CONTRE-AMIRAL LAFONT
Sitiuxtiou vis-à-vis (le la cour d*A7inam. — Affaires intérieures. SITUATION VIS-A'VIS DE LA COUR D'ANNAN
Nos relations avec la cour de Hue, d'apparence correcte, n'étaient, au fond, qu'une interminable suite de rapports irritants. Les instructions du ministre à l'amiral Duperré, qui paralysaient toute action soit en avant soit rétrograde, n'avaient fait qu'aggraver notre situation dans les ports ouverts. On finit tout de même par se rendre compte à Paris, et plus particulièrement aux Affaires étrangères, qu'un traité n'était pour les mandarins que chose de peu d'importance, que l'on perdait son temps à vouloir négocier avec ces gens là et qu'il fallait néanmoins changer la situation par rapport aux puissances. On finit par comprendre qu'il est des situations qu'un acte diplomatique peut bien consacrer, mais qu'il n'a pas et n'a jamais eu le pouvoir de créer. On finit par voir qu'il n'existait |)Ius d'autre issue que le protectorat, et d'autant que la cour de Ilue demandait l'appui du Tsong-Li-Yamen contre le chef de bande Ly-Yung-Choi au Tonkin (1878), qu'elle ne cessait d'invoquer la suzeraineté plutôt caduque de la Chinée
(1) Notre diplomatie aflirmail que cette suzeraineté u'existait plus parce que la Chine n'était intervenue» ni dans le traité de 180-2, ni dans celui de IS74. C'est peut-être excessif, un droit ne disparaît point simplement parce quMl ne convient pas au détenteur d'en faire usage. Assurément, le temps, qui amène la prescriptiou, peut-U consacrer la perte d'un droit. Mais cora-
Il faut dire aussi qu'au point de vue de nos relations internationales, les circonstances étaient maintenant plus favorablti^s qu'àfépo- (|ue où ramiral Duperré vint en Cochinchine. Le gouvernenïent métropolitain admit à nouveau notr^ intervention éventuelle au Tonkîn. La présence des consuls français et le maintien de leurs escortes devaient être un premier pas vers le protectorat. L'amiral Lafont reçut des instructions en conséquence et les suivit.