j > \ * tvt» • rhalasar
que Ion croit avoir régne le premier a JNini- Ah.m. 3257. ve, depuis la destruction de l'ancien empire Av,2^' 7^' des Assyriens. Il prit le nom de Ninus le jeu- 7 , etc. ne, pour honorer son règne par le nom d'un prince si ancien et si illustre. Il paraît que ce prince était guerrier , et qu'il ambitionnait la gloire qu'on acquiert par les armes. Achaz, roi de Juda, se voyant attaqué en même temps par Rasin , roi de Syrie , et par Phacée, roi d'Israël , appela Théglath-Phalasar à son secours. Le roi d'Assyrie, trouvant une occasion si favorable d'ajouter la Syrie et la Palestine à son royaume , vint sans balancer. Il battit d'abord le premier, prit Damas, et mit fin au royaume de Syrie, comme Dieu l'avait fait prédire par ses prophètes. Ensuite il marcha contre Phacée , et le dépouilla d'une partie de ses Etats ; mais il fit acheter bien cher sa protection à Achaz , exigeant de lui des sommes très-considérables, qui épuisèrent le royaume.
L'Ecriture nous apprend qu'Osée, roi d'Is- saimanasar. raël , ayant refusé de payer le tribut à Sal- ^f'^î' manasar, ce prince marcha contre lui avec 4 a.?'. 7 une puissante armée , le battit et l'enferma dans Samarie , qu'il prit après trois ans de siège II chargea Osée de fers, le mit en prison pour le reste de ses jours , emmena le peuple en captivité, et l'établit dans Hala et dans Habor, villes des Mèdes. Il détruisit ain-
si le royaume d'Israël ou des dix tribus, comme Dieu l'en avait si souvent menacé par ses prophètes. Ce royaume, depuis sa séparation de celui de Juda, avait subsisté pendant 25o ans. Ce prince est entre les mains du Seigneur. comme une verge dont il se sert pour punir Israël de son schisme, de son idolâtrie et de ses autres crimes. Ce fut alors que Tobie , avec Anne sa femme , et Tobie son fils, fut emmené captif en Assyrie, où il devint l'un des principaux officiers du roi Salmanasar. Ce prince mourut après un règne de quatorze ans , et eut pour successeur son fils. sennaeherib. Ce prince , que l'Ecriture Sainte appelle
An.M.3287. . cr jf vi o . ,. . ,- , f a
av.j. c. 717. aussi S argon, des qu il tut établi sur le trône, 4 r" .\°8 ^renouvela la demande que son père avait '9* faite à Ezéchias , de lui payer le tribut. Sur
son refus , il lui déclara la guerre , et entra dans la Judée avec une puissante armée. Ezéchias, touché de voir son royaume au pillage , lui envoya des ambassadeurs pour demander la paix aux conditions qu'il voudrait lui prescrire. Sennaeherib, paraissant se radoucir , traita avec lui , et exigea une trèsgrosse somme d'or et d'argent. Quand il eut touché la somme qu'il demandait, sans avoir égard à la foi des traités , et à la sainteté des sermens , il poussa ses conquêtes plus vivement que jamais, et vint mettre le siège devant Jérusalem , qui se trouvait réduite à la dernière extrémité.
Dans ce moment , il apprit que Tharaca , roi d'Ethiopie , qui avait joint ses troupes à celles du roi d'Egypte , s'avançait au secours de cette ville assiégée. Il partit sur-le-champ
pour aller à sa rencontre , défit les troupes alliées , les poursuivit jusque dans l'Egypte , et revint mettre le siège devant Jérusalem. La perte de la ville paraissait inévitable. Elle était sans ressource et sans espérance du côté des hommes; mais elle avait dans le Ciel un puissant protecteur, dont l'oreille jalouse avait entendu les blasphèmes impies que le roi de Ninive avait prononcés contre son saint nom. En une seule nuit, l'épée de l'ange exterminateur fit périr cent quatre-vingtcinq mille hommes de son armée. Après un si terrible échec , ce prétendu roi des rois ( car il s'appelait ainsi ) fut obligé de regagner son pays avec les débris de son armée , et de passer , couvert de honte et de confusion , à travers de ces peuples , qui , peu de temps auparavant , lavaient vu si fier et si menaçant.
