‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 60 sur 146 · PRISE DE MAT-CAT · texte numérisé non relu

PRISE DE MAT-CAT

Pendant que tous ces événements se déroulaient au Tonkin, un nouveau centre de rébellion s'était formé en Cochinchine. Vers la fin de 1873, Tadmlnistrateur deTrà-ôn avait été prévenu qu'un rassemblement de quatre à cinq cents individus s'était formé aux alentours de la pagode de Gô-Binh, où se trouvaient trois anciens fortins annamites, et qu'ils, occupaient défensivemeut ces ouvrages. L'administrateur envoya trois hommes de confiance aux renseignements ; deux furent pris par les rebelles et cruellement mis à mort, le troisième parvint à se sauver vers le Nord, puis gagnant le canal du Rach Gia, il revint par Long-Xuyèn et le Fleuve, confirmant la présence des rebelles qui devaient se réunir à la pagode de Gô-Binh, dans la nuit du 18 au 19 janvier 1874, pour une cérémonie religieuse. C'est dans le voisinage immédiat de cette pagode que se trouvait le plus important des forts, celui-ci de Mî\t-Gât. On était au 18 janvier et l'occasion ne manquait pas d'être propice pour en finir d'un seul coup. L'administrateur, accompagné du secrétaire de l'inspection et de quelques fonctionnaires indigènes, ayant à leur disposition cinrj chassepots, partit immédiatement de Can-Tho* avec 80 miliciens et 40 porteurs annamites. La colonne se rendit à Nho-n-Ai-Tîly par le Rach Gan-Tho- et de là se mit en marche à travers les marais, suivant un chemin (|ue les rebelles eux-mêmes avaient tracé. Dans la soirée, vers 4 heures, on découvrit le fort de Gai-Bui complètement évacué*. II fut occupé sur le champ ; mais, à peine entrée, la colonne eut à se défendre d'une furieuse attaque des rebelles. I^ar trois fois le feu bien nourri et à bonne portée de la colonne les repoussa. Après la troisième charge, la milice voyant les assaillants se disperser s'élança à leur poursuite. Ils laissèrent sur le terrain 27 morts et un blessé.

Lu colonne s'installa pour passer la nuit sur les lieux, mais les les moustiques et la fraîcheur excessive firent lever le camp et reprendre la marche vers Gô-Binh, où l'on arriva un peu avant le

« Le (lrîîa\eu officiel intligê à M. Garuier et les événements qui ont suivi s:i nioi'f. Fie sont liu reste (|ue la consé([iiem'e (ie notre politi^iue traditionnelle «lans rKxtnMne-OriiMil, politique fatale qui consiste à faire naître et à encouraj^er des espérances pour les étouller ensuite et détruire de nos propn's mains le prestige et riniluence (|ue le nom de la France avait encore conserves dans ces contrées. »

(1) Nous avons suivi le rapport de radcninislrateur lui-même, qui doit

sûrement se tromper de date, car il n'est [»as a<lmissil)le que dans la m^-

me journée il ait appris la nouvelle, réuni les miliciens, les porteurs, les

bateaux et les vivres et se soit trouvé, dès ilieures du soir, à une vingtaine

Uouiétres de Cïiu-Th(r.

jour. Vers mîdi, la colonne se trouva fen face du fort de MAit-Cût que les rebelles faisaient mine de vouloir défendre. Ils ne résistèrent pas à l'attaque, se sauvant dans toutes les directions, laissant encore quelques morts et, cette fois, 38 prisonniers. La colonne revint le lendemain à Cai-Bui, puis à Nho-n-Ai-TAy.

Cette affaire, prise au début, n'eut pas d'autre suite. Elle fit voir cependant que l'esprit de rébellion, la propension à la piraterie, n'avaient pas encore disparu. C'était un feu couvant sous la cendre qu'on ne pouvait laisser sans surveillance.

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