CHAPITRE
Louisbourg : insurrection et capitulation.— Pésastre de la flotte du duo d'Anville.— Défaite du colonel Noble au Grand- Pré.— Ravage des colonies anglaises. — Paix d'Aix-la-Chapelle. — 1744-1748.
1. L'abaissement de la maison d'Autriche est un des grands actes de la politique de Richelieu. Quoiqu'il eut bien diminué sa puissance^ il y avait des Français qui désiraient la faire tomber encore plus bas. * Tel était le maréchal de Belle-Isle, qui entraîna la France dans la coalition contre Marie-Thérèse pour soutenir les prétentions de l'électeur de Bavière, qui aurait été beaucoup plus formidable que celte princesse s'il eut pu réussir à la dépouiller de ses possessions.
L'Angleterre embrassa le parti de l'Autriche. C'était commencer les hostilités contre la France et allumer la guerre en Amérique.
2. Le premier ministre, le cardinal de Fleury, détestait \â guerre et laissa la Nouvelle-France à ses propres forces. Il n'y avait pas mille soldats pour la défendre depuis le golfe Saint-Laurent jusqu'au lac Erié. Louisbourg, forteresse qui devait la protéger du côté de l'Océan, n'avait qu'une garnison de 7 à 800 hommes. Cette forteresse, cependant, recelait une foule de corsaires qui ruinaient le commerce américain et rendaient de grands services dans les temps d'hostilité. A la première nouvelle de la prise des armes, les corsaires se jetèrent sur les bâtiments anglais répandus sur les mers, et firent de précieuses conquêtes.