Quels ravages le bombardement causa-t-il dans la ville
flammes. La Basse-Ville fut entièrement incendiée dans la nuit du 8 au 9 août ; Québec ne fut bientôt plus qu'un monceau de ruines.
6. Après avoir détruit la ville, le général Wolfe se rejeta sur les campagnes. Il fit brûler toutes les paroisses, depuis le Saut Montmorency jusqu'au cap Tourmente, et couper les arbres fruitiers. 11 fit subir le même sort à la Malbaie, à la baie Saint- Paul, sur la rive gauche du Saint-Laurent, et aux paroisses de Saint- JNicolas et de Sainte-Croix, sur la rive droite. L'île d'Orléans fut également incendiée d'un bout à l'autre. La nuit était choisie pour commettre ces ravages, que l'on portait sur les deux rives du grand fleuve, partout où Ton pouvait mettre le pied, afin d'effrayer et de ruiner tout à la fois la population ; on enlevait les femmes et les enfants, les vivres et les bestiaux.
7. Ces dévastations n'atteignaient point, cependant^ le but de la guerre. Les Français ne bougeaient pas.
Malgré les échecs des armes anglaises sur le champ de bataille en Canada, depuis le commencement de la guerre, le général Wolfe dut se décider à attaquer le général Montcalm. Il résolut d'aborder l'aile gauche des Français au Saut Montmorency. Il fit passer le gros de son armée à TAnge-Gardien, où il ordonna d'élever des batteries. ; et, le 31 juillet, il assaillit cette aile avec 8,000 hommes. Six mille soldats se déployèrent sur la plage en face, et deux mille remontèrent la rivière Montmorency pour la traverser à un gué qu'il avait fait reconnaître plus haut, afin de prendre les Français à dos. Les batteries anglaises ouvrirent en même temps leur feu. Lorsque les assaillants furent formés, ils s'ébranlèrent la bayonnette au bout du fusil pour forcer les retranchements. Leur brillant costume contrastait avec la simple capote des milices canadiennes qui défendaient celte partie de la ligne française. Celles-ci attendirent que l'ennenù fût à quelques pas seule-