‹ Abrégé de l'histoire ancienne de Rollin (volume 2)Chapitre 29 sur 49 · me Sesac , la cinquième année du règne de · texte numérisé non relu

me Sesac , la cinquième année du règne de

Pom. laT.g* Roboam, marcha vers Jérusalem , parce que An.M 3o^3- ies jujfs avaient irrité le Seigneur par leurs crimes. Il se rendit maître des plus fortes places du royaume de Juda , et avança jusqu'à Jérusalem. Roboam se soumit, et Sesae se retira , après avoir enlevé les trésors de la

maison du Seigneur et ceux du palais du roi. Il emporta tout avec lui , et même les trois cents boucliers d'or que Salomon avait fait faire.

On connaît ce prince par la guerre qu'il Zara fit à Asa , roi de Juda, et qui lui réussit fort /• Par<*. mal. Asa s'étant humilié devant le Seigneur, An. m.3o63 et ayant imploré son secours , Dieu exauça * v2 ' p^ài sa prière , et jeta l'épouvante dans l'armée °- 2- *■ 9ennemie. Les Egyptiens prirent la fuite , et furent défaits sans qu'il en restât un seul ; parce que c'était le Seigneur , dit l'Ecriture, qui les taillait en pièces , pendant que son armée combattait.

Sous le règne de ce prince aveugle, Saba- Anysis. eus, roi d'Ethiopie, excité par un oracle, entra avec une nombreuse armée en Egypte , et s'en rendit maître. Il régna avec beaucoup de douceur et de justice. Il bâtit plusieurs temples magnifiques ; et après avoir régné cinquante ans, qui était le terme que lui avait marqué l'oracle, il se retira en Ethiopie , et laissa le trône à Anysis , qui s'était tenu caché, pendant tout ce temps, dans les marais.

Ce prince, au lieu de s'acquitter desfonc- ^thon. tions d'un roi , affectait celles d'un prêtre , s'étant fait consacrer lui-même souverain pontife de Vulcain. Il fit si peu de cas des gens de guerre , qu'il les dépouilla des privilèges et des fonds de terre que les rois ses prédécesseurs leur avaient accordés.

On croit communément que c'est ce roi d'Egypte que les grands de la cour du roî Ezéchias , contre l'avis de ce prince , et les remontrances du prophète Isaïe, appelèrent

au secours de Jérusalem, contre le roi Senna chérib. L'Assyrien marcha à la rencontre de 4. R*s. c. l'Egyptien et de Tharaca , roi d'Ethiopie, qui s'était réuni *à Séthon , les défit en bataille rangée, ravagea le pays, et revint devant Jérusalem , où son armée périt par la main de l'ange exterminateur.

Quand Séthon fut mort, Tharaca monta

AnTM.r3299. sur le trôlle d'E^yPte? ei le tint pendant dixav.j. c.-7o5. huit ans. Après sa mort, les Egyptiens ne pouvant s'accorder sur la succession, furent deux ans dans un état d'anarchie, accompagné de grands désordres.

ARTICLE III

Troisième branche. Douze rois.

An.M. 33i9 Douze des principaux seigneurs s'étant li- Av. j.c.685. gUés ensemble, se saisirent du royaume, et le partagèrent entre eux en douze parties. Ils convinrent de gouverner chacun leur district avec un pouvoir et une autorité égale • sans que jamais l'un songeât à rien entreprendre sur l'autre. Ils régnèrent ensemble pendant quinze ans , dans une grande union ; et, pour en laisser à la postérité un célèbre monument, ils bâtirent, de concert et à frais communs, le fameux Lab}Tinthe dont j'ai déjà parlé. Onze de ces rois , sur la foi d'un oracle ,

Psammiii'

que. se saisirent de Psammitique, et le reléguè-

rent dans les pays marécageux de l'Egypte Cet oracle avait prédit que celui d'entre eux

An Jf. 3334. . ./..",', ,.i 1 x ,r 1 • 1

A.j.c.670. qui aurait lait des libations a Vulcain dans un vase d'airain , deviendrait le maître de l'Egypte.

lin jour que les douze rois assistaient ensemole dans le temple de Vulcain à un sacrifice solennel qui s'y faisait régulièrement ? dans un certain jour marqué , les prêtres ayant présenté à chacun d'eux une coupe d'or pour faire des libations , il se trouva qu'il en manquait une \ et Psammitique ? l'un des douze , sans aucun dessein prémédité , au lieu de coupe , prit son casque d'airain ( car ils en portaient tous ) 9 et s'en servit pour faire des libations. Cette circonstance frappa les autres, et leur rappela dans l'esprit le souvenir de l'oracle. Ils crurent donc devoir se mettre en sûreté contre ses entreprises , et le reléguèrent j comme je viens de le dire , dans le pays marécageux de l'Egypte. Psammitique, après quelques années d'exil , soutenu des troupes grecques , et de quelques autres du pays qu'il avait levées sous main , vint attaquer les onze rois , les défît , et demeura seul maître de l'Egypte. Ce prince , qui devait son salut et le trône aux Grecs , les établit en Egypte, et leur assigna de bons fonds de terre, et des revenu assurés.

