‹ Abrégé de l'histoire du Canada, depuis sa découverte jusqu'à 1840, a l'usage es maisons d'educationChapitre 135 sur 141 · Que fit lord Gosford · texte numérisé non relu

Que fit lord Gosford

Lord Gosford^ qui se montrait affable et poli pour tout le monde, parla de beaucoup de choses dans son discours ; mais il finit par déclarer que sur les points en contestation, les commissaires feraient leur rapport à Londres ; et que, du reste, les Canadiens pouvaient être assurés qu'on ne toucherait point à leurs arrangements sociaux.

Ce fut peu de temps après que l'on reçut du Haut- Canada la partie des instructions de iord Glenelg aux commissaires, que sir Francis Bond Head venait de communiquer à l'assemblée de cette province. Elle causa un désappointement général. La chambre ordonna un appel nominal, malgré l'opposition du parti de Québec, qui se séparait de plus en plus de celui de Montréal, et dont l'un des chefs, M. Bédard, venait d être fait juge. La liste civile votée pour six mois par rassemblée, fut rejetée par le conseil, et le parlement fut ajourné après une session qui avait duré jusque dans le mois de mars 1836.

12, Les libéraux du Haut-Canada, avec M. McKenzie à leur tête, avaient eu un instant la majorité. Ils voulaient marcher avec celle du Bas-Canada; mais sir Francis Bond Head avait cassé la chambre et réussi à faire élire une majorité de membres torys, brisant par là la dangereuse alliance qui se formait entre les deux provinces. La Nouvelle-Ecosse et le Nouveau- Brunswick, où il y avait eu aussi des difficultés, acceptaient les concessions de l'Angleterre, en face de laquelle le Bas-Canada finit par rester seul.

13. Le rapport des commissaires fut mis devant le parlement impérial dès le commencement de la session. Les commissaires recommandaient, séparément ou collectivement, d'employer les deniers publics sans le concours des représentants ; d'user de mesures coercitives pour forcer la chambre d'assemblée à se soumettre ; ils justifiaient le conseil législatif d'avoir rejeté les six mois de subsides, et suggéraient de faire

12. Quelle attitude les colonies vossines prirent-elles devant les troubles du Bas-Canada ?

13. Qu'est-ce que les commissaires recommafidèrent de faire pour lo Canada dans leur rapport à la métropole 1

représenter la minorité en changeant la loi d'électioti de manière à donner plus d'avantages à Télecteur anglais qu'à l'électeur canadien. Il fallait persister dans la demande d'une liste civile de £19,000 pour la vie du roi, ou pour un terme de sept ans au moins, refuser un conseil législatif électif et le système responsable, maintenir la Compagnie des terres et s'opposer à l'union des deux Canadas. Lord Gosford n'approuvait pas toutes ces suggestions. Il était d'opinion qu'il fallait libéraliser les deux conseils en y faisant entrer une grande proportion d'hommes qui

Eartageraient les opinions de la majorité de l'assemlée.

14. Lord John Russell s'appuyant sur la défection des autres colonies, proposa et fît passer dans les communes, une série de résolutions conformes aux suggestions les plus hostiles des commissaires, et qui suscitèrent des débats qui durèrent trois jours, le 6, le 8 et le 9 mars 1837. La minorité fut très-faible chaque fois.

15. La décision de l'Angleterre augmenta l'agitar lion en Canada. Le gouverneur adressa une proclamation au pauple pour l'inviter à conserver la paix. M. Papineau, suivi de ses partisans, parcourait les campagnes pour protester contre les résolutions du parlement impérial. La nouvelle que lord John Russell allait suspendre les mesures coercitives de la métropole et faire convoquer encore une fois la législature, n'apaisa point les agitateurs. Les chambres se réunirent le 18 août ; mais les représentants persistèrent dans leurs protestations contre les recommandations des commissaires.

16. On commençait alors à former des sociétés secrètes. Celle des Fils de la liberté publia un manifeste menaçant. Il y eut à Saint-Charles, le 23 octobre, une grande assemblée des divers comtés voisins.

