‹ Abrégé de l'histoire du Canada, depuis sa découverte jusqu'à 1840, a l'usage es maisons d'educationChapitre 103 sur 141 · Qu'est-ce qui gagna la seconde bataille d'Abraham · texte numérisé non relu

Qu'est-ce qui gagna la seconde bataille d'Abraham

d'Abraham, le 20 d'avril 1760, avec environ 6000 hommes.

Le général Murray sortit de la ville avec un pareil nombre de soldats et 22 pièces de canon. Il rangea son armée en bataille en avant des buttes à Neveu, sa droite au coteau Sainte-Geneviève et sa gauche à la falaise qui borde le Saint-Laurent. Comme toutes les troupes françaises n'étaient pas encore arrivées, il voulut s'emparer du moulin de Dumont, qui couvrait le chemin de Sainte-Foy par lequel elles entraient sur les plaines d'Abraham, et il le fit attaquer par des forces supérieures.

Le général Lévis, prévenant son dessein, fît retirer à l'entrée du bois, en arrière,les trois brigades de sa droite, qui étaient déjà rangées en bataille, et fit abandonner le moulin de Dumont par les grenadiers. Mais l'arrivée du reste de ses troupes lui permit bientôt de reprendre l'offensive. Les grenadiers remarchèrent en avant, reprirent le moulin après une lutte opiniâtre et s'y maintinrent. Ces braves soldats, commandés par le cay)itaine d'Aiguebelles, périrent presque tous dans cette journée.

L'attaque qui avait mis les Anglais un moment en possession des positions occupées par la première partie des troupes françaises, au commencement de la bataille, ayant élé repoussée, celles-ci purent regagner partout le terrain perdu ; ce qui permit au général Lévis d'attaquer à son tour.

Les Anglais avaient affaibli leur gauche pour porter de plus grandes forces sur leur droite; le général Lévis en profita. Il alla ordonner à ses troupes d'aborder la gauche des Anglais à la bayonnette, et de tâcher de la rejeter du chemin de Saint-Louis sur celui de Sainte-Foy, afm de culbuter, en la prenant en flanc, toute l'armée anglaise en bas du coteau de Sainte-Geneviève et de lui couper la retraite sur la ville. Le colonel Poularier marcha en avant à la tête de la brigade Royal-Roussillon, aborda les Anglais et, les traversant de part en part, les mit complètement en fuite. Dans le même temps les troupes légères de l'ennemi étaient aussi mises en déroute, et les

fuyards se jetant en avant et en arrière du centre de leur armée, interrompaient son feu. Lévis profita de ce désordre pour faire charger sa gauche, qui enfonça à son tour la droite de l'ennemi, la poussa de front devant elle, et la mit dans une déroute complète.

Alors l'on se mit partout à la poursuite ; mais le peu de distance qu'il y avait à aller à la ville, et la fuite précipitée des Anglais ne permirent point de les rejeter sur la rivière Saint-Charles.

Après Taction, qui avait duré trois heures, les vainqueurs occupèrent les buttes à Neveu, et établirent leur camp dans les plaines, où ils venaient de venger si glorieusement leur défaite de Tannée précédente.

Les pertes s'élevèrent des deux côtés à plus de 2500 hommes. Les Français seuls eurent lOi officiers de tués et de blessés.

17. Dès le lendemain, les travaux du siège furent commencés, en attendant les secours que l'on avait fait demander à la France. Mais on put bientôt se convaincre que ces secours, s'ils avaient été envoyés, ne parviendraient pas à leur destination, caria flotte anglaise commença à paraître dès le 15 de mai. Le général Lévis se vit alors contraint de lever le siège pour ne pas être coupé dans sa ligne de retraite ; et peu de temps après, il fut encore obligé, faute de vivres, de disperser ses troupes dans les campagnes pour leur subsistance. Telle était la situation du Canada du côté de la mer, à la fin de juin.

18. Du côté opposé, l'armée du général Amherst el celle du brigadier Haviland allaient plus lenteaient. Le première, venue d'Oswégo,ne parut à la Chine que le 6 septembre; elle investit une partie de Montréal le soir même au nombre de 11,000 soldats. Le 8, les forces du général Murray montées de Québec, et celles d'Haviland venues du lac Champlain, le joignirent et achevèrent de cerner la ville; ces troupes réunies

17. Qaancl les traraux du siège de Québec par les Français furent-ili commencés, et quand le sidge fut-il lové ?

18. Oîi en étaient alors les opérations militaires du cûté de Montréal, et à quel chiffre s' élevaient les deux armées belligérantes lors de la capitulation du 8 septembre 1

formaient 17,000 hommes, munis d'une artillerie considérable. Il n'y avait plus sons les drapeaux des Français que 3,000 hooimes environ, outre les 500 soldats placés dans l'île de Sainte-Hélène, vis-à-vis de Montréal , et il leur restait à peine des vivres pour quinze jours. Ils durent poser les armes. La capitulation l'ut signée le 8 septembre.

19. Par cet acte célèbre, le Canada passa définitivement au pouvoir de l'Angleterre. Le libre exercice de la religion catholique fat garanti aux habitants. Les séminaires et les communautés religieuses de femmes furent maintenus dans la possession de leurs biens, constitutions et privilèges; mais le même avantage fut refusé aux Jésuites, aux Franciscains et aux Sulpiciens jusqu'à ce que le roi d'Angleterre eût fait connaître ses intentions à leur égard. La même réserve fut faite pour les dîmes. Quant aux lois et aux coutumes du pays, il fut répondu que les Canadiens seraient sujets du roi, paroles qui avaient un sens beaucoup plus étendu que ce peuple ne se l'imaginait alors, et que son ignorance des institutions représentatives lui fit négliger d'invoquer pour entrer en possession des droits dont il n'avait pas encore joui, savoir: la votation des impôts, la participation à la confection des lois et le jugement par jury.

20. La nouvelle de la soumission totale du Canada fut accueillie en Angleterre avec les mômes démonstrations de joie que celle de la reddition de Québec. En France, le gouvernement s'attendait depuis longtemps à ce qui arrivait, puisqu'il avait envoyé des instructions pour obtenir les conditions les plus avantageuses en faveur des colons, premières victimes de ce grand désastre national. Mais la masse de la nation, qui ignorait à quel état de faiblesse était réduit tout le système colonial, fut vivement émue de la perte de la plus belle et de la plus ancienne colonie du roi.

19. Quel fut l'ofFet do cetto capitulation, et à quelles conditions futelle signée 1

20. Quelle sensation la conquête du Canada fit-elle en Angleterre et en France î

21. Parle honteux traité de Versailles de 1763, la France céda à la Grande-Bretagne, entre autres territoires, le Canada et toutes les îles du golfe Saint- Laurent, sauf les îles de Saint-Pierre et de Miquelon réservées pour l'usage de ses pêcheurs, et à l'Espagne la Louisiane en échange de la Floride et de la baie de Pensacola qu'elle abandonnait aux Anglais, le Mississipi devant former la limite entre les deux nations.

21. Qu'est-ce que céda la France par le traité de Versailles de 17637

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