‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à 1840, à l'usage des maisons d'éducationChapitre 77 sur 104 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Première bataille d'Abraham — Reddition de Québec.

• 10. Pendant que ces événements se passaient dans le haut de la province, le général Wollé avait surpris f anse du Foulon dans le voisinage de Québec, dans la nuit du 12 au 13 septembre, et gagné la première bajaille d'Abraham.

j^^cette époque, l'armée de Beauport se trouvait réduire à 6000 hoinmes par les corps qui en avaient été détachés et par la permission qui avait été donnée aux Canadiens d'aller faire leurs récoltes. Lorsque Montcalin apprit que les Anglais s'étaient emparés des plaines d'Abraham, il crut que c'était un détachement isolé qui s'était aventuré jusque-là par hasard, et il voulut marcher à lui avec 4500 hommes; mais lorsqu'il arriva sur les buttes à Neveu, situées entre la ville et ces plaines, il aperçut non sans surprise toute l'armée anglaise rangée en bataille et prête a le recevoir.

* 10. Par qui fut romporbco la vlctoiro ÎL la première bataille d'Abraham?

Emporté par une précipilalion funeste, il résolut de brusquer l'atlaciue niali^TÔ tous les avis contraires qu'on put lui donner, malcjré l'avis de son majorgénéral, le chevalier de Monlreuil, qui lui représenta qu'il n'était pas en r tat d'attaquer avec le peu de monde qu'il avait sous la main,et surtout malgré l'ordre positif du gouverneur, qui lui mandait, par une dépêche d'attendre pour commencer Taltaque qu'il eût réuni toutes ses forces, et qu'il marchait lui-même à son secours avec les troupes qui avaient été laissées pour la prde du camp. Les Anglais étaient deux contre un ; ils comptaient plus de 8,ûpo hommes présents sous les armes. Le résultat devait eti'e facile à prévoir. Mais Montcalm aimait à braver la fortune.

Il rangea ses troupes en bataille sur une seule ligne de trois hommes de profondeur, la droite sur le chemin deSainte-Foy et la gauche sur le chemin de Saint- Louis, sans corps de réserve. Les réguliers, dont les grenadiers étaient avec M. de Bougainville, formaient cette ligne. Les milices et quelques Sauvages furent jetés sur les deux ailes. Puis sans donner le temps aux troupes de prendre haleine, il donna Tordre de marcher en avant. Elles s'avancèrent si précipitamment que leurs rangs se rompirent, et que les bataillons se trouvèrent en avant les uns des autres, de manière à faire croire aux ennemis qu'elles s'avançaient en colonnes, surtout le centre.

L'armée du général Wolfe était rangée en carré en

face des buttes à Neveu, qui lui cachaient la ville, et

s'appuyait à une petite éminence sur le bord de l'es-

1 carpement du Saint-Laurent. Un côté faisait face à

ces buttes ; un autre regardait le chemin de Sainte-

Foy, le long duquel il était rangé, et le troisième était

i tourné vers le bois de Sillery. Wolfe avait fait com-

f mencer une Ugne de petites redoutes en terre le long

du chemin de Sainte-Foy, laquelle se prolongeait en

demi-cercle en arrière.

L'action commença par les tirailleurs canadiens et oar les Sauvages. Ils assaillirent d'un feu très-vif la ligne anglaise, qui essuya cette mousqueterie sans ^'ébranler, mais en faisant des pertes. Le çénéral Wolfe, qui savait que la retraite était impossible s'il

était battu, parcourait les ran^ de son armée et ordonnait de ne tirer que lorsque les Français seraient à vingt pas. Ceux-ci, qui avaient perdu toute leur consistance lorsqu'ils arrivèrent à la portée de l'ennemi, ouvrirent irrégulièrement, et dans quelquesj bataillons de trop loin, un feu de pelotons qui fît peu d'effet. Ils ne continuèrent pas moins, cependant, d'avancer; mais en arrivant à quarante pas de leurs adversaires, ils furent reçus par un feu si meurtrier que, dans le désordre où ils étaient déjà, il fut impossible de régulariser leurs mouvements, et qu'ils tombèrent en peu de temps dans la plus étrange confusion. Le général Wolfe saisit ce moment pour charger à son tour, et, quoique blessé au poignet, il

Erit ses grenadiers y^our aborder les Français à là ayonnelte; il avait à peine fait quelques pas lorsqu'il fut atteint d'une seconde balle qui lui traversa 1 1 poitrine . Ses troupes continuèren t leur mouvement offensif et se mirent à la poursuite jie leurs adversaires, qui fuyaient alors de toutes parts.'

(La résistance ne venait guère plus que des tirailleurs. Le général Montcalm, qui avait déjà reçu deux blessures, se trouvait entre les buttes à Neveu et la porte Saint-Louis, lorsqu'il reçut une balle dans les reins qui le jeta mortellement blessé en bas de son cheval. 11 fut emporté dans la ville, où se jetait une partie des Français, tandis que l'autre, la plus considérable, fuyait vers le pont de bateaux de la rivière Saint-Charles. Le gouverneur arriva de Beauport au moment où les troupes se débandaient. Il rallia mille Canadiens entre les portes Saint-Jean et Saint-Louis, avec lesquels il arrêta quelque temps l'ennemi par un feu très-violent qui sauva les fuyards. Les Anglais ne jugèrent pas à propos de profiter de la confusion des Français pour pénétrer dans Québec ou pour s'emparer du camp de Beauport, que purent regagner ensuite les troupes qui s'étaient retirées dans la ville.

La perte des Français dans cette fatale journée fut considérable ; elle se monta à près de mille hommes, y compris 250 prisonniers qui tombèrent entre les mains des vainqueurs avec la plupart des blessés.

Trois officiers pdnéraux moururent de leurs blessures. Celle (les Anglais s'éleva à un ])eu moins de 700 hommes, parmi lesquels se trouvaient les priijcipaux officiers de l'armée, outre le général en chélvS

♦11. A la nouvelle du résultat de la bataille, M. de Lévis, qui faisait un tour d'inspection vers le haut du Canada, descendit en toute hùte à Québec. II arriva le 17 à l'armée. Devenu général par la mort de Montcalm, il représenta au gouverneur qu'il fallait brûler la ville, ou, par une victoire, l'empêcher de tomber entre les mains de l'ennemi. Il contremanda la retraite qui avait été ordonnée vers les Trois- Rivières, et fit retourner, les troupes sur leurs pas. L'avant-garde atteignait la rivière Saint-Charles lorsqu'il apprit la reddition de Québec M. de Ramesay qui y commandait, venait de capituler honteusement, avant même d'être menacé d'assaut. Le général ne put contenir son indignation; il l'exprima dans les termes les plus amers ; mais le mal était sans remède.

L'armée anglaise forte encore de 9,000 hommes le 24- décembre, hiverna dans la ville, où le général Murray fut laissé pour gouverneur.

"12. Les Français se trouvaient resserrés entre Québec, la tête du lac Charaplain et Frontenac, coupés de la mer et manquant de tout, de soldats, d'argent, de munitions de guerre et de bouche. Les deux armées anglaises, qui avaient attaqué le Canada par mer et par terre, ne se trouvaient plus qu'à environ 70 heues l'une de l'autre, et elles étaient prêtes à tomber sur le centre du pays le printemps suivant avec un grand accroissement de forces.

11. Que fît M de Lévis on apprenant le résultat de la premiàre bataille d'Abraham?

'12. Après la honteuse capitulation de M. de Eamesaj, que restait-il aux Français en Canada ?

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