14. Quelles résolutions furent adoptées par le parlement impérial touchant le Canada 1

15. Quel fut l'effet de la décision de T Angleterre en Canada 1

16. Raoontez-nous oe qui se passa après Is prorogalioa da purl^med 4an8 V4ié de 1837 7

M. Papineau y prolesta contre la prise des armes. L'évêque de Montréal publia vers le même temps un long mandement pour recommander l'obéissance au pouvoir établi. Le gouvernement effrayé destituait alors un grand nombre de magistrats et d'officiers de milice, armait de toutes parts la population anglaise et faisait venir des troupes du Nouveau-Brunswick.

17. Des troubles éclatèrent enfin à Montréal le 7 décembre entre les Fils de la liberté et les Constitutionnels. M. Papineau, le Dr O'Callaghan et vingtquatre autres personnes furent accusés de haute trahison, et les troupes furent mises en mouvement pour les arrêter. La force armée ne fut pas d'abord heureuse. La cavalerie fut mise en déroute près de Chambly, et le colonel Gore fut repoussé par le Dr Nelson à "St.-Denis, le 22 novembre, après un combat de six heures ; mais quelques jours après le colonel Wetherall battait les insurgés à Saint-Charles, et le district de Montréal était mis sous la loi martiale. Un dernier parti fut dispersé à Four-Corners près de la frontière et du lac Champlain.

L'insurrection était vaincue sur la rive droite du Saint-Laurent. Il ne restait plus qu'à disperser les rassemblements qui s'étaient formés sur la rive gauche. Le général Colborne marcha contre eux avec 2000 hommes, et après un combat de plus de deux heures, battit les insurgés, qui s'étaient retranchés au nombre de 250 environ dans Téglise et le couvent de Saint- Eustache. Le Dr Chenier qui les commandait, resta parmi les morts.

L'insurrection était maintenant abattue. Mais si le calme se rétablissait dans le Bas-Canada, le Haut était menacé à son tour de la révolte.

18. M. MacKenzie avait levé l'étendard de l'insurrection à deux milles au-dessus de la chute de Niagara, à Navy-Island, où il s'était réfugié avec un corps de mécontents et d'Américains. Dans le district de Londres quelques rebelles erraient çà et là ; mais ni

17. En quel endroit les premiers troubles oit-ils éclaté, et que s'estil passé à Chambly, à Saint-Denis, à Saint-Charles et & Saint- Eustache ? IS. Qne fai?eit-«n 4anB le HatrtrÇaatda T- • i ^'

les uns ni les autres ne purent tenir longtemps la campagne ; un parti fat mis en déroute dans ce district même ; un autre fut défait à Amherstburgh, et MacKenzie et ses partisans furent obligés peu après d'évacuer leur île après avoir subi un bombardement de plusieurs jours; de sorte que bientôt la paix se trouva rétablie dans les deux provinces.

1"9. Qu'allait faire à présent l'Angleterre ? Déjà les Anglais, à Québec et surtout à Montréal, s'agitaient pour demander l'union des deux Canadas. C'était rattente de cette mesure que les ministres voyaient toujours comme inévitable dans un avenir plus ou moins éloigné, qui les avait empêchés de faire des concessions réelles au Bas-Canada. Ils ne voulaient pas laisser trop grandir cette nationalité française qui offusquait leurs préjugés, et aux bruits qui transpiraient de temps en temps, l'on pouvait croire que dè3 que le parti anglais, tout appuyé qu'il était de la métropole, ne pourrait plus tenir tête au parti canadien, et que la population du Haut-Canada serait assez considérable, on unirait les deux provinces pour mettre les Canadiens français en minorité et les assujettir à une majorité angia'ise sans paraître faire trop d'injustice.

Lord Gosford partit de Québec dans les derniers jours de février, 1838, pour l'Europe, par la voie des Etats-Unis. Le gouverneur du Haut-Canada, sir Francis Bond Head, qui avait demandé aussi son rappel, le suivit peu de temps après.

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