‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 61 sur 146 · TRAITÉ DU 15 MARS · texte numérisé non relu

TRAITÉ DU 15 MARS

Dès le retour des plénipotentiaires à Saigon, les conférences pour établir un nouveau traité reprirent leur cours régulier. La situation étant claire,on s'entendit très vite sur les conditions, et l'ouverture de l'Exposition agricole et industrielle à Saigon (i" mars i 874) n'amena pas le moindre retard. Le 15 mars, le traité de paix et d alliance fut signé par les ambassadeurs annamites et le gouverneur de la Cochinchine. Le premier ambassadeur Lê-Tuan, mourant en celte heure (il est décédé le 17 mars) voulut, malgré son état, signer le traité . Le contre-amiral Dupré, très fatigué par son séjour, ses travaux et surtout les derniers événements, partit pour France le lendemain de la signature (16 mars) laissant le service par intérim au contreamiral Krantz, commandant naval de la division des mers de Chine et (lu Japon, qui était arrivé à Saigon le 6 mars par le Sindh des Messageries Maritimes.

Comme clauses principales du traité, nous remarquerons : L'Indépendance du roi de l'Annam vis-à-vis de toute puissance, étrangère (art. 2) ; mais par l'article S, le roi s'engage à conformer sa politique extérieure à celle de la France et à ne rien changer à ses relations diplomatiques actuelles. L'article 4 fait don au roi d'Annam de 5 bâtiments k vapeur, 100 canons de sept à seize centimètres approvisionnés à deux cents coups par pièce, 1.000 fusils à tabatière avec cinq cent mille cartouches. L'article 6 fait remise du reste de l'indemnité de guerre. L'article 9 accorde à tous les sujets annamites la permission d'embrasser et de pratiquer la religion catholique. L'article 1 1 ouvré les ports de Qui-Nho-n et de Hai-Phong, la ville de Hà-Ngi et le Fleuve Rouge; une convention ultérieure devant fixer les conditions où se fera le commerce. L'article 15 autorise les Français ou étrangers à voyager, non à commercer, dans l'intérieur du pays munis d'un passeport français, mais avec le consentement elle visa des autorités annamites seulement. Par l'article 10, les Français et étrangers ressortissent au Résident de France.

La valeur effective de ce document sera discutée un peu plus loin en parlant du traité de commerce qui lui a fait suite.

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