Qa'esi^oe que suggéra Cbarlevoix & la cour
9. Quand M. Perrier prit-il les rênes du gouvernement de la Louisiane î
10. Dans quel état M Perrier trouva-t-il la colonie et que se passaitil parmi les Sauvages 1
1 1 Racontez-nous le massacre des Français par les Natchés 7
Barbares fut excitée ; leurs yeux s'allumèrent à la vue de ces richesses, et ils ne purent tenir à Tanaour du pillage. Oubliant que leur précipitation allait compromettre le massacre général, ils résolurent de frapper sur le champ, afin de s'emparer des cargaisons avant qu'elles fussent distribuées. Le 38 novembre 1729, ils se répandirent de grand matin dans toutes les demeures en publiant qu'ils partaient pour la chasse, et en ayant soin d'être partout plus nombreux que les Français. Pour pousser le déguisement jusqu'au bout, ils entonfièrent un chant en Thoaneur de M. de Chépar et de ses hôtes. Alors il se fit un moment de silence, puis trois coups de fusil retentirent successivement devant la porte de ce commandant. C'était le signal du massacre. Les Sauvages fondirent
Sartout sur les Français, qui, surj)ris sans armes et ispersés au milieu de leurs assassins, ne purent opposer aucune résistance ; ils ne se défendirent qu'en deux endroits. M. de la Loire des Ursins, commis principal de la compagnie, attaqué à peu de distance de chez lui, tua quatre hommes de sa main avant de succomber. A son comptoir, huit hommes qu'il y avait laissés, purent prendre leurs armes ; ils se défendirent fort longtemps, et six d'entre eux suc* combèrent. Les survivants réussirent à prendre la fuite ; les Natchés eurent huit hommes de tués dans cette attaque. Ainsi leurs pertes se bornèrent à une douzaine d'hommes, tant leurs mesures avaient été bien prises. Deux cents personnes de tout âge et de tout sexe périrent dans cette boucherie. Une vingtaine seulement, la plupart blessés, avec quelques nègres se sauvèrent ; soixante femmes, cent cinquante enfants et presqu'autant de noirs restèrent
{)risonniers, une partie pour périr dans les tourments es plus affreux.
12. Pendant le massacre, le chef des Natchés était assis sous le hangar à tabac de la compagnie, attendant tranquillement la fin de cette terrible tragédie. . On lui apporta d'abord la tête de M. de Ghépar, qui
L2. Qtte faiaait pendaiit oe tçmps-U le chef dea liTatohéa t
fut placée devant lui, puid celles des priocipaia Frash çais^ qu'il fit ranger à 1 entour, enfin les autres qu'il fit mettre en piles. De temps en temps les Natcués recommençaient le massacre. Us ouvrirent le sein djss femmes enceintes, et égorgèrent presque toutes celLss qui avaient des enfants en bas âge, parce qu'elles importunaient par leurs cris et leurs çleurs ; les autres furent jetées en esclavage et exposées à toute la brutalité de ces Barbares couverts au san^ de leurs pères^ de leurs maris ou de leurs enfants. Oh leur dit que la même chose s'ëtail {)asaée dans toute la Louisiane et que les Anglais allaient venir prendre la place des Français.
13. La nouvelle de cette catastrophe répandii la terreur dans toute la contrée. Le gouverneur en fut instrviit le 2 décembre à la Nouvelle-Orléans. Il fit partir aussitôt un officier pour avertir les Français, sur les deux rives du Misaissipi^ de se mettre en gard<^ et en mâme temps pour observer le3 petites nations indiennes éparpillées sur les bords de ce fleuve.
Lorsqu'il vit que tout ailleurs paraissait tranquille, il songea èi tirer une vengeance éclatante du mf^acre
3ui venait d'avoir lieu. Une partie des tribus entrées ans le complot, n'avait pas bougé. Les Yasous, qui avaient égorgé les Français qui se trouvaient au milieu d'eux^ furent exterminés. Les Cor rois et les Tioux subjh rent le môme sort de la part des Arkaasas de tout temps fort attachés aux Français. Les Natcbés, attaqués par Lesueur à la tête de 800 Cbactas, furent coojplétjBpQejQÛt défaits, et plus tard les restes de cette nation furent dispersés ou anéantis. Perrier envoya en esclavage ceux qui avaient été faits prisonniers et leur gran4 chef, le Soleil, dont la famille les gouvernait ifepuis un temps immémorial, et qui mourut quelques mois après au Gap^Français.
H. La conduite de Perrier irrita profondément les restes de cette nation ox^ueilleuse et cruelle, à qui lA
13. Que fit le gouverneur à la nouYelle de oette o»twtTophe,«t (^^elto rengeanoe tira-t-il du masiacre des français 1
U. Qme firent et qt^e dtrinreat les restes des Katoh^ HftiffU «loii d« leur ohef?
haine et le désespoir donnèrent une valeur qu'on ne leur avait point encore €onnue. Ils coururent aux armes^ ils se jetèrent sur les Français avec fureur, ils combattirent vaillamment ; mais ce désespoir ne fil qu'honorer leur chute.
Après cette vengeance éclatante le pays rentra dans son état de calme et d'immobilité Ordinaire.
« CBAPITKK m*
ttatdn Canmds.— QtieBtioD des frontières.— Btat du clergé.— 1713-1744.
14. Nous reprenons l'histoire du Canada à Tannée 1713. Depuis un quart de siècle le i^ays avait à peine ioui de quatre ou cinq années de paix. Il avait perdu beaucoup d'hommes dans les combats^ et un plus
S and nombre encore par l'émigration vers les grands Bs et la vallée du Mississipi. Cependant sa popula* tion n'avait pas cessé de s'accroître. Le gouvemeur> M. de Yaudreuii, lui procura un grand bienfait en désarmant les Iroguofs et en achevant de leur per^ suader que leur intérêt- était de rester neutres dans les luttes des blancs qui les enveloppaient de toutes parts. C'était assurer la tranquillité des Canadiens, et leur permettre de se livrer au commerce et à l'agriculture, qui étaient leurs seules sources de richesse. L'agriculture était encore peu avancée si l'on en juge par la fortune des seigneurs.
16. Lçs finances, si étroitement liées au commerce dans tous l$s pays, l'instruction publique, l'organisation intérieure occupèrent longtemps l'attention du gouvernement.
17. Les lois civiles et criminelles demandaient une révision. Quant à instruction publique, M. de Vaudreuil établit, en 1722, huit maîtres d école en diffé-