‹ Abrégé de l'histoire du Canada, depuis sa découverte jusqu'à 1840, a l'usage es maisons d'educationChapitre 126 sur 141 · CHAPITRE lU · texte numérisé non relu

CHAPITRE lU

Session de la législature.— Campagne de 1814.— Traité de Gand.— Mort de Sir George Prévost.

^ 14. Le gouverneur Prévost descendit à Québec dans l'automne pour ouvrir les chambres, qui se réunirent dans le mois de janvier 1814. Les dissensions entre les représentants et le conseil législatif, dont la guerre avait d'abord s:spendu l'ardeur, reprenaient petit à petit leur vivacité accoutumée. Stuart accusa le juge Sewell d'avoir violé les lois e.i imposant ses Règles de pratique sous prétexte de régulariser les procédures dans les tr bunaux, et en mettant sa volonté à la place de la justice comme président de la cour d'appel ; il l'accusa encore d'avoir engagé le gouverneur Craig à dissoudre la chambre en 1809, de l'avoir fait destituer lui-même de sa place de solliciteur-général pour la faire donner à son frère, M. Etienne Sewell, etc. Le juge Monk fut en môme temps accusé de diverses malversations.

Ces faits graves et vrais pour la plupart, furent renfermés dans une adresse au roi, et M. Stuart fut nommé pour aller les appuyer à Londres.

14. Pourquoi le gouverneur Prévoit descendit-il à Québec dans l'automne, et que se passa-t-il dans la législature 1

15. Le juge SeweJl passa en Angleterre pour se défendre ; et aidé de l'influence du prince Edouard, qui l'avait connu en Canada, il fit rejeter les accusations portées contre lui, et conquit les bonnes grâces de lord Bathurst à tel point que ce ministre le recommanda fortement au nouveau gouverneur, Sir John Coape Sherbrooke.

M. Sewell était un homme souple, poli, grave, capable de jouer le rôle qui convenait à l'Angleterre en Canada. Il recommanda l'union de toutes les provinces anglaises de l'Amérique du Nord sous un seul gouvernement- Il pressa fortement le prince Edouard d'engager les ministres à adopter ce projet, afin de noyer plus vite et plus efficacement la population française et catholique de ces contrées.

16. Vers la fin de l'hiver, le 30 mars 1814, le général Wilkinson, à la tête de 5,000 hommes, attaqua tout à coup le moulin de Lacolle, au pied du lac Champlain ; mais après l'avoir canonné deux heures et demie inutilement, il fut obligé de retourner à Plattsburgh.

Ce nouvel échec fit changer à l'ennemi le plan de ses opérations dans la campagne qui allait s'ouvrir. Il abandonna ses attaques contre le Bas-Canada pour porter tous ses efforts contre le Haut, dont l'invasion offrait plus de facilité. Mais ce plan qui présentait moins de danger, ne pouvait donner aussi qu'un moindre résultat.

17. Les Américains, qui attendaient poiu* agir sur le lac Ontario, que leur flotte de Sacketts Harbour mît à la voile, furent attaqués à l'improviste par le général Drummond, qui prit et incendia Oswégo le 6 mai. Mais ils furent plus heureux à Chippawa, où ils prirejU leur revanche et défirent les Anglais

15. Que fit lo juge Secell pour se défendre ; quels étaient ses talenta et son caractère, et que recommanda-t-il aux ministres 1

16. Cotnmciit finit l'attaque du moulia de Lacolle par le générai Wilkinson, et quel plaa d'opérations fut adopté par l'ennemi pour la cauip.igne do 1814 7

17. Quels furent les faits d'arn^es de cette campagne ; et qui gagna îes batailles de Chippawa, Lundj's Lane, Eladcnsburg et de la No^iveile-Orléxins, ot le combai naval du lac Ciiam.plain 1

avec de grandes pertes le 5 juillet. Lenrs sneeès, e&pendaDt, furent de courte durée ; l'actif Drummond les attaqua tout à coup le 25^ à Lundj's Laue, et dans un combat nocturne qui dura jusqu'au milieu de la nuit, Il les défît complètement. Le nombre des tués et des blessés s'éleva à 7 ou 800 hommes de chaque côté, outre plusieurs centaines de prisonniers que les Américains laissèrent entre les mains du vainqueur. Les Anglais étaient 2,800 hommes dans cette bataille et les Américains 5,000

Ceux-ci se retranchèrent alors sous le fort Erié^ oii Drummond alla les attaquer. Il avait déjà pris une partie de leurs ouvrages, lorsqu'une explosion enveloppa dans une ruine commune tous les soldats du fort. Au bruit de cette catastrophe une terreur panique s'empara des colonnes assaillantes, qui posèrent les armes ou prirent la fuite, poursuiviespar les Américains. Près de 1000 Anglais furent tués, blessés ou faits prisonniers, tandis que Fennemi ne perdait pas 80 hommes.