Quand il fut de retour à Ninive , outré de Tob s sa disgrâce, il traita ses sujets d'une manière 24. tout-à-fait cruelle et tyrannique. Il exerça surtout sa fureur contre les Israélites , dont il faisait massacrer tous les jours un grand nombre. Tobie , pour se dérober à sa fureur , 4 Reg, I9 fut obligé de se tenir caché pendant quelque 3> temps; tous ses biens furent confisqués. L'humeur féroce du roi devint si insupportable à sa propre famille, que ses deux fils aînés conspirèrent contre lui, et le tuèrent dans le temple, et au pied des autels de son dieu Nesroch , devant lequel il était prosterné. Ces deux princes , obligés de s'enfuir après ce parricide , laissèrent le royaume à Asarhaddon leur cadet.
Asarhaddon. Ce prince , profitant de la division qui ré- Av.j!c32?o.'^nait à BaDvlone depuis la mort du dernier roi, s'empara de ce royaume, et le réunit au sien. Ainsi , Babylone qui , depuis la ruine du premier empire des Assyriens , avait fait un royaume séparé , devint de nouveau une province de l'empire de Ninive ; ce qui subsista en cet état jusqu'à la destruction de cette dernière ville. Asarhaddon conquit la Syrie et la Palestine , et emmena captifs tous ceux des Israélites qui étaient restés, à la réserve d'un petit nombre qui échappèrent à ses recherches. Cependant, pour empêcher que le pays ne demeurât désert, il y fit venir des colonies de peuples idolâtres. Après s'être rendu maître du pays d'Israël , il envoya ses généraux dans la Judée, pour la réduire aussi sous son obéissance. Ils défirent Manassé ; Fayant pris lui-même, ils le menèrent à Asarhaddon , qui le mit aux fers , et l'emmena avec lui à Babylone. Mais , dans la suite, Manassé ayant fléchi la colère de Dieu par un sincère repentir, il obtint sa liberté, et retourna à Jérusalem, i Reg.ti* Cependant, les nouveaux habitans de Samarie et d'Israël s'y trouvaient fort tourmentés des lions. Le roi de Ninive , ayant appris que cela venait de ce qu'ils n'adoraient pas Je Dieu du pays, ordonna qu'on leur envoyât un prêtre israélite d'entre ceux qui avaient été transférés , afin qu'il leur enseignât le culte du Dieu d'Israël. Mais ces idolâtres se contentèrent de l'associer avec leurs anciennes divinités. Et c'est ce culte corrompu qui, cow-
tinuant dans la suite , fut la source de l'aversion des Juifs contre les Samaritains.
Ce prince , que l'Ecriture appelle Nabu- saosducbin. chodonosor , la douzième année de son règne, av! j.c. 669" défit en bataille rangée , dans la plaine de Ragau , Déjocès , roi des Mèdes, qui est l'Arphaxad de rEcriture Sainte (1). Ce fut immédiatement après cette expédition qu'Holopherne, l'un des généraux de ce prince, forma le siège de la ville de Béthulie , que Dieu délivra par la main de la célèbre Judith.
On sait fort peu de chose de ce prince. Il saracus „ se rendit méprisable à ses sujets par sa mol- daims.1"* a" lesse et le peu de soin qu'il prenait de son empire. Nabopolassar , général de ses armées, Nabopoiastjui était à Babylone, s'empara de cette par-sar* Se de l'empire assyrien. Pour soutenir sa ré- An M# 33 8. yolte avec plus de succès, il fit alliance avec Av.j.c.626, ^yaxare , roi des Mèdes. Ces deux princes &yant réuni ensemble toutes leurs forces, ils assiégèrent Ninive , la prirent ? tuèrent Sa- ?acus , et ruinèrent de fond en comble cette grande ville. Depuis ce temps-là , Babylone *ut la seule capitale de l'empire assyrien.
