‹ Abrégé de l'histoire d'AnnamChapitre 69 sur 146 · AFFAIRES INTÉRIEURES · texte numérisé non relu

AFFAIRES INTÉRIEURES

Depuis plusieurs années déjà, la tranquillité était assurée à la Cocliinchine, qui n'a plus été troublée depuis que par l'échauffourée de février 1885 dont nous parlerons en son temps. L'administration suivant son cours réjîulierel d'extraordinaires événements n'ayant pas eu l'occasion de se produire, il ne reste qu'à mentionner les quelques actes importants de cette administration.

A la date du 6 avril 1878, l'amiral Lafont fit paraître un arrêté ordonnant, à partir du 1*=^ janvier 1882, l'emploi exclusif du français et du quoc ngir pour tous les actes officiels qui seront tous m écrits, signés et publiés en caractères latins ». L'arrêté n'entra en vigueur que le 30 janvier 1882 par un arrêté prisa cette date. C'était un nouvel et important coup porté aux caractères chinois. L'acte en lui-même n'avait pourtant rien d'impraticable ou d'illogique, mais l'esprit qui le dictait était mauvais. On réussit à proscrire le caractère et — nous l'avons dit — on proscrivit la morale avec. Aujourd'hui, à vingt-trois ans de distance, nous en ressentons les tristes effets.

Un autre arrêté non moins important fut pris le 9 septembre 1878, cest celui établissant la perception d'un droit, à partir du 1" janvier 1879, sur les riz et paddys exportés de la colonie (sauf pour le Cambodge et par la voie fluviale). Ce droit avait été fixé à Ufr.Srr) par picul (60 kgr 400) de riz ; il n'était que des trois quarts pour le paddy.

Le 17 février 1879, eut lieu à Saigon l'inauguration de la statue en bronze (œuvre du sculpteur Lequier) de l'amiral Rigault de Genouilly. On avait choisi pour cette solennité le vingtième anniversaire (le la prise de Saigon.

Autour de celle époque fut tentée aussi la première industrie agricole française en grand dans la Colonie. En 1877, s'était fondée la Société de la Nouvelle-Espérance qui se proposait de cultiver la

me il n'existe aucun code, aucune convention internationale au sujet d'une prescription ([ueiconque entre puissances, il est assez difliciie d'in- \o(fuer celle-ci. Du reste, cette môme diplomatie nVt-elle pas tenté d'exhiber le traité de Versailles de 1787, n'a-t-elie pas prétendu, soixante-dix ans plus tard, produire des droits qui n'avaient jamais été acquis? !

canne à sucre dains la Plaine des Tombeaux et de se livrer à l'industrie sucrière. A cet effet, 44 hectares avaient été rais en culture dans l'espace de deux ans, 75 autres hectares étaient préparés pour recevoir des plants, une usine^ montée à grands frais, fut mise en mouvement vers le mois d'avril 1879. Ce premier essai ne fut pas heureux, la société dut liquider vers 1884 ; elle n'avait pas compté avec les nombreux ennemis de la canne en Cochînchine, elle n'avait pas compté avec son rendement quantitatif, elle n'avait pas compté avec les engrais indispensables ; elle avait, d'autre part, trop compté sur le concours des cultivateurs aunamites qui, à la façon des paysans de France, ne consentent à cultiver un produit que lorsqu'il rapporte.

Cependant le conlre-amiral Lafont, tout comme son prédécesseur, se sentait entravé dans ses bonnes intentions. Le mouvement, depuis longtemps esquissé parmi la population civile pour se débarrasser des amiraux gouverneurs, avait pris corps et consistance. Tout comme son prédécesseur, l'amiral Lafoftt ne crut pas devoir rester â Saigon en face de cette marée montante de mauvais vouloir, il envoya sa démission qui fut acceptée. Le gouvernement métropolitain le remplaça par un civil (décret du 13 mai 1879), M. Le Myre de Vilers, enseigne de vaisseau démissionnaire^ ancien préfet de l'Empire rallié à la République et, depuis, directeur des affaires civiles et financières de l'Algérie.

Le nouveau gouverneur arriva dans la colonie, le 3 juillet 1879, par VAmazone et prit son service le 7. L'amiral Lafont quitta Saigon par VAva lei3.

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