Dès que Psarilmitique fut affermi sur le trône , il entra en guerre avec le roi d'Assyrie , au sujet des limites des deux empires. Cette guerre fut longue. Il est aisé de le conjecturer parle temps que dura le siège d'Azot, par où Psammitique commença la campagne. Ce ne fut qu'après un siège de vingt-neuf ans , que ce prince se rendit maître le cette place. C'est le plus long siège dont il soit parlé dans l'Histoire ancienne.

En ce temps-là les Scythes , sortis des en*

Bêrod.t.x- virons des Palus Méotides , s'étant jetés dans 9. io5. ja tiédie, défirent Gyaxare qui en était roi , et le dépouillèrent de toute la haute Asie , donc ils demeurèrent maîtres pendant vingthuit ans. Ils poussèrent leurs conquêtes dans la Syrie jusques aux frontières d'Egypte. Mais Psammitique alla au-devant d'eux ? et fit si bien par ses présens et par ses prières, qu'ils ne passèrent pas plus avant, Il délivra ainsi son royaume de ces dangereux ennemis.

Jusqu'à son règne ? les Egyptiens s'étaient toujours crus le plus ancien peuple de la terre. Il voulut s'en assurer par lui-même , et pour cela , il employa une expérience fort extraordinaire , si pourtant ce fait doit paraître digne de foi. Il fit élever à la campagne, dans une cabane fermée , deux enfans nés tout récemment de pauvres parens , et il chargea un berger de les faire nourrir par des chèvres (d'autres disent par des nourrices à qui l'on avait coupé la langue) , avec défense de laisser entrer aucune personne dans cette cabane , ni de prononcer jamais lui-même devant eux aucune parole. Quand ces enfans furent parvenus à l'âge de deux ans , un jour que le berger entra pour leur donner ce qui leur était nécessaire , ils s'écrièrent tous deux , en étendant leurs mains vers leur père nourricier , éeccos, beccos. Le berger , surpris de ce langage nouveau pour lui , et qu'ils répétèrent dans la suite plusieurs fois , en donna avis au roi , qui se les fit apporter pour être témoin luimême de la vérité du fait ; et ils recommencèrent tous deux en sa présence à bégayer leur petit jargon. Il ne s'agissait plus que de

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vérifier chez quel peuple ce mot était usité et il se trouva que c'était chez les Phrygiens qui appellent ainsi du pain. Ils eurent depuis ce temps-là parmi tous les peuples l'honneur de l'antiquité , ou. plutôt de la primauté, que l'Egypte elle-même, quelque jalouse qu'elle en eût toujours été, fut obligée de leur céder, malgré sa longue possession. Comme on amenait à ces enfans des chèvres pour les nourrir , et qu'il n'est point marqué qu'ils fussent sourds, quelques-uns croient qu'ils avaient pu , d'après le cri de ces animaux , former ce mot bec ou beccos. En effet , l'on convient que les sourds de naissance sont muets , parce que n'ayant jamais entendu prononcer aucune parole , ils sont hors d'état de parler.

Psammitique mourut l'an vingt- quatrième de Josias , roi de Juda ; il eut pour successeur son fils Néchao.

L'Ecriture Sainte fait souvent mention de Néchao. ce prince sous le nom de Pharaon Néchao. Il a" ..uc i 6*e entreprit , comme nous l'avons déjà observé , Ht?dm 1 1 de joindre le Nil avec la mer Rouge, en tirant un canal de l'un à l'autre. Mais , sur la foi d'un oracle, il abandonna l'entreprise. Il réussit mieux dans une autre. D'habiles mariniers qu'il avait pris à son service , étant partis de la mer Rouge , avec ordre de découvrir les côtes d'Afrique , en firent heureusement le tour, et retournèrent la troisième année de leur navigation en Egypte , par le détroit de Gibraltar (1).

(ï) Vasques de Gama, portugais, est le premier des européens qui ait trouvé le chemin pour aller aux Indes par le Cap de Bonne-Espérance. Ce fut l'an 1497.

