FÊTES A CHO'-LO'N
Le \^' avril, après une grande revue des troupes, l'amiral Roze reçut la colonie française tout entière, et lui exposa ses idées, son intention de suivre fidèlement le programme de l'amiral de la Grandière. Le même jour, invité par les notabilités chinoises, il assistait, à Clio-LiVn, à la première représentation d'une troupe venue de ^laguiliquement costumée et parée en sou honneur. Après le
spectacle, l'amiral et les invités furent conduits à la pagode des Cantonnais, brillamment illuminée, où une somptueuse collation avait été servie à leur intention. Les notables chinois, en grand costume de gala, faisaient les honneurs du banquet.
Cette manifestation toute de déférence et pleine de cordialité, témoignait assez quel prix les Chinois attachaient à voir la France gouverner le pays. Quelques jours plus tard, le 47 avril, une nouvelle fête eut lieu à Chçr-Lan, c'était la grande procession annuelle dont l'éclat et l'opulence frappèrent vivement le public européen.
Si nous venons de mentionner ces fêtes, c'est moins comme un événement historique, que pour laisser voir combien excellente élail devenue la situation des commerçants et industriels chinois. D'observations, que d'autres ont faites comme nous, il résulte que le plus ou moins d'éclat de la grande fête du Dragon est l'indice certain du plus ou moins bon état commercial^ partant agricole, de tout le pays. Le Chinois étant l'intermédiaire presque indispensable entre l'indigène et l'Européen, la bonne marche de ses affaires autorise à conclure, d'une façon régulière, à la bonne marche de toutes les affaires du pays.
Le lendemain de la fête du Dragon, le 18 avril, l'amiral Roze entreprit une nouvelle et minutieuse visite des postes, qui contribua puissamment à ramener la confiance chez tous. Elle lui permit aussi de mieux apprécier les hommes et les choses, afin de pourvoir judicieusement aux besoins des uns et à l'utilisation des autres.
Poursuivant l'œuvre du gouverneur de la Grandière, l'amiralRoze, par une décision du 6 juin 1865, réorganisa l'administration municipale de Chçr-Lfrn. La ville fut divisée en quartiers qui, au moyen de délégués, constituèrent un conseil municipal sous la présidence de rinspecteur des affaires indigènes.