‹ Abrégé de l'histoire ancienne de RollinChapitre 16 sur 19 · II · texte numérisé non relu

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vii.gt.septiè. Après la défaite de Gallicratidas auprès mjXP; Arginuses , les alliés de Sparte , appuyés du Utile.,, i. 2. crédit de Cyrus , envoyèrent une ambassade piut. 'm Lys. à Laeédémone, pour demander qu5on donnai ' ixsaidle. encore le commandement de la flotte à Lysandre, avec promesse de servir avec un nouveau zèle et un nouveau courage s'il les commandait; ce qui leur fut accordé avec plaisir. Tous ceux qui, dans les villes, avaient le plus de part au gouvernement , le* virent arriver avec une extrême joie , se promettant de grands avantages de sa complaisance et de Ses vices, son indulgence ; car Lysandre était un homme profondément corrompu , et qui se faisait gloire de n'avoir nul principe sur la ver» tu et sur les devoirs les plus sacrés. Il ne faisait aucun scrupule d'employer la ruse , le mensonge, la fourberie et le parjure. lise moquait ouvertement de ceux qui lui représentaient que c était une chose indigne des descendans d'Hercule, que d'employer le dol et la fraude : car , disait-il , partout où la peau du lion ne peut atteindre, , it fattt y coudre la peau du renard. Au sujet du parjure , il avait coutume de dire, qu'on amusait tes en fans avec des osselets , et les hommes avec des sermens ; montrant, par une irréligion si marquée , qu'il faisait encore moins de cas des Dieux que des hommes; en un mot, c'était un homme chez qui Aitile était le seul beau et le seul honnête. xinoph. Au commencement de la vingt- septième * m. 2* année de la guerre, Lysandre fit voile du côté de 1 Hellespont, mit le siège devant LampsAqtrê* la prit d'assaut, e* l'abandonna au

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pillage. La flotte des Athéniens , qui le suivait de près, vint le joindre dans l'Hellespont, et mouilla à un lieu appelé JEgos potamos (1) , où ils s'arrêtèrent vis-à-vis des ennemis qui étaient encore à l'ancre devant Lampsaque. Le lendemain , dès que le soleil fut levé , les Athéniens commencèrent à voguer contre eux , avec toute leur flotte , et à les défier. Lysandre, qui roulait un autre dessein dans victoire dç son esprit , se tint en repos , et ne fit aucun Jes^tifénîens mouvement. Sur le soir, les Athéniens s'en An. m. 3599. étant retournés, il ne permit à ses soldats de ' descendre à terre, qu'après s'être assuré que les ennemis étaient débarqués. On fit pendant cinq jours la même manœuvre.

Le cinquième jour, Lysandre ayant appris , par le signal que lui donnèrent les galères qi'il avait dépêchées pour aller observer les ennemis, qu'ils étaient descendus, partit avec toute sa flotte. Il tombe sur eux , enlève les galères vides, choque, brise celles qui se remplissent , fait un massacre horrible des soldats qui se présentent pour entrer dans les vaisseaux , et taille en pièces ceux qui prennent la fuite. Lysandre fit trois mille prisonniers, prit tous les généraux, et se rendit maître de la flotte ennemie II eut la gloire de terminer , dans l'espace d'une heure , une guerre qui avait duré vingt-sept ans. 411 envoya aussitôt porter cette agréable nouvelle à Lacédémone. Les prisonniers ayant été condamnés à mort par le conseil de guerre, furent tous égorgés. Après cette expédition, Lysandre alla par toutes les villes maritimes ,

ï) La rivière de la Chèvre.

ordonnant à tous les Athéniens qui s'y trouvaient , de se retirer au plus tôt à Athènes ,, sans leur permettre de prendre une autre route , et cela sous peine de mort , après un terme marqué. Ce qu'il faisait en habile politique, pour affamer Athènes plus promptement , et la mettre hors d'état de pouvoir soutenir un long siège, consterna. Quand on apprit à Athènes la défaite en- Athéniens *ière de l'armée, la consternation fut générale. On n'entendit qu'un cri de douleur et de

.m. m. 36oo. désespoir dans toute la ville. Ils croyaient Av. J.C4o4. ,.., r . „ . Tl J ,

xénoph. déjà voir 1 ennemi aux portes. Ils se repré-

f*458. L%. entaient les maux d'un long siège , la ruine Plut, in Lys. et l'incendie de leur ville , les insultes d'un fier vainqueur, et la honteuse servitude à laquelle ils allaient être réduits , plus triste pour eux et plus insupportable que la mort même. Le lendemain , on convoqua l'assemblée , et il fut résolu qu'on boucherait tous les ports, excepté un seul; qu'on réparerait les brèches , et qu'on ferait la garde pour se préparer à un siège. En effet, Agis et Pausanias, les deux rois de Lacédémone , s'approchèrent d'Athènes avec toutes leurs troupes. Lysandre, bientôt après, entra dans le Pyrée, avec une flotte de cent cinquante voiles , et empêcha qu'aucun navire n'y entrât et n'en sortît. •