5o HISTOIRE

Ce prince , alarmé des progrès des Babyloniens , leva une puissante armée , et s'avança vers l'Euphrate pour aller s'y opposer. Il battit en effet les Babyloniens 9 prit la ville de Charcamis, dont il s'assura la possession par une garnison qu'il y laissa, et reprit, au bout de trois mois, le chemin de l'Egypte.

Nabopalassar, roi de Babylone, voyant que depuis la prise de Charcamis, tonte la Palestine et la Syrie s'étaient détachées de son obéissance , envoya àabuchodonosor , son fils , dans ces quartiers-là. Ce jeune prince battit l'armée de Néchao , reprit la ville de Charcamis, et fit rentrer dans le devoir les provinces soulevées. Ainsi l'Egyptien se trouva dépouillé de ses conquêtes.

Psammis. L'histoire ne nous apprend rien de particulier au sujet de ce prince, sinon qu'il fit une expédition en Ethiopie. Son règne fut fort court , et ne dura que six ans.* a priés. Ce prince est appelé dans l'Ecriture Ephrès

av.'jMc. %t ou Ophra. H succéda à son père Psammis , jérém 44-IO- et régna 25 ans. Pendant les premières années de son règne , il fut aussi heureux qu'au- Hérod.i.2.. cun de ses prédécesseurs. Il porta ses armes C' zw, 1. 1. contre l'île de Chypre. Il attaqua par terre et p. 62. par mer }a v[\\e Je Sid0O 9 la prit , et se ren-

dit maître de toute la Phénicie et de toute la Palestine.

De si prompts succès lui enflèrent extrêmement le cœur. Hérodote rapporte de lui qu'il était devenu si orgueiileux.et tellement infatué de sa grandeur, qu'il se vantait qu'il n'était pas au pouvoir des Dieux mêmes de le détrôner. C'est par rapport à de tels sentimens

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qu'Ezéchiel lui met à la bouche ces paroles pleines d'une vanité folle et impie : Le fleuve t,st à moi; c'est moi-même qui me suù créé vi). Le vrai Dieu lui fit sentir dans la suite qu'il avait un maître , et qu'il n'était qu'un homme ; et il fît prédire par ses prophètes , long- temps auparavant, tous les maux dont il avait résolu de punir son orgueil.

Peu de temps après qu'Ophra fut monté sur le trône, Sédécias , roi de Juda, lui envoya des ambassadeurs , fit alliance avec lui , et l'année suivante , rompant le serment de fidélité qu'il avait fait au roi de Babylone, il se révolta ouvertement contre lui. Le monarque égyptien , fier de l'heureux succès de ses armes, et ne croyant pas que rien pût résister à sa puissance , se déclara le protecteur d'Israël , et lui promit de le délivrer des mains de Nabuchodonosor. Dieu , irrité qu'un mortel eût osé prendre sa place, s'en expliqua ainsi à son prophète i « Fils de l'homme, Ezech. >4 » tournez le visage contre Pharaon , roi d'E-'*1' I2 » gypte , et prophétisez tout ce qui lui doit » arriver à lui et à l'Egypte ; parlez - lui et >> dites-lui : Voici ce que dit le Seigneur no- » tre Dieu ; je viens à vous , Pharaon , roi » d'Egypte, grand dragon qui vous couchez » au milieu de vos fleuves , et qui dites : Le » fleuve est à moi , et c'est moi-même gui » me suis créé. Je mettrai un frein à vos mâ- » choires. » Après l'avoir comparé à un roseau qui se brise sous celui qui s'y appuie ,

(i) Dicis : Meus est fluViOl, et ego feci memetipsum. Ezeck. 29. 3»

et qui lai perce la main , Dieu ajoute : « Je » vais faire tomber la guerre sur vous, et je t tuerai parmi vous les hommes avec les bê- » tes. Le pays d'Egypte sera réduit en un dé- » sert et en une solitude, et ils sauront que » c'est moi qui suis le Seigneur , parce que » vous avez dit : Le fleuve est à moi , et » c'est moi qui t'ai fait. »

An. m. 3416. Ces menaces eurent leur effet dans le temps marqué par celui qui les avait faites. Ce prince commença à essuyer ces trop justes châtimens par la perte de presque toute la Libye , par le soulèvement général de presque tous ses sujets, par le couronnement d'Amasis 9 et par les dégâts et les ravages que fit Nabuchodonosor de presque toutes les provinces de son royaume. Donnons à ces objets quelque étendue.

