‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 54 sur 104 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Colonisation du Cap-Breton. — 1713-1744.

33. Pour remplacer l'Acadie, le gouvernement français résolut de fortifier le Cap-Breton, situé dans le golfe Saint-Laurent entre l'Acadie et Terreneuve. Il y commença de vastes fortifications, afin de protéger efficacement l'entrée du fleuve Saint-Laurent ; mais il négligea d'envoyer des colons en Canada. C'était renouveler Terreur du siècle précédent, et inviter l'Angleterre à réunir de nouveau ses forces pour enlever, à la première occasion, le reste des possessions françaises de l'Amérique du Nord.

/34-. vL'ile du Cap-Breton, de figure à peu près triangulaire, n'a pas tout à fa.t 50 lieues dans sa plus grande longueur. Elle est entrecoupée de lacs et de rivières, et son climai ressemble à celui de Québec pour la longueur des saisons, mais le froid y est moins vif en hiver à cause du voisinage de l'Océan. Les brumes et les brouillards voilent souvent le ciel de l'île sans en altérer la salubrité. La côte abonde en poisson et l'intérieur du pays en mines de charbon de terre et de plâtre.

Le nom de Cap-Breton fut changé pour celui d'ile- Royale, et le nom de Louisbourg fut donné aux fortifications qu'on venait d'y élever^

»33. Qu'est-ce que fit le gouvernement pour remplacer l'Acadie que l'ou venait de perdre par le traité d'Utrecht? 34 Faites-nous la deseiiption du Cap- Breton 7

35. Il restait à peupler Tîle. La France comptait sur ses anciens sujets de TAcadie et de Terreneuve ; mais ils ne purent se résoudre à abandonner leurs foyers pour aller commencer une nouvelle fortune ailleurs. Il n'en passa que quelques-uns à l'Ik- Royale, dont la population, presque toute réunie à Louisbourg, s'éleva graduellement à 4000 âmes. C'était une population de pêcheurs, qui recevait sa subsistance de la France et des Antilles. Malgré son apparente prospérité^ la plus grande partie languissait dans la misère.

36. Le gouvernement de l'Ile-Royale fut modelé sur celui du Canada; et le commandant, comme celui de la Louisiane, fut subordonné au gouverneur général de la Nouvelle-France.

'35. Quels furent les progrès de la nouvelle colonie 1 • 36. Quelle forme de gouvernement lui donna-t-on 1

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LÎYHS SEPTIEME

CIIAPITHE I.

Système de Law.— 1712-1726.

1. Les premiers colons de la Louisiane furent comme nous l'avons déjà dit, des Canadiens. Ce petit peuple qui habitait l'extrémité septentrionale du Nouveau-Monde, sans avoir eu presque le temps de s'asseoir sur la terre qu'il venait de défricher, courait déjà à l'aventure vers des contrées nouvelles ; ses enfants jalonnaient les rives du Saint-Laurent et du Mississipi,dans un espace de près de douze cents lieues. Une partie disputait les bords glacés de la baie d'Hudson aux traitants anglais, tandis qu'une autre guerroyait avec les Espagnols sous le ciel brûlant des tropiques. La puissance française en Amérique semblait reposer sur eux.

\^. Le roi concéda, en 1712, à M. de Crozat, habile négociant français, le privilège exclusif du commerce et l'exploitation des mines de la Louisiane pour seize ans. Il nomma en même temps M. de la Motte-Cadillac gouverneur de cette contrée, M. Duclos, commissaire ordonnateur, et un conseil supérieur pour trois ans. La Coutume de Paris fut seule reconnue dans le pays.^

3. M. de la Motte-Cadillac qui remplaçait M. de Muys, mort en se rendant en Amérique, prit les rênes de son gouvernement en 1713. Il chercha à retirer les habitants de la misère dans laquelle ils languissaient, en donnant quelque inipulsion au commerce. 11 envoya un navire chargé de marchandises à Vera- Cruz et commença la traite avec les autres nations

• 1. Quels furent les premiers colons de la Louisiane 1 2. De quelle manière s'y prit-on pour coloniser la Louisiane, et quel fut son premier gouvernement 1

3 Qu'est-ce que fit M. de la Motte-Cadillac 7

du Mississipi. Mais le monopole de Crozat étouffait tout.)

" k4. Trompé dans son espoir d'ouvrir par terre et par mer des communications avec le Mexique pour y verser ses marchandises et en tirer des métaux précieux, Crozat remit, en 1717, son privilège au roi, qui le concéda à la compagnie d'Occident formée par JeanLavv,aventurier d'Ecosse, association commerciale dont le succès étonna d'abord toutes les nations^

t5. Les Français occupaient alors Biloxi, l'île Dauphine, la Mobiîe, Natchitoches, et M. de Bienville fondait, en 1717, la Nouvelle-Orléans. Le printemps suivant, 800 colons quittaient la Rochelle pour la Louisiane. Cette émigration se dispersa sur différents points du pajs.j

(è. Elle y était à peine fixée lorsqu'échoua le système de Law en ébranlant la jeune colonie jusque dans ses fondements. Il lui fallut plusieurs années pour se remettre de cette grande secousse, dont elle se ressentait encore lorsque la guerre éclata entre deux nations qui semblaient devoir être des alliés inséparables depuis le traité des Pyrénées, la France et l'Espagne. ^

rt. Dans cette guerre, la ville de Pensacola fut prise par deux fois sur les Espagnols qui éprouvèrent encore d'autres échecs de la part des troupes commandées par les chefs canadiens Sérigny, Bienville, Saint- Denis, Vilinville et Chateauguay. Les hostililés ne pouvaient durer longtemps. Excitées par un ministre ambitieux,sans motifs raisonnables,elles n'apportèrent que des désastres à l'Espagne, qui fut obligée de faire la paix en 1720. Pensacola fut rendu à ses premiers maîtres. Cette paix fut suivie de près par celle avec les Chicachas et les Natchés, qui avaient commis des hostilités dans la Louisiane. ^^

4. Pourquoi M. de Crozat remit-il son privilège au roi, et qu'ost-oe qu'en fit le monarque 7

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