‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 78 sur 104 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Seconde bataille d'Abraham et dernière victoire des Français. Cession du Canada à l'Angleterre et de la Louisiane à l'Espagne. — 1760-

• 13. Après les défaites que l'Angleterre essuyait depuis cinq ans en Canada, la nouvelle de la prise de Québec j celte ville sL renommée du Nouveau-Monde, la remplit de joie. (Londres et les principales villes du royaume présentèrent des adresses de félicitation au monarque. Le parlement ordonna que les restes du général à qui TAngleterre devait une si brillante conquête, fussent déposés dans le temple de Westminster, au milieu des grands hommes de la patrie, et qu'un monument y fut élevé à sa mémoire. Il vota des remercîments aux généraux et aux amiraux qui avaient fait partie de l'expédition, et le roi ordonna que des actions de grâces.{ussent rendues au Dieu des armées dans tout l'empire,]

'14. Le général Lévis/'ne perdant pas encore entièrement espérance, avait résolu de reprendre Québec le printemps suivant, avant l'arrivée des secours que le général Murray attendait de l'Angleterre. Mais cette énergique résolution trouva peu d'écho à Versailles, où les courtisans regardaient la possession du Canada plutôt comme une charge que comme un avantage.

/i5.. Les Anglais organisèrent, comme l'année précédente, trois armées pour achever d'abattre une puissance qu'ils combattaient depuis qu'ils avaient planté leur drapeau dans ce continérit.^

16. Le général Lévis put, après bien des efforts, réunir 3600 soldats, 3000 Canadiens et 270 Sauvages pour marcher sur Québec. Il parut dans les plaines

*13. Quelle sensation la capitulation de Qnébec fit-aile en Angleterre 7

» 14 Quelle fut la résolution do M. de Lévis ?

15 Quels furent les préparatifs des Anglais pour la campagne d« Ifl *") 1760 ?

' 16. Qa'eet-ee qa'i gagna la seconde bataille d'Abraham 7

d'Abraliam, le 20 d'avril 1760, avec environ 6000 hommes.

Le général Mnrray sortit de la ville avec un pareil nombre de soldats et 22 pièces de canon. Il rangea son armée en bataille en avant des buttes <à Neveu, sa droite au coteau Sainte-Geneviève et sa gaucho à la falaise qui borde le Saint-Laurent. Comme toutes les troupes françaises n'étaient pas encore arrivées, il voulut s'emparer du moulin de Dumont, qui couvrait le chemin de Sainte-Foy par lequel elles entraient sur les plaines d'Abraham, et il le fit attaquer par des for,ces supérieures.

'Le général Lévis, prévenant son dessein, fit retirer à l'entrée du bois, en arrière, les trois brigades de sa droite, qui étaient déjà rangées en bataille, et fit abandonner le moulin de Dumont par les grenadiers. Mais l'arrivée du reste de ses troupes lui permit bientôt de reprendre l'ofrensive. Les grenadiers remarchèrent en avant, reprirent le moulin après une lutte opiniâtre et s'y maintinrent. Ces braves soldats, commandés par le capitaine d'Aiguebelles, périrent presque tous dans cette journée.

L'attaque qui avait mis les Anglais un moment en possession des positions occupées par la première

Ï>artie des troupes françaises, au commencement de a bataille, ayant été repoussée, celles-ci purent regagner partout le terrain perdu ; ce qui permit au général Lévis d'attaquer à son tour.

Les Anglais avaient affaibli leur gauche pour porter de plus grandes forces sur leur droite; le général Lévis en profita. Il alla ordonner à ses troupes d'aborder la gauche des Anglais à la bayonnette, et de tâcher de la rejeter du chemin de Saint-Louis sur celui de Sainte-Foy, afin de culbuter, en la prenant en flanc, toute l'armée anglaise en bas du coteau de Sainte-Geneviève et de lui couper la retraite sur la ville. Le colonel Poularier marcha en avant è la tête de la brigade Royal-Roussillon, aborda les Anglais et, les traversant de part en part, les mit complètement en fuite. Dans le même temps les troupes légères de l'ennemi étaient aussi mises en déroute, et les

fuyards se Jetant en avant et en arrière du centre de leur armée, interrompaient son feu. Lévis profita de ce désordre pour faire charger sa gauche, qui enfonça à son tour la droite de Fennemi, la poussa de front devant elle, et la mit dans une déroute complète.

Alors Ton se mit partout à la poursuite; mais le peu de distance qu'il y avait à aller à la ville, et la fuite précipitée des Anglais ne permirent point de les rejeter sur la rivière Saint-Charles.

Après Taction, qui avait duré trois heures, les vainqueurs occupèrent les buttes à Neveu, et établirent leur camp dans les plaines, où ils venaient de venger si glorieusement leur défaite de Tannée précédente.

Les pertes s'élevèrent des deux côtés à plus de 2500 hommes. Les Français seuls eurent 104 officiers de tués et de blessés.

17. Dès le lendemain, les travaux du siège furent commencés, en attendant les secours que l'on avait fait demander à la France. Mais on put bientôt se convaincre que ces secours, s'ils avaient été envoyés, ne parviendraient pas à leur destination, car la flotte anglaise commença à paraître dès le 15 de mai. Le général Lévis se vit alors contraint de lever le siège pour ne pas être coupé dans sa ligne de retraite ; et peu de temps après, il fut encore obligé, faute de vivres, de disperser ses troupes dans les campagnes pour leur subsistance. Telle était la situatiim du Canada du côté de la mer^ à la fin de juin.

