Qu'est-co qu« M. de Callières proposa au roi
son projet à la cour, qui résolut de rappeler M. de Denonviile ; mais le malheur devait s'attacher à celuici jusqu'au dernier moment de son administration.
50. L'on jouissait depuis quelques mois d'assez de tranquillité dans la province, lorsque dans la nuit du 5 août, 1400 Iroquois traversent le lac Saint-Louis au raiheu d'un orage qui favorise leur projet, et débarquent en silence sur la partie supérieure de l'île de Montréal. Ils se placent par bandes à toutes les maisons sur un espace de plusieurs lieues. Tous les habitants étaient plongés dans le sommeil, sommeil éternel pour un grand nombre. Au signal donné, un effroyable cri de mort s'élève dans les airs ; les maisons sont enfoncées et le massacre commence partout à la fois. On égorge les hommes, les femmes et les enfants ; on met le feu aux maisons de ceux qui résistent, et Ton s'épuise pendant de longues journées à inventer des supplices atroces pour arracher la vie aux prisonniers. Deux cents personnes de tout âge et de tout sexe périssent dans les flammes. Un grand nombre d'autres sont emmenées dans les Cantons pour y mourir du môm.e supplice. L'île entière est inondée de sang et ravagée jusqu'aux portes de Montréal. De là les Barbares se portent sur la rive opposée, et la paroisse de la Chênaie esf massacrée ou incendiée tout entière.
Rien ne se présenta d'abord pour arrêter ce torrent dévastateur, qui resta maître de son cours pendant plusieurs semaines.
51. Denonviile perdit la tête au premier bruit de l'irruption. Il se présenta plusieurs partis d'hommes pour marcher aux Iroquois. Il les fit revenir ou les empocha de remuer. Plusieurs fois on aurait pu surprendre ces Barbares dis|)ersés dans la campagne et ivres d'eau-de-vie et de sang, il s'y opposa toujours.
52. Les Iroquois restèrent ainsi maîtres du pays pendant plus de doux mois, cédant là où ils renco'n-