CHAPITRE I
Question des subsides. — 1816-1822.
La paix ne fut pas plutôt rétablie que l'attention publique se reporta sur l'administration intérieure.
»1. Le général Drummond vint remplacer temporairement sir George Prévost.
2. Il s'occupa des terres et des postes. Il découvrit des abus énormes dans les départements qui en avaient la régie. De 1793 à 1811, plus de 3,000,000 d'acres de terre avaient été donnés à une multitude de favoris, et quant aux pqstes, il ne put s'empêcher de demander la destitution du chef de ce département, le nommé Hériot.
3. La chambre fut informée, au commencement de la session de 1816, que les accusations portées contre les juges Sewell et Monk avaient été rejetées. Elle allait voter une adresse au prince régent à ce sujet, lorsqu'elle fwt dissoute par le gouverneur, qui lui adressa un discours rempli de reproches. Le peuple répondit en réélisant presque tous les mêmes membres.
Heureusement que Drummond céda le pouvoir dans lïntervalie, en 1816, à Sherbrooke, homme infiniment plus habile et plus prudent que lui.^
^'4. Sherbrooke écrivit à lord Bathurst, ministre des colonies, que la dernière élection n'avait pas changé le caractère des représentants; et il lui demandait
♦1. Qui vint remplacer le gouverneur sir George Prévost 7
2. De quoi le général Drummond s'occupa-t-il en prenant les rênes du gouvernement ; et quels abus trouva-t-il dans les départements des terres et des postes 1
3. Pourquoi la chambre d'assemblée fut-elle dissoute en 1816 ?
4. Qu'est-ce que le gouverneur sir John Coape Sherbrooke écrivit au ministre lord Bathurst, et quelle réponse fit celui-ci 1
des instriic lions pour sa conduite future. Le ministre lui répondit de se servir du conseil législatif pour réprimer les actes de rassemblée, et de s'effacer luimême pour ne pas donner prétexte à celle-ci de refuser les subsides. Sherbrooke proposa au ministre d'acheter les chefs du peuple. M. James Stuart offrait d'abandonner son parti pour la charge de procureurgénéral.
5. La politique du gouverneur modéra bientôt l'ardeur des partis, et la chambre parut vouloir abandonner l'affaire des juges. Mais la question des finances était toujours en discussion. Les représentants du peuple ne voulaient rien abandonner de leur droit. Lord Bathurst, au contraire, recommandait de veiller attentivement à ce qu'ils ne prissent pas sur eux de disposer des deniers publics sans le concours du conseil législatif. Ainsi le droit de voter les subsides, qui, dans l'esprit et l'essence de la constitution, appartient aux représentants du peuple seulement était, par ces instructions, mis en partage entre eux et le conseil législatif, nommé par la couronne et conséquemment sa créature.
i6. Sherbrooke qui avait demandé son rappel pour cause de santé, s'embarqua pour l'Europe peu de temps après la session. Il eut pour successeur l'un des plus grands personnages de la Grande-Bretagne, le duc de Richmond, qui avait gouverné l'Irlande tant bien que mal, et qui était réduit à voyager ainsi d'un pays à l'autre, pour refaire une fortune qu'il avait dissipée par ses extravagances. H arriva à Québec, en 1818, accompagné de son gendre, sir Peregrine Maitland, nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Canada,
7. La question des finances fit éclater un nouvel orage. Le duc de Uichmond demanda à la chambre de voter une liste civile pour la vie du roi, liste qu'il augmenta en môme temps d'un cinquième de plus que
5. Quel fat l'effet de la politique du nouveau gouverneur 1 •6 Km quelle année Sherbrooke s'eiubarqua-t-il pour l'Europe, et par qui fut-il remplacé couimo gouverneur-général 'l
7. Que se passa-t-il sou.s l'administration du duc do Uichmond 7
rollc (lo rannéo précédciilo. La clianibro s'ocriipait cnrore de celle (jueslioii, lorsque liiclmioiid, mécontent de ce qu'elle ne répondait pas assez vite à ses Vieux, proroi^ea le parlement par un discours dans lequei,commeCraitî,il approuv.i la conduite du conseil et blâma celle des reprcsentiuils du peuple.
Kichmond tomba malade peu de temps après, sur la rivière des Oulaouais,et expira au bout de quelques heures dans les douleurs les i)lus cruelles. Ses restes furent descendus à Québec et déposés, avec une grande pompe, dans la cathédrale protestante lo 4 se[)tembre lol9.
• 8. Le pouvoir passa successiv-ement par les mains de Monk, qui ordonna la dissolution de la chambre et une nouvelle élection générale ; par celles de sir Peregrine Mailland, et enfin par celles du comte de Dalhousie, qui fut élevé à la tète du gouvernement des colonies de l'Amérique du Nord, en 1820.
•0. Dans le même temps l'évèque de Québec, M. Plessis, se rendait à Londres et à Rome pour les affaires de son diocèse. L'Angleterre s'étant convaincue de lïmpossibilité de rendre le pays protestant, avait pris le sage parti de laisser les Canadiens suivre la religion de leurs pères. Le pape Pie VII, érigea, de son consentement, en 1819, l'église de Québec en métropole. Il conféra à M. Plessis et à ses successeurs le titre d'archevêque, à M. McDonald le titre d'évôque de Regiopolis m partibus, avec siège suffragant dans le Haut-Canada, à M. MacEachern le titre d'évôque de Rose avec siège suiTragant dans le Nouveau-Brunswick et les Iles du Prince Edouard et de la Magdeieine. Mais quoique le prélat de Québec ait porté, depuis M. Plessis, le titre d'archevêque dans ses correspondances avec la cour de Rome, M. Signay est le premier qui l'ait pris publiquement et officiellement en 18i4, dans l'année même qu'il recevait le pullm?n et que le souverain pontife érigeait les diocèses du Canada en province ecclésiastique sous la juridiction métropolitaine de Québec.
•8 Par quelles mains passèrent ensuite les rênes du pouvoir 7 - 9. Que se passait-il pendant ce temps-là au sujet des affaires religieuses 7
Pendant qu'il était à Rorae^ M. Plessis régla encore différentes matières relatives aux progrès de l'église en Canada.
10. Cependant l'élection ordonnée par Monk n'avait fait qu'augmenter l'agitation dans le Bas-Canada sans changer le caractère de la chambre.
11. Le comte de Dalhousie convoqua le parlement le 14 décembre 1820. Les représentants du peuple en s'occupant du budget, passèrent un bill des subsides qui fit déclarer au conseil législatif que ce bill était une usurpation de pouvoir et un acte d'ambition, et à lord Dalhousie, qui s'entendait avec le conseil, que le vote des subsides était insuffisant sans le concours de celui-ci. Le gouvernement ne craignait pas de parler ainsi avec décision et d'augmenter en* core le mécontentement de l'assemblée, i)arce qu'il s'occupait alors de l'union des deux Canadas, qui devait la faire disparaître.
12. Le gouverneur visita le Haut-Canada dans l'été pour y étudier l'opinion publique, par anticipation à cette union.
13. Il convoqua le parlement à son retour et reçut un nouveau refus au sujet des finances, cinq membres seulement votant en faveur du gouvernement.
MM. Papineau, Neilson et Cuvillier dirigeaient la chambre dans le grand débat sur les finances, lequel fut conduit suivant les principes anglais les mieux établis.