‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 38 sur 104 · Qu'était M. de la liarro · texte numérisé non relu

Qu'était M. de la liarro

45. Qu'ost-co quo fit M. do la Barre et quoi fut le succôs de sa campagne contre loà Iro([uoi3 J

fais, ils virent que les rôles élaiont changés, et ils imposèrent la paix plutôt qu'il ne la reçurent par le traite, qui lut signé à la seule condition que les traitants français seraient indemnisés des pillages commis à leur préjudice.

^Ce traité ne dura guère, car tout le monde était d'opinion que lintérét du pays commandait que l'on défendit, à quelque prix que ce fut, les Illinois abandonnés à toute la fureur de leurs ennemis. Les Iroquois eux-mêmes étaient si convaincus que la paix ne pouvait durer qu'ils restèrent sous les armes. l

46. Le roi, en apprenant ce qui avait eu lieu, remplaça M. de la Barre par le marquis de Denonville, qui arriva en Canada en 1G8*2, avec l'ordre de soutenir les Illinois et d'abattre l'orgueil des Gantons à quelque prix que ce fut.

kl. Après des négociations inutiles, M. de Denonville se mit en campagne avec 2000 hommes, dont 400 Sauvages. Il débarqua avec ses troupes sur les bords du lac Ontario, au centre même des Tsonnonthouans, où il fut rejoint par 600 hommes amenés du Détroit par la Durantaye, Tonti et Du Luth. Les ennemis ne purent résister à ces forces ; ils furent partout mis en déroute, et leur pays fut impitoyablement ravagé. Ce désastre réduisit les Tsonnonthouans de moitié, et humilia profondément la confédération iroquoise.

{Après cette victoire, le gouverneur au lieu de marcher aux autres tribus comme il devait le faire, renvoya une partie de ses forces en arrière et alla élever un fort à Niagara avec le reste, laissant ainsi le champ "libre aux ennemis, dont les sanglantes représailles répandirent un juste effroi dans toute la province. La rage dans le cœur, ces Barbares portèrent le fer et le feu dans tout le Canada occidental et jusque dans l'île de Montréal. Les Anglais continuaient à les exciter avec art, tout en paraissant vouloir se por-

• 46. Qiae fit le roi en apprenant la nouvelle du traité conclu par M. de la Barre avec les Iroquois 7

47. Hacontez-nous l'histoii-e de l'expédition du marquis de DcnonvîTle contre les Iroquois 1

ter médiateurs entre les deux partis. Be nouvelles négociations pour la paix ne furent qu'entamées, les Hurons qui voulaient la guerre, réussirent à les faire éc'îouer.

48. Un Machiavel né dans les forêts, nommé Kondiaronk par les Indiens, et le Rat par les Français, le Sauvage le plus intrépide, le plus ferme, et du plus grand génie qu'on ait jamais trouvé dans l'Amérique Septentrionale, arriva dit Raynal, au fort de Frontenac avec une troupe choisie de Hurons, résolu de faire des actions éclatantes et dignes de la réputation qu'il avait acquise. Le gouverneur ne l'avait gagné qu'avec peine ; car il avait été d'abord contre nous. On lui dit qu'un traité était entamé et fort avancé, que les députés des Iroquois étaient en chemin pour le conclure à Montréal, et qu'ainsi il désobhgerait le gouverneur français s'il continuait les hostilités.

Le Rat étonné, se posséda néanmoins, et quoiqu'il crût qu'on sacrifiait sa nation et les alliés, il ne lui échappa point une seul reproche. Mais il était vivement offensé de ce que les Français faisaient la paix sans consulter leurs alliés, et il se promit de punir cet orgueil outrageant. Il dressa une embuscade aux députés des diverses nations indiennes disposées à traiter ; les uns furent tués, les autres faits prisonniers. Il se vanta après ce coup d'avoir tué la paix. Quand ses captifs lui dirent le sujet de leur voyage, il fit semblant de montrer le plus grand étonnemenl, et leur assura que c'était Denonville qui l'avait envoyé à l'Anse de la Famine pour les surprendre. Poussant la feinte jusqu'au bout, il les relâcha tous sur le champ, excepté un seul qu'il garda pour remplacer un de ses hurons tués dans l'attaque. 11 se rendit ensuite avec la i)lus grande diligence à Michilimakinac, où il fit présent de son prisonnier au commandant, M. de la Durantaye, qui ne sachant pas qu'on traitait avec les Iroquois, fit passer ce malheureux Sauvage par les armes. L'Iroquois protesta en vain qu'il était ambassadeur, le Rat lit croire à tout le

8. Comment le liât s'y prit-il pour parvenir à faire manquer les négociationB pour la paix avec les Hurons, ?

monde que la crainte de la mort lui avait dérangé Tesj)ril. Dès que le Sauvage eût élé exécuté, le Rat fit venir un vieux Iroquois, depuis longtemps captif dans sa tribu, et lui donna la liberté pour aller apprendre à ses compatriotes que, tandis que les Français amusaient leurs ennemis par des négociations, ils continuaient à faire des prisonniers qu'ils massacraient. Cet artifice d'une politique vraiment diabolique, réussit au gré de son auteur ; car quoiqu'on parût avoir détrompé les Iroquois sur cette prétendue perfidie du gouverneur, ils ne furent pas fâchés d'avoir un prétexte pour recommencer la guerre. Les plus sages cependant qui voulaient la tranquillité, avaient gagné à faire envoyer de nouveaux ambassadeur! en Canada, mais comme ils allaient partir, un exprès du chevalier Andros, qui avaient remplacé |le colonel Dongan comme gouverneur de la Nouvelle-York, arriva et défendit aux Iroquois de traiter avec les Français sans la participation de son maître. Il leur dit que le roi de la Grande-Bretagne les prenait sous sa protection.

Ce gouverneur, qui avait embrassé la politique de son prédécesseur en tout ce qui avait rapport aux Cinq-Nations, écrivit en même temps au marquis de Denonville qu'elles dépendaient de la couronne d'Angleterre, et qu'il ne leur permettrait de traiter qu'aux conditions proposées par Dongan lui-même. Toutes les espérances de paix s'évanouirent alors. La guerre recommença avec acharnement, et dura d'autant plus longtemps que l'Angleterre, après sa rupture avec Ic^ France, arrivée à peu près vers ce temps-ci, à l'occasion du détrônement de Jacques II, se trouva ouvertement l'alliée des Cantons.

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