‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuissa découverte jusqu'à 1840: à l'usage des maisons d'éducationChapitre 60 sur 122 · La consommation de ce grand acte Ait aceom · texte numérisé non relu

La consommation de ce grand acte Ait aceom

{mgnée d'un événement qui fit une impression probnde sur les esprits, et qui fournit une nouvelle preuve du respect que le vrai patriote impose môme à ses ennemis. Dans une des conférences publiques, tandis que l'un des chefs hurons parlait, le Rat, ce célèbre Indien, dont le nom a été cité déjà plusieurs fois, perdit connaissance. On le secourut avec d'autant

f)lus d'empressement qu'on lui avait presque toute 'obligation de ce merveilleux concert et de cette réunion sans exemple jusqu'alors, de tant de nations diverses pour la paix générale. Lorsqu'il fut revenu à lui, il montra le désir de dire quelque chose ; on le fit asseoir dans un fauteuil au milieu de l'assemblée, et tout le monde s'approcha pour Tentendre. Il exposa avec modestie et dignité ce qu'il avait fait pour amener une paix universelle et durable. Il appuya beaucoup sur la nécessité de cette paix et sur les avantages qui en reviendraient à toutes les nations, en démêlant avec une adresse étonnante les intérêts des unes et des autres. Puis s© tournant vers le gouverneur-général, il le conjura de justifier par sa conduite la confiance qu'on avait en lui. Sa voix s'aflfaiblissant, il cessa enfin de parler. . Doué d'une grande éloquence et de beaucoup d'esprit, il reçut encore dans cette circonstance imposante ces vifs applaudissements qui couvraient sa voix chaque fois qu'il relevait dans les assemblées publiques.

Sur la fin de la séance, il se trouva plus mal. On le porta à THÔtel-Dieu, où il expira sur les deux heures après minuit. Les Hurons sentirent toute la perte qu'ils venaient de faire. Jamais Sauvage n'avait montré plus de génie, plus de valeur, plus de prudence, plus de connaissance du cœur humain. Des mesures toujours justes, les ressources inépuisables de son esprit, lui assurèrent des succès constants. Passionné j)our le bien et la gloire de sa nation, ce fut par patriotisme qu'il rompit avec cette décision qui compte le crime pour rien, la paix que le marquis de Denonville

47. BoGoaiez-noos les derniers moments da célèbre chef le Rat 7

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avait faite avec les Iroquois contre ce qu'il croyait être les intérêts de ses compatriotes.

Le Rat ou Kondiaronk^ son nom huron^ brillait autant dans les conversations particulières que dans les assemblées publiques, par son esprit et ses réparties vives, pleines de sel et ordinairement sans réplique. Il était le seul homme en Canada qui pût, en cela, tenir tête au comte de Frontenac, qui l'invitait souvent à sa table ; et il disait quHl ne connaissait parmi les Français que deux hommes d'esprit, ce gouverneur et le P. de Carheil. L'estime qu'il portait à ce Jésuite fut ce qui le détermina, dit-on, a se faire chrétien.

Sa mort causa un deuil général ; son corps fut ex-posé, et ses funérailles auxquelles assistèrent le gouverneur, toutes les autorités, et les envoyés des nations indiennes qui se trouvaient à Montréal, se firent avec une grande pompe et les honneurs militaires. Il fut inhumé dans l'église paroissiale. L'influence et le cas que Ton faisait de ses coaseils parmi sa nation, étaient tels, qu'après la promesse que H. de Callières avait faite à ce chef mourant de ne jamais séparer les intérêts des Français de ceux des Hurons, ceux-ci cardèrent toujours aux premiers une fidélité inviolable.

LÏYHE SIXIEME

CHAPixas I*

StablÎBMOiQiit de U Loniâuie.— 1683-1712.

1. L'étendue de ia Louisiane était inconnue. On avait donné ce nom à tout le pays situé entre le Canada^ les colonies anglaises et les possessions espagnoles sur les deux, mers Atlantique et Pacifique. Mais on ignorait ce qii'il y avait à l'occident du Hi&sissipi.

2. Le bon accueil que Louis XIV fit à La Salle^ qui arrivait^ en 1683^ de la découverte de Tembouchure du Mississipi^ engagea ce voyageur à proposer au monarque d'unir au Canada le territoire que baigne ce çrand fleuve^ et de s'assurer ainsi de la souveraineté des pays intérieurs. €e projet plut au prince^ qui ordonna de le mettre à exécution.

3. La Salle fut chargé de jeter les bases de la nouvelle colonie.

4. Il fit voile de France avec des soldats^ des artisans^ des volontaires^ plusieurs Canadiens^ quelques

Îentilshommes et huit missionnaires^ le 24 juillet 1684. l'escadre était commandée par H. de Beaujeu^ homme vaniteux et jaloux ; à peine fut-elle en mes que la mésintelligence éclata entre les deux chefs^ et dégénéra en une haine profonde qui fut la cause des plus grands malheurs. L'escadre perdit d'abord un navire qui fut enlevé par les Espagnols ; ensuite elle passa devant les

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