‹ Abrégé de l'histoire des SuissesChapitre 32 sur 49 · LOUIS XI ET CHARLES-LE- HARDI · texte numérisé non relu

LOUIS XI ET CHARLES-LE- HARDI

lippe-lc-Bon. Aussi ambitieux que Louis, plus capable de générosité, il attendait tout de la force comme celui-ci de la ruse et de la patience. Fier, ardent, impétueux, il ne tenait rien pour impossible, s'irritait de toute résistance et formait plus d'entreprises qu'il n'était capable d'en achever. Il régnait sur la Bourgogne et la Franche- Comté , sur les Pays-Bas, et maintenant , par engagère, sur les possessions autrichiennes d'Alsace et de Souabe. Il espérait que le roi titulaire de Naples, René d'Anjou, lui léguerait la Provence. Il convoitait la Lorraine qui ne pouvait pas lui résister. Si tous ses projets s'étaient réalisés, ses étals se seraient étendus de l'embouchure du Rhône à celle du Rhin et auraient isolé la France du reste de l'Europe. Aucun prince n'avait des provinces plus florissantes , une cour plus magnifique, une armée plus belle et plus nombreuse. II aspirait au litre de roi, dont son père s'était contenté d'avoir la puissance et le relief.

Ces deux princes se haïssaient mutuellement; Louis, en particulier, redoutait les entreprises du duc qui avait des partisans dans sa cour et jusque dans sa famille. N'osant pas l'attaquer ouvertement, il chercha à lui susciter des ennemis; il jeta les yeux à cet effet sur les Suisses , et leur offrit la seule chose dont ils manquaient , savoir de l'argent. Ce prince économe le répandait à pleines mains quand il espérait par ce moyen parvenir à son but.

Les confédérés ne résistèrent pas aux flatteries et aux largesses du roi de France comme ils avaient résisté à ses bataillons; mais c'est surtout à Berne que ses manœuvres obtinrent le plus de succès. Nicolas de Diesbach, à qui sa richesse, son éloquence et ses manières populaires donnaient une grande in* fluence, était le chef du parti français. L'inscription gravée sur son tombeau porte que « c'est à ce noble chevalier que les • Suisses sont redevables de l'alliance et des riches pensions de » la France.» — • Louange digne de ses œuvres!» s'écrie avec indignation un historien bernois.

Cependant Charles avait aussi ses partisans; les Suisses avaient toujours vécu en bonne intelligence avec les ducs de

Page 1