‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 37 sur 104 · Que se pas3a-t-il do I 073 il 1G82 dans la colonie · texte numérisé non relu

Que se pas3a-t-il do I 073 il 1G82 dans la colonie

<ïui finil ])ar aller perdre la vie h la Martinique, fut enfermé au château Saint-Louis, où il resta plus d'un an prisonnier. Un esprit jaloux, rancuneux, intolérant s'était emparé de tout le monde. La discorde éteinte un instant, se rallumait avec pliis de violence à la moindre divergence d'opinions, tantôt c'était au sujet du commerce avec les Sauvages ou du droit de préséance au conseil, tantôt c'était au sujet de la traite de l'eau-de-vie ou des différends élevés entre l'autorité ecclésiastique et l'autorité civile. Les choses en vinrent à ce point qu'il fallut rappeler le gouverneur et l'intendant, en 1682.

Lorsque M. de Frontenac partit pour la France, la colonie venait de faire de grandes pertes par l'incendie du 5 août 1682, qui avait réduit la plus grande partie de Québec en cendres. Tout annonçait à cette époque la guerre avec les Iroquois, que les Anglais, qui venaient de conquérir la Nouvelle- York, se mirent à exciter contre le Canada. Les courses des Français dans l'intérieur du continent portaient ombrage à l'Angleterre, sans l'armer encore elle-même pour les arrêter.

42. Cavalier de la Salle descendait dans cette même année 1682, le Mississipi jusqu'à la mer. Doué d'un esprit ejitreprenant et avénturéux> il était venu en Canada avec le projet de chercher un passage au Japon et à la Chine par le nord ou par l'ouest. Il lia son projet au commerce de pelleteries, et fut encouragé par le ministre, M. de Seignelay, fils et successeur de Colbert. Il obtint le fort Frontenac, fonda Niagara, lança des navires sur les lacs Ontario, Erié et Huron^ bâtit un nouveau fort sur la rivière des Miàrais,un autre à quatre journées au-dessous du lac Péoria, qu'il nomma le fort de Crèvecœur, et descendit, comme on vient de le dire, le Mississipi jusqu'au golfe du Mexique. Ainsi fut complétée la découverte du grand fleuve, qui fut reconnu par les Français depuis le Saut Saint-Antoine jusqu'à la mer, dans un espace de six cents lieues. La Salle donna le nom de Lx3uisiane aux contrées que baignent les eaux de ce fleuve.

•42. Quels furent les projeta C'e la Salle, et qu'a-t-il exécuté ?

-m^ CHAPITRE IV.

Le massacre de Lachine. — 1682-16S9.

43. M. de la Barre remplaça M. de Frontenac à la tête du gouvernement, en 1682.

4.4. C'était un marin habile, mais un administrateur médiocre, manquant à la fois de cette souplesse qui élude les obstacles et de cette grandeur qui en impose. Il trouva la guerre déclarée entre les Iroquois, les Illinois, les Miàmis et les Hurons. Il dut soutenir ces derniers, qui étaient les alliés naturels des Français; c'était déclarer la guerre aux Cinq- Cantons. La situation lui en imposa. Il convoqua une assemblée des notables, et écrivit à Paris pour demander du secours et se plaindre du gouverneur de la Nouvelle-York, le colonel Dongan, qui travaillait alors de toutes ses forces à armer les Iroquois contre nous. Ces Sauvages qui avaient d'abord cherché à temporiser et à endormir M. de la Barre, levèrent enfin tout-à-fait le masque.

45. M. de la Barre marcha contre eux; mais il perdit dix à douze jours à Montréal pour attendre le résultat d'une proposition d'accommodement qu'il avait fait faire à Dongan, et ensuite deux semaines à Cataracoui au pied du lac Ontario. C'est après tous ces délais qu'il s'ébranla pour traverser le lac. Ul n'y avait qu'un cri dans la colonie contre le gouverneur. Les moins violents disaient que son grand âge le rendait crédule lorsqu'il fallait se défier et timide lorsqu'il fallait entreprendre.

Les vivres de l'expédition se gâtèrent pendant -ees délais et manquèrent bientôt, ce qui fit donner le nom de la Fomine à l'anse où l'on entra de l'autre côté du lac, au-dessous de la rivière Oswé^o. Les Iroquois eflrajés avaient envoyé des ambassadeurs pour demander à traiter; mais à l'aspect des Fran-

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