Cependant les événements qui se passaient en Europe allaient |)récipiter le dénouement de ceux qui se passaient de ce côté-ci des mers. Tant que la guerre contre Napoléon avait été douteuse, TAngleterreVétait bornée à la défensive en Amérique, afin de fournir à la coahtion européenne ses plus grandes forces. Mais la paix venait de se fliire à Paris. L'Angleterre n'ayant plus besoin de ses forces dans le vieux monde, les dirigea sur le nouveau, où elle bloqua les principaux ports des Etats-Unis, depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu'au Mexique.

Elle envoya en même temps 14,000 hommes en Canada, qui débarquèrent à Québec dans les mois de juillet et d^août. Ils apportaient l'ordre d^ivahiries Etats-Unis par le lac Chauiplain. Le général Prévost se mit à la tète de l'armée concentrée entre Laprairie et Chambly, et donna l'ordre de marcher en avant. L'armée traversa la frontière à Odelltown, et atteignit Plattsburgh le G septembre. La flotille devait coopérer sur le lac avec Tarmée. Elle s'avançait lorsqu'elle lut rencontrée et défaite par le commoclorc américain BlacDonough. La perle de la flotille entraînait la

perte du commandement du lac, sans lequel on ne pouvait rien faire de sérieux sur terre. Prévost voyant le but de la campagne manqué, rentra en Canada pour ne pas sabir le sort de Burgoyne dans la guerre de la révolution. Les désordres de la retraite occasionnèrent de grandes pertes.

Du côté de la Virginie, les troupes anglaises prirent Washington sans coup férir, brûlèrent le capitole et les principaux édifices, battirent les Américains à Bladensburg et ailleurs, tandis que la marine enlevait de nombreux navires et faisait subir des pertes immenses au commerce de la république.

Il était évident que la paix ne pouvait tarder à se faire, lorsque le général Packenham attaqua avec 12,000 Anglais, 6000 Américains retranchés derrière des balles de coton, près de la .Nouvelle-Orléans, et fuf repoussé avec une perte de 1700 hommes.

18. Cet échec qui remplit les Etats-Unis de joie, et quelques exploits sur mer rendirent le cabinet anglais moins exigeant, et permirent aux Américains de négocier avec plus de dignité. La paix fut en conséquence conclue à Gand, en Belgique, le 24 décembre 1814. Les partis se trouvèrent comme avant la guerre. La décision de la question des frontières du Canada et du Nouveau-Brunswick fut abandonnée à des commissaires. Le vrai motif de la guerre était la conquête du Canada, le prétexte le principe que le pavillon couvre la marchandise et le droit de visite.

19. Après la campagne de 1814-, sir George Prévost descendit à Québec, où il réunit les chambres dans le mois de janvier 1815.

M. Panet, qui venait d'être nommé au conseil législatif, fut remplacé par M. Papineau à la présidence de la chambre d'assemblée, quoique M. Papineau fût l'un des plus jeunes membres, et eût à peine 26 ans. Plus ardent que son père, qui s'était distingué dans nos

18. Quel fut l'effet de la perte de la bataiFe de la Xouvelle-Orlcans, et en quelle année fut signée la paix entio l'Angleterre et les Etats- Unis 1

19. Que fit le gouverneur après la campagne ; et que se passa-t-il dana les chambres 1

premières luttes paiieiiientaires, il devait porter ses principes beaucoup plus loin que lui.

La milice fut renvoyée dans ses foyers^ et l'assemblée passa une résolution pour déclarer que sir George Prévost, dans les circonstances nouvelles et singulièrement difficiles dans lesquelles il s'était trouvé, s'était distingué par son énergie, par sa sagesse et par son habileté.

Le gouverneur accueillit cette approbation avec un extrême plaisir, et informa les chambres qu'il allait se démettre du gouvernement, pour aller répondre en Angleterre aux accusations que sir James L. Yeo, avait portées contre lui, touchant l'expédition de Plattsburgh.

20. Sir George Prévost mourut peu de temps après des suites des fatigues qu'il avait endurées pour se rendre du Canada au Nouveau-Brunswick, en route pour l'Europe. Les meilleurs juges l'ont justifié de-

Euis longtemps des accusations de Yeo. Celui-ci, attu sur le lac Champlain, voulait en faire retomber la faute sur l'armée de terre, afin d'atténuer son malheur. C'était la marine, toujours battue surnos lacs, qui cherchait à faire partager aux troupes de terre la responsabilité de ses défaites. Mais on sait aujourd'hui que la flotille du lac Champlain vaincue, l'armée de terre n'avait plus qu'à se retirer.

20. Comment mourut sir George Prévost ; et à quoi doit-on attribuer le mauvais succès de l'invasion des Etats-Unis 1

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