‹ Abrégé de l'histoire du Canada depuissa découverte jusqu'à 1840: à l'usage des maisons d'éducationChapitre 90 sur 122 · Faites-Boua le récit de U bataille de Carillon · texte numérisé non relu

Faites-Boua le récit de U bataille de Carillon

dont Ton voit encore les nunes^et 3^800 bommes de la défense des retranchements^ que leur peu d'étendue

f»ermit de garnir sur trois hommes de hauteur* 'ordre fut donné à chaque bataillon de tenir en ré-i serve sa compagnie de grenadiers et un piquet de soldats rangés en arrière et prêts à se porter où le besoin le dema.nderait. Le chevalier de Lévis, arrivé du matia inème, fut chargé du commandement de Taile droite, ayant spus lui les Canadiens formant rextrâmo droite sous les ordres de M. de Raymond; M. de Bourlamarque reçut le commandement de Taile gauche* Le général Hontcalm se réserva celui du centre.

A midi et demi^ les gardes avancées rentrèrent dans les lignes en fusillant avec les troupes légères anglaises. Un coup de canon tiré du fort, domna le signal aux troupes de border les ouvrages.

Le général Abercromby forma son armée en quatre colonnes pour attaquer tous les points à la fois. Les

Î grenadiers et Télite des soldats, choisis pour composer a tôte des colonnes, reçurent Tordre de s'élancei' contre les retranchements la bayonnette au bout du fusil, et de ne tirer que quand ils auraient sauté de-^ dans. En même temps un certain nombre de berges devaient descendre la rivière à la Chute pour menacer le flanc gauche des Français. A une neure les co-^ lonnes ennemies se mirent en mouvement, entremêlées de troupes légères parmi lesquelles il y avait des Sau* Tages. Ces Sauvages, couverts par les arbres, ouvrirent le feu le plus meurtrier. Les colonnes sortirent du bois, descendirent dans la gorge en avant des retranchements, et s'avancèrent avec une assurance et un ordre admirables, les deux premières' contre la gauche des Français, la troisième contre leur droite en suivant le pied du coteau, dans le bas-fond où se trouvaient les Canadiens. Le feu commença par la colonne de droite, et s'étendit graduellement d'une colonne à l'autre jusqu'à celle de gauche, qui chercha à pénétrer dans les ouvrc^es par le flanc dmitducfae^ valier de Lévis. Cet ofucier, voyant le dessein de cette colonne composée de montagnards écossais et de grenadierSj ordonna aux Canadiens d^ faire ime

iorlle^ et de l'Attaquer en flanc. CMte attaque réilasît V

ai bien^ que le feu des Canadiens joint à celai des deux bataillons placés sur le coteau, obligea la co^ i

lonne de se jeter sur celie qui était a sa droite afin j

d^éviter un double feu de flanc. Les quatre colonnes, \

forcées de converger un peu en avançant^ soit pour protéger leurs flancs^ soit pour atteindre le point d'attaque, se trouvèrent réunies en déboivehant sur les hauteurs. Dans le mdme moment, une trentaine de ^,

berges se présentaient sur la rivière à la Chute pour iDênaeer la gauche des Français. Quelques coups dé canon tirés du fort, qui en coulèrent deux bas, et quelques hommes envoyés sur le rivagç» suffirent pour les mettre en fuite.

Le général Montcelm avait donné ses ordres pour laisser avancer les ennemis jusqu'à vingt pas des ré^ tranohementsv Cet ordre lut ponctuellement exécuté. Lorsque les Anglais arrivèrent à la distance indiquée^ la mousqueterie assaillit leurs masses compactes aveo un effet si prompt et si terrible qu'elles tressaillirent, chancelkèrent et tombèrent en désordire.. Forcées de reculer un instant, elles se remirent néanmoins, aus^ sitôt et revinrent a la charge ; mais oubliant leur con*^ signe^ elles comcaencèrent à tlref» Le feu devint alors a*une vivacité extrême sur toute la ligne et se pro^ longea fort longtemps, jusqu'à ce qu'enfiii^ après Ie$ i)lu8 grands efforts, les assaillaïaits furent obligée 4d lâcher le pied une seconde fois on laissant le terraia jonché de cadovres. Ils s'arrêtèrent à quelque disilance pour prendre haleine et se réorganiser*.; ils ré^ formèrent leurs colonnes et au. bout de quelques insh tants ae précipitèrent de nouveau sur les Français, ^=^

loaJgré le feu le plus vif et le plus soutemi qu'on e^ iamais vu. Le général Montoolm s'exposait comme I^ dernier des toldats; Du. centre où il s'était placé, il se portait sur les points qui pér icUtaient pour donner ses ordres ou pour conduire des secowa. Après des elfiorts inouis, tes Anglais furent encore repousses. .

Etonné de plus enplus d'une résistance si opifiilâtre, le général Abercr omby, qui avait cru que rien n'ose^ ?alt tenir devant lui avec les grandes forces qVit avait .