Troisième empire de Babylone.
Ici s'élève un troisième empire de Baby- Nabuchoïone, qui à son tour étendra sa domination, non-seulement sur tous les pays de Sennaar An. m. 3400 ou de îa Babylonie, mais encore sur les vas- Av JCe°^
(1) Nous nous sommes écartes en cela de M. RolUn , qui prétend que le prince qui est appelé dans l'Ecriture Sainte Arphaxad ,est Phraorte. Cette supposition absorbe absolument le rè^ne de ce prince, et met dans la chro ao»lo£ie une contradiction, ruaui teste.
tes et immenses contrées de 1 Assyrie. Nabopolassar est le premier roi de ce nouvel empire. Ce prince , déjà vieux, chargé d'infirmilés, et craignant qu'après sa mort M ne survînt quelque révolution qui privât son fils d'une couronne qu'il désirait de lui transmettre par droit de succession ^ l'associa à l'empire de son vivant. Après que Nabopolassar eut , par cet acte d'association „ assuré le trône à Nabuchodonosor , car c'est ainsi que s'appelait son fils , il l'envoya , à la tête d'une armée formidable , contre la Syrie et la Palestinequis'étaient détachées de son obéissance depuis que Néchao , roi d'Egypte , avait pris la ville de Carcamis. Nabuchodonosor battit l'armée de Néchao , reprit Carcamis , et remit la Syrie et la Palestine sous sa domination. Il entra aussi dans la Judée , mit le siège devant Jérusalem , et s'en rendit maître. Il avait fait mettre Joachim aux fers } pour le transporter à Babylone ; cependant , touché de son repentir , il le rétablit sur le trône. Mais il transporta tous les trésors du palais , une partie des vases du temple , et une grande multitude de Juifs qu'il emmena captifs à Babylone. Daniel , âgé pour lors de moins de douze ans ? fut enlevé avec les autres prisonniers. Et c'est de cette fameuse époque (1) qu'il faut compter la captivité des Juifs à Babylone 9 prédite tant de fois par Jérémie. ûan.c 2. Nabopolassar étant mort, après un règne de vingt-un ans , son fils succéda à tousses songe de Etats. Ce prince , la quatrième année de son Nabuchodo- r£gne 9 eat un songe dont il fut fort effrayé
(i) La quatrième année de Joachim.
mais qu'il oublia entièrement. Il consulta les An. m. 3 loi sages et les devins de son royaume , pour sa- At# J#c,6nl voir d'eux ce qu'il avait vu en songe. Tous lui répondirent qu'il était impossible de le deviner , et que tout ce qu'on pourrait faire , était de lui expliquer son songe après qu'il l'aurait fait connaître. Nabuchodonosor , s'imaginant qu'ils agissaient de mauvaise foi, les condamna tous à la mort. Daniel , avec ses trois compagnons , était compris dans cet arrêt , comme étant du nombre des sages. Après avoir invoqué son Dieu, il alla trouver le roi , et lui raconta ce qu'il avait vu en songe. C'était , lui dit-il , une statue d'une hauteur énorme , et d'un regard effrayant , dont la tête était d'or , la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les cuisses d'airain , les jambes de fer , et les pieds en partie de fer et en partie d'argile. Pendant que vous étiez attentif à cette vision, une pierre s est détachée d'ellemême d'une montagne , et frappant la statue par les pieds , elle l'a brisée et réduite en poudre ; et la pierre est devenue une grande montagne , qui a rempli toute la terre. Au récit de ce songe , Daniel en ajouta l'explication, marquant les trois grands empires qui devaient succéder à celui des Assyriens ; savoir : l'empire des Perses , l'empire d'Alexandre-le- Grand ou des Grecs , l'empire romain , ou , selon d'autres, celui des successeurs d'Alexandre. Après ces royaumes , continua Daniel , le Dieu du Ciel en suscitera un qui ne sera jamais détruit, qui ne passera point à un autre peuple, qui renversera et anéantira tous ces royaumes, et qui subsistera pendant T. 1. 19
32b HISTOIRE
toute l'éternité ; par oii il désignait clairement le royaume de Jésus-Christ.