Les Cyrénéens , colonie des Grecs , qui s étaient établis en Afrique entre la Libye et l'Egypte, ayant pris et partagé entre eux une grande partie du pays des Libyens , forcèrent ces peuples dépouillés à se jeter entre les bras d'Apriès, et à implorer sa protection. Aussitôt ce prince envoya une grande armée dans la Libye pour faire la guerre aux Cyrénéens. Mais cette armée ayant été défaite et presque toute taillée en pièces, les Egyptiens s'imaginèrent qu'il ne l'avait envoyée dans la Libye que pour l'y faire périr, et pour régner ensuite plus despotiquement sur ses sujets ; dans cette pensée , ils crurent devoir secouer le joug d'un prince qu'ils regardaient comme leur ennemi. Apriès , ayant appris cette révolte , leur envoya Amasis , un de ses olïi-

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ciers , pour les apaiser et pour les faire rentrer dans leur devoir. Mais lorsque Amasis eut commencé à leur parler, ils lui mirent sur la tête un casque pour marque de la royauté , et le proclamèrent roi. Amasis ayant accepté la couronne qu'ils lui offraient , demeura avec eux , et les confirma dans leur révolte.

Apriès , à cette nouvelle , encore plus enflammé de colère , envoya Patarbémis ? un autre de ses officiers , et l'un des principaux seigneurs de sa cour , pour arrêter Amasis et le lui amener. Mais Patarbémis ne s'étantpas trouvé en état d'enlever Amasis au milieu de cette armée de révoltés dont il était entouré , fut traité à son retour par Apriès de la manière la plus indigne et la plus cruelle ; car ce prince , sans considérer que cet officier n'avait manqué d'exécuter ses ordres que fau- .e de pouvoir, et non pas par manque de respect pour ses volontés , lui fit impitoyablement couper le nez et les oreilles. Un outrage si sanglant fait à un homme de ce rang, irrita si fort les Egyptiens, que la plupart s'allèrent joindre aux mécontens , et que la révolte fut générale. Ce soulèvement de ses sujets obligea Apriès de se sauver dans la Haute- Egypte , où il se maintint pendant quelques années , tandis qu'Amasis occupa tout le reste de ses Etats.

Les troubles qui agitaient l'Egypte, furent une occasion favorable à Nabuchodonosor pour l'attaquer , et ce fut Dieu lui-même qui lui en inspira le dessein. Ce prince qui, sans le savoir , était l'instrument de la colère de Dieu contre les peuples qu'il voulait châtier ,

venait de prendre la ville de Tyr, où lui et son armée avaient essuyé des fatigues incroyables (1). Pour les en récompenser, Dieu leur abandonna l'Egypte. Il est beau de l'entendre lui-même s'expliquer sur ce sujet. Il y a peu d'endroits dans l'Ecriture plus remarquables que celui-ci , et qui fassent mieux comprendre la souveraineté de Dieu sur tous les princes et sur tous les royaumes de la terre. « Fils de l'homme (c'est ainsi qu'il parle au Ezéeh.c.29. » prophète Ez chiel ), Nabuchodonosor , roi *• an » de Babylone , m'a rendu avê'é son armée

» un grand service au siège de Tyr. Toutes » les têtes de ses gens en ont perdu les che- » veux, et toutes les épaules en sont écor- » chées ; néanmoins , ni lui ni son armée » n'ont point reçu de récompense pour le » service qu'ils m'ont rendu à la prise de Tyr, » C'est pourquoi, continue Dieu, je vais don- » ner à Nabuchodonosor , roi de Babylone , » le pays d'Egypte ; il en prendra tout le peu- » pie , il en fera son butin , et il en partagera » les dépouilles. Son armée recevra ainsi sa » récompense , et il sera payé du service qu'il » m'a rendu dans le siège de cette ville. Je » lui ai abandonné l'Egypte, parce qu'il a » travaillé pour moi , dit le Seigneur notre

(i) Pour bien entendre ce qui est dit ici, il faut savoir que Nabuebolonosor essuya des fatigues incroyab'es dans le siège de Tyr, et que lorsque les Tyriens se virent pressés, les plus nobles de la ville montèrent sur des vaisseaux avec tout "ce qu'ils avaient de plus >iéc eux ; et se retirèrent en d'autres îles. Ainsi Nabuchodonosor ayant pris îa ville , n'y trouva rien qui pût récompenser les grand» travaux qu'il avait soufferts dans ce siège. S. Hiéron.

