces deux princes , véritablement frères 9 chéops * par la ressemblance de leurs mœurs, sem- chePhren blaient avoir pris à tâche de se signaler à l'envi l'un de l'autre, par une impiété ouverte à l'égard des Dieux, et par une barbare inhumanité envers les hommes. Ils en firent périr un nombre infini pour contenter la folle ambition qu'ils avaient d'immortaliser leur nom par des bâtimens d'une grandeur énorme et d'une dépense sans bornes. Ces superbes Pyramides , qui ont fait l'admiration de l'univers, étaient le fruit de l'irréligion et de l'impitoyable dureté de ces princes, dont on ne se souvient que pour les charger d'exécrations et les détester.

Le roi Micérinus était fils de Chéops, mais Micérte**. d'un caractère bien différent. Loin de marcher sur les traces de son père, il détesta sa conduite, et suivit une route opposée. Il rouvrit les temples des Dieux , rétablit les sacrifices, s'appliqua à soulager les peuples , et à leur faire oublier leurs maux passés. Il ne se crut roi que pour rendre la justice à ses sujets, et pour leur faire goûter la douceur d'un règne équitable et paisible : aussi en était-il infiniment chéri Toute l'Egypte retentissait de ses louanges, et son nom était partout en vénération.

\3n règne si doux et si équitable aurait dû.

être éternel ; il fut cependant très-court. Ce prince ne régna que sept ans, et mourut regretté de ses sujets comme un père de ses enfans. Que ces larmes sont glorieuses et honorables pour un prince !

Asychis. C e fut lui qui établit la loi sur les emprunts, par laquelle il n'était permis à un fils d'emprunter qu'en mettant en gage le corps mort de son père. Cette loi ajoute que s'il n'a soin de le retirer en rendant la somme empruntée , il sera privé pour toujours , lui et ses enfans , du droit de sépulture. Il se piqua de surpasser tous ses prédécesseurs par la construction d'une pyramide de briques , plus magnifique, si on l'en croit, que toutes celles qu'on avait vues jusque là. Il y fit graver cette inscription : Donnez-vous hien de garde de me mépriser en me comparant aux autres pyramides faites de pierres : je leur suis autant supérieure que Jupiter l'est aux autres Dieux. Il y a ici quelque intervalle dans lequel je place quelques faits que l'Ecriture Sainte nous fournit.

pharaon. C'est ce Pharaon, roi d'Egypte, qui donna Av Vc io?3 sa ^e en mariage à Salomon, roi d'Israël.

sesac. Ce prince donna retraite à Jéroboam, qui

Avj.c 97V se réfugia vers lui , pour éviter la colère de

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