Le roi , ravi d'admiration et tout hors de lui-même 9 après avoir reconnu et déclaré hautement que le Dieu des Israélites était véritablement le Dieu des dieux, éleva Daniel aux premières charges de l'empire , le fit chei de ceux qui avaient la surintendance sur les mages , l'établit gouverneur de Babylone , et l'un des principaux seigneurs du conseil , qui suivaient toujours la cour. Ses compagnons eurent aussi part à son élévation.
La révolte de Joachim , roi de Juda, que Jéchonias, son fils , soutint après sa mort , obligea Nabuchodonosor de tourner ses armes du côté de la Judée. Ses généraux, après avoir commis toutes sortes d'hostilités dans le pays, vinrent mettre le siège devant Jérusalem , et en formèrent le blocus. Il vint lui-même trois mois après en personne , à la tête de son ar- „ niée , et se rendit maître de Jérusalem. Il Av. JC589 enleva tous les trésors du temple et du palais du roi, et tout ce qui restait des vases d'or. Il emmena captif Jéchonias, sa mère et ses enfans. Il mit sur le trône de Juda Mathanias , oncle du roi, appelé autrement Sédécias. Mais ce prince ne fut ni plus religieux ni plus heureux que ses pères ; car ayant fait alliance avec Ephrée , roi d'Egypte , il viola le serment de fidélité qu'il avait prêté au roi de Babylone. Celui-ci l'en punit bientôt, et l'assiégea dans sa capitale. L arrivée du roi d'Egypte , à la tête d'une armée , donna quelque lueur d'espérance aux assiégés ; mais leur joie fut bien courte. Les Egyptiens furent battus , et
le vainqueur revint devant Jérusalem , et y remit le siège , qui dura près d'un an. Enfin , la ville fut prise d'assaut, et il s'y fit un carnage effroyable. Nabuchodonosor fit tuer les deux fils de Sédécias devant les yeux de leur père, avec tous les nobles et les grands de Juda. Il lui fît crever les yeux à lui-même , le chargea de chaînes , et l'emmena à Babylone , où il demeura jusqu'à sa mort.
Nabuchodonosor, de retour à Babylone, Dan. «. i. fit élever une statue d'or, haute de soixante coudées. 11 assembla tous les grands de son Etat pour en faire la dédicace , et il ordonna à tous ses sujets de l'adorer, menaçant tous ceux qui y manqueraient, de les faire jeter au milieu des flammes d'une fournaise ardente. Ce fut dans cette occasion que les trois jeunes Hébreux, Ananias, Misaël et Azarias, qui refusèrent constamment d'obéir à l'ordre impie du roi, furent conservés, d'une manière miraculeuse, au milieu des flammes. Le roi, témoin par lui-même d'une merveille si étonnante, fit un édit par lequel il défendit à qui que ce fût, sous peine de la vie, de blasphé mer le nom du Dieu d'Ananias , Misaël et Azarias , et il éleva ces trois jeunes hommes aux plus hautes dignités.