» Dieu. » Il enlèvera tout, dit-il, par un autre prophète, avec la même facilité qu'un berger se couvre de son manteau. Il se chargera ainsi de tout le butin ; il mettra ainsi sur ses épaules , et sur celles de ses soldats , toute la dépouille de l'Egypte. Amictetur terra JEgypti , sicut amicitur pastor paliio suo; Jér«m- & et egredietur inde in pace. Nobles expressions qui montrent avec quelle facilité toute la puissance et toutes les richesses d'un Etat sont enlevées , quand Dieu le veut , et passent comme un manteau à un nouveau maître qui n'a qu'à le prendre et à s'en couvrir.

Le roi de Babylone , profitant donc des divisions intestines où la révolte d'Amasis avait jeté ce royaume , marcha de ce côté-là à la tête de son armée. Il subjugua l'Egypte depuis Migdole ou Magdole, qui est à l'entrée du royaume, jusques à Sienne qui est à l'autre extrémité vers les frontières d'Ethiopie. Il y fit partout d'horribles ravages , tua un grand nombre d'habitans , et réduisit le pays dans une si grande désolation , qu'il ne put se rétablir de quarante ans. Nabuchodonosor ayant chargé son armée de dépouilles et soumis tout le royaume, en vint à un accommodement avec Amasis , et l'ayant confirmé dans la possession du royaume comme viceroi , il reprit le chemin de Babylone.

Alors A priés étant sorti de sa retraite , amassa quelques troupes , marcha contre Amasis , et lui livra bataille près de la ville de Memphis. Mais ayant été battu et fait prisonnier il fut mené à la ville de Sais , et y

fut étranglé dans son propre palais. Telle fut ia fin triste et malheureuse de ce prince impie et orgueilleux , conformément à ce que le Seigneur en avait fait prédire par son prophète. « Je vais livrer, dit-il, Pharaon-Ephrée,

jérém. 44. » roi d'Egypte , entre les mains de ses enne- » mis , et entre les mains de ceux qui cher- » client à lui ôter la vie. »

Ce prince , après la mort d'Apriès , devint

Amasis. paisible possesseur de toute l'Egypte. Il est

An. M. 3435. ... . tiai

1v.j-c.569. le seul des rois égyptiens qui ait conquis 1 île de Chypre, et qui l'ait rendue tributaire. Ce fut sous son règne que Pythagore vint en Egypte. Dans le séjour que ce philosophe y fit , il fut initié à tous les mystères. C'est là qu'il puisa sa doctrine de la métempsycose. Comme ce prince était de basse naissance, les peuples , dans le commencement, en faisaient peu de cas, et n'avaient que du mépris pour lui. Il n'y fut pas insensible, mais Hérod, 1 2. il crut devoir ménager les esprits, et les rap-

• x72- peler à leur devoir par la douceur et par la raison. Il avait une cuvette d'or , où lui et tous ceux qui mangeaient à sa table se lavaient les pieds. Il la fît fondre, et en fit faire une statue qu'il exposa à la vénération publique. Les peuples accoururent en foule , et rendirent à la nouvelle statue toutes sortes d'hommages. Le roi les ayant assemblés, leur exposa à quel vil usage cette statue avait d'abord servi , ce qui ne les empêchait pas de se prosterner devant elle par un culte religieux. L'application de cette parabole était aisée à faire. Elle eut tout le succès qu'il s'en était promis. Depuis ce temps-là, les peuples

d'Egypte eurent pour lui tout le respect qui est dû à la majesté royale.

Ce fut lui qui obligea les particuliers dans chaque ville , d'inscrire leurs noms chez le magistrat , et de marquer de quelle profession^ ou de quel métier ils vivaient. Il bâtit plusieurs temples magnifiques , principalement à Sais sa patrie. Hérodote y admirait surtout une chapelle faite d'une seule pierre, qui avait au dehors vingt-une coudées de longueur , sur quatorze de largeur , et huit de hauteur.

Comme ce prince , dans les repas et dans les conversations, était d'une humeur extrêmement enjouée, et qu'il poussait, ce semble^ la gaîté au delà des bornes convenables, les courtisans ayant pris la liberté ds le lui représenter, il leur répondit que l'esprit ne pouvait pas être toujours sérieux et appliqué aux affaires, non plus qu'un arc demeurer toujours tendu.

Ce prince succéda à Amasis son père. Il ne fut que six mois sur le trône. Cambyse , psainmenit. roi de Perse, l'ayant vaincu et fait prisonnier, le fit mourir. Je rapporterai plus en détail cette histoire , lorsque j'exposerai celle de Cambyse. Ici finit la première partie de l'histoire d'Egypte , qui , depuis la fondation de M cette monarchie par Menés , jusqu'à sa des- av.j c 5*5 truction par Cambyse , renferme i663 ans. La seconde est mêlée avec celle des Perses et des Grecs. Quant à la troisième , nous la traiterons à part.

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