CHAPITRE T
Conquête 4e la baie d'HudBea. — Paix de fiiswiok.*-1697.
M. d'Iberville se préparait à aller attaquer Bonne» viste et la Garbonnière, lorsqu'au mois de mai 1697 «ne escadre de cinq vaisseaux arrivant <i>e France, sous les ordt-es de M. de Serigny, mouilla dans la baie ' de Plaisance, Elle lui apportait Tordre d'en prendre le commandement et d'aller exécuter un^ autre partie du |3lan d'opérations, la conqu<5te de la baie d'Huçison.
39. Cette contrée adossée au pôle et à peine habitable, était rechercbée des Français et des Anglaispour ses riches fourrures. Les traitants des deux peuples en avaieiit fait le théàtr<e d'une lutte continuelle aux vicissitudes de laquelle la trahison avait sa part.
Les Anglais conduits par deux huguenots nommés Desgroseillers et Radisson, y avaient élevé le fort Rupert, en 1663; ils y avaient établi aussi d'autres comptoirs ; ce qui avait engagé Colbert à y envoyer, en J672, le P, Charles Albaiifel, par te Sa^guenay, pour y renouveler les prises de possession de Bourdon et de Després Couture.
Cependant Desgroseiilers et Radisson, mécontents de l'Angleterre, repassèrent en France après avoir obtenu leur pardon et y formèrent une société pour faire la traite dans les contrées du Nord. Ils retournèrent 4 la baie d'Hudson, y bâtirent le fort Bourbon, se querellèrent avec la compagnie, retouriièrcnt en France et trahirent une seconde lois leur patrie en faisant remettre leur fort aux Anglais.
Le roi fil des plaintes inutiles à l'Angleterre, agitée' déjà par des révolutions. ^'^^'^ ^ gouverneur du
3Q. Que se passait-il aloss à la "baie d'HudsonI
Canada^ M. de Denanville^ donna qualre^TiDots bom* mes à H. de Troie pour aller remettre la baie drHudson sous la suprématie de son maître. Troie partit de Québec par terre^ en 1686^ et s'empara des forts Monsonis^ Rupert et Sainte-Anne. Il ne resta aux Anglais que le fort Bourbon. Plus tard^ cependant^ le fort Sainte-Anne retombait entre les mains des Anglais, * qui en étaient les maîtres lorsque dlberville partit à la tôte de Tescadre que lui avait amenée H. de Serigny, pour aller mettre toute la baie d'Hudson au pouvoir de la France comme nous venons de le dire.
40. Cet illustre marin^ séparé de ses autres vais* seaux, parait devant le fort Nelson le & septembre, dans le Pélican. Le lendemain il est attaqué par trois vaisseaux anglais ; après un combat opiniâtre de trois heures et demie, il coule un de ses adversaires, et force Tautre à amener son pavillon ; le troisième ne lui échappe crue par la fuite. Cette belle victoire donna la baie d'Hudson à la France.
41. Tandis que d'Iberville faisait #ette conquête, le marquis de Nesmond, avec une flotte de treize vaisseaux, devait s'emparer de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-York ; mais cette entreprise manqua faute de diligence et peut-être faute d'argent, car la guerre en Europe dérangeait tous les jours de plus en
I)lus les finances du royaume. Lorsqu'il arriva sur es bancs de Terreneuve, après une traversée de deux mois, il fut décidé dans un conseil de guerre que la saison était trop avancée pour attaquer Boston. En effet, les troupes du Canada qui devaient prendre part à l'expédition, n'auraient pu arriver à Pentagoet avant le 10 septembre, et la flotte n^avait plus de vivres que pour cinquante jours.
M. de Nesmond retourna en Europe. C'est sur ces entrefaites que la paix fut siçnée à Riswick le 20 septembre 1607. Les deux nations furent remises pourleurs colonies dans le même état où elles étaient avant
40. Racontei-nmu les exploits de c«t lHof tre inaf!n à la bai« d'Hodflon 1
41. Que faisait-on ailleurs, et à quelles oenditioiui et en quelle année tût lignée la paix de Biswiok 1
la guerre^ mais la baie d'Hiidson resta à la Frant^e. Ainsi la question des frontières de TAcadie et de lA Nouvelle-Angleterre et la question- de la propriété du pays des Iroquois restèrent encore pendantes.
GHAPrrRE VI.
Mort de M. de Fnmtenao.*-^ Traité areo las Iroquois, et mort du fameux
chef Eondiaronk.— 1701.
La paix fut ^occasion de grandes réjouissances à Québec et pertnit à beaucoup d'habitants de retourner sur leurs terres, que les courses des Sauvages les avaient forcés d'abandonner.
42. Le gouverneur du Canada, M* de Frontenac, survécut peu à ces événements. Il mourut Tannée suivante, le 28 novembre 1698, à Tége avancé de '?8 ans. Son corps et soti esprit avaient conservé toute leur vigueur. Sa fermeté, son énergie, ses têdents brillaient en lui «omrfie dans ses plus belles années. Il emporta dans la tombe l'estime des Canadiens, qu'il avait gouvernés pendant l'une des époques les plus critiques de leur nistoire. Il avait trouvé la Nouvelle- France attaquée de toutes parts et sur le bord de Tablme; il la laissait agrandie et en çaix. Il avait en général des idées justes sur ce qu'il fallait faire pour la colonisation du pays ; mais 1 état et la politique de la France ne lui permirent pas toujours de suivre le système le plus favorable pour les mettre, à exécution."
43. Le chevalier de Callières, depuis longtemps gouverneur de Montréal) fut nommé pour le rempmcer ) et le chevalier de Yaudreuil succéda à M. de Callières comme gouverneur de Montréal.
44. En 1700 la France et l'Angleterre réglèrent par un traité la limite de l'Acadie, du côté des colonies anglaises. Elle fut fixée à la rivière Saint-George.
42. Le gouvemear da Canada, M. de Frontenac, snrirécnt«il longtempi & ces événements 7