à sa di&poBitidn, ne pouvait $d perBuader qu'il éçh/^uerait devant un ennemi si inférieur en noaabre; il pensait que quel que fût le courage de ses âdvèrsairasi ils finiraient par se lasser d'une lutte dont la violence et la durée ne feraient qu'empirer leur perte. Il résolut donc de continuer ses attaques avec la plus grande énergie jusqu'à ce qu'il eût triomphé ; et de* puis une heure jusqu'à cinq ses troupes revinrent, six fois à la charge et lurent repoussées chaque fois avec des pertes considérables. Ces fragiles remparts qui protégeaient les Français prirent en feu à diverses reprises dans le cours de l'action.

Les colonnes ennemies n'ayant, pu réussir dans les premières attaques faites simultanément sur le centre et sur les deux aUes de Hontcalm^ se joignirent pour faire des efforts communs ; elles assaillirent ainsi réur nies tantât la dRo&te^ tantôt le eentre ^ tantôt 1^ gauche des Français sans être plus heureuses. C'e^st contra la droite qu'elles s'acharnèrent le plus longtemps et où le combat fut le plus meurtrier.. Les grenadiers et les montagnards écossais continuèrent , à changer pendant trois, heures consécutives sans se rebuter ni se rompre. Les derniers surtout^ commandés par lord John Murray, se couvrirent de gloire. Ils formaient la tôte d'une colonne presqu'en face des Canadiens« Leur costume léger et pittoresque les faisait distinguer entre tous, les autres au milieu du feu et de la fuméOi. Ils perdirent la moitié de leurs soldats et vingt-cinq officiers qui furent tués ou grièvement blessé^.. Vais enfin cette attaque fut repous^ée comme les autres, et les efforts des Anglais échouèrent encore une fois devant Tintcépidité calme mais opiniâtre des troupes f rainçaises. Pendant ces diflférentes charges, les Cana*diens .firent plusieurs sorties sur les flancs de l'ennemi et enlevèrent des prisonniers.

A cinq heures et demie, le général Abercrombyi n'osant plus conserver d'espérance, fit retirer toutes ses colonnes dans le bois pour leur faire reprendre haleine avant de faire une dernière tentative et de se retirer tout-à-fait. Au bout d'une heure> elles reparurent et commencèrent une attaque générale sur tous

— Mlles points à la fbis de )a ligne frtinçaisê. Toutes Tes troupes y prirent part, mais elles rencontrèfenl ]a même opposition que dans tes autres ; et ap? èe des efforts inutites, elles* abandonnèrent définitivement la victoire à lenrs adversaires. Les Anglais se retirèrent en se couvrant d'une nuée de tirailleurs dont lë feu avec eehii des Canadiens qui sortirent à leur poursuite^ se prolongea jusqu'à la nuit.

Les trou|;>es françaises étaient épuisées de fatigues^ mais ivres de joie. Le général Montcahn, accompagné du chevalier de Lévis et de son état-major, en parcourut les rangs et les remercia au nom du roi de la conduite qu'elles avaient tenue dans cette glorieuse iournée, l'une des plus mémorables dans les fastes de la valeur française. Ne pouvant croire, cependant, à la retraite définitive des Ançlais^ et s'attendant à un iKyuveau combat pour le lenctemain, il donna ses ordres et fit ses préparatifs en conséquence. Les troupes passèrent la nuit dans leurs posilions; elles nettoyèrent leurs armes et se mirent dès le point du four a perfectionner tes retranchements qu'elles renforcèrent de deux batteries, l'une à droite de quatre Sièces de canon et l'autre à gauche de six. Au bout e quelque^ heures d'attente, ne voyant point paraître d'ennemis, Montcalm envoya à la découverte des détacbements,qui s'avancèrent jusqu'à quelque distance de la Chute, et brûlèrent le retranchement que les Anglais avaient commencé à élever et qu'ils avaient abandonné. Le lendenmin, 10, le chevalier de Lévis poussa jusqu'au pied du lac Saint-Sacrement avec les grenadiers, les volontaii^es et des Canadiens ; i) ne trouva Sue des marques de ta fuite précipitée d'Abercromby. ans la nuit même qui avait suivi la bataille, le général anglais avait continué son mouvement rétrograde vers le lac, et ce mouvement était devenu une véritable fuite, il avait abandonné sur los cben ins ses outils, une partie de ses bagages^ un ç rand uoriibro de blessés^ qui furent ramasses f^ar io el^evaiier da Lévis^ et s'était rembarqué à la hâte ie lendemain, a la première lueur du jour j, après avoir jeté seb v'.viùi à i eau*

Telle M la bataille de Carillon^ où 3,600 hODomm avaient lutté victorieusement pendant plus de six heures contre 15,000 soldats d'élite.

Les pei'Ies des Anglais furent considérables. Ils avouèrent eux-mêmes 2,000 hommes tués et blessés dont 126 officiers ; toutes les eoi'respondauces françaises les portent de i^ à 5 mille.

Le gain de cette journée mémorable accrut singulièrement la réputation de Montcalm, que la victoire B était plu à couronner depuis qu'il était en Amérique.

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