Athènes Les Athéniens , assiégés par terre et par o*»i«igée. mer9 sans vivres et sans vaisseaux, sans espérance de secours , et sans aucune ressource , rétablirent tous ceux qui avaient été flétris par quelque décret , sans parler néanmoins de capituler, quoique plusieurs mourussent

déjà de faim. Cependant les maux augmentaient , et la famine se faisait sentir de jour en jou* plus cruellement. Dans cette extré- capimieet mité , on se détermina à envoyer à Sparte se rend pour traiter d'accommodement. Les députés avaient plein pouvoir d'accorder tout ce qu'on leur demanderait , et d'accepter les conditions qu'on leur proposerait, quelles qu'elles fussent. Les Corinthiens et ceux de Thèbes étaient d'avis qu'on détruisît absolument la ville, sans plus parler de traité. Mais les Lacédémoniens , préférant la gloire et la sûreté de la Grèce à leur propre grandeur , répondirent , qu'il ne leur serait jamais reproché d'avoir détruit une ville qui avait rendu à toute la Grèce de si grands services. La paix fut conclue à ces conditions :

« Qu'on démolirait les fortifications du Py- » rée , avec la longue muraille qui joignait » le port à la ville ; que les Athéniens livre- » raient toutes leurs galères , à la réserve de » douze ; qu'ils abandonneraient toutes les » villes dont ils s'étaient emparés, et se con- » tenteraient de leurs terres et de leur pays ; » qu'ils rappelleraient les bannis , et qu'ils » feraient ligue offensive et défensive avec les » Lacédémoniens , et les suivraient partout » où ils les voudraien* mener. » Le traité fut ratifié à Athènes , et Lysandre entra dans la ville. C'était le jour même où les Athéniens avaient autrefois gagné la bataille navale de Salamine. Le général lacédémonien fit dé- Lysandre molir /es murailles au son des flûtes et des démoliî |es

murs d A.the*

trompettes , avec toutes les marques extérieu- nea. res d'une joie et d'une allégresseextraordiniU-

res , comme si toute la Grèce eût recouvré ce jour - là sa liberté. Ainsi fut terminée la guerre du Péloponnèse , après avoir duré l'espace de vingt-sept ans.

chan-e la Lysandre , sans donner aux Athéniens le orme du temps de se reconnaître , changea toute la ment. forme du gouvernement ? établit dans la ville trente archontes, ou plutôt trente tyrans, mit une bonne garnison dans la citadelle , et y laissa pour gouverneurle Spartiate Callibius. Ensuite il cingla vers Samos , qu'il pressa si vivement qu'il l'obligea de capituler. Après cette expédition, il songea à retourner à Sparte avec les galères des Lacédémoniens, celles du Pyrée, et les éperons des autres qu'il avait prises.

Avarice de II avait envoyé Gylippe, qui avait comman- 5yi»ppe. ^ l'armée en Sicile , pour porter à Sparte l'argent qui était le fruit de ses glorieuses campagnes. Cet argent , sans compter les couronnes d'or qui étaient sans nombre , montait à quinze cents talens. Gylippe, porteur d'une somme si considérable , ne put résister à la tentation de s'en approprier quelque partie. Il décousit les sacs par le fond , et après en avoir tiré trois cents talens, illes recousit fort proprement , et se crut bien en sûreté. Mais quand il fut arrivé à Sparte, les bordereaux qu'on avait mis dans chaque sac le décelèrent. Pour éviter le supplice , il se bannit lui-même de Sparte , emportant partout la honte d'avoir terni , par une si basse et si sordide avarice , la gloire de toutes se» belles actions.

Sur ce fâcheux exemple , les plus sages et

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les plus sensés des Spartiates, craignant cet- Décret do te force impérieuse de l'argent, représentèrent rMa^eqa'oii vivement aux éphores qu'il était de leur de-^j^^,^ voir de chasser de Sparte tout cet or ettoutgent, cet argent, et de le charger de malédictions et d'anathèmes , comme une peste fatale qui ravageait tous les Etats où il était introduit. Les éphores , sur-le-champ , firent un décret pour proscrire cet or et cet argent, et ordonnèrent qu'on continuerait à ne se servir que de la monnaie reçue, c'est-à-dire de la monnaie de fer. Il n'y avait que ce parti § prendre, dès qu'on ne voulait pas donner un cours libre aux espèces d'or et d'argent ; mais les politiques en trouvèrent un troisième , qui fut de garder cet argent pour s'en servir pour les seules affaires d'Etat , et que tout particulier qui s'en trouverait saisi , serait mis à mort sur l'heure.

Ce fut vers la fin de la guerre du Pélopon- An. m. 36oo. nèse que mourut , après un règne de dix- Av- ,TC- 4°^ neuf ans , Darius Nothus. Il donna la couronne à Arsace son aîné , malgré les sollicitations de Parysatis sa femme , qui le pressait de déclarer Cyrus son successeur. Il laissa à ce jeune prince le gouvernement des provinces qu'il avait déjà, sans y rien ajouter de nouveau.

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