CRÉATION DE LA DIRECTION DE L'INTÉRIEUR
L'administration du pays avait été jusqu'à présent purement militaire. Tous les services se trouvaient entre les mains du gouverneur et commandant en chef, aidé par ses délégués, les commandants militaires et les inspecteurs. A Saigon, la direction supérieure des affaires civiles avait jusqu'à sa suppression, en 1862, été chargée des relations avec les résidents européens, de la police urbaine et de la direction du port de commerce. Ces fonctions furent ensuite rattachées à l'état-major général, et c'est en cette situation que nous les voyons à la fin de 1 864.
L'extension des afiaires avait fait sentir, depuis longtemps déjà, le besoin de décharger le gouverneur et son chef d'état-major de cette surveillance constante des services civils.- La période insurrectionnelle était passée aussi, il y aura bien, dans la suite, encore maint soulèvement partiel, mais la possibilité de le réprimer rapidement était enfin assurée..
L'amiral de la Grandière créa donc, par arrêté du 9 novembre 1864, une direction de rintcrieur comme il en existait aux Antilles et à la Réunion. Le directeur de l'intérieur eut, en outre, le ,com-
mandemeul direct des milices chargées de la police des villages et des cours d'eau, en d'autres termes, de la paix publique. Les inspecteurs des affaires indigènes, placés sous les ordres du directeur de l'intérieur, commandaient, chacun, la milice de leur circonscription.
Le recrutement des miliciens était fait selon l'ancien mode annamite. Chaque village fournissait un homme sur quatorze inscrits ; les miliciens étaient formés en compagnies de 50 hommes avec un doi (capitaine), un phô dOi (lieutenant), un tha lai (fourrier), deux cai (sergents) et deux bep (caporaux).
IjC service se faisait par bans, et les miliciens non de service restaient dans leurs villages.
Les impôts furent révisés également et, dès le 23 octobre 1 804, un arrêté fixait les nouveaux tarifs. Un arrêté du 20 janvier 1805 révisa aussi les patentes de Saigon-CliQ-Lô-n.
Dans les courant de ce môme mois de janvier 1805, quelques pillards annamites et huit Tagals déserteurs cherchèrent à troubler les régions de l'Est. Vigoureusement poursuivis, ils furent rejetés sur leBinh-Thuàn.
L'œuvre de la conquête, môme en dehors de la sanction définitive du traité, était maintenant fixée ; il importait donc de poursuivre intelligemment et activement l'oi^anisation du pays. M. de Chasseloup-Laubat, qui était pour une si large part dans la situation actuelle de la Gochinchine, voulut conférer avec l'amiral de la Grandière pour établir un programme sage et pratique ; il l'appela à Paris donnant en même temps l'ordre au contre-amiral Roze, qui venait d'être nommé commandant de la station des mers de Chine, de faire rintérim de gouverneur pendant l'absence de l'amiral de la Grandière.
L'amiral Roze vint à Saigon dans les premiers jours de mars 1 805 . Le 22 mars, les deux amiraux firent une tournée générate dans la colonie. Le 30 mars, l'amiral de la Grandière s'embarqua sur le paquebot des Messageries hnpériales le Donnai pour se rendre en France.