18. Du côté opposé, l'armée du général Amherst et celle du brigadier Haviland allaient plus lentement. Le première, venue d'Oswégo,ne parut à la Chine que le 6 septembre; elle investit une partie de Montréal le soir même au nombre de 11,000 soldats. Le 8, les forces du général Murray montées de Québec, et celles d'Haviland venues du lac Champlain, le joignirent et achevèrent de cerner la ville; ces troupes réunies

17. Qaand lea travaux du siège de Québec par les Français furent-ili commencés, et quand le siège fut-il lové 7

18. Où. en étaient alors les opérations militaires du cOté de MontréaI| et à. quel chi£fro s' élevaient los deux armées belligérantes lors de la oapi' tulation du 8 septombro 1

formaient 17,000 hoinnios, munis d'une arlilleri(5 considérable. Il n'y avait plus sous les drapeaux des Franrais que 3,000 liommes environ, outre les 500 soldais placés dans l'île de Sainte-Hélène, vis-à-vis de Montréal , et il leur restait à peine des vivres pour quinze jours. Ils durent poser les armes. La capitulation lut signée le 8 septembre.

•19. Par cet acte célèbre, le Canada passa définitivement au [)Ouvoir de l'An^^Ieterre. Le libre exercice de la religion catliolique fut garanti aux habitants. Les séminaires et les communautés religieuses de femmes furent maintenus dans la possession de leurs biens, constitutions et privilèges; mais le même avantage fut refusé aux Jésuites, aux Franciscains et aux Sulpiciens jusqu'à ce que le roi d'Angleterre eût fait connaître ses intentions à leur égard. La môme réserve fut faite pour les dîmes. Quant aux lois et aux coutumes du pays, il fut répondu que les Canadiens seraient sujets du roi, paroles qui avaient un sens beaucoup plus étendu que ce peuple ne se l'imaginait alors, et que son ignorance des institutions représentatives lui fit négliger d'invoquer pour entrer en possession des droits dont il n'avait pas encore joui, savoir: la votation des impôts, la participation à la confection des lois et le jugement par jury.

20. La nouvelle de la soumission totale du Canada fut accueillie en Angleterre avec les mêmes démonstrations de joie que celle de la reddition de Québec. En France, le gouvernement s'attendait depuis longtemps à ce qui arrivait, puisqu'il avait envoyé des instructions pour obtenir les conditions les plus avantageuses en faveur des colons, premières victimes de ce grand désastre national. Mais la masse de la nation, qui ignorait à quel état de faiblesse était réduit tout le système colonial, fut vivement émue de la perte de la plus belle et de la plus ancienne colonie du roi.

*19. Quel fut l'effet de cette capitulation, et à quelles conditions futelle signée 1

20. Quelle sensation la «onquète du Canada fit-elle en Angleterre et en France 1

21 . Par le honteux traité de Versailles de 1763, la France céda à la Grande-Bretagne, entre autres territoires, le Canada et toutes les îles du golfe Saint- Laurent, sauf les îles de Saint-Pierre et de Miquelon réservées pour l'usage de ses pêcheurs, et à l'Espagne la Louisiane en échange de la Floride et de la baie de Pensacola qu'elle abandonnait aux Anglais, le Mississipi devant former la limite entre les deux nations.

21. Qu'est-ce que céda la France par le traité de Versailles de 1763?

\'à milico el organiser la défense de la province. ïl chercha à regagner les bonnes grâces du clergé, et eut pour cela phisioiirs entrevues avec M. Plessis, qui profila de l'occasiou pour faire reconnaître la religion catholique par le gouvernement,

5. Les troupes se dirigeaient alors de toutes parts vers les froiUicres.

Le plan adopté pour les opérations militaires en Canada fui enliorement défensif. L'Angleterre était trop engagée en Europe jmur songer à porter de grands coups en Amérique ; et d'ailleurs elle présumait avec raison que les entreprises des Etats-Unis dépendraient des vicissitudes de la guerre au-delà des mers. Napoléon s'était jeté sur la Russie ; du succès de cette gigantesque entreprise, à 800 lieues de sa capitale, allait dépendre le plus ou le moins d'énergie des républicains américains contre le Canada. , ,^

G. Les premières hostilités furenttié favorables aux Américains. Le général Hull qui avait envahi un ins^ tant le Haut-Canada, et qui s'était retiré au fort du Détroit, se rendit sans coup férir prisonnier au général Brock avec presque toute son armée, dite de Touestv L'armée du centre, commandée par le général Van Hensalaer, débarqua à Queenston, et réussit à contenir les premières troupes anglaises dans un combat où le général Brock fut tué; mai^ assaillie bientôt par de nouvelles forces commandées par L:; général 8heaire, elle fut obligée de poser aussi les armes après avoir perdu plusieurs centaines d'iiommes. i

Il ne restait plus que 1 armée du nord, commandée

Ear le général Dearborn, et qui s'élevait à 10,000 ommes. Elle fit mine de se mettre en mouvement par la rivière LacoUe. Quatorze cents hommes assaillirent une des gardes avancées du major de Salaberry, mais en voulant la cerner, ils se fusillèrent dans l'obscurité, ce qui détermina aussitôt leur retraite.

Les Américains soutinrent mieux l'honneur de leur pavillon sur mer. Les victoires que remportèrent les

5 Que fai5aient alors les troupes, et quoi plan d'opératîocs militaireg fut adopté pour la défense du Canada?

6. Quelles furent les opérations militaire? d^ la campagne de 1812 T

frégates la Constitution et les Etats-Unis, qui enlevèrent plusieurs frégates anglaises après des combats fort sanglants, leur firent oublier les échecs qu'ils avaient éprouvés sur terre.

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