Ce prince revint quelque temps après dans j»sePh.Ant. la Syrie, et mit le siège devant la ville de Tyr. J*'eïeZ. "" Ce ne fut qu'après un siège de treize ans app* l- ■• qu'il se vit maître de cette ville. Ses troupes y souffrirent des fatigues incroyables; de sorte que, selon l'expression d'un prophète (i),
(i) Omnc caput decalvatum, et o ouais humérus depilatus est. Ezéch. 29. 18
toute tête en était devenue chauve 9 et toute épaule pelée. Le butin ne fut pas considérable , parce que les habitans de Tyr, avant que leur ville fût réduite à la dernière extrémité , s'étaient retirés avec leurs meilleurs effets dans une île voisine. De sorte que Nabuchodonosor et son armée, n'ayant rien trouvé dans la place qui pût les récompenser du service qu'ils venaient de rendre à Dieu , en exécutant sa vengeance contre cette ville. Dieu , pour les en dédommager, leur destina les dépouilles de l'Egypte , dont ils firent en effet la conquête aussitôt après.
Lorsque Nabuchodonosor eut terminé heureusement toutes ces guerres , se trouvant dans une pleine tranquillité , il s'appliqua à embellir Babylone. C'est à ce loisir de Nabuchodonosor, selon quelques auteurs, que Babylone fut redevable de tant de beaux et magnifiques ouvrages qui l'ont rendue si fameuse. Les principaux sont les murailles de la ville, qui avaient cinquante coudées d'épaisseur , et deux cents de hauteur; les quais, le pont , le lac , les digues , les canaux qu'on avait faits pour la décharge du fleuve, lorsqu'il se débordait ; les palais, les jardins suspendus sur des voûtes faites en forme de terrasses; enfin , le temple de Bel. D'autres auteurs donnent la gloire de ces ouvrages à la fameuse Sémiramis. Il n'est pas aisé de décider cette question , d'ailleurs fort peu importante. Mais je crois qu'on pourrait assurer que ce n'est pas un seul prince qui a fait tous ces beaux et superbes ouvrages; et que les historiens grecs, qui sont venus tant de siè^
ANCIENNE. UV. IV. 329
cles après , trompés par la ressemblance des noms , et par l'ignorance des dates , ont attribué à un seul ce qui appartenait à plusieurs, et à des anciens, ce qui était l'ouvrage des rois postérieurs.
Rien, ce semble, ne manquait à la gloire Dan. c. 4et à la félicité de ce prince. Un songe effrayant ^"^bucho^ vint en troubler la douceur, et lui causa de donosor.
i «ri T1 . , . , An. M. 3434.
grandes inquiétudes. Il vit un arbre qui s é- av j.c.57o. levait jusqu'au ciel, et dont les branches chargées de fruits, s'étendaient jusqu'aux extrémités de la terre. Toutes les bêtes habitaient dessous ; les oiseaux du ciel reposaient sur ses branches , et tout ce qui était animé y trouvait de quoi se nourrir. Alors celui qui veille et qui est saint [yigit etsanctus), descendit du Ciel , et cria : « Abattez l'arbre » par le pied , coupez - en les branches , et » dispersez-en les fruits ; mais laissez la sou- » che en terre avec ses racines ; qu'il soit lié » avec des chaînes de fer , parmi l'herbe des » champs ; qvi'il soit mouillé de la rosée du » ciel , et qu'il paisse l'herbe de la terre avec » les bêtes sauvages ; qu'on lui ôte son cœur » d'homme , et qu'on lui donne un cœur de » bête (1) pendant sept années. Ainsi 1 or- » donne celui qui veille. »
Le roi , extrêmement effrayé par un si terrible songe , consulta tous ses mages ; mais ce fut bien inutilement. Il fallut avoir recours à Daniel, qui lui en fit l'application à luimême , en lui marquant nettement qu'il serait banni de la compagnie des hommes pen-
(1) Cor ejus ab hunaano commutetur, et cor ferai detur ei. Dan. 4.
