‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuissa découverte jusqu'à 1840: à l'usage des maisons d'éducationChapitre 57 sur 122 · FuteKBOiu la 4«MripUon de Ttle de Tenreoeuye · texte numérisé non relu

FuteKBOiu la 4«MripUon de Ttle de Tenreoeuye

36. Quel Qsase loi Français et les Ang^k faûai«ii(-i]B jie l'Ue de TerreneiiTe 1

Ioniser l'ile. Le chevalier Humplurey Gilbert s'était arrêté en 1583 dans la baie de Saint-Jean^ et avait pris possession de cette baie et de deux cents lieues de pays tout alentour, au nom de la reine Elizabeth^ parce qu'il ignorait que cette terre fût une île. En 1608^ Jean Guyas, de Bristol, reprit le projet de Gilbert ; il s'établit d'anord dans la baie de la Conception et transféra ensuite son établissement à Saint- Jean ^ aujourd'hui capitale de Tile, d'où les Anglais s'étendirent plus tard sur toute la c6te orientale.

Malgré leurs pêcheries, les Français firent peu d'at»tention à Terreneuvo jusqu'en 1660. A cette époque le roi concéda le port de Plaisance à un nommé Gangot, qui reçut le titre de gouverneur et qui, dès qu'il fut dans ce poste, voulut soumettre les habitants à son monopole et les obliger à lui donner une portion de leurs pêches en échange des provisions et des marchandises qu'il tirait des magasins du roi. Cette prétention révolta les pêcheurs accoutumés à beaucoup d'indépendance; ils portèrent leurs plaintes au pied du trône. Le gouverinur fut rappelé et M. de la Poype nommé pour le remplacer. Plaisance était alors le principal comptoir français à Terreneuve. Placé dans l'un des plus beaux ports de l'Amérique, au fond d'une baie de dix-huit lieues de profondeur, ce poste était défendu par le fort Saint-Louis construit sur la cime d'un rocher de plus de cent pieds d'élévation, à l'entrée de la baie, à une lieue et demie de la mer. Les Français avaient encore un pied-à-len e à Saint-Pierre de Miquelon, au Chapeau-Rouge, au Petit- Nord et sur quelques autres points des côtes du golfe SaintrLaurent.

37. La population faisait la pêche et supportait impatiemment le joug d'un gouverneur. M. de la Po^pe commandait depuis treize ans dans ces parages, qui furent pour lui treize ans de troubles, lorsqu'il lui vint un successeur en 1685. Cinc[ ans après Plaisance fut surpris par des flibustiers, qui ûr(^nt le gouverneur

37. Que faisait la population da Tamnaaye, ai que ta pana-t-U dans l'Ue jusqu'en 1696 f

prisonnier dans son lit et dépotdllèrent les habîtanls de tout ce qu'ils avaient.

En 1692 ce poste fut encore attaqué, mais cette fois par luie escadre anglaise commandée par Tamiral Williams. Le gouverneur, H. de Brouillan, fît élever à la hâte une redoute et des batteries sur les rochers situés à l'entrée de la baie, et tira des bâtiments marchands les hommes nécessaires pour les servir. L'amiral Williams, après les sommations ordinaires, commença une canonnade inutile de six heures, au bout desquelles il se retira confus d'avoir échoué devant un poste défendu par cinquante hommes ; et

Jour se venger, il alla brûler les habitations de la ointe-Verte à une lieue de là.

Pendant que le principal siège des pêcheries françaises courait ainsi un^grand danger, une escadre de France, sous les ordres du chevalier du Palais, était à Tancre dans la baie des Espagnols, au Cap-Breton^ de l'autre côté du détroit, pour intercepter l'amiral Phipps qui devait prendre sa revanche contre Québec.

Telle est l'histoire de Terreneuve jusqu'en 1696. La Grande-Bretagne occupait toujours laplus belle portion de nie, et la différence entre les établissements français et les établissements anglais était aussi grande là que dans les autres parties de l'Amérique. Le commerce de ces derniers s'élevait à 17 millions de francs par année. Avec de pareils résultats sous les yeux^ que ne devait-on pas redouter pour l'avenir? M. d'iberville avait communiqué ses craintes à la cour^ qui l'avait chargé, comme on l'a vu, d'agir de concert avec M. de Brouillan, pour attaquer les Anglais simultanément par terre et par mer. Hais ce dernier sans attendre d lberville,se nàta de partir avec une flotte de douze voiles et deux bi-ûlots pour aller mettre le siège devant Saint-Jean. Les vents contraires firent échouer son entreprise sur cette ville ; mais il réussit à s'emparer de plusieurs établissements et d'une trentaine de navires le long des côtes. 11 aurait pris \m bien plus grand nombre de navires sems l'insubordination d'une partie de ses équipages.

A son retour à Plaisance, il trouva d'IberviUe qui n'avait pu aller le rejoindre faute de vivres ;

mais il Tenait d'en recevoir avec le renfort de Canadiens qu'il attendait de Québec.

38. II fut alors résolu de reprendre Tattaque sur Saint-Jean. Après quelques difficultés survenues entre les deux chefs, il fut réglé que pour se rendre à cette ville^ Brouillan prendrait la voie de mer et d'iberville celle de terre avec ses Canadiens ; ce qui fut exécuté. L'on se réunit dans la baie de Toulle. De là Ton se mit en marche pour Saint-Jean, culbutant et dissipant tout ce qui voulait disputer le passage. En arrivant près de la Tille, l'avant-garde commandée par d'iberville lui-même, tomba sur un corps d'hommes embusqué dans des rochers et le mit en fuite après un choc violent ; elle entra pôle-mèle avec lui dans la ville. L'élan était tel qu'elle s'empara de deux forts d'emblée. Il n'en, restait plus qu'un troisiètne en mauvais état. Le gouverneur, honnête et paisible marchand élu par les pêcheurs de la ville, se voyant menacé d'un assaut, remit Saint-Jean à condition que les Français transporteraient la population en Angleterre ou à 3onneviste. Les fortifications furent rasées et la ville réduite en cendres. Le partage du butin fut encore un sujet de contestation entre les deux commandants, qui faillit amener une collision.

Après cette conquête, le gouverneur français retourna à Plaisance, et d'iberville continua la guerre avec les Canadiens qui s'étaient attachés à sa fortune au nombre de cent vingt-cinq. Armés chacun d'un fusiU d'une hache de bataille, d'un couteau-poignard et dé raquettes pour marcher sur la neige, ils mirent une partie de rhiver à compléter la soumission de l'île. Ils triomphèrent de tous les obstacles que pouvaient offrir le climat, la faim et le courage de l'ennemi. En deux mois, ils prirent tous les établissements anglais, excepté Boimeviste et l'île de Carbonnière inabordable en hiver, tuèrent deux cents hommes et firent six ou sept cents prisonniers, qui furent acheminés sur Plaisance. Montigny, Boucher de la

38. Qa*-eat-ce qu'il fat queâtion de faire entre M. de Broaillan et IC. 4*IbemHe lorsqiTils forent r^anis à PlaitaDoe, et que firent-ib 3

Perrière, d'Amours de Plaine, Dugué de Boisl)riant,^| tous Canadiens, se distinguèrent dans celte cauipagn« héroïque.

Page 1