dant sept années, et que, réduit à la demeure et à la condition des bêtes, il paîtrait l'herbe comme un bœuf. Il l'exhorta à racheter ses péchés par les aumônes , et ses iniquités par les œuvres de miséricorde envers les pauvres. Toutes ces choses arrivèrent à Nafeuchodonosor , comme le prophète les avait prédites. Un an s'étant passé , comme Nabuchodonosor se promenait dans son palais, il dit, en considérant la beauté et la magnificence de ses bâtimens : « N'est-ce pas ici cette grande » Babylone, que j'ai bâtie dans la grandeur » de ma puissance et dans l'éclat de ma gloi- » re , pour en faire le siège de mon royau- » me ?» A peine avait-il achevé ces mots , qu'une voix se fit entendre du ciel , qui lui prononça son arrêt. A l'heure même il perdit le sens , on le chassa de la compagnie des hommes^, et il vécut comme une bête, exposé aux injures de l'air, et ne vivant que d'herbe. Le poil de son corps devint semblable aux plumes d'un aigle, et ses ongles s'allongèrent comme les griffes des oiseaux.
Après que le temps marqué fut accompli , l'esprit et le sens lui revinrent. « Il leva les » yeux au ciel, dit l'Ecriture, bénit leTrès- » Haut, et rendit gloire à celui qui vit éter- » nellement , reconnaissant que son empire » est éternel , que tous les habitans de la terre » sont devant lui comme un néant, et qu'il » fait tout ce qu'il lui plaît au ciel et sur la * terre , sans que personne résiste à sa main » toute-puissante , ni puisse lui dire : Pour- » quoi avez-vous agi ainsi? » Alors il recouvra sa première forme : les grands de la cour
ANCIENNE. LIV. III. 33ï
allèrent le chercher ; il remonta sur le trône, et devint plus puissant que jamais. Pénétré delà plus vive reconnaissance, il fit un édit solennel pour publier, dans toute l'étendue de sa domination , les merveilles étonnantes que Dieu venait de faire en sa personne. Il mourut un an après , ayant régné , depuis la mort de son père, quarante-trois ans. C'est un des plus grands rois qui ait jamais régné en Orient.
Dès que ce prince fut monté sur le trône , Eviimére il fit sortir Jéchonias , roi de Juda, de prison, ^c M où il avait été depuis trente-sept ans. Il se av.j.c 562 rendit si odieux par ses débauches et autres 27. 3oe^'2 ' déréglemens , que ses propres parens cons- Dan' c l4, pirèrent contre lui, et le mirent à mort.
Nériglissor, mari de sa sœur, qui avait été Néngiiwor à la tête des conjurés , régna en sa place. Ce prince, après un règne de quatorze ans, périt , comme nous verrons bientôt , dans une bataille contre Cyaxare, roi des Mèdes. Son fils lui succéda.
C'était un très-mauvais prince, qui ne ré- Laborosoar. gna que neuf mois. Ses sujets conspirèrent chod-
i«.i • t -y T1 An. Mt 3448
contre lui et le mirent a mort. Il eut pour successeur La/bynit , que l'Ecriture appelle Baithasar.
On conjecture , avec beaucoup de fondement, que ce prince était fils d'Evilmérodac, par Nitocris, princesse très-sage, et à qui on attribue une partie des grands ouvrages qui étaient l'ornement de Babylone. Hérodote Hérod.i.u nous apprend que Nitocris avait placé son tombeau au-dessus d'une des portes les plus remarquables de la ville, avec une inscription
Baithasar
i85, etc.
Ar. J.C555.
qui avertissait ses successeurs de ne point toucher, sans une extrême et indispensable nécessité 9 aux richesses qui y étaient renfermées. Le tombeau demeura fermé jusqu'au règne de Darius, qui, l'ayant fait ouvrir, au lieu des trésors immenses qu'il se flattait d'en tirer, n'y trouva que cette inscription : Si tu n'étais insatiable d'argent, et dévoré par une basse avarice, tu n'aurais pas ouvert les tombeaux des morts.
An. m. 3449 ka première année du règne de Balthasar, Cyrus vint mettre le siège devant Babylone. Nous verrons dans l'histoire de ce prince , comment il prit cette grande ville , la mort de Balthasar, et la fin du fameux empire des Assyriens, après avoir duré deux cent dix ans, depuis la destruction du grand empire des Assyriens qui l'avait précédé.